Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Relation d'une partie des troubles de la France, pendant les années 1789 et 1790 : suivie de réflexions sur les moyens d'en arrêter les progrès ([Reprod.])

148 pages
chez tous les marchands de nouveautés (Paris). 1790. France -- 1789-1799 (Révolution) -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

JDJ la France »
pendant les armées ty8g suivît
sur U moyen d'en arrêter
Chez tous les marchands de nouveautés
jy UNE partie dédoubles dé la France
pendant les suivie
de réflexions sur le moyen d'en arrêter
'A
tâche, bien
ICI
et de
repousse
sur
à lui rendre sa
son repos, i
<4>
Pourquoi faut-H jetter encore sur la France
des regards douloureux ? pourquoi dans too^
les if aî^'e que des plaies à sonder?;
une crise convulsive a 'changé en quelques mois
ses traits et son caractere la nature même sem-
jble iVoir cédé à cette inconcevable impulsion
qui, d'une extrémité du royaume à l'autre a
fait succéder l'anarchie à Tordre le délire à la
raison., la barbarie à la'douçeur qui, ennivranî
un peuple sensible aimable et généreux l'a di-
visé tout-à-coupen oppresseurs et on opprimés
en assassins et en victimes-.
Quelle affreuse destinée au moment où la
prospérité la liberté l'abondance s'annoncenr
à la France sous tes auspices d'une constitution
est d'une lqi nouvelles, quel funeste aveuglement
a' .rendu tout-à-coup le peuple indigne de ces
bienfaits il abuse avant de jouir il faut qu'il
rende à la loi des usurpations, lorsqu'elle alloit
lui donner des biens auxquels jusqu'à ce jour
il h'avoit pas même osée prétendre.
3'ai cru qtie quelques détails sur nos maux "j
quelques réflexions sur
hâter la marche paresseuse
ajouter son secoiïr^ à celui de la raison et des
lumières.
en rapportais
Toit aider le philosophe -spéculateur qui pose
des principes; mais qui pour juger des millions
tjsrme de comparaison.
Je r vais parcourir successivement toutes les
provinces du royaume il n'en est pas qui né
fournisse quelque exemple de désordre d'insur-
rection et d'excès; il n en est pas où les lo,;x la
justice et atteintes.
Je ne rapportera qu'une partie de nos dé- •.
«astres. Beaucoup de sans doute ne sont
point parvenus, jusqu'à moi d'autres ne m'onr
été connus que par la voix ou les écrits publics:
je n'en ai avance aucun dont l'authenticité ne
Lorqd'il existe un si grand
nombre d'affreuses vérités on abandonne sans
( )
malheurs ou des crimes de moins à compter,
en les remettant dans la classé des calomnies
Chaque jour amène de nouveaux excès et
chaque jour 4* peut-être leur caractère ef-
frayant devient plas grave et plus prononcé.
Le. tableau que je vais présenter suffira du
moins pour justifier
actuel de 1# France et sur l'éminence du périt
et sur le moyen, peut-être unique dans ces cir-
constances cruelles, de prévenir la ruine et la
dissolution totale du royaume.
m
la capital^ (fune horde
barbare accourue de toutes les parties de feu-
rope, les désordres d'une populace excitée,
trompée ôt corrompue.; le ,choc des différent
intérêts, qui se croisoîent en tout sen^j te mou,*»
vement d6 toutes les passions; depuis l'ambition
jusq«*à la rapine; tout doit se confondra et se
perdre: dansce, grand effort d'un peuplé qui brise
en un moment des fers rivés par 14 sœècTest La
même
aujourd'hui, q^i ne connoisse les diflërens i[es»r
sorts qui h
» paroisse de Mab'gnyy
lepro->
(*V
t guesseau pour s'emparer des archivas. Bs exi-
arrérages ils
le, et il ne dut la vie qu'à la sen-
silibité courageuse d'tfne femme qui se jettasuf
le bras qui lui plongeoit une epée dans lel
corps.' G J~i f
Ils se portèrent ensuite ,chez le sieur Maillard 9
1, ]notaire chez les*~hnissîfers et djme tqus le»
dépôts-; ils enlevèrent les titres et papiers qu'ils
brûlèrent en grande "parce.
Ils se rassemblèrent ensuite sous ta halle; ils
officiers-municipaux
rendre pour taxer le prix des bleds à
la mesure de ioo livres. Ces excès V
durèrent! trois jours, et cessèrent aux approches
des milices nationales de;Chably et de Ligny,
et de trois brigades de maréchaussée qui arrê-
,tirent dix-huit des plus mutins.et les conduisirent
,aux prisons de^Tonnerte.
Le ̃ 26. janvier. Vf^ô à 1 1 heures du soir
cinq matons furent forcées à Houdan et tous
les particuliers qui y demeuroient furent traînés
dans les prisons sous prétexte qu'ils avdient
é,tc cPavis de continuer la perception des droits
et tous
furent consignés au pain et à l'eau avec défense
au geôlier, sous peine de de leur laisser
aucune communication avec leurs familles.
Plusieurs autres habitans évitèrent le même sort
par une fuite précipitée et les employés des
aides n'eurent que 24 heures pour sortir de
Houdan.
On sait comment les forêts de Compiègne,
de
de brigands, jusqu'au moment où les milices
nationales ont pu se montrer, leur en imposer
M P
Av moins de mars 1789 la c|rcttlation des
grains étroit lente en raison de la.péntirie qu'é-
prouvqît le royaume; un concours de ^Ip^et
de sacrifices, en économisai^ les subsistances
en auroit Snoiéré le prjxj mais les séditieux
t uvoient trop d'avantage^ se couvrir d'un^
mures et la révolte; et c'est amsi que l'on vit
des troupes armées donner pour motif de
leur insurrection le prix et la rareté des subsis-
tances, en même-tems détruire .-les. espérances ,v
de la récolte prochaine^ »
Les habitai]^des paroisses de Jîoult et
)le Serrièrés près de Reims se (soulevèrent
au moisdeman t7$p, parcoururent les campa-
gnes pillantes laboureurs dilapidant leurs
pour l'approvisionnement de tout cheminoit
escorté par une brigade^ de maréchaussée et
( il )
r 3 $ hommes fut attaque
par les hjabitans de Mauvage et de Vaucouleurs
,armes et barbouillés de noir et
l'attaque fut- si vive que
son. convoi qu'en repoussant la forcer par la
force; il y eut des' blessés de part -et d'autre.
