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RELATION
De la Fête célébrée à Lorient le 19 Juin 1816, en
l'honneur du Mariage de S. A. R. Monseigneur
le Duc de BERRI. ACQUISITION
L'AUGUSTE Alliance qui doit assurer à jamais le bonheur de la
France et le triomphe de la légitimité, ne pouvait manquer de devenir
au moment des fêtes destinées à la célébrer, une nouvelle occasion de
faire éclater tout l'amour des français pour la famille auguste que la
providence a rendue à leurs voeux.
Les habitans de Lorient, n'auront point à redouter la comparaison
à cet égard, avec toute autre ville du royaume. Ailleurs peut-être une
grande population , tout l'appaeil du luxe et de l'opulence, auront
donné à ces fêtes un éclat plus brillant, mais si l'enthousiasme le plu»
vrai et le plus soutenu, si l'imitation des plus nobles vertus de nos
princes, si la réunion de toutes les classes et de foutes les opinions
sous l'étendar des lis, sont aussi dignes de retracer aux yeux de tous le but
de ces solennités , nulle part, peut-être , ces moyens n'auront été em-
ployés avec plus de bonheur, nulle part peut-être , plus de sentiments
généreux n'auront éclaté, et cette ville dont les opinions ont été trop
souvent calomniées, datera de ce beau jour l'oeuvre complette de sa
réhabilitation.
Au milieu de l'allégresse que faisait naître dans tous les coeurs
français l'approche de l'heureux moment qui allait augmenter parmi
nous le nombre des fils d'Henry IV , plusieurs fonctionnaires se pro-
posèrent de former une souscription pour pouvoir, à cette occasion ,
distribuer des secours aux indigents de cette ville et de se réunir en
banquet pour porter les santés de nos princes chéris. A peine ce projet
fut-il connu que bientôt la liste des souscripteurs fut couverte de signa-
(2)
tures; magistrats, administrateurs, militaires de tout grade et de toute
arme, tout le monde accourut, et bientôt une liste nombreuse permit
d'étendre des dispositions qui n'avaient pas paru d'àbord susceptibles
d'autant de développements.
Répandre des bienfaits au nom du Roi, faire bénir par le pauvre
celte époque si heureuse pour la France , réunir les habitans à leurs
magistrats , échauffer tous les coeurs , intéresser même les indiiférens,
tels furent les" moyens et le but de ces fêtes , et l'on pourra juger par
les détails que nous allons donner , que le succès a dépassé toutes les
espérances.
L'heureux jour fixé pour là célébration des fêtes, arrivant trop
lentement au gré des habitans de Lorient, ils voulurent dès le 17 ,
jour auquel les illustres Epoux avaient du recevoir la bénédiction
nuptiale, faire éclater leur allégresse, et en conséquence un bal très-
brillant fut donné par MM. les Sociétaires du Cercle, et la plus nom-
breuse réunion put faire connaître dès-lors les sentimens des principaux
fonctionnaires et habitans dans cette heureuse circonstance.
Cependant des Commissaires avaient été nommés pour préparer tous
les moyens d'exécution des dispositions arrêtées. Les suffrages dési-
gnèrent pour remplir ces honorables fonctions ,
MM. Courtin de Torzay ,
Dano ,
De Commore ,
De Goyon ,
Delattre,
De la Villerio ,
Duplessix de Gienedan ,
François ,
Grivel ,
Lamblardie ,
Le Coat Saint Haouen ,
Le Jeune ,
Lussault,
Ollivier, fils,
Ouizille ,
Rozan ,
Thevenard,
commis principal de la marine,
officier de santé de la marine,
inspecteur de marine,
commissaire des guerres,
capitaine des grenadiers de la garde
nationale.
receveur principal des contributions
indirectes.
capitaine de la Légion du Morbihan.
chef de bataillon à l'ex-70.e regiment.
capitaine de vaisseau.
ingénieur en chef des travaux
maritimes.
, capitaine de la 1re. compagnie de
fusiliers de la garde nationale.
lieutenant de vaisseau,
architecte-voyer de la ville,
juge du tribunal civil,
lieutenant des chasseurs de la garde
nationale,
sous-lieutenant des chasseurs de la
garde nationale,
capitaine au corps royal d'artillerie
de marine.
(3)
Aussitôt après leur nomination , M.M. les Commissaires deman-
dèrent qu'il leur fût adjoint six Commissaires honoraires pris parmi
les principales Autorités du la Ville et du Port , pour diriger tous les
travaux et leur assurer dans l'exercice de leurs fonctions , l'ordre et
les facilités nécessaires.
Les Commissaires honoraires désignés , furent
MM La Boissière ,
le comte dé Chazelles,
De Solminihac ,
Redon ,
Monistrol ,
le comte Sévère de la
Bourdonnaie,
commissaire spécial de police,
sous préfet. ».
commande de la marine, par interim,
au Port de Lorient.
ordonnateur-général de la marine,
maire.
lieutenant de Roi..
