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Réponse aux attaques contre les Bibliothèques populaires de Saint-Etienne, par M***

17 pages
imp. de Renevent (Saint-Etienne). 1867. In-8°. Pièce.
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RÉPONSE AUX ATTAQUES
CONTRE LES
BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES
DE SAINT-ETIENNE
Par Mi. ***
Prix : 30 centimes.
REPONSE AUX ATTAQUES
CONTRB LÉS
BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES
DE SAINT-ETIENNE
Par H. *** j
«-.v|us avez rendu service au genre hutàâtn en voué
"""TJédhaînant sagement contre des ouvrages faits pour le
'-* nirvertlr.
/ (Défense de I'ESPRIT DES LOI* attribuée a Voltaire.)
I
Les bibliothèques populaires sont depuis quelque
temps le point de mire d'attaques violentés et outrées,
non-seulement du parti clérical, — ennemi naturel de
tout ce qui peut élever le niveau intellectuel du peuple;
mais aussi de tous les adversaires de l'administration
municipale, qui voulant lui faire échec, combattent et
essayent de démolir une de ses principales oeuvres.
L'honneur de l'attaqué revient en entier au Mémo-
rial de la Loire, qui ayant gardé à leur fondation Un
silence systématique et peut-être calculé, a par là
enlevé à ses critiques toute autorité, parce que la mal-
veillance pourrait bien les inspirer.
Monsieur Z. Z., auteur, je crois, des Lettres stéphâ-
noises, dé ce même journal, ayant fourbi ses armes en
vue d'éventualités prochaines, est venu prêter aide à
son général, avec une brochure très-grave, longuement
— 2 —
méditée, émaillée d'aperçus ingénieux, de réflexions
pleines de sentiment et de dignité, le tout couronné
par une conclusion très-chàritable à l'égard de la Com-
mission des bibliothèques, et digne en tout point des
disciples de Loyola, dont elle doit être, considérée
comme le manifeste, et à ce seul titre, elle mérite la
plus sérieuse attention. Mais.avant de l'analyser, d'en
relever les exagérations, le parti pris, les erreurs pal-
pables qui foisonnent, disons deux mots d'un troisième
adversaire.
Ancien membre du Conseil municipal, dont on ad-
mira . autrefois l'ardeur démocratique, revenu depuis
de ses égarements; correspondant d'occasion d'un jour-
nal religieux'de Lyon, M. Maras enfin, a cru lui aussi
devoir faire connaître son opinion sur une question
aussi importante. Je ne douté nullement que l'honora-
ble,néophyte n'ait eu l'intention d'être caustique, vo-
lanti et conanti, et de livrer ses adversaires à la risée
publique. Malheureusement le public ne saisit pas tou-
jours, les allusions! trop fines et évaporées do certains
littérateurs forts-pirituels. assurément, — si l'on entend
par là la difficulté de les comprendre, —. qui feraient
bieru^ils ne veulent pas s'abaisser jusqu'à nous,
^OEiaj^^au moins les passages où le lecteur'devra
riii|M^à|u% ; cela nous éviterait beaucoup de peine,
H^î^^irMn. serions très -reconnaissant. Ainsi est
pMrjeBe^ Maras; je^ne doute pas qu'il n'y ait,1a
^ll^ii^is spirituelles, mais: je n'ai guère compris
qu&Ttnârpit ,où, se posant en. inquisiteur espagnol, il
désirerait connaître, le nom du négociant qui a donné
aux bibliothèques populaires lafieligieuseet le Maudit;
celui-ci n'aura garde d'y satisfaire, dam ! M. Maras est
— 3 —
un trop fervent catholique qui pourrait .demander
son duto-da-fè sur la place Saint-Charles; cela ne
réglerait pas certain .différend de sacristie, mais
apaiserait, m'assure-t-on, la colère du Très-Haut.
Etrange manière d'adorer un Dieu de bonté et de mi-
séricorde, que de vouloir rôtir en son honneur de
pauvres gens qui ne pensent pas comme eux, et qui
n'en sont pas moins pour cela honnêtes, probes, et
pardessus tolérants. C'est aussi cette contradiction
flagrante de la théorie catholique qui vivifie, et la pra-
tique qui tue, qui a fait surgir de tous temps des en-
nemis acharnés, et éloquents de la théocratie. C'est en
défendant les Calas, les Sirven, les habitants du territoire
du couvent de Saint-Claude tyrannisés par l'empire
monacal, et bien d'autres encore* de l'aveuglement
et de. la, barbarie de prêtres égarés, que ce vaurien
d'Arouet, — auquel la nation a voté autrefois les hon-
neurs du Panthéon, et dont M. Z. Z. voudrait aujour-
d'hui jeter les ouvrages à la rue,— a gagné sa gloire la
plus pure, et a mérité le respect de la postérité.