Le 19 juillet un attroupement de gens armés
dans la ville de Langres força le corps-de-
garde des employés des fermes arrachèrent
les portes-, les fenêtres et réduisirent le tout •
'en cendres..
même date le bourg de Vouzières
/,et celui de Vandi ctoient en .insurrection
prétexte de rechercher des bleds dans lès
greniers et dans les granges ^des laboureurs.
Y* Le 23, la populace'de Châlon- sut- Maïne
ferma les portes au régiment de'floyal-AlIemand
qui passoit par cette ville les }magistrat5vjes
ayant fait ouvrir elle attendit que le régiment
défilât sur lés ramparts. pour l'assaillir à coups
de pierres; nombre de cavaliers furent blessés,
et l'on ne sauroit trop admirer avec quel calme
^t quelle prudence il defilcrerft sans faire le
mouvement contre ces furieux; les
vitres et les meubles de plusieurs maisons voi-
'/sines furent brisés par la grêle de pierre que
Ues sçditieux lancèrent de toute part.
syndic de la»iparoisse de Moità-
gny, fit annoncer au son de toutes les cloches,
(contre l'usage) une assemblée des habicms, et
y convoqua les officiers de justice.
L'assemblée étant formée le syndic lui cqm-
muniqua un plan d'insurrection qui fut adopté
par la multitude; it conduisit, sa troupe aUa
maison du greffier qu'il fit investir; il força les
officiers de justice d'y entrer. il lit ouvrir de
force le dépôt du greffe et s'empara des minuttes
et des registres. Il fit abattre des peupliers qui
appartenoient au seigneur, et força le fermier
et les officiers de justice d'v donner chacun un
coup de hache il exigea ensuite qu'on délivrât
un muid de vin, qui fut bu en
réjouissance des succès de l'expédmojiQ l
même ]
fusil, se transporta avec sa bande au château ̃•
\où il se fit remettre les titres de la. sei-
gneurie.
Le 28} le syndic municipal de Dourtmont
souleva cette paroisse et celle de se
tête des sodiùeux à Varenne,
fit forcer la maïsvn du sieur Monfallet, syndic
.et bailli de cette-paroisse pour y prendre les
titrer de k seigneurie ne les ayant pas trouvés
il alla chez 4e sieur syndic
(13)
où ils étoient déposés, et par ses Violences et
cherchoit* «wT
Le 2 août, la. poisse de Vouzièrs éprouva
tous\ les excès de l'insurrection. Le 10 deux
cavaliers de la maréchaussée de Reims, passant
dans leur tournée par la paroisse- de Morfy
furent sur le point d'être victimes dé lakfureur
de 30Ô séditieux armés. 'S* ̃$
puèrent un i.çénvoi de grains, destine pour.
Qiarlevilte ïfes oïficiers-municipaux iî^çrureni: \>
pas devoir requérir main-forte des troupes;
convoi fut enlevé et dilapidé par \les sédi/
tieux. ̃
Le premier ^eyembre, et jours suivans, un
grand notïîbte d'habitans de la paroisse de
au son dîi
tocsin;, armés de' fusil/, se portèrent au château;
blirent leur corps-de-garde en face de la principale
forcé de capituler, se racheta
pour une somme de 2000 liv. Fabandon de
ses droits et des arrérages 9 la destituriqn de
«on garde, etc. dix maisons et six granges furent
y* :'1 J'
( 1f)
La ville de Troye se vit avec horreur teîrit*
du sang d'un magistrat généralement aimé et
estimé; cet attentat précédé de plusieurs émeutes,
fut commis le<? septembre 1789, par une troupe
de gens sans frein comme sans remords.. Le
sieur Huet siégeant en la salle d'audience avec
sa compagnie qu'il présidoit comme doyen du
bailliage, fut tout -à- coup investi renversé
de son siège traîné, précipité du haut de l'es-
calier ,«t porté près du pont du palais et de
la grille de l'hôpital une corde préparée par
un scélérat lui fut jettée au cou; et cette vic-
time infortunée du désire de la rage fut traînée
de rue en rue avec du foin dans la bouche,
jusqu'à ce que ses membrues déchires et épars <
ne présentassent plus rien a la voracité de ses
bourreaux. Supplice horrible dont les pavés de
Rome n'ont pas été souillées sous les Néron
ou les Caligula.
Pendant ces horreurs, une partie de ces;)
mêmes brigands dévastoient et pilloientvJît
maison du sieur Huet, celles du sieur Saint-
du lieutenant de la maréchaussée, du/
sieur Guyot, &c, qui s'étoient soustraits par la
fuite aux recherches de ces forcenés. Enfin la
$nlice nationale les troupes de ligne et la maré-
'Chaussée, réunies arrêtèrent la suite de ce*
proscriptions barbares.
lons-sur-Marne conduisit dans les! prisons de •
cette ville, un .particulier, porteur^ de fausses
lettres-de-change qu'il avoit essayé
et d'un faux décret prétendu émané de l'as-
semblée nationale, et sanctionné le 4 février.
Il avoit tenté de faire exécuter ce (décret contre u
la communauté de Vbuziers; mais sa iorme
et la défectuosité de l'impression le firent heu- <̃-)/
reusement suspecter et dénoncer le faussaire
décret,
avoit dicté le réquisitoire tendant à le faire
mettre à exécution le prisonnier et la procé-
duré ont été renvoyés au châtelet'de'Paris.
