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En danger!

De
4 pages

C'est une nouvelle très courte récontant un évènement dans la vie d'une jeune fille aveugle.

Publié par :
Ajouté le : 20 février 2012
Lecture(s) : 58
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EN
DANGER!
Julie marcha et marcha encore. Elle avait froid. Le vent soufflait
autours d’elle. Elle ne voyait rien mais elle entendit quelque chose de
nouveau. Des pas juste derrière elle.
Julie s’arrêta. Se retournant, elle
entendit une respiration rauque. Une odeur aigre de sueur et d’alcool lui
monta aux narines. « Bonjour, petite » ; dit une voix emplie de cruauté.
C’était un homme. Au ton de sa voix et à son sourire, Julie sentit qu’il lui
voulait du mal. « Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous me voulez ? »
L’homme s’approcha. Julie sentit qu’il était plus grand qu’elle. Une aura de
méchanceté émanait de lui. Prenant peur, Julie recula.
L’homme s’approcha et tendit le bras vers elle. Il n’était qu’à
quelques mètres d’elle.
« Non, allez-vous en ! » ; cria Julie.
Un
mouvement dans l’air lui fit comprendre qu’il s’approchait d’elle. La peur
l’agrippa à la gorge. Elle cria et se mit à courir. Elle ne se préoccupa pas de
se cogner ou de trébucher. Julie n’avait pas de canne ou de chien pour la
guider. Deux ans auparavant, elle avait clairement décidé qu’elle n’en avait
pas besoin. Elle n’était pas handicapée après tout. Elle ne pouvait pas voir
mais elle pouvait se déplacer et faire tout ce qu’elle voulait. Ses autres sens
plus développés masquaient cette lacune. Elle ne voyait pas les choses mais
elles pouvaient les imaginer.
Mais aujourd’hui elle aurait bien voulu avoir une aide quelconque.
Avec une canne, elle aurait pu résister, essayer de faire face à son agresseur.
Un chien aurait pu la défendre. Elle regretta d’avoir été si fière. Julie sut
aux pas qu’elle entendit que l’homme la suivait. Elle accéléra le pas. « Ne te
fatigue pas, petite. Je t’aurais ». Julie se sentit humiliée. Elle n’était pas
petite. Elle avait vingt-et-un ans. Elle n’était plus une gamine. Elle s’arrêta
de courir. Elle avait l’impression d’agir comme une gosse apeurée en
s’enfuyant ainsi. Elle sentit le vent souffler autours d’elle. Elle ferma les
yeux et essaya de chasser l’angoisse qui l’étreignait. Elle hésita à se
retourner.
Julie frémit et sentit son pouls battre à cent à l’heure. L’homme s’était
arrêté pas loin d’elle. Une douleur violente l’assaillit soudain. L’homme lui
tirait les cheveux. Un cri sortit de sa gorge. Elle sentit une autre douleur au
flan droit. Il venait de la frapper. Une grêle de coups s’abattit sur elle. Une
grande souffrance traversa tout son corps, telle des décharges électriques.
« Arrêtez ! Arrêtez ! » ; Supplia-t-elle. Un coup violent lui coupa la
respiration. Julie sentit qu’elle perdit soudain l’équilibre. Une douleur aux
genoux lui fit comprendre qu’elle avait heurté le pavé. Julie tâta le sol
cherchant quelque arme pour se protéger. Sa main entra en contact avec un
objet. C’était rond et lisse : un caillou.
N’hésitant pas une seconde, Julie se retourna et le lança. Un coup de
chance. Le caillou toucha l’home au menton. « Salope » ; cracha-t-il. Julie
s’éloigna de lui sans prendre le temps de se relever. Elle se releva et
s’éloigna aussi vite qu’elle le pouvait. Une sensation fulgurante traversa son
mollet gauche. Elle s’était blessée ! Elle y porta sa main et sentit un liquide
poisseux dégouliner. Du sang ! Son propre sang. Clopinant, elle tenta
d’échapper à son agresseur. Elle retint les gémissements qui montaient à ses
lèvres. Soudain, Julie entendit des voix sur sa gauche.
Son cœur
tambourina. Des frissons coururent dans tout son corps.
Reprenant sa course, elle se dirigea vers les voix qu’elle entendait.
« AU SECOURS ! » ; Appela-t-elle. « A L’AIDE ! AIDEZ-MOI ! » Mais
les
voix s’éloignèrent. « NON !
NE PARTEZ PAS !
REVENEZ !
REVENEZ !». Soudain, Julie eu l’impression d’étouffer. Elle se sentit
enserrer à la taille et immobilisée. « Je te tiens, sale garce » ; murmura une
voix à son oreille. Il planta un objet dans son dos : un revolver…Ca y était.
Il venait de l’attrapée. Julie crut que son cœur s’arrêta de battre. Des larmes
emplirent ses yeux morts et coulèrent sur ses joues. C’était fini.
Quelque
part au loin, elle entendit les rires d’un enfant. Elle rêva sans doute.
Soudain, Julie entendit une voix autoritaire crier : « Police ! Lâchez
cette fille immédiatement ! ». C’était une femme. Elle devait brandir une
arme car l’homme sembla hésiter. La police ! Julie respira. Elle était sauvée.
Mais l’homme se ressaisit. Il resserra son étreinte. « Vous n’oserez pas tirer
sur elle. », menaça-t-il. Mais il se trompa. Julie entendit un bruit et comprit
que la femme venait de tirer. Elle fit mouche. Un bruit sourd résonna. Julie
resta figée. L’homme cria et tomba par terre dans un grand fracas. Puis le
silence s’installa.
Julie leva la tête. Une main se posa sur son épaule. « Ca va ? » ;
Demanda une voix féminine. « Vous n’avez plus rien à craindre
maintenant. » Julie se retourna. Elle aurait voulu voir le visage de son
sauveur. Cela la frustra. La femme sourit. « Je l’ai mis hors d’état de nuire. »
Julie lui rendit son sourire. « Merci, vous m’avez sauvé la vie. » La femme
haussa les épaules. Julie devina qu’elle avait affaire à une personne à fort
caractère. Cela lui plut.
Julie se sentait bouleversé par ce qu’elle venait de vivre et elle avait
besoin de soutien. La femme passa un bras autours de ses épaules pour la
réconforter. « Vous êtes vraiment de la police ? » ; demanda-t-elle. L’autre
hocha la tête. « Inspecteur. Sophie Davis. Pour vous servir ». Julie se sentit
intimidée. Un inspecteur de police, pensez donc !
« Je m’appelle Julie
Duclan ». Elle tendit la main. L’inspecteur la prit et la serra dans la sienne.
« Venez, je vais vous ramener chez vous. Appuyez-vous sur moi. Je vais
vous aider à marcher. ». Julie hocha la tête. Sophie et Julie partirent
ensemble à travers les rues. Julie fut soudain heureuse. Elle avait enfin
trouvé une amie.