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Le Petit Garçon du Midi

De
166 pages

Tombé dans une tourmente qu’il ne comprenait pas, le petit garçon du midi cherche son chemin. Il tâche de réagir mais n’en trouve pas les raisons. Peu à peu la vie l’accompagne vers un destin dont il ne maîtrise pas tout. Mais pas à pas, entre succès et échecs, il commence à apprendre de la vie.

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Ajouté le : 06 février 2015
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Le petit garçon du midi
Thierry VANHUYSSE
Avant Propos La vocation est une inconnue dans la vie d’un enfant. Souvent l’on dit aux enfants et aux adolescents: «qu’estce que tu voudrais faire plus tard ? «. Et ils répondent invariablement : « je ne sais pas !» Peu d’entre eux savent répondre d’un souhait cohérent, et la plupart sont des rêveurs. J’avais un rêve étant petit. Je savais que c’était un rêve car mon physique ne pouvait pas me permettre de réussir les tests physiques pour cette profession. Je rêvais de devenir pilote de chasse. Au vu de la myopie qui me caractérisait, je savais que cela resterait un rêve. Mon admiration pour ces hommes et leurs avions n’a pourtant pas cessé. Et aujourd’hui encore je me régale lorsque je vois un « pointu» dans le ciel passer à grande vitesse. Ça, c’est la classe ! Aujourd’hui encore, comme beaucoup d’entre nous, je ne suis pas certain d’avoir découvert une vocation. Par contre, je suis capable de dire que j’aime faire certaines choses et d’autres pas. Suisje jeune d’esprit ou naïf? Peutêtre un peu mais cela n’est pas si évident de choisir de faire ce que l’on aime, et de retirer de sa vie les obligations destructrices. Aujourd’hui, écrire est pour moi un véritable plaisir. Jesouhaite donc que ceux qui me lisent prennent tout autant de plaisir. Si ma prose ne vous plaît pas, sans animosité ni vexation de ma part, débarrassezvous en au plus vite car il n’est pas bon de se contraindre contre sa nature. Bonne lecture à tous les
autres……
Chapitre 1 Mélodrame en Provence
Maman serait encore de ce monde, il y a fort à parier qu’elle serait telle que je l’ai connue, pleine de vie, de règles, de paradoxes, et surtout de suspicion, de méfiance et avec un œil affûté à l’égard de sa future belle fille.D’ailleurs, ne m’atelle pas dit : « tu ne resteras pas avec elle » en parlant de ma 1ere femme. Elle avait du nez, Maman……Ou plutôt, elle me connaissait suffisamment pour constater quej’étais heureux ou pas. Paix à son âme, je ne garde finalement d’elle que les bons côtés, et ses mots si catégoriques, si mélodiques et chantants, même s’ils étaient parfois dérisoires. J’ai désormais évacué son intolérance, ses jugements tranchés, ses hésitations et ses mauvais choix, tout comme ses décisions trop rapides. Voire même la méchanceté dont elle a pu faire preuve par le passé à l’égard de bien des personnes.
Elle avait du caractère et de la constance, beaucoup ne lui ont pas rendu, moi y compris, juste parce qu’elle était hâtive et maladroite. Dommage, en ce mois d’août 2007 avec mes filles, je commençais seulement à bien la comprendre. Une page s’est tournée, le soleil s’est à nouveau levé, et a ramené la chaleur sur le midi, tout comme à St Gervais ou elle repose désormais en paix, près des siens, et où il fait bon attendre. Attendre peutêtre que d’autres la rejoignent. Qui sait, à chacun son heure, à chacun son destin. Je suis arrivé à Pélissanne, près de Salon de Provence, après ma naissance en Afrique, à Douala, dont je n’ai aucun souvenir. J’ai dû rentrer au CP comme tout le monde à 5 ans, mais je n’ai aucun souvenir de notre vie en Afrique, et pas non plus de l’époque où je n’allais pas encore à l’école. La seule image qui me reste en mémoire c’est que j’étais blond, souriant sur les photos, donc j’imagine ne pas avoir été malheureux……va savoir. Freud écrit que l’occultation de la période 0 à 5 ans est Naturelle et est comme une nécessité impérieuse pour passer à l’âge supérieur. Pour autant, j’ai beau me creuser, je ne retrouve que des bribes de souvenirs entre 5 ans et 8 ans. J’ai beau fouiller, je ne vois en tous cas pas mon papa, ni maman, ni mes frères et sœur, ni tout ce petit monde évoluant dans notre maison de Pélissanne…..Et pourtant je sais que nous l’avons eue en 1969, j’avais donc trois ans. Dans cette période je ne revois que quelques souvenirs. Le chemin à pied pour aller à l’école qui était en haut du village, en passant par la route de Lambesc, et parfois en flânant a la colline. Le nom de quelques copains avec qui je jouais dans la cour de l’école, le nom de ceux qui nous