Le 2 y mars les employés des fermes accom-
pagnés de trois cavaliers, de maréchaussée,
saisirent à Saint-Jean de Bonneval trois voitures
ceux des environs s'attroupèrent pour soutenir
les fraudeurs.: les employés et les cavaliers
Jurent attaqués et la municipalité refusa cons-
̃<-
(î7>
B
e NE.
cents brigands- répandus dâi»
les environs de Maurs pilloient les églises,
rançonnoient les" particuliers et détroisoient
les étangs c'e M. de Sagtjes; ceux de Cayrol jet
des place? publiques .et
pîroient !a terreur dans tous les pays, quandlf
enfin les habitans de Maurs prirent ,les armés
et publièrent la loi dispersa ces
bandes^ de. forcenés; mais le calme ne semhbft~
se rétablir dans un lieu, qu'au prix de
Les paroisses de Tour,
Chapelle,
Aign^ii, Monischal et
en proie aux horreurs de fa, sédition: un
aitroupement .de plus de 4000
Tautre sexe se forma dans cette
idernîcre ville, les 9 et 10 fiiii| 178p. Les nui-
sons religieuses et bourgeoises furent au pillage;
rien n'eût échappé à la iureur du
la maréchaussée et un
arrivés 'avec le
courage et la fermeté nécessaires pour en îm-
poser* Plusieurs des coupables furent arrêtés,
les autres prirent la fuite ou rentrèrent dans
le devoir.
Le i6"aoiit, un grand nombre de brigands
armésforcèrent la maison du sieur Louis Ussel
habitant du bourg de Menton, et après avoir
pille brisé et dévasté tout ce qu'elle renfer-
évalué plus de 16000 uv. les fifrieux
s'en prirent aux muiaiiles dont ils commen-i
cèr ent li démolition.
Le ip mars 1790, te maire de Rpchefort-
la brigade de maréchaussée;
de prccr main forte à un huissier, pour
ma! faitié, et redouté
pour ses vbyes de fait cet homme ayant été
arrêté refusa de marcher^ et dans l'instant une
multituds de peuple assaillit l'huissier et les
cavaliers à coups de pierres et de bâtons
quelques bons citoyens accoururent à leur
secours, et la prudence cédant à la force,- les
cavaliers et Phuisster curent le bonheur de se
soustraire aux séditieux.
t «ij ̃ ̃
Ba
J*ob|eî des fureurs des habitans de cette paroisse.
A là sortie..de les '.séditieux se sai~
sirent de sa* personne, le dans la
maison d'un de ses fermiers ? ou après mille
outrages prolonges jùsqifà, quatre heures du
lendemain matin ils le forcèrent dé leur donner
â& son châjteaii pu-
scèrie:parte
considérable. au
̃̃ '.̃̃̃̃;̃•< J
les succès* dâ
s$, portèrent en foule chez
M. de~Salûqes pour exjger le
çhissemeht, s'étoit héureusei^ient,
ïetiréà
de la maréchaussée et de
auxquels il dut la vie.
YÎt de toutes parts qu©,
gommes et, les bourgeois-; pillant rançphnarif
et dévastant et plantant des. gibets^ pour: Cifioi
et détruit; les employés furent
chassé!
mêmes excès commis à
même époque; et le 7, les, employer
furent poursuivis et maltraités.
Le 11 août y des femmes de
Boismontet des paroisses voisines, se portèrent
chez deux de la cathédrale de Metz;
menaces,
de !leur faire un
leurs'bois.
fut par
du lieu.
Le 1 il et la habitans de MarsaJ,
et' des à l'occasion
prix du de
̃• m
sDans le même mois la. ville de
fenêtre ses troubles. La populace informée du
départ d'un qui avoit
ide-yîlfe en Força les portes ?9 s'empara du dépôt
d'armes, et se rendit chez M.
5ss lui demandéy la révocation de i'orde du départ
v de ce bataillon. Déjà les séditieux se disposoient-
lorsqu'il parut une
compagnie de,grehadiè1rs qui leur en imposa. •
Us se rendirent à la, citadelle où étoit le .régi-
̃ï ment de, Saintonge ^Jn^ en .ayant trouvé les^
portes fermées, ils ^retournètçnt chez M; de
Bouille dans t intervalle plusieurs] compagnies
de grenadiers^avoient pris les armes et les
et de ces disposi-
r Au mois de de Vërnant, <V
fermier général envoyé par6,Je ministre de*
finances, pour essayer de rétablir la perception
des drofts, s'adressa
%l*engager.à lui prêter 'inabn-forte de. la milice
nationale et des troupes de ligner mais soit
que le comité^ ne cfût pgs la chose assez ira-
portante pour déployer les forces-dont.il ppu-
y /^oit disposer que la résistance
^Xdu peuple, n'entraînâtes suites funestes il ne
-̃̃?̃" -f f' ̃
• 4l
• A lotte'
"Çuelques tems après les- barrières
les eiriployés,' il prit les armes, et^é&ctiassar'
Les
1
des malheuïeux qui, menacés de la disette-,
oubliéroient Vn moment les préceptes de la
1789, pouvoit inquiétudes,
elle né jusdlièra jamais les désordres, et les vio-fe
iences qui 'mirent tant d'entraves à leur circu;
lation; elle vexations, le
piUage et les excès de, tous genres/dont eue j,
fut le la cause. )
Les paroisses d'Aulx, Belle.
¡vaux; Njaizey et Héïkourt er?> Comté, furent
?f x en mois
tontes les de )butes les
conducteurs, toutes les
̃̃̃c m
Le20 juillet, une bande.de brig«nfo fit une
incursion sur le château de» Murcourt força
les|fitmes, vola et "pilla Pintériçur, etHémolit
l'édifice..
Le lendemain ils descendent chez le sieur
Malterre, habitant du même lieu, brisent.-les
meubles, lui volent 120 livres en argent 3,000
livres en bidets, et emportent le«^registre de
ses créances. ~N.
