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Révélations sur l'Algérie, en réponse à M. Mathieu de Dombasle ; par un habitant de l'Afrique. Juin 1838

28 pages
P. Baudouin (Paris). 1838. Algérie (1830-1962). France -- Colonies. In-8 °. Pièce.
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RÉVÉLATIONS
EN RÉPONSE
A M. MATHIEU DE DOMBASLE,
P, BAUDOUIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR,
Rue et Hôtel Mignon, 2.
l838.
IMPRIMERIE DE P. BAUDOUIN,
Rue et Hôtel Mignon. 2.
RÉVÉLATIONS
EN REPONSE
A M MATHIEU DE DOMBASLE.
PAR
juin 1838.
1838
RÉVÉLATIONS
EN RÉPONSE
A. M. MATHIEU DE DOMBASLE.
Conserverons-nous ou abandonnerons-
nous Alger P.... Telle est la question que
chacun se fait depuis huit ans, et qui se
reproduit toujours à l'époque où les Cham-
bres législatives sont appelées à discuter
les crédits demandés pour l'occupation de
ce pays.
Pour quiconque veut approfondir cette
— 6 —
question, l'affirmative n'est pas douteuse:
notre gloire nationale, les dépenses énor-
mes, non de colonisation, mais d'occu-
pation faites jusqu'ici; la richesse du sol
africain, l'importance du littoral pour la
sécurité de notre commerce dans la Mé-
diterranée; tout nous dit que la domination
française doit être désormais assurée dans
l'Algérie.
Pourtant, malgré tous les élémens d'a-
venir qui apparaissent sous les formes les
plus brillantes et les plus positives, il est
encore des esprits faux qui appellent de
tous leurs voeux l'abandon de ce beau
pays....
Un agronome théoricien, M. Mathieu
de Dombasle, vient d'exposer, dans un ou-
vrage tout récemment publié, « que notre
« possession n'a aucune valeur réelle, et
« qu'il serait heureux pour la France de
« pouvoir l'abandonner. Il reconnaît, toute-
— 7 —
« fois, que, si la fatalité nous a conduits
« sur le sol africain, il faut que nos armes
« se montrent avec éclat, dans quelque
« lutte que ce soit. »
M. Mathieu de Dombasle établit ses
théories sur l'Afrique, qu'il n'a probable-
ment vue qu'à cinq cents lieues de distance,
comme il les établirait sur ses terres de
Lorraine, en y faisant des essais conti-
nuels d'agriculture ; sans trop réfléchir
qu'il ne peut y avoir de comparaison à éta-
blir entre deux sols situés sous des lati-
tudes si éloignées, et qui diffèrent entre
eux, autant qu'un homme du nord diffère
d'un Arabe par les moeurs et les habitu-
des.
Il demande : « Où sont les riches pro-
« duits de l'Algérie, et comment le com-
« merce pourrait exister avec des popula-
« tions pauvres et sans industrie ? Où est,
« sinon la parité, au moins l'analogie entre
— 8 —
« les produits d'Afrique et ceux des im-
« menses établissemens des Anglais aux
« Indes Orientales. »
Nous répondrons à M. de Dombasle : les
produits que l'on peut tirer actuellement
de ce pays, consistent, et cela est d'une
incontestable vérité, en chevaux, bes-
tiaux, moutons de la plus belle espèce,
huiles, grains, peaux, cire, etc.; et si,
comme on doit le croire, le gouverne-
ment veut réellement, avec tous les moyens
qu'il a en son pouvoir, encourager la co-
lonisation, en peu d'années vous ajoute-
rez à ces produits, d'autres produits d'une
importance non moins grande pour la
France, et qui l'affranchiront un jour des
tributs énormes qu'elle paie à l'étranger ;
je veux parler du mûrier, qui croît d'une
manière admirable en Afrique ; du cactus
ou plante à cochenille, qui pullule par-
tout, mieux qu'en Andalousie; de l'indigo,
— 9 —
dont on peut faire deux récoltes par an-
née, ainsi que des essais l'ont démontré.
Je ne citerai la culture du coton, de la
canne à sucre et du riz, que pour mé-
moire, et je demanderai si tous ces avan-
tages réunis se trouveraient en Norman-
die, en Bretagne, en Lorraine, et même
dans les provinces méridionales de la
France. L'on m'objectera peut-être que
la Provence et le Languedoc produisent
de l'huile, et que sous ce rapport aumoins,
mon raisonnement doit être modifié. Je
répondrai qu'il y a en effet beaucoup d'o-
liviers chez nous, mais qu'ils ne sont pas
comparables, en beauté et en vigueur, aux
oliviers d'Afrique; qu'au surplus, il est
incontestable qu'il faut, dans nos pro-
vinces méridionales de la France, trente
ans pour obtenir, avec des soins infinis,
un bel olivier, et que le temps a prouvé
que jamais il ne se passe une période
— 10 —
de quinze ans sans qu'une forte gelée
ne vienne détruire presque entièrement
les plantations de cette nature; cela
n'est jamais arrivé à Alger et à Tunis,
d'où nous tirons chaque année pour dix
ou douze millions d'huile d'olive. Après
avoir énuméré ainsi les avantages que la
France doit infailliblement tirer du sol
africain, j'ajouterai un mot sur les pro-
duits de la mer, entre lîone et la Calle; je
veux parler du corail, dont la pèche se fait
uniquement dans ces parages, et qui
donne chaque année une valeur intrinsè-
que de plusieurs millions, et fait entrer
des sommes considérables dans les caisse*
de la douane de Bone.
M. de Dombasle présente les Arabes
« comme des gens sans industrie,, et pau-
« vres. » Sans industrie..,, cela est vrai,
mais pauvres, je le nie. Ceux de la plaine
l'étaient sous la domination turque; mai*
— 11 -
actuellement, ils sont généralement, si-
non riches, au. moins dans une certaine
aisance; car les denrées qu'ils nous ven-
dent ont quintuplé de prix depuis notre
occupation, et ils ne dépensent pas plus
aujourd'hui qu'autrefois, sauf quelques
uns qui mangent du pain, boivent un peu
plus de café, et même du vin, en dépit du
Coran.
On répète sans cesse: « les Français
« ne savent pas coloniser. » Mais qu'a-t-on
fait, qu'a-t-on entrepris jusqu'ici pour y
parvenir en Afrique?
« La terre cultivable, » dit M. de Dom-
basle, « est une matière première que Fin-
« dustrie porte à une valeur toujours pro-
« portionnée aux capitaux qu'on emploie. »
Nous sommes d'accord avec lui sur ce
point, sauf l'échelle de la différence que l'on
pourrait établir d'un climat à un autre.
Or Il est évident que ■les' résultats que l'on

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