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La Symétrie
des Souffles
 
 
ALEXANDRE JARRY
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MysteranduM Editions
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AVANT-PROPOS
  
  
Merci de noter que pour des raisons de restrictions budgétaires, le filmque vous vous apprêtez à regarder a entièrement été non filmé. Il seradonc présenté dans sa version la plus brute et la plus noble : le texte.
Notez également que dans un souci de préservation de la Nature engénéral, et des arbres en particulier, l'un des chapitres de ce film roman avolontairement été retiré du processus d'impression, permettant ainsi desoutenir durablement les efforts de l'écologie.
Ou pas…
PROLOGUE
  
  
  
  
C'est d'un élan assez volontaire que le courant d'air choisit de se frotteraux plaisirs de la vitesse. La fine brise impatiente était aux abois depuisquelques secondes et venait de trouver le bon moment pour semanifester. Ce jour-là, elle s'était roulée dans la malice et mijotait un plandiabolique, comme seuls les courants d'air savent le faire. Si ses intentionsdemeuraient secrètes, elle n'en trépignait pas moins. Dissimulée au beaumilieu d’un troupeau de cumulonimbus, elle commença à circulerfurtivement de l’un à l’autre, se faufilant parmi ces doux moutons de cotonatmosphérique. Une attente excitante et insupportable pour elle qui nerêvait que d’entreprendre son voyage dément et excitant.
Lorsque les nuages s’écartèrent enfin, le soleil, grand maître des cieuxdiurnes, s'employa aussitôt à étirer ses puissants rayons sur les valléesdes hommes. Il dut toutefois bien vite les rétracter. Il fallait bien admettrequ'en plein mois de janvier, il n'allait pas s'emmerder à essayer deréchauffer quelques cœurs. Si vous vous demandiez pourquoi on se cailleles meules en hiver, vous avez là votre réponse; le soleil est un pisse-froid.
Au loin, des cloches tintèrent, annonçant la mi-journée. De longuesétendues vertes s’étalaient à perte de vue, et étaient parsemées de-ci,de-là de petits points sombres qui étaient autant de villages et de villes, oùles maisons, blotties les unes contre les autres, crachaient en continu leursbouffées de CO2 qui permettaient d'assurer une bonne santé à leurshabitants.  
La brise s’élança. Le son des cloches venait de donner le départ de sacourse, et, de toute façon, elle estimait avoir assez attendu. Elle voulaitvisiter du pays, parcourir de nouvelles contrées. Elle embrassa alors duregard tout le paysage : L’océan, les plaines, et les pics enneigés,beaucoup plus loin. Elle se ramassa sur elle-même et descendit à pleinevitesse en direction d’un agglomérat d’habitations beaucoup plus gros queles autres. Ce dernier devait être bien plus qu’une simple ville. À vitessevertigineuse, le souffle d’air fendit les particules et put se rapprocher de la
civilisation. Les routes se dessinèrent, se précisèrent, se multiplièrent etse resserrèrent en un réseau complexe. Les villages alentour se gonflèrentde détails, se mirent à respirer, s’étoffèrent et semblèrent s’élargir à sonapproche, tel un poumon se remplissant d’oxygène, mais aussi – peut-être – de pollution. Les voitures furent bientôt faciles à distinguer, et les trainset les vaches furent tout aussi reconnaissables.
La gigantesque ville en ligne de mire paraissait maintenant s’étaler sur desdizaines de kilomètres. On ne pouvait plus en distinguer les limites. Au loin,les contours d’une glorieuse flèche de métal terne dressée vers le cielapparurent. Le courant d’air accéléra et prit un malin plaisir à s’engouffrerdans les rues, pour rebondir sur la pierre haussmannienne des mursparisiens, faisant claquer les volets et retroussant quelques parapluies,avant de passer sous les jambes de la sculpturale tour Eiffel, puisquec'était d'elle qu'il s'agissait. Il tourna ensuite plusieurs fois sur lui-même,gagna en puissance, et s’amusa beaucoup de la surprise d’une jeunefemme qui vit sa jupe se soulever dangereusement à son passage. Lesautres vêtements qu’elle avait vainement mis à sécher au bord de la Seines’éparpillèrent sous l’impulsion de la bourrasque, et s'envolèrent commede simples feuilles mortes s'affranchissant de leur arbre. La brisepoursuivit sa route à fleur d’eau, provoquant quelques rides à la surface ducanal Saint-Martin, et virevolta quelques secondes de plus dans lesparages. 