-Le 28 les habitans du village (fÉulans,
prient tes armes, se rendireflt. chez Wjcégis-
sélif de Ni:. l?arcliêvêqus s
saisir des titres de la seigneurie n'ayant trouvés
^ae^deux registres, d^rit ils s'emparèrent, ils
exigèrent que 4e régisseur atlât à Besançon
prendre les titres et pour sûreté de son retour
consigner, entre leurs mains,
une sçiinme^ de 480 livres le lendemain ils-
se rendirent chez âge même régisseur, et par
leurs violences et^Kurs menaces, ils le« con-
traignirent à leui faire plusieurs billets obliga-
toire montant ensemble à plus de 2,000.
Ces excès donnèrent lieu à des poursuites au
$loge prévôtal de Besançon les deux chefs
des séditieux furent arrêtés Par la maréchaussée,
et déposés dans les prisons d'Ornans, pour être
transférés en celles de Besançon j au, moment
un
de cette translation les habitans
d*Ornans forcèrent les prisons et mirent 1$
détenus en liberté.
En décembre ;quatre voitures ^d'avoines et
.de pommes de; terre, venant d'Étabon, dépen-
dànce de la souveraineté de Mbntbéliard et
destinées pour cette ville, furent saisie» par €
des habitans armés de Lomont. Ceux de
Belverhe^ suj ets de Montbéliard, se rendirent ••»•
sur le lieu dè la saisie, et il s engagea u 3
affaire' où le propriétaire des voitures fut tué
et deux personnes furent blessées. Le prince de=~
Montbcliard s'est plaint de l'entreprise des hafi~*
bitans de Lomont contre set sujets, et la cir-
culation de leur subsistances.
A la habitans de la Ferté,,
se soulevèrent, et ^seiivmit ffstous les exccsi,
firent craindre aux officiers municipaux de
devenir les viedmes de leur fureur s'ils reque-
roient la main forte des troupes,
ès séditieux commencèrent ici', comme au-
des bleds. Le premier at-
troupement se forma le 30 mars dans«là ville
«THazebrouq et s*y rcnôuvella le 4 ma] 178p.
.xtcrent à l'abbaye du* Verger située entre Douaï
hrs religieuses voulurent envain $9
Tacheter du pillage
aucune capitulation. Ik enfoncèrent. les portes
fprecrent les armoires, pillèrenrks bleds et les
consommation du couvent
..y volèrent les meubles, burent le vin jet dévastè-
Tent toute l'abbaye. De cavaliers de marechaus-
sce eurent le courage cl'.iîtaqucr cette armée de
briganis. lis en neuf dont le proc|s
fut fait au d' Ai ras qui le* mit
tous en liberté.
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1789^, Lille
éprouva le* tristes di\'v,ts j'unc cm cute. La maison
d'un pa<"iicnlier fut piilce et dévastée plusieurs
autres furent vohûes.
le nom de turbulents pu mazarîns. L'un fes cùefs
•de ces habitons ce
tin qu'ils étoient de ce
village, et les b'eds
«erént en effet à coupât et élever les avoines s
se-
Le 2£ juillet, six à sept cents séditieux se
portèrent forcer les
religieux à leur faire.l'abandon de pMsieursr
par®ss de biens, dont leur avoit
été confirmée par arrêt du parlement, et pour
voya des troupes de ligne sur lesquelles ces
ils se dispersèrent
Le 23 delà paroisse âe
la Couture, assemblés au son du tocsin, se
livrèrent aux excès les plus répréhensiblcs en-
de ne. lui pas
Au mois, de septembre plusieurs
marches iuivn'
1 insulte
et menacés.
s
À Çassel ïa' populace enleva la
,boit dans les priions et la planta sur la place
publique, pour y pendre un particulier injus-
tement soupçonné ravoir acheté des bleds. Il
é$t te^nheur de se soustraire aux recherches
Xe «54** septembre la garde nationale de
CasseTjrrêta ùo convoi de bled que le con-
ducteur déclara destiné pour Paris. Le comité
de la ville écrivît à celui de Paris, et la décla-
ratjoji du conducteur fut vérifiée. On fit publiée
réclamation <de la municipalité de
v Paris mais le peuple n*^n -tint compte. D fit
battre la générale à cinq heures du matin j il.
rît transporter les bleds sur la place publique*
et les séditieux les partagèrent entre eux.
Le 20 octobre les habitans d'Arras et
quelques cavaliers des .cuirassiers, formèrent le
projet de soulever pe régiment contre sel
officiers. Le complot fut découvert et échoua;
mais le major fut attaqué et maltraité par les sédi-
deux. Plusieurs ont itz condamnés au bannisse-
i*4Pnt.
Au mois d'avril s 790, ta ville d'Arias, è^toîc
dans la consternation. Chaque
p«îq'ues ctoit marque pat un incendie dansées
environs. Cinq ou six vidages étaient ,réduit.
è
a. Fermentation regnoitdans cette province
Des
par de,s
furent le premier essai du brigand
Je l'insurrection.
^v' z- ̃ ̃̃•̃ e Lie hparoisse de Paulin, et
ia Faune sortant de
homme.
prévint un
le mettre ,,à
1 il pourroit les en
en leur dô.rianr pour boire. M. de
point cet av/s, et au moment
t^>
répondit par des injures et des menaces J ils*
retira chez le curé.^Celui qui portoft un fusil-
le
qu'en lui donnant jr livres,
pour boire.. ,t
attaquer il iy ren-
ferma avec deux domestiques, et quatre paru- ̃
culiersv, résolus de le défendre. En effet, le
par une
7 bande de brigands; mais les portesuétant bien
fermées, ils se
çh plus granîf nombre porte
de la
maison où i's tirèrent uncoup de fusil, qui
leur fut rendu personnelle
répandirent alors ^ans les édifices extérieurs
qu'ils pillèrent et dévastèrent
ce qu'ils purent trouver de bois, de;, planches
et cour ils en firent un
bûcher, qu'ils allumèrent et au jour duquel ils
il y eut quelques né-
gociations
envoya des vivres et du Vin; les'
des -femmes
• '•
séditieux
(3*f
topent 'les villages voisins, et
bitant de les suivre, sous peine d'incendier leurs
granges, tellement qu'à la pointe du jour, la
cour étoit remplie de plus de 200 personnes,!
qui se dispersèrent insensiblement. «?
