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République française. Réquisition. L'accusateur public près le tribunal criminel... du Tarn aux sociétés populaires et aux vrais républicains du département. [Signé : Alexis-Philippe-Auguste Fossé.]

De
12 pages
impr. de Auger (Castres). 1793. In-4° , 12 p..
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
RÉQUISITION.
1 - 1 1. -
UAccufateur public près le Tribunal
Criminel du Département du- Tarn,
Aux Sociétés populaires aux vrais.
Républicains du Départenlent.
ïàaftres, le 5 Août de l'an fecond de la République,
Frarçaife, une bc indivisible.
WM R E S S E
Aux Citoyens Repréfcnums' du Peuple , membres du -'
Comité de légijlatioa«
L E Mémoire que je prends la liberté de vous. envoyer
vous fera connoître les maux les plus pressans qui nous
aiSigenc dans le moment ? & dont je crains les fuites. Le
Ciel depuis plus de deux mois est d'airain pour nous. Cette
sécheresse nous prive du millet & des légumes , qui font une
ressource pour ce Départlmenr. L'hiver fera affreux si 011 lie
se hâte de prévenir les malheurs qui nous ménacent. Celui
qui ne devreit pas être inattendu, mais qui n'en est pas
( 2 )
moins frappant ? mettra le comble à ce premier. Les fabriques
font 'ici depuis quelque temps nombreuses & en grande afti-
vité. Attirés par la facilité & par la quantité du travail, plus
de trois mille ouvriers, nécessaires aux différentes manipula-
tions , s'y font rendus avec leurs familles. A l'aide de leur
industrie ? plusieurs Fabricans ont accumulé des fortunes con-
sidérables. Ils les réaident dans le moment en achetant de
grands fonds de terre. Plusieurs annoncent une cessation
effrayante de travail, & d'autres une diminution considéra-
ble. Si ce plan recevoit son exécution, joint au déficit d'une
partie de notre récolte, une famine inévitable & une guerre
civile nécessaire défoleroient ces contrées.
Je n'ai pu voir l'établissement de ces manufactures dans
une ville où presque tous les habitans font destinés par la
nature à être agricoles que fous un point de vue peu favorable.
« Les manufactures créent une race sans vigueur & sans cou-
<3j rage. Elles augmentent le nombre des hommes , mais elles
« diminuent le nombre des heureux. Les richesses appa-
» -rentes qu'elles procurent ne font que momentanées dans
99 un pays où le fol ne produit pas les objets sur lesquels
99 s'exerce l'industrie. Elles se jouent de l'exifieace des
5> hommes ; & finissent par livrer à la famine ce qu'elles
,, avoient promis de nourrir. » Je croirois que la Convention
devroit enjoindre à tous les Fabricans, dont la fortune efi
connue ou apparente , de soutenir leur travail avec la même
a&ivité jusqu'à la paix. Je croirois très-utile de fixer le prix
des commestibles , des marchandises & des journées de
travail, d'après une bafe que j'estime juste ôc assurée. Après *
avoir établi pour toute la République un même poids & une
même mesure , il faudroit prendre le tarif de tous les four-
laux & des livres des Marchands en 1788 , & d'après un
terme moyen, ôc de fixer le prix des commeftibles, des denrées
journées de travail.
V oilh, Citoyens RepréCenrans, quelques idées que. j'afe
wous proposer, en vous priant de les produire il vous les
( 3 )
jugez utiles ? & de les regarder comme non-avenues il vous
les jugez autrement. Je n'y attache d'autre mérite que celui
de l'utilité publique, sans intérêt comme sans pré-
tention.
L'Accusateur public près le Tribunal dij Département
du Tarn.
FOSSÉ.
Castres, 10 Août, de l'an fécond de la République
Française, une & indivilible.
A DR E S S E
A LA CONVENTION NATIONALE.
REPRÉSENTANS,
DEs grands maux nous accablent ? des plus grands nous
menacent encore ; c'est à vous, Citoyens, à porter le plus
prompt remede aux uns & à nous préserver des autres : Oui,
c'est à vous , puisque seuls vous en avez le pouvoir , & que
nous ne sommes redevables du malheur de notre pofirion ,
qu'à notre trop scrupuleuse exactitude à nous conformer à
vos décrets, & à l'inobservation aussi funeste que criminelle
qu'en font nos voisins. Dans les Départemens qui composent,
ce que nous appellions autrefois, Bas-Languedoc & Provence,
& dans une partie de celui de Haute-Garonne, les assignats
font en non-valeur ; on y a eu la subtilité & damnable
adresse de faire les achats des produits de notre induRrie
agricole ou commerciale en assignats, & ils n'ont voulu
livrer les laines ? les cotons y les huiles, les savons, & autres
C 4 )
marchandées .qu en numéraire ? ou a si haut prix en assignat-s
que la revente en est impossible ; ou si onéreuse à l'acheteur,
qu'elle excite les plus vives réclamations & peut causer les
plus grands désordres. Le numéraire circule en abondance
dans ces Déparremens , aussi les marchandises & les com-
mestibles y font - ils au plus bas prix. Nous n'avpns que
ci es assignats, & nous manquons de tout, ôc nous sommes
menacés des horreurs d'une famine prochaine & inévitable.
Il est affreux, il eil révoltant que fous un même gouver-
nement, fous un même harifon il existe une disproportion
si odieuse & si intolérable. Vous êtes nos mandataires ôc
ires légiïlateurs comme les leurs ; pourquoi ont-ils la faculté
- de se mettre au-dessus des loix auxquelles nous sommes IL
Soumis ? Pourquoi vivent-ils dans la plus heureuse abondance,
tandis que neus manquons des choses de plus mdifpenfable
nécessité ? Supprimez le numéraire ou les assignats, & tout
Se nivelera de lui-même. Prenez les plus efficaces moyens
- pour nous soustraire aux vexations de Tinfeniible égoïsme
« de l'insatiable cupidité ? Faites enfin comprendre que ce
,;,si'eit que par Pexercice de toutes -les vertus politiques &
morales, que le peuple peut parvenir au bonheur ? An-
noncez que 'le régne des grands principes de la société,
combinée avec ceux de la nature, est enfin arrivé ? Que
ces principes dans une République , telle que vous l'avez
organisée font, que tout doit -être sacrifié au bonheur de
<tous ; que chaque individu doit avoir, en concourant de tous
ses moyens aux avantages - communs, une subsistance affurée
& aisée ; qu'il ne doit point frémir en approchant sa femme,
«ni craindre d'être - forcé de maudire sa -fécondité qui, en
accroissat la force puhlique, doit faire sa félicité & sa
gloires Que fi- l'idée d'une loi agraire., doit être rejettée
-avec horreur , & avec indignation comme impraticable
comme tendante-au renversement de l'ordre fbcial par la
confusion & par l'anarchie ; celle d'une trop immense dis-
proportion dans les fortunes, doit -être aussi scrupuleusement

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