Après ce passage éclair par la capitale des lumières, elle effectuafinalement un retour en droite ligne vers ses compagnons les nuages, quitranshumaient, nonchalants, vers les terres hispaniques. Puis une fois aupoint culminant de sa montagne russe imaginaire, elle redescendit entrombe vers un autre point gris foncé, suivant le galbe élégant de sacourbe. La nouvelle destination paraissait bien moins ambitieuse que lapremière : plus petite, plus grise, et nettement moins animée... En réalité,la brise se dirigeait à présent – ne demandez pas pourquoi ! – vers lavieille cité de Limoges. Métropole de taille assez peu importante, surtoutréputée pour ses arts du feu et son taux de chômage spectaculairementpeu élevé, Limoges se révélait alors un choix bien discutable. Pourtant,l’enthousiasme difficilement dissimulé de la brise demeurait intact. Elles’enroula dans les étroites ruelles pavées du centre, et se joua despassants avec espièglerie. Elle repartit ensuite sur les borduresextérieures, longea les jardins en terrasses, aux abords de la cathédrale,fit quelques ricochets sur la Vienne, puis pénétra, sans aucune gêne, dansune chambre, pour faire s’envoler une ou deux piles de papier, disposéessur un vieux bureau de guingois. Visiblement, ceux-ci devaient êtresuffisamment importants pour justifier la crise que piqua la propriétaire deces notes – une jeune étudiante – victime de la mauvaise farce. Le courant
d’air, toujours filant, se moqua bien de savoir s’il avait causé ou non dutort. Les notions de Bien et de Mal auraient de toute façon été bientrop difficiles à conceptualiser pour lui. Il ne recherchait rien de plus que lemoment présent, et voulait s’en amuser du mieux possible. Tant que ce jeuprésentait un tant soit peu d’intérêt, il en profitait.
Et, c'est satisfait de ses roulés-boulés dans le monde des hommes, qu'ilfinit par ralentir, avant de mettre un terme à sa course folle. Il laissa lecalme l'investir, la célérité déguerpir et s’étala pour ne finalement redevenirqu’un amas de molécules parmi celles composant l’air. Il s’éleva quelquepeu au-dessus du centre-ville, vint se lover lascivement autour d'unclocher, s’imprégna des gaz d’échappement, des odeurs citadines, pastoujours très élégantes, puis observa paisiblement la scène qui sedéroulait sous son corps intangible, avant de s’y fondre totalement...
1- L’APOCALYPSE EST POUR DIMANCHE ENHUIT
        « C’est la fin du monde ! La destruction nous guette !— L’infamie va nous dévorer !— Le monde court à sa perte !— Les vents vont souffler !— Le châtiment pèse sur notre pitoyable humanité !— La tempête va se lever !— Entendez, misérables, la colère des divinités !— Les souffles contraires vont se télescoper, le Chaos va régner ! »    Certains passants, interloqués, prenaient le temps de s’arrêter, l’air un peuébahi, pour écouter la prophétie scandée à la volée, et qui venait résonnercontre les vieux murs encerclant la place Saint-Étienne. Les deux êtres quiannonçaient la fin du monde semblaient transcendés par leur proprediscours. L’un, jeune, les cheveux longs, un blazer jaune sale jeté sur lesépaules, faisait des mouvements étranges, courbé en avant, comme s’ilexécutait une danse tribale des temps oubliés. L’autre, plus grand etprobablement plus âgé, vêtu d’une chemise à carreaux, se tenait raidecomme un piquet, les bras étendus vers le ciel, les doigts en crochet et lesyeux exorbités. Il était difficile de passer à côté des deux originaux sansles remarquer. Cependant, la plupart des gens, trop embarrassés,préféraient continuer leur chemin, poursuivre leur lèche-vitrine, comme side rien n’était. Mécréants !«
— Pauvres humains !— Ne voyez-vous pas où votre folie vous a mené ?— Entendez bien : huit jours… Huit jours seulement ! Aujourd’huicompris… C’est le temps qu’il vous reste !— Trop peu de temps pour expier tous vos péchés…— Mais il n’est jamais trop tard. Le pardon peut intervenir pour quelques-uns d’entre nous. Mais pas pour tous !— Dimanche prochain, la planète s’effondrera de l’intérieur, et le souffre etles flammes… Et les vents, les tempêtes, les cyclones, les tornades…— Et l océan se déchaînera, et engloutira nos villes… — Et la glace, et… »  Une main ridée vint se poser fermement sur l’épaule d’un des orateurs.Les deux individus qui se donnaient en spectacle depuis plusieurs minutes,cessèrent leur litanie pour voir qui avait eu l’audace de les interrompre,alors qu’ils délivraient à la populace une information des plus capitales. Lamain, normalement constituée d’une paume et des cinq doigts, appartenaità un bras court et sec comme du saucisson, recouvert d’une amplemanche noire. Leurs regards intrigués suivirent cette même manche, pourconstater, qu’au bout de celle-ci, était cousue une soutane de cette mêmecouleur lugubre, dans laquelle se tenait un vieillard au regard dur et ausourcil vibrant d’une impatience difficilement contenue. Son corps rigide etsquelettique tendait la toile de la robe par endroits, laissant deviner lesmembres d'un corps surmonté d’une tête fort mécontente. Le voile decolère qui couvait dans le regard sembla s’apaiser un peu lorsque le vieilhomme nouvellement arrivé comprit qu’il avait l’attention des deuxcompères. Il passa sa langue blanche sur ses fines lèvres strictes. Puis,essayant d’utiliser un ton empreint de bonté, il s’exprima d’une voixprofonde en ces termes :« Mes enfants…— Et le Feu des Enfers, reprit subitement le plus jeune en s'égosillant, semoquant soudain d’avoir été interrompu en pleine transe.
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