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Remède qui guérit l'épidémie régnante... Par J.-J. Gardes,...

De
27 pages
tous les libraires (Nîmes). 1854. In-8° , 28 p..
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REMÈDE
QUI GUÉRIT
LÉPIDÉMIE RÉGNANTE
PAR M. MOUVAIT
Curé de Babolna (Hongrie)
et employé avec le plus îaestressx Bisceès
PAR M. FRA1SS1NET
Pasteur à Sauve (Gard).
1. Lettres de MM. MORVAY et FHAISSINET ;
2. Lettre du docteur LBVICAIRE , directeur du service de santé de la
marine ;
5. Médication de RASPAIL ;
i. Réflexions contre les cures à la glace, et conseils chrétiens.
.^rr-r-^ Par J.-J. CARDES
-v ^jV ^)f\ Pasteur à Nimes.
lu r'V^Q Wà. au profit des Pauvres de tous les cultes.
NIMES
SE TROUVE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
PARIS
CHEZ MEYRUEIS , RUE TRONCHET, 2.
1854
REMÈDE
QUI- GUÉRIT L'ÉPIDÉflE-RÉGNANTE
À Nimes, la santé publique est dans un état normal, sauf
quelques cas épidémiques rares et isolés. La mortalité est moin-
dre que jamais. Nous avons des médecins d'élite. La vigilance de
l'autorité, comme celle du gouvernement, est paternelle., par-
faite. Notre Empereur s'occupe partout de l'assainissement des
maisons ; il a créé, comme en Angleterre , des cités ouvrières ,
des lavoirs publics, des institutions de crédit foncier, etc., etc.
C'est un beau spectacle de voir les deux premiers peuples de
l'Europe, naguère ennemis, marcher, comme l'avant-garde de
l'humanité, dans toutes les améliorations sociales, dans tous les
bienfaits pour les classes pauvres. Si ces deux peuples sont con-
traints à marcher ensemble contre le colosse russe, celte grande
statue de Daniel, dont la tête est d'or, les 'iras d'argent, mais
dont les pieds sont d'argile; si, Français et Anglais sont réduits à
la guerre, peine de mort sur une vaste échelle, -tache immense
sur le soleil de la civilisation, cette guerre est faite pour la con-
quête de la paix; le Czar l'a provoquée et l'a rendue un mal né-
cessaire dont, avec l'aide de Dieu , l'Europe et le monde tireront
un bien.
En face du fléau qui décime trois villes voisines de la nôtre,
mon coeur s'est ému en voyant deux ministres de deux commu-
nions différentes, combattre, avec le même remède, la même
charité, le même ilévoûment, une maladie terrible. Et, dans
ce duel de deux hommes contre le fléau , bénissons Dieu de la
victoire.
Je commence par M. Môrvay , ce saint Vincent-de-Paul de
la Hongrie. En 1832, lors de la première invasion de l'épi-
démie, tous les journaux annoncèrent que ce prêtre modèle avait
guéri 98 cholériques dans sa paroisse et une foule d'autres dans
les environs. Le traitement qu'il prescrit a été approuvé par
M. Wolf, le plus célèbre médecin de l'Allemagne. Il a été suivi
à Riga avec un plein succès. L'archiduc Palatin a fait publier, en
Hongrie, une lettre de M. Morvay, dont je copie toutes les
prescriptions :
Moyens pour éviter l'épidémie.
« 1° Sobriété.—Mangez peu à la fois et trois ou quatre fois
par jour des aliments nourrissants, frais et jamais irritants.
» Prenez peu de vin, mais bien mêlé avec moitié ou deux tiers
d'eau ; évitez les boissons glacées ou trop froides.
«Les excès, quels qu'ils soient, favorisent le développement
de toutes les maladies épidémiques, mais surtout du choléra.
»2° Propreté. — Lavez-vous souvent à l'eau chaude; prenez
un ou deux bains par mois; frottez vos mains une ou deux fois
par jour avec de l'eau- de -vie camphrée , du vinaigre ou du
chlorure de chaux liquide ; changez-le plus souvent possible de
linge et prenez-le bien sec.
