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Résumé sur la question des colonies françaises . (Signé : Par un colon français.)

14 pages
Impr. de Éverat (Paris). 1822. France -- Colonies -- Histoire. In-8 °. Pièce.
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RÉSUME
SUR LA QUESTION
DES
COLONIES FRANÇAISES.
ON ne peut voir des exposés plus vrais et plus éner-
giques de la situation de nos colonies, que ceux faits
à la dernière session par M. le Directeur des Douanes
et par le Rapporteur de la Commission sur la loi des
Douanes.
Quelle est donc la fatalité qui les a entraînés dans
des conclusions si peu conséquentes ? Y. a-t-il donc un
mauvais génie qui s'interposera toujours entre la
France et §es Colonies , et qui s'acharnera aveuglé-
ment à leur perte?
Heureusement la discussion est restée toute entière.
La Chambre n'a point prononcé, le Gouvernement
même a voulu éviter de le faire par son ordonnance
provisoire.
L'état des Colonies a paru si frappant, que l'on a
supposé qu'il pouvait y avoir des exagérations ; mais
on n'a pu en trouver. D'ailleurs il est question de chiffres;
les calculs ont été faits publiquement, ils ont été pro-
duits dans toutes les places de commerce qui sont
appelées à les contredire., ce sont elles-mêmes qui les
fournissent avec les Colons. Rien n'est donc plus in-
contestablement démontré que cette situation : il est
inutile de reculer devant la preuve , et la supposition
n'est que l'impression faite par une situation dont le
mal est vraiment une exagération.
Le rapport de la Commission a, présenté les quatre
moyens de remédier à cette situation ; 1°. la prohibi-
tion absolue des sucres étrangers ; 2°. la prohibition
conditionnelle ; 3°. la diminution du droit sur les sucres
des Colonies ; 4° l'augmentation du droit sur lés sucres
étrangers.
La conséquence immédiate de l'exposé fait par le
rapporteur amenait nécessairement le premier moyen.
Mais pour y échapper , un doute a été mis en avant, et
l'on a dit :
« Il n'est pas prouvé que la consommation du sucre
» en France ne dépasserapas 50,000,000 de kylpgram-
» mes ; et comme, d'après les tableaux d'importations,
» la plus forte importation des colonies n'a encore été
» qu'à 44,000,000 , la prohibition absolue laisserait
» dès besoins non satisfaits , et aurait pour résultat in-
(3)
» faillible une hausse trop forte pour les consomma- .
» téurs dont l'intérêt ne doit pas être écarté ».
D'abord , sur la première proposition, c'est à vous
de vous expliquer. C'est vous même qui avez établi le
terme de 50,000,000 de kylogrammes; il a été fondé ,
sans doute, sur des observations, et il ne dépend de per-
sonne de le faire varier arbitrairement. D'ailleurs,
nous ferons évanouir cette espèce de réticence en pas-
sant franchement à la seconde proposition.
En 1820 , il a été déclaré solennellement, en face de
la France , dans les deux chambres , que nos colonies
suffisaient à la consommation de la métrople.
Comment cette assurance serait-elle aujourd'hui dé-
truite?
Eh bien ! il est facile de vous satifaire et de dissiper
tous vos doutes.
Consultez vos commerçans qui ont fait des expédi-
tions pour nos îles ; ils vous diront que, les remises n'of-
frant que des pertes , ils ont à peine fait des chargemens
en retour des marchandises , qu'ils ont apportées. Ils
ont offert à vil prix du fret sur leurs navires. Mais com-
ment les Colons planteurs pourraient-ils ajouter lacon-
dition de payer un fret quelconque , à celle d'un prix
qui est au-dessous de la faisance valoir ? Ceci n'est plus
un doute , tous les comptes Ont été produits.
Que deviennent donc les récoltes ? et qu'importe ?
les denrées restent accumulées si elles ne trouvent point
( 4 )
à s'écouler clandestinement. Qui de vous osera nous
jeter la pierre ? Faut-il pousser les sucres dans la mer
et se résoudre à ne plus faire que du sirop , ou couper
nos cannes pour les donner aux animaux ?
Plus d'un quart , peut-être un tiers des revenus cesse
d'être importé en France.
Nous nous expliquons franchement. Nous'prenons
l'engagement de remplir toute la mesure que vous fixe-
rez pour la consommation ; et si l'engagement n'est
pas rempli , nous consentons à supporter sur nos den-
rées de l'année qui suivra , toute la surtaxe que vous
aurez établie sur les denrées étrangères, jusqu'à due
concurrence de la quantité qui aura manqué.
Engagement frivole! n'est-il pas constant que nous
l'excéderons au contraire , et même de toute la quan-
tité qui nous paraît maintenant manquer à la' mesure
de notre consommation , si vous établissez les choses
de manière que les colons trouvent seulement la rai-
son plausible de vous livrer leurs sucres et d'en fabri-
quer?
Ne vous sera-t-il pas bientôt prouvé , si vous ayez
pour vos colonies cette affection naturelle qu'une
inétropole doit avoir et qu'une mère a pour son propre
sang, que bientôt ces revenus , allant en croissant àme-
: sure de l'encouragement que vous donnerez à Ces co-
, lonies, tierceront vos besoins , et seront dans , dix ans
le. double de leur état actuel ?
( 5 )
Et si vous établissiez les choses telles qu'elles soient
raisonnables , vos commerçans qui sont resfés fidèles
à vos colonies , ne se porteront-ils pas avec sécurité
vers nous? et s'il leur reste de la place sur leurs navires,
après avoir pris tout ce qu'il leur faut pour leur retour,
ne sera-t-elle pas frétée à haut prix par les colons qui
ont tant de motifs de réaliser en France , pour leurs
besoins , ceux de leur famille et ceux de leurs manu-
factures ? C'est ainsi que les valeurs de toutes les. car-
gaisons se trouveront remplies sans qu'il en coûte un sou
à vos commerçans : où trouverez-vous ailleurs cet avan-
tage?
Alors la dette des colonies envers la métropole s'ac-
quittera, parce que le créancier et le débiteur trouve-
ront un intérêt à se liquider par le moyen d'une denrée
qui ne sera plus à charge.
Alors , vous établirez, avec succès, le régime coer-
citif de la justice à l'égard des débiteurs de mauvaise
volonté , et vous ne ferez plus la question oiseuse de
savoir s'il y a moyen d'exproprier celui qui , étant pro-
priétaire, a la pire de toutes les conditions.
Alors, vous nous concéderez un régime administra-
tif qui nous permette de régler , économiser et faire
valoirtoutes nos facultés , puisqu'on nous fait aujour-
d'hui supporter toutes les charges dont nous étions ja-
dis libérés au moyen d'une somme modique que nous
fournissions par forme de subside.
Ainsi , faisons disparaître de bonne foi le doute de