Mais avant d'aller plus avant, voyons par quelle
fausse interprétation des bibliothèques populaires nous
fait passer M. Z. Z., pour en arriver à la conclusion qu'il
caresse : soit le remplacement de la Commission actuelle
par une Commission de personnes charitables.
II
Alexandre Dumas, allant, à Marseille pour la pre-
mière fois, y découvrit, dit-on, la mer Méditerranée.
M. Z.-.Z., allant du cours Fauriel à la rue de la
Vierge, a découvert que les petites bibliothèques ne
sont pas les grandes. Merci de la trouvaille ! Il est
— 4 —
vrai que l'auteur de la brochure : Appel à l'Opinion»
a découvert tant de choses.. .y d'abord Voltaire et
Rousseau vieillots et démodés, puis Lanfrey, Taine,
Pascal, qui mais ne marchons pas trop vite, nous
pourrions nous perdre au milieu des amabilités que
M, Z. Z adresse à tous les écrivains en général et
aux philosophes en particulier, et revenons aux biblio-
thèques.
« Les grandes bibliothèques, dit M. Z. Z., ont leur
spécialité, et, en outre, renfermant le bien comme le
mal, et ouvertes seulement aux heures de travail du
plus grand nombre, elles ne sont guère accessibles
qu'aux érudits et aux hommes de loisir. »
Je viens de reproduire textuellement sa définition,
je vais en démontrer toute la fausseté.
Le lecteur a dû remarquer le mot spécialité, que
j'ai souligné à dessein, par ce que tout l'échafaudage
du raisonnement de M. Z. Z, reposant sur ce mot
vague et indéterminé, ne signifiant rien dans la cir-
constance^ nous n'avons qu'à souffler dessus pour que
tout tombe et s'écroule à l'instant même. Et, je le
demande à M. Z. Z^ quelle est la spécialité des gran-
des bibliothèques 1 S'il répond autre chose que ceci :
Les bibliothèques sont ouvertes à tout le public et
tous les jours de la semaine, de 9 heures du matin à
midi et de 6 heures à 9 heures du soir ; s'il me dit
autre chose que : elles peuvent être fréquentées par le
savant comme par l'ignorant, ■■ et que tous les livres
sont mis à la disposition de tout le monde, c'est qu'il
ne connaît pas ce dont il parle, et s'il partage mon avis,
il ne saurait y exister de spécialité ; le premier épicier
du coin pourrait au besoin le lui prouver.-En parlant
— 5 —
de ce principe faux, M. Z. Z. est arrivé à une consé-
quence fausse aussi. En effet, si comme le prétend par
erreur M. Z., les grandes bibliothèques avaient une
spécialité; si en un mot elles avaient été créées pour
telle ou telle catégorie de gens, enfin pour les érudits
puisque érudits il y a, son explication des bibliothè-
ques populaires pourrait au demeurant paraître plau-
sible. « Bibliothèques, dit-il, destinées au peuple, c'est-
à-dire à l'immense majorité des lecteurs qui n'ont pas
de livres ou plutôt n'ont pas de bons livres. » Mais,
nous le répétons, la spécialité n'existe pas, ne peut
pas exister dans nos bibliothèques communales; pour
l'admettre, il faudrait admettre cette autre absurdité :
l'obligation de présenter au portier de ces établisse-
.ments un brevet de capacité, à moins qu'on ne préférât
un billet de confession.
Le lecteur sait maintenant à quoi, s'en tenir sur la
fameuse spécialité de M. Z. Z.
III
S'il n'y a pas de spécialité, ainsi qu'il vient d'être
démontré, il y a cependant une grande différence
entre les bibliothèques communales, et les bibliothè-
ques populaires, différence très-logique et très-com-
préhensible que voici : les grandes bibliothèques
étant composées d'éditions anciennes et rares, de ma-
nuscrits quelquefois précieux, qu'il serait impossible
.de remplacer s'ils venaient à s'égarer, sont régies par
des règlements sévères, qui défendent de ne rien lais-
ser sortir de l'établissement sous aucun prétexte et
avec n'importe quelle caution
Les bibliothèques populaires, au contraire, cpmpo-