Ces séditieux réduits à 30 ou 4o,, n'osant
attaquer le château, se mirent en devoir d'in-
cendier les écuries les- granges et tous les bâti-
mens des environs. M. de Bar ne pouvant pré-
venir Reflet de ces dispositions, sè décida à
capituler ses proposions furent rejettées^
enfin, le vicaire de Paulin arriva à son secours,
et détermina les: séditieux à un arrangement
ils exigèrent la cession d'un moulin, d'une
.-̃̃ prairie, d'un bois de châtaigners ̃ l'affranchis-"
.1 sèment de tous les droits féodaux*, la quittance
de tous les arrérages, et différentes sommes d'ar-
gent. Tout fut accordé et les* sommes payées
montoient à environ 4,000 livres. Malgré tous
ces sacrifices M. de Bar ne dût da vie qu'à
une fuite précipitée. •
Il arriva à SArlat, il porta sa plainte au tribu-
nal de la maréchaussée on "informe des faits;
trois des chefs sont décrètes,, arrêtées et em-
prisonnés; mais la tete de M. de Bat est mise
prix; il se dérobe encore à 1a recherche des
aisassins. M. Delpech3 son neveu, est arrêté
Sakgnac, pief Sariat; par les complices.- des
prisonniers; sonne
le tocsin de toutes parts et la fermentation est «
si grande, que Pon craint pour sa vie. Les sé-
ditieux vont le retirer de sa prison, le traînent
sur la place'publique, et le garrotentpourte
condîïire à Sariat C^s furieux étoient au nombre
de )00, tous armés et tous déterminés aux plu^f
grands excès C'est ainsi crioient-ils en ejè– *̃
yant leurs fusils et leurs piques, fest ainsi flué
que l'on porte les têtes à Paris,
'Ds arriv ent à Sariat, et le peuple se joint à
eux ils somment la municipalité de faire élargnc
les trois prisonniers; menacent'de démolir la
la prison en cas de refus, et de livrer la ville
au pillage: la municipalité négocia il fut con-
venu que les trois prisonniers semient rendus
Les brigands enhaj^is par ces succès, ne
connurent plus de frein, et leur fureur aUa jus-
,qu*a la profanation.
A la T)ôuze_, près Sariat, ils se firent dbnner
les clefs du tabernacle ils y portèrent des mains
sacrilèges; ils l'ouvrirent: il faUt, dirent-ils,
que Dieu jouisse aussi de la
le curé d'orner le saint-sacrement d'une* cocarde,
les
^fes, ncres ont été la .proie^ ,4fs .flanime^ La,
s*étoit réfugiée à Sariat;
& huit'
3îer la ville; le complot çPe^lever tqus i les
et au moment d'être
exécuté dans une émeute, fomentée un jour de
marché; mais la municipalité .instruite de ce
projet, prit assez de -mesures pour le faire
̃0- échouer. ̃•
En janvier i^rjo "les brigands attaquèrent
les propriétés de M. -de Beaymont du Repaire,
commandant ils commencèrent
de haute fuÊrye;
K ensuite
pillèrent le lingerie et leS
_Ç£ves de .j^cent pièces
"de5 vin. "̃{ '••.•̃ ̃
._Sa. terre de Saiit-Géry ne fut pas* plus. mé-
nagée*: "MM. de CÔr.hade $t de Romîniere ses
de faire un aban-
don seigneuriaux M. de
V? 'Éeaumohtîut cbriiraint de cêjlec "V^fS Ue dont
r on coupa les dois. J ̃
G 2^
̃»
s
.trois branches ces trois co^
propriétaires qui se dérobèrent par la fùita ait
supplice, dont lia Ce gibet
étoit encore debout le 12 février dernier. J~
maltraités par les brigands. [ j. v_
fuyant de son château où il étoiiç»
di inquiété'et menacé pour se rendre à celui
de Blesse en>Perigord « ou disoit-il^
>j en sûreté adoré de mef'vassatuc que je
» nourris depuis deux ans ils me protégeront ?
Vaines
espérances d*amë.tl.
arriva à Besse au moment où son château, étbit
en proie au^pillage de 200 brigands et
de la nuit.
A la fin de janvier r et au commencement de
février la paroisse de Caban, et les paroisses
insurrection
oh avoit publié à l'issue des messes paroissiales,
payer les rentes aux
seigneurs des séditieux armés mirent âf çon-
aisés, ils n'épargnerem
pas les curés de Cabans et d'Ailes; les bans
des églises forent brûlés, et la licence n'eût ni
frèinra bornes.
Dans /FÀgenoïs et leSarladois, les brigands
pillage (et
de dévastation ils proscrivirent toutes les
gircmettes, toas les bancs des églises.; ils firent
restituer les rentes acquittées, et mirent tous\
vivre et d*ar-
La de Cahusac
et de Deysigëac, rencontra une bande de ces
brigands qutfrevenoient des châteaux de Cugnac
et de Rouasse les séditieux voulurent faire
jrésistance; la troupe nationale en tua deux, en
blessa plusieurs et fit trente prisonniers «qu'elle
conduisît dans les prisons de Rouasse mais
prisons et
les mirent en liberté.
