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Revue analytique des poésies publiées dans la première quinzaine de janvier 1827 , par Octavien Guilhermay,...

De
23 pages
impr. de Goetschy (Paris). 1827. 23 p. ; in-8.
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Y
REVUE ANALYTIQUE
DES
foilJitlJ
PUBLIEfiii^A^Ji^REMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1827,
PAR OCTAVIEN GUILHERMAY,
MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS CARMINOPHILES.
n
REVUE ANALYTIQUE
DES
12 tlo'ltsc
PUBLIÉES DANS LA PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1827.
I.
ALMANAGH DES DAMES POUR 1827. Paris, Treuttel et Wurtz,
1 vol. in-18 de 264 pages, orné d'un frontispice et de
8 gravures; prix : 5 francs.
Ce recueil précurseur des longues soirées d'hiver, et devan-
cier de ses nombreux rivaux, ne se compose guère que de pièces
déjà publiées, et recueillies soit dans l'Almanach des Muses,
soit dans la Psyché. Le choix en général donne une idée favo-
rable du goût des éditeurs. On relit avec plaisir, dans le vo-
lume qu'a fait éclore le nouvel an, une ode de M. Victor
Hugo, intitulée : Louis X 1711; des vers du même auteur,
adressés àj une jeune fille , la Druidesse, de mademoiselle
Delphine Gay; le Sommeil de la Mourante, par M. Léon
Halery; les petits Orphelins, élégie couronnée en 1823 à
l'académie des jeux floraux; bien que tous ces messieurs ne
se piquent guères de classicisme , et que leurs productions
offrent des côtés défectueux à la critique la plus indulgente.
On y voit figurer des noms européens, tels sont ceux de
4
MM. Arnault, Delavigne, Guiraud, Lamartine, Parseval,
Pongerville et Soumet. A côté de ces réputations colossales,
consolidées par une continuité de triomphes divers , nous avons
remarqué des réputations naissantes, telle est celle de M. Adolphe
de Leuven, l'un des fournisseurs habituels de la Psyché, au-
teur d'une élégie assez agréable, intitulée : la jeune Aveugle.
Nous avons distingué, dans cette intéressante publication, des
noms que les amateurs de beaux vers n'ont sans doute pas ou-
bliés, tels sont ceux de MM. Dutrembtay, Dubos et Ségur,
auxquels il est juste d'ajouter ceux de MM. Chauvet et Loy-
son ; le premier, jeune lauréat académique, qui fait journelle-
ment des progrès dans la carrière des lettres ; le second , athlète
moins fortuné dans les luttes poétiques, vaincu par MM. Le-
brun et Saintines, mais amplement dédommagé par les suffrages
du public, de la malencontreuse décision du docte aréopage.
L'Almanach des Dames contient en outre des vers de madame
Amable Tastu , et une Défense des Jockeis, attribuée à une
plume auguste. Au résumé , le fini des gravures, le luxe ma-
tériel, auquel devrait se joindre à un plus haut degré peut-être
la correction typographique; la variété des pièces admises à
l'insertion, rendent ce recueil essentiellement digne de trouver
place dans le boudoir de nos élégantes, auxquelles il est dédié.
II.
A CHATEAUBUIAKD, sur le génie poétique de ses ouvrages;
épître , par Edouard Allctz. Paris, Desauges, in-8" de
25 pages ; prix : 1 fr.
M. Ailetz, séduit par l'école moderne, qui a égaré la plu-
part.de nos jeunes poètes , a\ cru devoir adopter une méthode
d'écrire sans sujet et sans composition. Au milieu des louanges,
des descriptions et des rêveries mélancoliques , dont son épître
est remplie, l'on cherche vainement l'idée première des inspi-
rations du poète ; un autre défaut principal des doctrines des
novateurs, c'esf de sacrifier à l'expression poétique la justesse
»
5
des pensées et la propriété des mots. M. Alletz n'est pas tou-
jours exempt de ce défaut; une citation suffira pour en con-
vaincre le lecteur: .,
De ses flots sans honneur roulant l'obscur destin ,
le vieux Meschacébé , le Nil américain,
Dont le cours expirait sans nom et sans mémoire,
Semblait en gémissant te demander la gtoire ;
Ses vagues, devant toi déposant ltur courroux,
Tristement apportaient leur plainte à les genoux.