» Donnez souvent de l'air à vos chambres; nettoyez-les tous
les jours, ainsi que vos latrines, vos plombs, etc. Mettez dans
chaque chambre une assiette de chlorure de chaux liquide que
vous renouvellerez tous les deux ou trois jours. Gardez le moins
longtemps possible le linge sale dans vos maisons.
» 3° Activité.— Faites un exercice modéré, mais faites-en tous
les jours. On dit que l'oisiveté est la mère de tous les vices; on
peut ajouter qu'elle dispose à toutes les maladies épidémiques.
»'(" Habillements.— Portez de la flanelle ou toute autre étoffe
de laine sur la peau (1), principalement sur le ventre ; évitez le
passage subit du froid au chaud , et surtout du chaud au froid.
» 5° Tranquillité d'âme. — Les médecins la conseillent, tout
le monde la prêche ; mais c'est en vain , si on ne la cherche
auprès de Dieu, qui seul la donne. »
Signes on caractères «le l'épidémie.
« 1° Existant sans interruption.,—-Au début, lassitude subite
dans tous les membres, vertiges', étourdissement, pâleur ; mais
bientôt tous les traits de la face sont altérés et presque décom-
posés. On y voit l'aspect de la mort, quoique l'esprit conserve
toute son intégrité. Les yeux sont caves et les pupilles dilatées ; la
faiblesse est extrême et générale. LA RESPIRATION est FRÉQUENTE ,
difficile et accompagnée de menaces de suffocation.
» On éprouve à I'ESTOMAC une CHALEUR BRÛLANTE , accompagnée
de soif d'eau froide. Le ventre percuté ( frappé légèrement ) ne
résonne plus.
» Les EXTRÉMITÉS SONT raoïDES, et d'autant plus que le danger
est plus grand. Tout le corps est souvent couvert de sueur froide.
La langue semble glacée dans la bouche ; le nez est froid et
violacé.
»Le pouls est très-faible, presque imperceptible, et même nul.
»2° Se manifestant à des intervalles plus ou moins rappro-
chés. — On éprouve des SPASMES d'abord aux jambes, puis aux
cuisses, puis au bas-ventre, puis aux bras (ils manquent pour"
tant quelquefois) ; douleurs lancinantes sous les côtes inférieures;
il survient bientôt des VOMISSEMENTS d'un liquide blanchâtre ou
(1) Je pense avec plusieurs docteurs, qu'un homme sage et réglé doit
garder, en temps d'épidémie , ses habitudes pour la nourriture (sauf les
fruits crus, qui sont plus légers par la cuisson), et quant aux vêtements, en
été, la flanelle et le drap surexcitent la sueur et le passage du chaud au
froid, qui est si dangereux. Si on s'habille en été comme en hiver, que fera-
l-on pendant l'hiver lui-même ?
— 6 —
grisâtre, sans odeur, et semblable au blanc d'oeuf, accompagnés
de violentes coliques.
» EVACUATIONS de matières blanchâtres ou grisâtres, souvent
sanguinolentes ou purulentes. URINES très-rares ou nulles. »
Vraitemeirt a employer en attendant le médeein.
a 1° Placez promptement le malade dans un lit muni de plu-
sieurs couvertures de laine (trois ou quatre) , bien chauffé et
aromatisé avec du sucre ou de l'encens brûlé; couvrez-lui bien
la tête.
» 2° Frictionnez fortement tous les membres ( en ayant bien
soin de ne pas le découvrir) avec des flanelles ou des brosses
imbibées d'eau-de-vie camphrée , de fort vinaigre, ou même de
Uniment volatil, selon la difficulté que vous éprouverez à réta-
blir la chaleur.
» 3° Appliquez des cataplasmes de moutarde bien chauds aux
pieds, aux mollets , aux cuisses, et même aux mains.
» 4e Donnez une infusion légère, mais bien chaude, de mélisse
ou dementhe, ou de fleurs de tilleul, ou de feuilles d'oranger, su-
crée avec du sirop de capillaire ou du sucre.