T*7ï;
C 3
# R E T À G N £.
Au mois d'octobre 1789, un lieutenant
de vaisseau grièvement insulté par un tambour
de la milice nationale à Brest Vie put retenir,
un premier mouvement. Les officiers-munici-
paux approuvant la conduite de l'agresseur
demandèrent que l'officier fut livré au peuple;
c'est-à-dire, d'après les exemples que l'on frémît
de se rappeller, qu'on le livrât à une multitude.
avide de victimes. Le lieutenant de roi pê-
ri^tré de 1 injustice et de li barbarie de cette
demande la refusa. Le comité de la ville fit
aussi -tôt prendre les armes à la milice avec
ordre de les charger. La prudence et l'humanité
l'évasion de foflicier.
Au mois de décembre suivant la municipalité
de Brest admit plusieurs basofficiers et soldats
dans son conseil municipal en qualité de députes
militaires. Ceux-ci Sers de cette distinction se
répandirent dans les chambrées pour engager
les .compagnies à signer de Nouveaux engage-
mens, et un serment plus étendu que celui qui ^j.
avoit été décrété par rassemblée nationaib. 1/un
a entreux nomme rere chasseur au régiment
de Beauté se petmïàaiême d* assumer ses" cama-
râdes qu'il étoit autorisé par l'inspecteur de
division.
M. deJMoynier de Saint-BIancard, comman-
lui dérèrer et &e plaignit notamment du nommé
Pcre| lié conseil J.rcpondit; avec hauteur, prît
Ife chasseur sous sa protection, somma en quelque
coinmandant de' venir devant lui
iîip^îtations ou de lui envoyer les
preuves .en lui déclarant que s'il ne se soumettoit
à cétte démarche u se croiroitC autorisé à
regarder P^ré comme justifié *£. et tirer de
son silence les inductions les plus défavorabtes.
Ce mcnVj^ coijseîl.menaçoit cet officier-généraï
de donner de la publicité- à si lettre et de
xerHre .contre lui un décret qu'il feroit afficher.
dcplit^s communiquer
aux cbiiïpaguies' les articles de la lettre de
M. de. SaiiH Blancard ,J où il disoit qùé.^ Le
*» nouveau serment, qu'on vouloit exiger étoit
» ûh panure et qup ceux qui y excitoient
regardés que 'comme
cherchant à dénaturer
\m\
̃ h le .premier serment ne ppuyoient avoir que
des .vues criminelles »..
Les
irrités de ces
cbe* le commandant pour -lui en demander-
yaison des camarades plus froids et peut-çtre
plus clairvoyans parvinrent à les retenir.
Cependant les esprits ne se calmèrent pas
On les tenoit en fermentarionV: et dans le
mois de janvier 1790 $; la compagnie
nadiers du régiment de Normandie provoqua
celle de Beauce qui inarquoit encore quelque,
respect pour la discipline; elles sortirent des
murs pour se. battre l'adjudant du régiment
et par son courage
Cette réunion jetta un grand jour wr( hs
dispositions de le»
con^pagnies des
soldats
de
avec îndi-
gnation qu'on les ayoient trompées, qu elles
ne vôuloient plus être dupes,
roient plus Elles exigèrent
que toute la procédure faite contre M. de
Moynier fat brûlée en leur présence, ce qui
contre les écrits
imputés au* deux régimens et -signes seulement
de quelques soldats séduits elles voulurent
ennn que leur désaveu fut rendu public et
consigüé :dans le. mercure ou dans le journal
de Paris. L'orateur de la troupe nomma haute-
ment le sieur S. comme l'agent de toutes
les manoeuvres pour les séduire.
Au mois de novembre il y eut une. émeute
à Lannion, à l'occasion du passage de 260
quintaux de bleds achetés à Pomrieux par le
munitiorinaire des vivres de Brest. La muni-
V-BÛjàlité d6 Brest envoya de la milice pour Ja
ville bourg
ou vidage, grossissoit en' passant cette armée
d'undétachement:on eutdit à cet appareil
que l'ennemi étoit, sur leurs foyers. #
Vers le 1/ armés
de MM. de Langan
de Cintré les
excès de la fureur .ils
de leurs droits seigneuriaux;
La municipalité de Rennes instamment requise
de porter des secours aux victimes de cet
fureurs populaires et de protéger tes propriétés
attaquées^ resta inactive jusqu*à ce que les sei-
gneurs insultés fussent venus prêter devant elle le
serment décrêté par l'assemblée nationale:. Les
brigands interprêtèrent ces lenteurs à leur avan-
tage et les excès étoient consommés avant que
les milices pussent se mettre en. mouvement.
Dçs paysans armés répandus dans les environs
de Floermel désoloient les campagnes, atta-
quoient les villages, dévastoient les, possessions
particuli'ères et se livraient à tout le délire de la
licence, se vantant même d'être soutenus, en
cas de résistance, par les habitans de Ploermel.
Le 7 février, -.environ neuf cens dé ces
bandits en vinrent aux mains avec un détache-
ment de la g^rde nationale et de troupes de
ligne trènte séditieux furent tués et plusieurs
Une autre fe^ande armée répandoit la terreur
dans les environs de Quiroperîay on réclama
Vainement le secours de la municipalité.
Au mois de février, des employés des devoirs
faisant leur visite à ïUcouviance, chez un par-
ticulier suspect dé eurent assaillis par
la gardé, nationale, même trois de ces commis
furent dangereusement blessés et te sieur
̃̃<•>)̃̃•̃
Bouillon directeur de la ferme fut fort, tuai.
tratc.
A la même époque, des paysans dévastoient
les châteaux de Fougères, de la Briennaye, &c.
en peut juger de leur délire par l'excès avec
lequel ils burent de .l'esprit de vin, du vernis,
de la thérébenûne et même de l'eau forte qu'ils
prouvèrent dans les caves. Plusieurs en mou-
Ces paysans. attaquèrent une seconde fois le
de Saint-Pern, où ils avoient été
repoussés avec perte d'environ 30 hommes
peu de jours auparavant: ils ne furent pas plus
heureux le château étoit défendu
par soixantehommes. Séides séditieux perdirent
la vie; le même jour le château de Cintré fut
incendié.
