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Retour dans sa patrie d'un français, prisonnier de guerre en Russie, après les Cent jours ; poème lu à l'Académie de Lyon, le 4 mai 1830, suivi de La Lyonnaise, chant patriotique et de L'opinion publique, ode. Par P. Benoît

De
15 pages
impr. de G. Rossary (Lyon). 1830. 16 p. ; in-8.
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DANS SA PATRIE
D'UIV FRANÇAIS,
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APRES LES CENT' JOURS; .
^L'amne uoco ù a>ccc{l&?7ue de ^ùifon,, ce- j£.vncu> -/£3o;
SUIVI DE
LA LYOîfïfAISE,
CIIA.KT PATRIOTIQUE,
ET DE
ifoPIÎflO^ PUBLIQUE,
ODE. ,
far |). Êmott.
LYON.
IMPRIMERIE DE GARRIEL ROSSART,
EUE SAINT-DOMINIQUE, K°"l.
1830.
LE PRISONNIER.
( Le prisonnier est dans le golfe de Riga. )
V^U'ATTENDOKS-NOUS pour fuir cette funeste plage ?
Qui nous attache sur ce bord ?
L'ancre ne tient plus au rivage,
Et pourtant le navire immobile s'endort.
Les flots dorment aussi : le calme nous enchaîne
Où l'orage nous a jetés. _ . ■
Ah ! pour nous arracher à ces lieux détestés,
Les vents n'auront-ils plus d'haleine ?
Mais que dis-je ? les élémens
Peuvent-ils arrêter ces guerriers intrépides
Qui bravèrent jadis le fer des musulmans,
Et le soleil des Pyramides ?
Wont-ils pas surmonté dans leurs marches rapides,
Les sables du désert soulevés par les vents ?
Je suis au milieu d'eux : oui, je les vois encore
Couverts des palmes d'Aboukir
Passer, en un moment, des lieux où naît l'aurore
Sur les lives du Tibre et du Guadaiquivir;
Et, prompt comme l'éclair précurseur du tonnerre,
Déployant leurs vieux étendards
Apparaître, guidés par le dieu de la guerre,
Dans l'antique palais des Czars.
Je vois le nord tremblant sous le poids de nos armes ;
Le Sârmate à genoux implorant les vainqueurs,
Je vois... mais d'où naissent mes larmes?
Je me réveille après un sièle de douleurs;
Je rêvais.... de ces jours de gloire
Je cherche en vain quelque débri,
*C«s drapeaux, cette armée set trente ans de victoire,
Le déserta tout englouti!
Désastres inouis du sanglant Roristhêne,
Quand de mon souvenir serez-vous effacés ?
Ah! pour nous arracher à ces climats glacés,
Les vents n'atu-ont-ils plus d'haleine ?
Le printemps a deux fois remplacé les hivers
Depuis que J'abordai cette terre étrangère;
Deux ans j'ai dévoré ma douleur solitaire :
La paix enfin brise mes fers":
Pour la rendre à nos voeux propice
Celui; qui de son nom a rempli l'univers, ....'.
Vient de s'offrir en sacrifice.
La jeune Moscovite a reçu mes adieux...
Mais quel démon jaloux prolonge mon supplice?
L'aspect d'un peuple esclave afflige encor mes yeux.
Les flots dorment toujours: lé calme nous enchaîne
Où l'orage nous a jetés. :
Ah! pour nous arracher à ces lieux détestés
Les vents n'auront-ils plus d'haleine ?
Silence!... sur mon front de sueur inondé
J'ai cru sentir glisser'le souffle du zéphire;
Le mobile élément au loin semblé ridé,
A travers les agrès un vent léger soupire,
Silence !...- au haut des airs le foc est balancé.
O mes amis, partagez mon délire,,
La voile s'enfle et le navire ....■-
Vers la France s'est élancé!
Il vogue, sous son poids il fait gémir les ondes;
Le port, la terre tout a fui^ .
Et je n'aperçois plus que les traces profondes
Qu'en passant il laisse après lui.
Divinités des eaux soulevez la tempête!