» 5° Appelez un médecin ; mais dans une maladie contre la-
quelle les médecins du corps n'ont encore trouvé aucun remède
infaillible, dont les symptômes sont si effrayants, dont la durée
est si courte, pendant laquelle la tranquillité de l'âme est surtout
si importante, adressez-vous au GRAND MÉDECIN, au Médecin de
l'âme, que vous devez dès à présent cherchera connaître. I! désire
lui-même se faire connaître à vous; car il vous crie: Venez àmoi,
vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous soulagerai. Il
vient à votre renconlre; il se tient à la porte de vos coeurs, et
il frappe, afin que vous lui ouvriez et qu'il puisse être auprès de
vous , avec ses consolations , quand vous serez dans la langueur
et que vous sentirez l'insuffisance de tous les secours humains. »
Méthode de guéris©». • -..
« Je fais mettre le malade dans un lit bien chaud , et je le
couvre avecdes plisses de toute espèce. Je lui laisse seulement de
quoi respirer; je couvre même sa tête avec des draps bien chauds.
Pendant qu'il se couche, je prépare un cataplasme (1), c'est-
à-dire je fais bouillir dans de l'eau, à peu près en parties égales,
de la menthe frisée (herba menthea crispa), de la carline ou
îaleucacantha ( herba abreiani) , de la sariette (herba saturea)
et de la sauge ( herba salvice). Je hache ces aromates, en ymê-
lant de l'alcée rose, qui croît sur le bord des routes ; je les mets
entre deux linges, et je place cette compresse bien chaude sur
l'estomac; je la fais mouiller avec du vin chaud, et puis je
fais couvrir de nouveau le malade. Je fais aussi préparer en
même temps une boisson. Je prends soit de la menthe frisée,
soit de la fleur de sureau, ou de la camomille, et je la fais pren-
dre chaude. En l'absence de menthe, je me sers aussi depersi-
caire ( herba pulegû) ou indifféremment deparillet.
» Si le malade éprouve une soif ardente, je lui donne de l'eau
d'orge chaude, après l'avoir fait bouillir. Si le besoin de manger
se fait sentir, je. lui donne un peu de soupe ou de bouillon, et
je continue à lui faire boire de l'eau d'orge chaude. Le malade doit
supporter avec patience cette chaleur salutaire, ainsi que cette
transpiration ; j'en ai beaucoup d'expérience. Pendant la plus forte
(1) M. Fraissinet m'écrit: « Je n'ai employé ce cataplasme qu'au début.
J'y renonçai bientôt,'ne pouvant me procurer les plantes qui le composent.
Je n'ai jamais eu de carline ; notre menthe frisée s'épuise bientôt. Nous
avons la sauge, la sariette, et quant à l'alcée, je l'ai remplacée par la
mauve ordinaire. Ce cataplasme est utile, mais non indispensable. On
l'emploie pour provoquer le réchauffement intérieur, et 6i des sudoriûques
pris en boisson le provoquent, on le supprime. Si on veut en user, on
peut ajouter aux plantes indiquées par M. Morvay, ou même leur substi-
tuer la lavande , le thym. le serpolet , le romarin. Je ne l'ai pas fait, mais
je pense qu'on peut le faire avec quelque avantage. »
— 8 —.
transpiration, je fais changer de linge. Mais, lors même qu'on
éprouve du soulagement, je ne permets pas d'ôter le cataplasme ;
au contraire, j e le fais renouveler, et j'en couvre le malade
jusqu'au cou, afin que, dans aucun cas, il n'y ait de refroidis-
sement. Si la transpiration se renouvelle de cette manière, c'est
un bon signe. Je permets bien au malade de se lever ensuite,
mais il doit mettre ses habits d'hiver, et quand il a mangé un
peu de soupe chaude, je lui permets un peu de vin. De. cette
sorte, beaucoup de nos brebis, qui avaient été atteintes le ma-
tin, se promenaient le soir dans leur maison.
» Lorsque la crise est des plus fortes, et qu'elle ne cède pas
au traitement susdit, je fais prendre un bain , ou mettre, dans la
vapeur. Le bain s'établit de la manière suivante : Je fais assoir
le malade sur une petite chaise, sous laquelle je mets un réchaud
couvert de trois briques rougies au feu. J'y fais verser de l'eau»
de^vie, en partie égale avec du vinaigre. Je couvre le malade
jusqu'au.cou. Je change les briques ardentes, et je les fais arroser,
jusqu'à ce que le malade entre en transpiration. Après l'avoir
essuyé, je lui fais,mettre le cataplasme mentionné ,• et coucher
dans un lit très-chaud.
