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Revue générale de 1830, ou Le réveil d'un vieux français

De
24 pages
impr. de Constant-Chantpie (Saint-Denis). 1830. 23 p. ; in-8.
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REVUE GÉNÉRALE
DE 1850,
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LE RÉVEIL D'UN VIEUX FRANÇAIS.
SAINT-DENIS,
IMPRIMERIE DE CONSTANT-CHANTPIE.
1830.
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REVUE GÉNÉRALE
DE 1850,
ou
LE RÉVEIL D'UN VIEUX FRANÇAIS.
SAINT-DENIS,
IMPRIMERIE DE CONSTANT-CHANTPIE.
1830.
N. B. Outre l'anagramme, tous les exemplaires mis en cir-
culation porteront le contre-seing de l'auteur.
(e)
REVUE GÉNÉRALE
DE 1850,
OU LE RÉVEIL D'UN VIEUX FRANÇAIS.
La Monarchie est en danger!
A cet appel si sacré pour nos pères,
Je ne saurais être étranger,
Et j'évoque ces temps prospères,
Ces temps d'amour, de loyauté,
Où les Français n'avaient d'arbitres tutélaires
Que Dieu! le Roi! THonneur et la Beauté! (i)
Ces temps d'orgueilleuse mémoire,
Où l'on faisait tout pour la gloire
Sous les blancs étendards de la fidélité :
Chers et doux souvenirs, faites couler mes larmes,
Qu'elles retombent sur mon cœur,
Il a besoin du pouvoir de vos charmes
Pour calmer sa vive douleur.
1. ( 4 )
0 France ! la Belle des Belles ! ( 2)
Où trouver dans ton sein quelques amans fidèles,
Dignes de regretter ton antique splendeur ?.
Je les appelle en vain, des traces trop cruelles
D'un perfide abandon attestent la rigueur ;
Partout ses habitans, victimes de l'erreur,
Entraînés par de faux prestiges,
Proclament l'anarchie en criant aux prodiges !
C'est une rage. une aveugle fureur,
Les insensés sont frappés de vertiges!.
Le siècle les enivre aux sources du malheur. (3)
Si de l'antique honneur on cherche les vestiges,
On voit souvent, hélas ! dans ces mêmes châteaux,
Dont nos lois ont chassé les hôtes feudataires,
Où les seigneurs pour leurs vassaux^,V u
Étaient des protecteurs, des pères;
D'anciens valets sous des galons nouveaux,
Devenus dçs maîtres despotes,
Sourds aux cris de l'humanité,
Et les lieux consacrés à l'hospitalité,
Les bagnes, de quelques ilotes
Et le séjour de la cupidité. ( 4 )
(5)
Soumis aux lois d'une folle industrie,
Les champs où l'on cueillait les plus riches moissons
Ont épuisé leurs généreux sillons -
Par d'absurdes essais que la mode varie : ( 5 )
Plus de rustiques moeurs, plus d'amours innocens,
Plus de simplicité, même au fond des bocages;
Sous leurs verds et sombres ombrages,
De la franche gaîté l'on n'entend plus les chants,
Les vieillards sont chagrins, les pâtres insolens ;
Comme dans nos cités les femmes sont volages
Et leurs époux indinerens ! (6 )
Que dis-je ? dans le Monde, liélas ! c'est pis encore ;
On y voit en tous lieux le vice triomphant,
Se montrer sans déguisement,
Il ne flétrit plus. il honore! (7)
Pour éteindre à jamais d'utiles préjugés,
C'est dans ton sein, moderne Babylone,
Qu'il s'est créé, jusques aux pieds du trône,
Tant de droits odieux, en France protégés!
A l'instar d'un peuple Corsaire
L'État, l'État lui-même, en perçoit le salaire! (8)
( 6 )
Les favoris du Siècle inondent les salons,
La Jeunesse en a pris l'assurance et les tons,
Pour elle, la mode est 1 usage
Et la gaîté du persiflage. (9)
Trente ans d'erreurs ont confondu
L'esprit, les mœurs et le langage;
Car, chez un peuple corrompu,
L'industrie est une vertu ;
Le volé n'est qu'un sot! le voleur est un sage!
Le succès seul fait le bon droit,
Chacun doit un public hommage
Au plus fort comme au plus adroit. ( 10 )
Parvenus àjorce de crimes!
Ah! combien votre exemple enfanta de victimes! (11)
Le Français, en perdant le secret d'être heureux,
Voulut réaliser le rêve dangereux
De tous les biens illégitimes :
Esclave de l'orgueil, ingrat, ambitieux,
Il s'est d'un vil métal forgé de nouveaux dieux,
Et renonça pour eux au sol qui l'a vu naître,
Au plus saint des devoirs, à son nom, à sa foi,
( 7 )
Dans son cœur endurci, c'est l'or qui règne en maître;
Plus æ honneur J. plus de Roi! (12)
A l'Intrigue, au Hasard, quand chacun s'abandonne,
Quel prix peuvent avoir des titres sans aïeux ?
La Noblesse a perdu son mérite à nos yeux :
Un service éclatant où le temps seul la donne,
En France on l'avilit sans élever personne,
Et le souverain perd, en ce siècle d'argent, (13)
Les plus beaux droits de sa Couronne :
Le point dhonneur, autrefois si puissant !
Assurait à l'État des ressources immenses !.
Et son trésor, en vain, s'épuise en récompense,
Pour capter le rebelle ou l'homme de néant. (14)
Au faîte des grandeurs on peut trouver la lion te ;
Et, pour y parvenir, trop souvent on y monte
Par des sentiers détournés et déserts !.
Mais franchir les chemins ouverts
Sans compter les degrés tracés par la fortune,
C'est violer la loi commune,
Et consacrer l'audace des pervers. (i5)
(8)
Dans ces calamités publiques,
Compilateurs et beaux esprits
Sont proclamés apôtres romantiques, (16)
Et les grands arts, sottement travestis,
Se traînent sur des mécaniq-ues. (17)
La Musique est soumise à ses égaremens,
Et des difficultés bizarres
Sur quelques instrumens barbares
Suffisent au renom des plus faibles talens, (18)
Organe de nos sentiméns,
Ne sera-t-elle plus noble et mélodieuse ?
Et lui plaira-t-il d'être, avec titres patens,
Souverainement ennuyeuse ?
La Danse aussi, la Danse a perdu son attrait ;
De ce plaisir si vif qu'on doit à la nature
Et qui, pour la santé, devrait être un bienfait,
L'art proscrit des jongleurs a fait une torture :
Mais à bon droit pourrait-on s'affliger (19)
Et serait-ce un malheur pour l'aimable jeunesse,
Quand les abus pour elle éloignent le danger?
Le mal se voit, le charme cesse
Et la perfide enchanteresse r