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Revanche, par A. Bureau

De
14 pages
impr. de P. Dupont (Paris). 1872. In-8° , 16 p..
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REVANCHE
PAR
A. BUREAU
PRIX : 50 CENTIMES
PARIS
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE ADMINTSTR <\TIVES
ISOCIÉTÉ ANOSYMË — PAUL DUPONT, DIRECTEUR.:
RIK Jean-Jacqucs-Rousscou, -il, (Hùlol des Fermes)
187 2
REVANCHE
LA VOIX DU PAYS
C'est l'ineffable voix qui calme la colère
Du peuple pauvre et mécontent,
C'est la voix qui dictait au chantre populaire
Ces refrains que nous aimons tant;
C'est la voix dédaignant les hymmes froids et pâles,
Qui verse du feu dans ses vers
Et prodigue à Rouget des accords assez mâles
Pour électriser l'univers ;
— 6 —
C'est l'immortel espoir. 0 terre d'Allemagne !
Ecoute ses accents vengeurs :
Sur les os des Français, épars dans la campagne,
Sur le deuil mortel de nos coeurs,
Sur les assassinés, vieillards, enfants et femmes,
Nos frères et soeurs, nous jurons
Une haine éternelle à leurs bourreaux infâmes,
Et ce serment nous le tiendrons.
Depuis Zama, depuis les temps où la pensée
Vainquit Pégoïsme brutal,
Où Rome vit Cartilage à ses pieds écrasée,
Jamais la haine, esprit fatal,
N'a mis au coeur de l'homme aussi fiévreuse attente,
Aussi cruelle angoisse en lui,
Jamais ne s'est montrée inexorable, ardente,
Implacable comme aujourd'hui.
Mère, j'entends des cris, ji-; vois monter la flamme? —
Bla fille ce sont les Prussiens.
Grave-le dans ton coeur, garde-le dans ton âme
Ce nom maudit par tous les tiens.
Ils ont pris nos troupeaux, ils ont séché la terre,
Il ne reste rien dans nos champs.
Au seuil de sa maison ils ont tué ton grand-père,
Un vieillard de quatre-vingts ans.
_ 7 —
Jette à tous les échos leur nom cent fois infâme,
Livre au souffle de tous les vents
Cet outrage éternel, et quand tu seras femme,
Fais-le cracher par tes enfants,
Cracher avec mépris comme une chose impure
A la face de ces bandits.
Un jour nous écrirons la sanglante aventure
De mil huit cent soixante-dix
Sur la terre allemande avec le sang des braves
Qui seront tombés sur le Rhin
Vainqueurs, en nous rendant libres de leurs entraves
L'xilsace et le pays lorrain.
Ces braves Allemands, pendant cinquante années,
Espions avant d'être soldats,
Ont été nos commis, nos hommes de journées,
On les voyait à chaque pas.
Ils étaient employés dans toutes nos fabriques,
Nous les avons logés, vêtus,
Ils arrivaient avec des mines faméliques,
Ils s'en allaient frais et repus,
Emportant avec eux le chiffre des fortunes,
Le plan des forts et des bastions
Cachés soigneusement dans leurs capotes brunes.
Quelquefois nous les regrettions