» Le bain de vapeur peut encore être arrangé de la manière
suivante : on fait bouillir des tiges et des feuilles d'acacia dans
deux chaudières ; on en établit une sous la chaise, et l'autre sous
les pieds du malade, en y mettant une planche, pour que les
pieds ne touchent pas l'eau bouillante, et on enveloppe toujours
le malade.
v Je regarde aussi comme très-salutaire un bain de feuilles
d'acacia. Même dans le bain, le malade doit être couvert de
toute manière. S'il souffre de crampes, je lui fais frotter le
corps , les pieds et les mains avec mi-partie de vinaigre cam-
phré et d'eau-de-vie camphrée, car la crise affaiblit extrêmement.
Au plus malade, je fais prendre du thé, de la menthe frisée
( lors même qu'il les vomirait), jusqu'à ce que l'envie de vomir
et la diarrhée diminuent, car aussitôt que son estomac se ré-
chauffe , le thé reste.
— 9 —
» Pour arrêter la soif, je ne connais rien de mcilleur-que l'eau
d'orge. Mais le cataplasme ne doit pas être négligé. Je le. dis avec
vérité f j'ai rétabli par ce traitement des malades dont je désespé-
rais moi-même.
» La maladie a'éclaté àBabolna, le 25 juillet; elle a at-
teint 120 personnes; 21 personnes de la commune et une étran-
gère ont succombé. Les trois premières périrent faute de traite-
ment , les autres étaient ou des enfants gâtés par des impré-
voyances , ou des enfants malingres , ou des vieillards obstinés.
» La principale cause de mort était le manque de soins, ou
bien l'eau et même la glace qu'ils obtenaient par leurs prières.
» Je puis assurer, en invoquant le salut de mon âme, que
s'ils avaient suivi mes conseils, il n'en serait pas mort trois. Par
la manière que j'indique, 98 se sont rétablis , et j'ajoute qu'il
est même des habitants qui, sans s'être annoncés comme mala-
des , sachant ce qu'il y avait à faire, se sont enfermés chez eux,
se sont forcés à la transpiration, ont suivi les prescriptions et
se sont rétablis.
» Fisza-Babolna , 5 août 1835.
» Signé : JEAN MORVAY , Curé. *
J'ai consulté mon ami Fraissinet, pasteur à Sauve. Je publie
sa réponse :
« Oui, j'ai vu le choléra et de bien près : pendant quarante-
jours je l'ai combattu, et, grâces au Seigneur, sans crainte et
avec grand succès. Je puis le dire hautement, c'est de notoriété
publique , à Sauve ; pas un de ceux qui furent traités à temps ,
par le précieux remède du vénérable curé de Babolna, ne suc-
comba aux atteintes de ce fléau, qui, en quarante jours, fit, à
Sauve, 114 victimes. Plus de 500 cholériques lui durent une ra-
dicale et prompte guérison. Appliqué trop tard, employé trop
lâchement ou contrarié par la glace, les boissons réfrigérantes,
etc., etc., il est inefficace; j'en ai plus d'une preuve; mais ad-
ministré au début de la maladie, ou même avant qu'elle ait at-
teint sa troisième période, il est d'une incontestable efficacité.
— 10 —
» Une expérience, longuement répétée, me convainc que, de
tous lès sudorifiques, la feuille de noyer bouillie dans le vin est
le plus énergique, et que souvent il importe d'y avoir recours,
surtout si la maladie a déjà fait des progrès. Vous enivrerez le
malade, dira-t-on, c'est possible, mais s'il sue plus abondam-
ment, et s'il doit être guéri par ces sueurs plus abondantes, doit-
on en redouter l'ivresse?