Que du nord contre nous se déchaînent les vents,
Mon oreille attentive à leurs mugissements,-
Les prendra pour mi chant de fête.
Viens, Neptune, arme-toi de toute ta fureur,
Frappe de ton trident cette mer engourdie,
L'orage aura pour moi le calme du bonheur
S'il m'emporte vers ma patrie.
Patrie!... à ce doux nom quel coeur n'est agité?
Quel captif l'a jamais entendu sans ivresse?
Ciel natal, beaux vallons, asile où ma jeunesse
S'écoula dans l'obscurité,
Sous vos épais et verts feuillages,
Libre, quand pourrai-je m'asseoir,
Et respirer encore après de longs orages -
Les parfums apportés par la brise du soir?
Mais déjà devant moi l'horizon se resserre :
Vers nous singlent déjà des barques de pécheurs;
Et le soleil, brillant à travers les vapeurs,
De ses rayons frappe la terre.
Salut rocs éternels!., salut âpres climats!..
Ce sol n'est point foulé-par un peuple d'esclaves;
C'est le berceau.d'Odht qu'autrefois les Rataves
Invoquaient au jour dés combats.
France, console-toi: sijâdis la victoire
Sous un ciel rigoureux s'échappa de tes mains,
J'ai vu tes ennemis rendant grâce aux destins,
Douter de leur triomphe et t'ënvier ta gloire;
Et je trouve partout, captif ou voyageur,
- -Quelques pages de ton histoire,
Et dès marques de ta grandeur.
Sur ces bords éloignés plane encore ton génie :
Des monts Norvégiens au golfe de Rpthnie
. Un de tes'fils dicte des lois.
Librement appelé, proclamé par le choix
D'un peuple généreux et brave,
Un Français vertueux, un guerrier citoyen
Vit la couronne de Gustave
Tomber sur son front plébéien.
Vertueux!,., oui, quand, noirci par la poudre,
Dans les rangs ennemis, il' répandait l'effroi;
Mais alors il n'était pas roi :
Plus tard sur son pays sa main lança la foudre,
En esclave craintif il suivit l'étranger.
Un trône peut-il l'absoudre?
C'est à l'histoire à le juger.
6
Et toi qui ne vécus qu'au milieu des tempêtes;
Toi, pour qui les combats-étaient des jours de fêtes,
Pourquoi, dis-nous, pourquoi chercher à conquérir,
Au prix de tant de sang, de douleurs" et de larmes,
Ces sceptres que tu vis offrir
A tes heureux compagnons d'armes?...
Voulais-tu donc fouler le monde sous tes pieds?
Pourquoi sur ta patrie appeler la vengeance "
Qui dormait dans le sein des rois humiliés ?
Tu comptais sur des alliés
Que t'avaient donné la puissance ! ! !
C'était trop peu de vaincre : à des peuples vaincus
Tu voulus imposer-des princes de ta race;
Mais pour régner ces rois avaient-ils ton audace,
Ton funeste génie ou même tes vertus ?
Ah! celui;dont le front reçoit le diadème •
Des mains d'un peuple ivre-d'amour,
Et qui, loin des brigues de cour,
Cherche la vérité lui-même,-
Sans crainte d'avilir la majesté suprême ;
Celui qui, n'écoutant que le voeu de la loi,
Fait fléchir les partis sous son joug équitable,
Celui-là seul est vraiment roi,
Et son pouvoir seul est durable.
Mais pourquoi rappeler sans cesse nos malheurs, -
Pourquoi gémir? le temps a dû sécher nos pleurs.
Que dis-je? cette rade où ma voile m'entraîne, ■
Quand mes regards plongent dans l'avenir,
Vers le passé malgré moi me ramène,
Et je suis dévoré d'un cruel souvenir.
O Séeland! fille de l'onde,
Je salue en pleurant ta royale cité, ,
Copenhague, l'aspect de ton port dévasté
Par les tyrans des mers et de la liberté,
Armera-t-il contre eux la vengeance du monde ?
C'est au sein même de la paix,
C'est au mépris des droits sacrés chez les barbares,
Que ces déprédateurs avares
Ont consommé leurs noirs forfaits.
Et les dieux qui lancent la foudre