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RELATION DÉTAILLÉE
DU
DE S. A. R.
MME LA DAUPHINE,
A BESANCON.
Besançon
IMPRIMERIE DE CHARLES DEIS,
1828.
PASSAGE
DE
S. A. R. MME LA DAUPHINE
A BESANÇON.
LE séjour que Madame la Dauphine a fait à Besançon, les 4,
5 et 6 septembre courant, laissera de longs souvenirs parmi
les habitans de cette bonne ville; car les actes multipliés de
bonté, d'affabilité et de bienfaisance qui ont accompagné
chacun des pas de l'auguste princesse, sont et demeureront
gravés dans les coeurs bisontins. L'enthousiasme que sa pré-
sence a excité parmi la population avait un caractère particu-
lier très remarquable; il exprimait un sentiment profond de
respect et de reconnaissance, auquel se joignait une sympathie
très-vive, qui semblait inspirée autant par les vertus et par les
infortunes de S. A. R., que par la bienveillance avec laquelle
elle accueillait les hommages des groupes qui se pressaient
sur son passage, pour contempler une Princesse chérie, dont
le visage peignait la plus douce satisfaction.
Le 4 , on était prévenu que S. A. R. arriverait dans l'après-
midi; les croisées de toutes les maisons étaient pavoisées de
drapeaux blancs fleurdelisés, et les rues par où le cortége de-
vait passer étaient jonchées d'un population avide de contem-
pler la fille du meilleur des rois. Une pluie violente d'orage
dérangea tous les apprêts, força une partie de la foule à
chercher des abris, et empêcha qu'une calèche découverte, qui
avait été envoyée au-devant de Madame la Dauphinepour faire
son entrée en ville, pût être employée; l'eau tombait par torrens,
et S. À. R. fut obligée de demeurer dans sa voiture de voyage.
1
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S. A. R. était accompagnée de Madame la duchesse de Da-
mas, Madame la vicomtesse de Vaudreuil, de M. le mar-
quis de Conflans. C'est ainsi qu'elle entra dans la ville, au grand
regret des habitans, qui ne purent contempler ses nobles traits.
Une escorte de la garde nationale à cheval (1), de la gendarmerie
royale, et d'un détachement du superbe régiment des cuiras-
siers d'Orléans, précédait et suivait la voiture, et ne cessait de
faire entendre le cri français de Vive le Roi! Vive Madame la
Dauphine! répété à l'envi par une foule considérable, compo-
sée des habitans de la ville de Besançon, et d'un grand nombre
d'habitans des villes et communes voisines , accourus pour
partager le bonheur des Bisontins.
Le Palais-Monsieur avait été préparé pour la recevoir; il
était décoré avec élégance et même avec une sorte de magni-
ficence. Les principales autorités civiles et militaires étaient
réunies sous le vestibule, près de M. le comte de Milon, pré-
fet du departement du Doubs. Un détachement de grenadiers
et un détachement de la garde nationale formaient la garde
d'honneur, et étaient rangés en bataille dans la cour au
moment où la voiture de Madame la Dauphine entra dans le
palais, suivie et précédée des acclamations générales. S. A. R.
fut reçue au pied du grand escalier; immédiatement, made-
moiselle de Milon, accompagnée d'un groupe de demoiselles
élégamment vêtues, prises parmi les familles les plus distin-
guées des diverses classes de la société, lui présenta une cor-
beille de fleurs, que l'auguste princesse daigna accepter avec
une obligeante bonté; elle écouta avec sensibilité le compliment
que mademoiselle de Milon lui adressa, en lui présentant cette
corbeille, au nom de ses compagnes.
Madame la Dauphine se retira dans l'appartement qui lui
avait été préparé, laissant la foule enthousiasmée d'avoir pu
jouir un instant du bonheur de contempler la fille du Roi mar-
tyr, et invita M. de Milon à lui présenter les autorités qui
s'étaient réunies pour la recevoir.
A sept heures il y eut un dîner de quarante couverts, pen-
dant lequel S. A. R. montra une amabilité et une bonté exces-
(1) Les services de cette garde d'honnenr, qui présentait la plus belle
terme, avait été agréée par S. A. R. de la manière la plus gracieuse et la
plus affable.
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sives; elle avait à sa droite Mad. la comtesse de Milon, et à sa
gauche M. le maréchal duc de Conégliano.; elle avait eu l'ex-
trême bonté d'admettre Mlle, de Milon au rang des conviés (1).
Le repas terminé, il y eut grande réception dans le salon :
d'abord des dames , présentées par Mad. de Milon, puis de la
Cour royale, précédée de son Premier Président, M. le vicomte
de Chifflet, pair de France, et enfin des fonctionnaires de divers
ordres. Elle accueillit toutes les présentations avec cette bonté
qui caractérise les princes de la maison de Bourbon, et leur
adressa des paroles flatteuses, remplies de bienveillance. Le
soir de cette journée il y eut une illumination générale dans
la ville, très-brillante, quoique fort contrariée par la pluie.
On remarquait celle des édifices publics, et surtout celle du
Palais-Monsieur, ordonnée par M. le comte de Milon, laquelle
se distinguait par une élégance qui honorait le' goût qui avait
présidé à sa composition; le chiffre de MARIE-THÉRÈSE,
élevé au-dessus du porche de l'hôtel, était d'un très-bon effet,
et paraissait réellement suspendu dans les airs. L'hôtel-de-ville
était aussi très bien décoré. On y remarquait un transparent
d ont l'allégorie était ingénieuse.
La journée du 5 devait être pour la ville un jour de fêtes et
de bonheur: Madame la Dauphine allait déjeûner à la citadelle
et devait visiter les principaux établissemens publics ; elle avait
conséquemment à parcourir tous les quartiers de la ville.
Le soleil, en se levant, annonça l'un des plus beaux jours
de l'année; le ciel était sans nuages. Madame la Dauphine put
parcourir dès le matin les jardins de la Préfecture; elle y reçut
avec bienveillance une branche d'immortelle et une pensée, que 1e
jardinier lui présenta comme l'expression de ses sentimens; elle
s'entretint familièrement avec plusieurs factionnaires de la
garde, placés dans les avenues, et eut la bonté de s'informer
si la pluie les avait incommodés.
Vers les onze heures, S. A. R. monta dans sa calèche décou-
verte, et, suivie de son escorte ordinaire, alla entendre la
messe à l'église cathédrale de Saint-Jean. Elle reçut l'eau-bénite
des mains de M. le curé de la paroisse, mais refusa de pren-
dre place sous le dais qui lui fut présenté à la porte de l'église
(1) Une table avait été dressée dans une autre salle pour MM, les of-
ficiers de service.

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