» Je ne suis pas médecin, je n'ai pas la prétention de con-
naître la cause du choléra ; mais si le célèbre Parkins (1), docteur
américain, a dit vrai, s'il est dû à des myriades d'infusoires (et
je viens d'apprendre que, dans cette supposition , l'un de ses
plus habiles confrères, le docteur Hue, de Lisieux, notre com-
patriote , fait prendre, comme préservatif, l'essence de quinine,
à très-petite dose, dans une boisson quelconque. Or, il est de
fait que cette essence frappe instantanément de mort toute es-
pèce de mites infusoires), ne serait-il pas possible d'admettre
qu'on s'en débarrasse par la transpiration?... Un docteur polo-
nais a donné la sueur comme le meilleur remède de cette maladie ;
à Douai comme à Paris (chez M. Firmin-Didot), on a utilement
employé les machines à vapeur pour faire promptement suer les
cholériques, et partout un heureux succès a couronné ce moyen,
l'un des plus salutaires. Eh pourquoi ne le mettrait-on pas en
oeuvre partout où se manifeste ce fléau ?
» J'étais malade, dans l'impossibilité de reprendre mes fonc-
tions. J'avais besoin d'un repos absolu. J'obtins un congé d'un
mois. La veille du jour fixé pour mon départ, le fléau se dé-
clare ; je ne songe plus à partir. Le poste du danger me sem-
ble le poste du devoir. Moi qui ne pouvais pas prêcher une fois
le dimanche, j'établis un service journalier; je prêchais tous
(1) Les miles infusoires du célèbre Parkins sont une savante absurdité. Com-
ment ces mites vivent-elles sous les tropiques et dans la Sibérie ? Comment,
en 1855 , en 49, en 54 , savent-elles trouver les mêmes villes et épargner
las autres ? C'est ici que Dieu dit : « Je confondrai la sagesse des sages et la
science des savants. » — M. Bréant offre 500,000 fr. à celui qui découvrira la
cause et le remède du fléau. M. Parkins n'a pas encore gagné le prix , et les
mites infusoires ont gagné son savant cerveau.
— 11 —
les jours, et, à mes fonctions de pasteur, je joignais celles d'in-
firmier. J'administrai le remède du digne curédeBabolna, à une
foule de malades; je gravis journellement plus de 2,000 degrés,
je changeai de linge-165 fois en HO jours. J'acquis, par cette
sueur, ce rude travail, une forte santé qui me reste encore et
que je n'avais jamais connue. ïoutcequeje vous dis sur mes cho-
lériques guéris, est attesté dans un certificat qui me fut délivré
parle conseil municipal, le consistoire, les notables de Sauve,
M. de Bonteour, sous-préfet du Vigan, et le baron de Jessaint,
préfet du Gard. Le gouvernement m'accorda une médaille que je ne
demandai pas, et que, depuis 19 ans, je laisse dans les cartons de
notre préfecture. Je ne cherche pas la gloire qui vient des hom-
mes. Faire du bien , être utile à mes frères , c'est être assez ré-
compensé. »
Voilà les deux lettres que j'ai cru devoir publier avec em-
pressement. Je les ai envoyées au Nouvelliste de Marseille.
Faire vite le bien , c'est le faire deux fois. Il y a urgence quand
il s'agit d'un mal si prompt et d'un remède si salutaire. On doit
en croire un prêtre catholique et un pasteur protestant; deux com-
munes, l'une en Hongrie et l'autre en France. Que nos méde-
cins, dont la profession est un apostolat, fassent l'essai d'un
remède qui, sorti d'un double sanctuaire , semble ainsi être deux
fois providentiel. Si le remède a triomphé par les soins de deux
hommes qui n'ont, en médecine, d'autre science que la charité,
que ne sera-t-il pas avec les hautes lumières de nos savants pra-
ticiens! MM. Morvay et Fraissinet n'ont pas fait plus que moi
un cours de thérapeutique ; mais , en se dévouant pour le bien
public, en oubliant leur repos pour assurer celui d'autrui, en
voulant, s'il le faut, retrancher de leurs jours pour ajouter aux
jours de leur prochain, leurs actions sont des principes, leurs
succès des bénédictions, et leur vie est une morale.
Si l'on doute encore du remède ; si, comme Thomas, on veut
voir et toucher , qu'on mette à l'épreuve le remède du pasteur
Fraissinet, et l'on verra si les succès répondent aux paroles ; si

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