Au mois de envier, des employés ayant saisi
un lougre chargé de tabac de fraude dans !a
rade de Cancale les fraudeurs, soutenus par les
habitàns armes, les attaquent se répandirent
enlevèrent les tabacs, après avoir
maltraité et grièvement blesse plusieurs employés
et même Un colonel et un officier de
nationale et disparurent ensuite avec le bâtiment.
Tous ces excès se passèrent sous les yeux de la
(43)
nsunicipalité qui ne fît pas la moindre démarche
pour les réprimer.
,On voit, à la même époque la municipalité
de Guingamp s'emparer des munitions de guerre
des troupes réglées qui y étoient en garnison
les mettre hors d'état de la secourir; et pendant
ce tems on pilloit ailleurs les châteaux de
MM. du Halgoët de Grandville de Boispean
on incendioit ceux de MM. de Bruc,de Trelo,
et. l'on brùloit les archiveras M. de Rieux,
celles du château de Coe'bo à M. de Guer de la
Chapelle-Boissy à M. de Pinieux, et les titres
et la bibliothèque de M. Talhpuet président
de la chambre des vacations, qui avoit cepen-
dant prêté le serment civique, et qui fut
très-maltraité par les séditieux. Le château de.
la Chataigneray et .ses archives, ne furent
pas plus épargnés; enfui les études et cabinets
des^procureurs et notaires de, Guémené de
Eipriàc, de Nozai, &c. furent pillés, et les
dépôts brûlés. Le carnet d fiscal
te gren^e de Pipriac furent forcés et livres
fiscal et \&k greffier
se sauvèrent. ;La
sœur de ce dernier fut indignement outragée',
et maltraitée au point qu'elle attendrît un'de
ses bbureaûx ^ui parvint à la soustraire à la
férocité des séditieux.
<44)
SE XRN
E T
province .n'éprouva aucun
mens jusqu'au mois de Décembre 178?
mais elle n'échappa point à Fespnt séditieux
qui le royaume; et, cette époque,
les bois, de l'abbaye de
dévastés par les des communautés
brigands: il
'-soient ar-
mes par-tout-pour drapeau de
ils parurent dans
de tous cotes, et tous
de aux séditieux,
perdre la vie. Le com-
avec PEspagne
interrompu.
â son Comble
(4s)
ioïx méconmie et tous les pouvoirs méprisés
les bois furent livrés à la dévastation notam-
ment ceux ^d!j^nùgue Louve et d*Arbeost.
Les terres d'Oxignac et de la Fitte;, près
Bagnères furent ravagées, les bois coupés, et
le château pille. Le seigneur menacé°tle$ ucr-
niers excès échappa aux séditieux.
Dans le nombre des fureurs auxquelles les
brigands se livrèrent, il est un événement cons-
-talé par un procès verbal du 8 mars 1790,
dont les détails démontrent jusqu'à quel point
--̃• on pouvoit-se méfier de l'insuffisance des forces
des milices nationales des dispositions des mu-
nipalités et de celles du peuple armé par la
loi, contre le peuple "armé parla révolte et
du parleme^de Pau, chargé de mettre à exé-
cution des décrets de prise-de- corps décernée
de la paroïsse- de
Bénejac, se rend en ce lieu accompagné de
sept records et escorté par treize cavaliers
de la maréchaussée. A leur arrivée,
de la paroisse se rassemblent. Le £ieur
^t Vergés, Fun des officiers municipaux ,armé^d'un
fusil, et à leut«iête, de même que son
sonne le tocsin et
Cependant l'un des décré-
tés est arrêté et conduit par l'huissier dans une
maison écartée du village où la troupe avoit
laissé ses chevaux; mais dans cet intervalle,
le nombre des séditieux armés de haches, de)
broches de hauts-volans y &c. se multiplie;
ils se sentent supérieurs à la maréchaussée et
aux records leur poursuite, ils les
attaquent avec tant de fureur, a coup de pierres,
qu'il n'j eut pas un cavalier qui n'en fût plus
^u moins blessé. La^ maison ou étoit le pri-
sonnierjut investie tant par les habitans de
Bénéjac que par ceux des
qu'il est entre les mains des brigands, et se
BïsposeiLt à, toutes les violences pour l'enlever.
L'huissier sentit qu'il
tance a opposer leur fureur il sortit
maison pour capituler, et leur remit le
;>«jàer en échange de sa sûreté et de celle de
sa trouve. Les cavaiiers et les records sortirent
grange où le
sieur Verges, officier municipal,, qui comman
doit au* séditieux
mais les jour*
ide l'huissier h'en couroierit pas moins dé dan-
gers. Ii s'en apperçoit et reritire dans la mai-
son. On enfonce la porte ,il s e sauve dans
un grenier; on le découvre^
on le somme de^escendre; mais le danger
l'effraye. Le sieur Vergées erson fils menaçoient j
y hautement de mettre le feu à là maison. Enfin,
un nommé Domenjé prend une échelle monte
au grenier, terrasse d'uir coup ,de crosse de
fusil le malheureux huissier, et le précipite pàjc
l'ouverture d'une trape.*1
Pendant que cette scène se passoft^dans-
l'intérieur le nommé Cochors, dit Collet,
ainenoit deux chiens drogues et les, lachoitsur
les cavaliers. Un de ces chiens prit unchevat
à la gorge et le terrassa deux fois. Un recordls
lui fii lâcher prise d'un coup de fusil; mais
le chien légèrement blessé revenoit à la chargé
et le ca.valier s'en d'un' coup de
Cependant le maire de Béncjac ctoij auprès
du malheureux huissier, et après avoir forcé
o à avbit tenté d'exé-
cuter séditieux que
férocité coup de pierres et de
bâton5 lui passèrent une chaîne au cou 6t llû
firent fair(E^« deux fois le tour du village, tanfc-
;bour battafty avec des cris et des hurlemens
horribles lui répétant sans cesse qu'il
qu'il seroit pendu quatre heures «près-midi.