Soudain le pinceau brille en ta main éperdue,
Dominant la montagne, et promenant ta vue
Sur ces champs ignorés, que trahit l'œil du jour,
Vers la plaine et les cieux l'œilfixé tour-à-tour, etc.
En voilà assez pour caractériser cette manière d'écrire im-
propre et vague, que la majorité de nos poètes poursuit avec
tant d'ardeur dans ses inspirations factices. Il est juste toute-
fois de remarquer que l'épître, objet de nos critiques , est l'essai
de M. Alletz, et qu'elle présente plus d'un passage digne de nos
versificateurs les plus distingués ; nous nous bornerons à citer
les vers suivans, où l'auteur s'est maintenu à la hauteur du
noble sujet qui a échauffé sa verve et réveillé son enthou-
siasme :
Les Grecs ont ouï les tombes de leurs pères ,
Revivant pour mourir, le grand Léonidas,
Debout dans le cercueil, arme dejà son bras,
Et partout soulevant le marbre qui le presse,
La poussière se lève , et redevient la Grèce.
III.
ALMANACH DES MUSES POUR 1827 ( 63E année de la collec-
tion); in-12 de 262 pages. Paris , Bouquin de la Souche ,
éditeur, boulevard Saint-Martin , no 3 ; prix : 2 fr. 50 c.
Voilà un recueil dont l'existence presque séculaire com-
mande le respect. Il a résisté à tous les orages , à toutes les ri-
valités, et son apparition annuelle jette encore quelque écLt
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sur l'horison littéraire. Le premier nom qui s'offre à mon œil
investigateur , est trop imposant pour que je ne le laisse point
passer et librement circuler dans l'empire poétique, c'est celui
de M. Ancelot, chantre de bien des anniversaires, et dont le
luth mélodieux vient de célébrer en beaux vers le couronne-
ment de S. M. l'empereur Nicolas Ier. La strophe suivante
nous paraît digne d'être citée à plus d'un titre. Lepoète, après
avoir dit que, depuis l'avènement du nouveau roi, Vespérance
a volé du Caucase à rH émus, poursuit,
Son vol a réveille l'écho des Thermopyles;
Sur les débris fuinans des temples et des villes,
Elle passe , et prédit unjhéros bienfaiteur;
Les barbares fuiront les) beaux lieux qu'ils flétrissent;
Déjà de l'Eurolas les lauriers refleurissent
Pour ceindre un front libérateur.
Ainsi soit-il!.
Vient ensuite une naïveté de M. Albéric Deville, puis la
foret, de M. de Châleaubriand, laquelle a déjà paru dans tous
les recueils imaginables. Je passe sous silence une foule de
pièces plus ou moins remarquables dues à la muse de MM. Le-
bailiy, Brault, A. Naudet, Justin-Gensoul et Denne-Baron,
pour recommander an lecteur le chant dithyrambique de M. Au-
guste Mouille, couronné par l'académie d'Arras le 31 août 1826.
Le début donnera une idée de la manière de l'auteur :
C'était sous les murs de Corinlhe ; ;
Le temple du seigneur Insolemment forcé ;
De la foi des chrétiens le signe renversé,
Les enfans éperdus et glacés par la crainte ;
Du glaive destructeur le tranchant émoussé,
Le sang qui ruisselait dans la demeure sainte;
Tout disait qu'en ces lieux le Turc avait passé.
Ce chant est plein de mouvement ; il est fâcheux qu'il soit
déparé par quelques traits de mauvais goût, par quelques tour-
nures prosaïques, qui décèlent une plume peu exercée.
