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Résultats heureux momentanés de l'inhalation du chloroforme, obtenus chez un malade atteint de rage, par M. le professeur E. Simonin

De
10 pages
1870. In-12, 10 p..
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RÉSULTATS HEMEUX, MOMENTANES
,^l)Ii I.IXIIALATION DU OHLOROFORMK
OBTENUS
vGïïEZ p,MALADE ATTEINT DE RAGE
l'A II
M. LE PROFESSEUR E. SIMONIN
RAGE APrARUF, 35 JOURS APRÈS DES MORSURES DE CHIEN
CHEZ UN HOMME ÂGÉ DE 29 ANS ET LIVRÉ A LA BOISSON.
— DÉGLUTITION DEVENUE POSSIBLE APRÈS L'iNHALATION DU
CHLOROFORME PRATIQUÉE /[S HEURES APRÈS L'INVA'SION" DE
LA MALADIE. — 2e ANESTIIÉSIATION TENTÉE SANS SUCCÈS
24 HEURES APRÈS LA PREMIÈRE. — DÉLIRE FURIEUX. —
MORT.— AUTOPSIE CADAVÉRIQUE.
M. B., Agé de 29 ans, professeur clans une de nos
colonies, y perd sa petite fortune, cherche à s'étour-
dir par la boisson, tandis que son alimentation di-
minue. 11 tente l'étude de la médecine et échappe à
la misère la plus complète en exerçant chez moi, en
i852, pendant plusieurs mois, les fonctions de se-
crétaire. Il remplit ces fonctions avec si peu d'in-
— 3 —
telligence-qu'aucun des travaux entrepris ne peut
être mené à bonne fin.
Dans la maison où M. B. logeait, se trouvaient
trois chiens de forces différentes ; un os motive une
lutte entre eux ; le chien le plus fort mord le plus
faible au COIL : on était au 2.5 novembre i852.
Tandis que le chien vainqueur continue à se bien
porter, l'animal blessé meurt le 6e joiir après sa
lutte. Pendant cette courte maladie, le chien offre
l'impossibilité de la déglutition et il court agité dans
l'appartement. M. B. pense à introduire du lait
dans la gueule du chien malade et veut, dans ce
but, écarter les mâchoires ; pendant cette tentative,
il se sent mordu à la face palmaire du pouce et de
l'index gauche et au bout [de l'indicateur droit
dont l'ongle est fendu par la dent du chien. M. B.
avait lu l'histoire de la rage et un flacon d'acide
nitrique se trouvant sur sa table de travail, il in-
troduisit le liquide caustique dans les plaies de la
main gauche à l'aide d'un petit morceau de bois
aigu. Malgré l'affirmation ultérieure que la plaie
de l'indicateur droit n'avait point été cautérisée,
je trouvai, 36 jours après l'accident, l'ongle de ce
doigt bruni, encore, comme par un caustique, et je
dus me ranger à l'opinion de l'hôtesse de M. B.
qui m'affirma, alors, que les trois blessures avaient
été cautérisées dans le même moment. M. B., après
ses blessures, croit reconnaître la rage chez le chien
et il cesse de lui donner ses soins. L'animal est soi-
' — 3 —
gné par son maître auquel il lèche les mains. Peu
après M. B., un ouvrier est mordu par le même
animal ; M. B. cautérise la plaie faite à l'extrémité
inférieure et externe de l'avant-bras et aucune
conséquence fâcheuse ne suit la blessure, ainsi
que je puis le constater, le3 janvier suivant. M. B.,
de son côté, oublie son accident ; les escharres dues
à l'acide nitrique tombent et la cicatrisation des
plaies est parfaite vers le 20 décembre, c'est-à-dire
un mois après les blessures. Durant ce mois, M. B.
fait, encore, un usage excessif des alcooliques.
Le 3r décembre, 35 jours après les morsures,
M. B. éprouve, pendant son déjeuner, un dégoût des
aliments et un peu de difficulté de déglutition ; il
s'inquiète et, le soir même à six heures, ce dernier
symptôme s'étant accru, il accourt chez moi, expri-
mant sa crainte d'être atteint de la rage. Il ne
m'avait pas fait part, jusque-là, de son accident;
je le voyais à peine, d'ailleurs, ne comptant plus
sur les résultats de son travail, bien que chaque
jour il passât plusieurs heures chez moi, mais éloi-
gné de mon cabinet. Je constate que la voix est
entrecoupée par des contractions spasmodiques et
qu'il existe une oppression considérable; le pouls
est un peu fréquent, la peau est fraîche; l'auscul-
tation ne démontre rien d'anormal dans la res-
piration et dans la circulation. Je fais de mon mieux
pour rassurer le malade dont je partage, en réalité,
toutes les craintes. 4 grammes de poudre de valé-
riane sont prescrits en G doses.