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La révolte

De
5 pages
Nouvelle située en Afrique du Sud au temps de l'apartheid. 594 mots.
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La
révolte
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Il faisait chaud. Une fine brise soulevait la terre rouge dans le Township de Soweto. Il était 11 heures quand une voiture passa dans la rue et réveilla Peter. Le jeune garçon se leva et enfila sa chemise blanche puis mit par-dessus une salopette bleue trop grande pour lui. On était ce jour-là le 16 juin 2001. Peter avait rendez-vous avec son grand père Mickaël pour le déjeuner. Avant de partir il se regarda dans un bout du miroir cassé qui se trouvait dans l'entrée. Peter était grand pour ses sept ans, il avait les yeux clairs la peau noire et des petits cheveux bouclés. Il avait aussi une tâche de naissance, sur le bras comme sa mère. Il saisit sa paire de tongs, ouvrit la porte puis partit. Il marcha quelques minutes sous un soleil brûlant, et arriva enfin chez son grand-père.
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La maison, entièrement faite de morceaux de taule rouillée ramassés çà et là, était de petite taille mais suffisait amplement à loger le vieil homme. Peter toqua, et aussitôt son grand père vint lui ouvrir. Mickaël était très heureux de revoir son petit-fils en ce jour historique. Après s'être lavé les mains, Peter alla rejoindre son grand père, et prit place en face de ce dernier. Mickaël était un homme marqué par le temps, aux cheveux crépus blancs, et aux yeux marron soulignés par des marques de fatigue. Pourtant, malgré son âge avancé,c’était un homme assez robuste. Le repas qui se trouvait sur la table était composé de bobotie accompagné de riz jaune.
A la fin du repas, après ce festin, Peter dit de manière enthousiaste "Ce repas était délicieux, c’est largement meilleur que ceux de la cantine". Son grand père répliqua: "En parlant d'école, sait-tu pourquoi tu n'y vas pas ?". "Non je ne me suis jamais posé la question" "Et bien pour comprendre il faut remonter quelques dizaines d'années en arrière. "On était le 16 juin 1976, comme prévu trois jours auparavant, mes camarades et moi ainsi que tous les élèves de l'enseignement secondaire de Soweto nous retrouvâmes devant l'école
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Morris Isaacson. Nous étions en période d'examen et nous voulions protester contre une décision prise par le gouvernement". "Quelle était cette décision ?" demanda Peter. "Le gouvernement voulait imposer l'Afrikaans, la langue des Boers qui ont instauré l'Apartheid depuis 1949 pour l'enseignement de certaines matières comme l'histoire, la géographie et les mathématiques. Nous étions donc des milliers d'élèves rassemblés devant l’école, brandissant tous nos pancartes, et chantant tous en chœur un chant traditionnel Sud-Africain. Nous partîmes défiler dans les rues de Soweto. La manifestation battait son plein, quand soudain, des policiers lâchèrent des chiens dans la foule. Ils envoyèrent ensuite des grenades lacrymogènes. Des milliers d'élèves affolés commencèrent à courir dans toutes les directions. Puis, se saisissant de leurs pistolets, les officiers tirèrent sur la foule en panique. Je vis un jeune garçon ensanglanté dans les bras de son ami. C'était horrifiant". "Est ce qu'il est mort ?"s'exclama Peter. "Malheureusement oui ... "Ce jour férié est dédié au souvenir de ce petit garçon noir ainsi que tous les autres étudiants tués lors de ces manifestations. Sache, mon petit Peter, que ce jour est dédié à vous la jeunesse." Tous deux sortirent. Il était 21 heures. Avant de raccompagner Peter chez lui, Mickaël emmena son petit-fils sur les lieux de la révolte. Mickaël dit : " il faut savoir pardonner sans oublier son passé et ses origines.", puis il déposa un bouquet de roses blanches au pied d'un baobab sous le regard pensif de son petit-fils. FIN
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