Sachons gré à M. le baron de Stassart , d'une fable dont la
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moralité ne lui conciliera sans doute pas l'amitié de M. N*** et
compagnie, mais celle de tous les hommes bien pensans.
L'espace du cadre, dans lequel nous sommes obligés de nous
resserrer, ne nous permet pas de citer le titre de pièces recom-
mandables, extraites du portefeuille de MM. Géraud, Terras-
son, Michaux ( Clovis), Bignan, Audiffret, Albert Montémont,
Coignet, etc. Cependant, la douce mélancolie qui règne dans
l'Insulaire captif, de M. Emile Roulland, nous impose en
quelque sorte l'obligation d'en donner quelques stances, dont
nous sauront gré toutes les âmes douées de sensibilité :
Victime des mépris d'une race infidèle,
Que l'insolente Alger, dans sa rage crudlt,
Vomit au sein des flots ,
Un Français prisonnier , de sa bouche mourante,
Un jour, au souvenir de la patrie absente,
Laissait tomber ces mots :
» Qui me rendra mon île, et ses grottes profondes,
Et la mer déroulant ses inconstantes ondes,
Elle bronze tonnant;
Le genêt qui fleurit, bercé sur un abime ,
La montagne où l'on voit, seul, debout sur la cime t
Le vieux moulin tournant!
» Oh! rendez-moi ces prés, où grandissent ensemble,
Le saule et le roseau , l'aubcpine et le tremble ,
Et les peupliers verts;
Barbares ! rendez-moi le ciel de ma patrie ,
Mes amis , mes parens, mon amante chérie,
Et reprenez vos fers. »
La justice, que nous avons prise pour règle , exige que nous
signalions à l'attention publique une élégie délicieuse, intitu-
lée..; la jeune Grecque, par M. Raphaël de Silva. Les abon-
nés du Mercure du dix-neuvième siècle , dans lequel cette
pièce a paru antérieurement, ont été à même d'apprécier le
talent de ce jeune étranger, et l'ont déjà naturalisé sur le Par-
nasse français.
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Terminons par la citation d'une épigramme, dont l'auteur a
cru devoir garder l'anonyme : ,
Dans un journal obscur, Perrault m'attaque en vain ;
Que me font ses impertinences ?
De cet ignorant médecin j
On ne craint que les ordonnances.
IV.
LES ÉTRENNES DU TROUBADOUR , par Augustin André, du
département de Vaucluse. Paris , à la librairie ecclésiastique
de Rusand , rue du Pot-de-Fer , n° 8.
Quoiqéte M. André nous assure que
« L'esprit est dans les airs, sur la terre , en tous lieux', «
il est loisible à un chacun de douter qu'il se trouve dans toutes
les pages de son recueil. Pour moi, j'en doute fort, et je vais
motiver mon doute au lecteur. Le volume publié par M. An-
dré contient des épîtres , des odes, des dédicaces, des chants
américains, des contes et fables en langue provençale, une
épisode sur deux amans fidèles, un poème sur l'esprit, etc., etc.;
en un mot, c'est une encyclopédie. Voulez-vous un exemple
de style trivial, cherchez l'endroit où le poète invite le gouver-
neur de monseigneur le Duc de Bordeaux, à se dispenser de
lui inspirer les vertus guerrières, parce que son élève trouvera
dans sa famille assez de modèles de bravoure.
I! doit savoir fuir le repos
r Au bruit menaçant du tonnerre.
Henri, Louis, foudres de guerre ,
Et son grand-père que voilà,
Et puis le héros d'Ibérie , 1
Sont les garans de tout cela.
Quelle poésie, grand Dieu ! Voulez-vous un exemple de l'in-
correction unie à la trivialité? poursuivez :
Et dans les cœurs il étudie
Que l'appas des plaisirs ne doit point Je ,-kll mer..