Onle conduisait ensuite à la maison commune,
ainsi que quelques records blessés et désarmés.
Les autres avaient été forcés de prendre la"
fuite. La, le nommé Cochers/se présenta et:
demanda avec autorité, le payement de son
chien *qui avoit été blessé, soit en argent soit
en bijoux. ( il avait remarqué que l'huissier
'avoit une montre, ) findemnité^fut rèclée par
les officiers municipaux, à et payée
surle^çhamp.
Cependant l'huisâe? et le brigadier de la
maréchaussée qui Piccompagnoit, reclamoient
envain leur liberté, La fureur des séditieux ?,
n'étoit pas assouvie et la municipalité le livra.
à la populace toulours armée pour le conduire
au cachot. Oh lui fit faire encore le tour du
village la chaîne au cou, et on le mena avec
le même appareil U la prison, oit il passa la
nuit, gardé à vue.
t Sur les cinq heures du matin, l'un de ses
satellites proprosa de le pendre, dans la crainte
que si l'on' différoit long-tems on ne lui fir
grâce; il tira une corde de sa poche, il ou-
vit la orte du cachot* et montrant à la vic-
time l'injfrument de son supplice, il lui or-
donna de sortir. Dans .cette effrayante extrê- *•<
mittf, l'huissier eniploya tous les moyens pour
attendrir ses bourreaux il demanda, enfin, le
curé et le tems de se recannoître,; heureuse-
ment qu'ils ne furent pas tous aussi féroces
que celxui qui tenoit la corde.. L'un d'eux,
moins barbare, voulut que les juges fussent
assemblés pour prononcer sur le sort du pa-
tient, et menaça d'aller sonner te tocsin si l'on
vouloit consommer l'exécution. Le cachot fut
refermé et le malheureux livré aux horreurs
de ses réflexions. •
sur les huit heures du matin on le fit sortit
pour aller à la maison commune 9 où |e~curc
de Bénéjac et son frère lui tinrent compagnie.
Ce fut là qu'un nommé Margassie se présenta
avec l'audace des scélérats, et somma l'huissier
de lui compter cinquante louis, sinon qu'il le
pendrait lui-même. Le curé parvint à écarter
ce furieux., et. t'huissier dont le sjjn étoit en-
core indécis, fut reconduit au cachot jusqu'à ̃»
huit heures et. demie dù^ soin Alors le maire
iàla tête de la populace lut en ouvrit les porte!
et lui déclara que par délibération du peuple
à -la pluralité des rendre
la liberté à la condition .qu'il donnerait une
déclaration par laquelle il prbmettroit de ne
soit à Bénejac soit ailleurs. Il souscrivit cette
promesse on lui ôta ses chaînes un lui
permit de se retirer.
D a
JL/ k s le mois d'Août ij$ç la fermentation
cclatoit et la ville de Guéret s
fut le théâtre des premiers: désordres. On y vit
principaux ha-
bitansi faire battre la générale dresser ime potence
sur la placé pubiiqi:e, etpar courir la ville et 4es
environs pour chercher ceux que la jalousie
le ressentiment ou Tintcrêt dcsisnoièhfvpour vie-
times. h&s bourgeois prirent er.Hii
et ce ne fut pas sans peine qu'ils en imposèrent
aux •
tres cantons de la province et se manifesta à Va-
rennes, Saint-Gérant, la Fuisse et Bourbon-
où l'on enypyà diiTérens détachefnens du
régiment qui ctoit en quair
dans deux paroisses des environs de Moulins.
*»>:V
seulement de la milice nationale, mais encore
de la maréchaussée et un détachement du régi-
ment Royal Guyenne leurs efforts réunis
rétablirent le calme dans l'une de ces paroisses;
mais ils furent ïnsuffisaris dans l'autre et, le
désordre fut porté à*, "extrême.
Les séditieux armes et retranchés dans le
château de la Fin paroisse du Thiet y
étoienr en grand nombre aux approches de
la troupe ils l'abandonnèrent et se retirèrent
dans Ics bois des environs la troupe entra
dans le château et bientôt y. fut attaquée pat
les -brigands elle fit une sortie et les ^pour-
suivit jusques dans les bois où il fut tiré de
part et d'autre un grand nombre de coups de
fusils, pendant une. partie de la nuit.
Cette expédition coûta la hommes
sans compter les blessés.
Le*' détachement arréta quelques-uns des
Saint-Pourçain .de la Màlchère. La troupe se
retira à une heure du matin et conduisit ses
sentiment douloureux qu'Inspire
cet événement celui qui se passoit le même
jmuf à Saint-Pierre Ic-Moutier fait naître des
(;«̃)/
réflexions pius affligeantes encore sur I esprit
de licence et -de révolte qui amincit le peuple
et sur la difficulté de ramener à la subordi-
4 nation ceux qui ne voyoient d'autres bornes à
leur indépendance que leurs intérêts ou leurs
Six. paroisses étoient convoques à Saint-Pierre.
-pour nommer les électeurs tous
les paysans s'y rendirent armés de bâtons v
annonçant hautement qu'ils ne les jcttoisiroient
qu'entr'eux -ei-déclarant leur résolution de dictes v
a la municipalité la taxe du bled.- Ils manifestèrent
le projet de massacrer plusieurs particuüers qu'ils
désignaient;. notamment^des^marchands de blçd:
tous les bourgeois femmes et ^nfans, et de
mettre le feu à- la viile. Le succès ides émeute?
précédents l'impunité des séditieux 'Pinsûffi-
v sance des forces qu'on pquvoit leur opposer
l'inaction des municipalités intimides tout cori-r
couroit à effréner leur licence. Ils députèrent
vers le maire pour lui notifier qu'ils entendoient
qu'il réglât par une ordonnance le prix de
grains au taux doat ils étoient convenus. Impa?
tien; du retour de leurs émissaires ils se mirent
en mouvement pour entrer ^dans la^; ville et

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin