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Deuxième Éditions
ROCHEFORT DEPUTE
PROCLAMATION
AUX ÉLECTEURS DE M. ROCHEFORT
Électeurs, comptons-nous!
Mais comment arriver à ce dénombrement laborieux?
Ma brochure est là,
Que chacun coure au plus vite se munir d'un exemplaire chez
l'éditeur, qui tirera au fur et à mesure des besoins.
Le tirage définitif donnera péremptoirement le chiffre
que nous voulons connaître :
Irréfragablement, dirait M. Thiers
Je commence. Suivez-moi !
SOMMAIRE
M. ROCHEFORT, CANDIDAT EXTRA OFFICIEL : Henri IV est mort;
l'Écho; Tu Marcellus eris. — LE BONHEUR DE M. ROCHEFORT :
Une nature armée en guerre; Il faut que ça rie ; Trop heu-
reux M. Rochefort. — M. ROCHEFORT EST HOMME: Vox po-
puli, vox Dei. — CONCLUSION.
PARIS
LIBRAIRIE CENTRALE
9, RUE CHRISTINE, 9
1868
M. ROCHEFORT CANDIDAT
EXTRA OFFICIEL
Henri IV est mort.
Nommons Rochefort !
Je ne suis point un courtier d'élections, je
le déclare, et ce n'est point une campagne
électorale que je veux entreprendre. Non.
A quoi bon défoncer une porte ouverte?
La campagne est finie avant même d'avoir
commencé. L'élection est posée, l'élection
est faite.
Et lorsque je viens vous dire :
Nommons Rochefort !
Je fais comme un quidam s'en revenant, la
nuit, par les boulevards, de l'Opéra ou de
4
l'Opéra-Comique, et qui fredonne une ariette
qu'il a retenue.
Nommons Rochefort !
C'est, à proprement parler, comme si je
vous racontais un mot de la veille, une
vieille histoire ; si je vous disais, par exem-
ple :
Henri IV est mort!
L'écho.
Courtier d'élections, certes, je le voudrais
être. Pourquoi pas? Je ne vois point d'occu-
cupation plus digne pour un honnête hom-
me. Mettre toute son activité, tout son dé-
vouement au service d'une cause juste,
dont on veut assurée le triomphe : trouvez-
moi quelque chose de plus louable au
monde !
— 5 —
Une élection est une bataille, avec ses pé-
ripéties, ses chances diverses, ses retours,
ses espoirs et ses déceptions; le tempéra-
ment nerveux et fébrile du Français est là
dans son élément naturel, et le succès est
d'autant plus précieux qu'il a été plus chère-
ment acquis.
Quelle joie de deviner un homme et de se
dire : ce sera LUI ! de tirer hors de pair un
nom ignoré la veille, de le murmurer à dix
mille oreilles, de le faire répéter par dix
mille bouches, de le fixer dans la volonté de
dix mille intelligences! On tient un instant
dans sa main les fils qui font mouvoir ces
dix mille volontés : on a le droit d'être
fier.
Nommons Rochefort !
Ah! il y avait là une belle campagne à
faire, un riche courtage à cueillir en satis-
factions de toutes sortes !
— 6 —
Je n'ai point eu de flair. On n'a plus de
flair aujourd'hui ; on ne voit les choses que
lorsqu'elles vous crèvent les yeux.
Qui diable aussi pouvait s'attendre à cette
tuile ? (Je dis tuile et je me comprends.) Eh!
monsieur Rochefort, va-t-on de ce train d'ou-
ragan? troue-t-on de la façon?
A peine a-t-il allumé sa Lanterne huit ou
dix fois; on n'aborde plus que des porte-
lanternes, se renvoyant le nom du lanter-
nier, et on ne peut faire un pas sans
que, de droite, de gauche, de devant de der-
rière, de partout, la même phrase vous sa-
lue au passage :
Nommons Rochefort !
Et je m'en vais, répétant comme tout le
monde :
Nommons Rochefort!
Si j'avais prévu ! si j'avais prévu !
Eh ! triple sot, ce n'est plus le temps de
— 7 —
lanterner, et puisque tu n'as rien su voir,
contente-toi de tan rôle d'écho.
C'est aussi ce que je fais.
Nommons Rochefort !
Tu Marcellus eris.
Il faut être juste :
Cette élection a l'air de s'être faite toute
seule, et, en réalité, aucune n'a été plus tra-
vaillée.
Jamais le gouvernement n'a fait un lit
moelleux à une candidature officielle comme à
celle-ci : par une série de maladresses appa-
rentes, mais calculées, il l'a prise pour ainsi
dire dans sa main et l'a présentée aux élec-
teurs. Il peut hardiment revendiquer les trois
quarts dans le succès, et ce n'est pas M. Ro-
chefort qui y contredira sans doute, où il se-
rait bien ingrat.
— 8 —
Mais M. Rochefort du reste, en est con-
vaincu plus que personne.
A quelle époque remonte l'origine de
cette candidature extra officielle ? C'est dif-
ficile à préciser. Il me souvient que son idée,
émise à titre de simple hypothèse par un
journal, a été accueillie assez plaisamment
dans un des premiers numéros de la Lan-
terne.
A mesure que M. Rochefort a vu sa noto-
riété croître et tourner peu à peu à la po-
pularité, l'idée a-t-elle pris un corps dans
son esprit, ou sa modestie l'a-t-elle tou-
jours détourné d'y croire?
Qu'alors il y ait cru ou ou non, ce qui est
certain, le doute ne lui est plus permis au-
jourd'hui.
Ou bien M. Rochefort doute de tout, doute
qu'il existe, doute de sa fortune.
— 9 —
Tu Marcellus eris!
Tu seras député.
Déjà un précurseur de sa mission législa-
tive nous révèle une certaine aptitude ora-
toire chez le futur député.
Il nous suffira de retrouver à la tribune
l'homme honnête et courageux que nous
avons connu dans son journal.
Orateur, bone Deus ! ce serait le couronne-
ment!
LE BONHEUR DE M. ROCHEFORT
Une nature armée en guerre.
Un heureux homme, ce M. Rochefort!
Hé, hé, répondra-t-on, ce bonheur-là lui

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