Les Commissaires ordinaires , après s'être distribué lés divers détails
des préparatifs de la fête, en arrêtèrent le programme , de concert
avec MM. les honoraires ; le programme fut rédigé par monsieur le
comte de Chazelles, sous-préfet, on y remarquait les passages suivans :
« Pour marquer une aussi heureuse époque , qui ajoute au bonheur
du présent toutes garanties pour l'avenir, nous seconderons les inten-
tions du Monarque Père , en ne donnant de pompe a nos fêles que par
l'éclat de nos sentimens ; nous serons assurés de plaire au ROI , aux
augustes PRINCES de sa famille, en retranchant tout au luxe pour
donner à la bienfaisance.
» Habitans de Lorient, que ce jour soit doublement fortuné pour
tous , qu'il nous unisse à jamais, qu'il confonde tous nos voeux dans
une seule et même pensée : le ROI , la Paix , la Réunion franche et
loyale des Français , autour du Trône des BOURBONS. »
Une circonstance heureuse vint ajouter à tous lès moyens déjà
convenus pour atteindre le but principal que l'on se proposait, la
joie du peuple , le soulagement des infortunés ; M. l'Ordonnateur-
Général de la Marine fit connaîlre qu'il était autorisé à distribuer
des secours a des veuves de marins , et qu'il désirait attendre pour
faire faire cette distribution, le jour de la fêle , dont elle devint
alors une des dispositions principales.
Le mercredi 19 juin, à la pointe du jour , une salve d'artillerie
faite par les soins des canonniers de la garde nationale et de ceux de
la marine réunis , annonça aux habitans de Lorient et des campagnes
circonvoisines la cérémonie du jour. Dés les premiers coups de canon ,
toutes les maisons furent spontanément décorées de pavillons blancs,
et chacun semblait avoir rivalisé de zèle pour donner de l'éclat a cette
décoration en l'ornant d'armoiries , d'emblêmes et dé devises.
Les travaux avaient été simultanément suspendus partout, et l'allé-
gresse était générale. Dès le matin , l'affluence de toute la population
dans les rues et sur les places publiques fut continuelle , et donnait à
(4)
la Ville cet air de fête qui dispose si facilement aux plus douces
impressions.
A neuf heures du matin, s'ouvrit la distribution des secours aux
veuves de marins, dans les bureaux de l'administration de la marine;
cinq cents de ces femmes intéressantes reçurent chacune six francs ,
et se retirèrent en bénissant le monarque-père qui veut attacher à chaque
époque de son règne , le souvenir d'un bienfait.
Une cérémonie religieuse devait précéder les plaisirs de la journée
et porter aux pieds des autels les voeux de tout un peuple pour le
bonheur du couple auguste qui devient en ce moment la garantie de
celui de la France; en conséquence, à dix heures du matin, les
compagnies d'élite de la garde nationale et des détachements composés
de troupes des différents corps de la ville et du port, se rendirent
devant l'hôtel de la mairie, où se réunirent toutes les autorités civiles
et militaires de terre et de mer, ainsi que toutes lés administrations.
A onze heures, le cortège sortit de l'hôtel de la mairie. Il était
précédé d'un grouppe de tambours de tous les corps , de la musique
de la garde nationale et de celle de la légion du. Finistère.
On se rendit à l'église paroisssiale. On y célébra le saint sacrifice
de la messe pendant laquelle madame la comtesse De Chazelles et
madame Redon firent la quête pour les pauvres, et les deux musiques
exécutèrent plusieurs morceaux analogues a la fête qu'on célébrait.
En sortant de l'église , le cortège se rendit sur la place Royale, on
y avait dressé un autel et d'après l'autorisation qu'on en avait reçue
de monseigneur l'Evêque de Vannes, il y fut chanté un Te Deum
et le Domine salvum fac Regem. Pendant le Te Deum, une seconde
salve d'artillerie se fit entendre, et les deux musiques de la garde
nationale et de la légion du Finistère, exécutèrent plusieurs morceaux
choisis peignant l'union de tous les coeurs et de tous les voeux.
Toute la troupe sous les armes et une foule innombrable de personnes
tant de la ville que des campagnes circonvoisines, joignirent leurs
prières , à celles des ministres des autels. Cette cérémonie religieuse
étant terminée , les compagnies d'elite de la garde nationale en grande
tenue d'été et les divers détachements des troupes de terre et de mer
défilèrent devant les autorités réunies aux cris répétés de vive le Roi!...
vivent les Bourbons!...
Cette cérémonie conduisait naturellement à la distribution des secours
destinés aux indigents de la commune. Messieurs les curés de Lorient
et dé Kerentrech , curaient été priés de désigner ceux qui avaient droit
de participer aux secours. Ils furent accordés a quatre cents pauvres
de la ville et a cent des faux-bourgs.
Chacun avait reçu une carte portant la date du mariage de LL. AA.
RR. et les armes de France. Elle devait leur servir à être reconnus
par Messieurs les commissaires et rester, entre leurs mains comme
souvenir. Tous les indigent smunis de cartes se réunirent a la porte de
la ville et partirent de là pour se rendre sur le quai où lés comestibles
et les secours en argent devaient leur être distribués, Les cris de leurs

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