cherchaient des noises, le nom de ma première maîtresse d’école, et les bonnes notes que j’avais, qui m’encourageaient naturellement. Pour être franc,et sans en rajouter, je n’ai que rarement eu la sensation de travailler à l’école. Maman a toujours dit que j’avais des facilités. D’ailleurs à tel point que lorsqu’il s’est agit de devoir réellement travailler pour obtenir des résultats j’ai eu une certaine « latence » avant de nde réagir…..d’ou mes deux redoublements en 2et 1ere. Quand je parle de mes 8 ans, ce n’est pas sans une certaine amertume car j’avais cet âge là lorsque mes parents ont divorcé. Ou plutôt devraisje dire qu’ils ont commencé à s’entredéchirer avec nous au milieu. Entre conflit matrimonial, conflit d’intérêts et conflit de pensées, ils nous ont joué tous les chapitres. Mais tout ceci n’aurait peutêtre pas été si dur si maman, vouant un amour inconditionnel et sans limites à son mari, privée de tout sens de la réalité par obsession de le perdre, ne nous avait pas entraînés dans sa folie suicidaire. A bien y réfléchir, et en ayant échangé un peu sur le sujet avec mon frère et ma sœur, je crois que nous avons tous trois étés marquéspar ce soir là à jamais pour l’évolution de nos vies futures. C’est ce soir là que tout a basculé. Ce soir là qui a servi de point de départ au « traumatisme » dont a parlé maman dans toutes les années qui ont suivi en évoquant mon cas. « Il est traumatisé le petit», voilà donc l’étiquette qu’elle m’a collée pour expliquer mon comportement.
Comme si, pour expliquer le fait que je sois renfermé, solitaire, souvent triste, peu partageur, voire égoïste, il suffisait simplement de me coller cette étiquette. J’ai en tous cas longtemps cru que cela était une étiquette, comme une excuse pour les autres, pour la bien pensance. Mais cela était finalement aussi une excuse pour elle, ou plutôt une sorte de thérapie récurrente pour lui permettre de couvrir ses actes à notre égard. Dispositif sûrement pas calculé mais induit par elle pour me maintenir dans un monde loin de la brutalité de la vérité. Elle m’a d’ailleurs ainsi asséné sa vérité sur le divorce pendant des années sans que je puisse vérifier quoi que ce soit, et d’ailleurs c’est seulement depuis peu que je réalise que j’ai effectivement été traumatisé psychologiquement, mais pas seulement par le divorce. Car tout dérangement psychologique, toute perte d’équilibre, toute perte de repère, même si elle induit un comportement propre à se fondre dans la normalité des autres, est toujours provoquée par un fait. Notre maison était une belle maison provençale, avec un double garage plus un très grand cellier au rez de chaussée, trois chambres, grand salon salle à manger cuisine et bains a l’étage, desservit par un escalier extérieur dont j’ai longtemps cru qu’il était en marbre….Mais non, c'était de la pierre qui ressemblait a du marbre, il ne faut jamais se fier aux apparences. Et en matière d'humain cette règle est encore plus vraie, le ramage vaut rarement le plumage..... L’entrée donnait sur un long couloir traversant la maison de
part en part sur la plus grande longueur. Couloir qui donnait tour à tour sur la cuisine et la chambre des parents à droite, puis la salle de bains et les 2 chambres au fond. Je devais dormir avec mon frère dans la chambre au fond à gauche et ma sœur en face. La maison était chauffée avec chaudière au mazout et à air pulsé, donc toutes les portes des pièces avaient une grille de 30 cm en bas de porte pour la circulation de l'air ainsi chauffé. Ces grilles nous servaient, mon frère, ma soeur et moi, à parler le soir en cachette des parents. Ce soir là papa était parti en mission, ou était à une soirée. Maman était restée à la maison "car il fallait bien que quelqu’un garde les enfants".Papa et maman avaient vécu de belles années quand ils étaient tous les deux seuls, et même avec mes frères et soeur, mais le climat entre eux deux s'était dégradé lorsque nous sommes arrivés à Pélissanne. Mes parents avaient été élevés dans des « normes» propres à l’époque de leurs parents: l’homme au travail, la femme au bercail avec les enfants, dans le rôle de la maîtresse de maison. Maman s’était parfaitement identifiée à ce rôle et ne s’est jamais considérée comme une « boniche», c’était son rôle, tout simplement.ème Pourtant, à l’arrivée du 3enfant, c'est à dire moi, et bien que mon père fût heureux d’avoir de nouveau « descendance» comme l’on disait au moyen âge, le couple a commencé à tourner vinaigre car ma mère étant plus occupée,
elle en devint moins disponible. Donc papa a fait comme il l’a toujours fait, il a rayonné en société, fait la fête dès que cela était possible, bu, fumé, dragué, bref abusé de tout ce qui se présentait comme quelqu’un qui cherche au hasard une personne qui puisse l’aimer. Pourtant, cet homme là était un homme stable et avec les pieds bien sur terre, même s'il aimait faire la fête. S’il s'est mis en avant c'est d'abord pour le plaisir de la scène, et peut être car il ne se retrouvait plus dans son couple. Je pense ne pas me tromper en disant que ces deuxlà n’y connaissaient rien en sexualité, et qu’à trente cinq ans ils n’avaient qu’une expérience d’adolescents. Cela leur faisait déjà un handicap, avec en plus le poids de l’éducation judéochrétienne étriquée directement dérivée des années cinquante le conflit n’a pas tardé à exploser: à ma mère de vouloir ramener mon père dans la bienséance, à mon père de vouloir s’éclater et vivre plutôt que des’encroûter à la maison avec une femme qui ne lui faisait plus rien et des enfants qu’il voyait comme des fardeaux. Donc pour finir de présenter ce fameux soir ou notre existence a basculé, il suffit de rajouter que papa avait atteint, en étant mécanicien volant de la patrouille de France à Salon de Provence, le sommet de sa carrière militaire et donc il avait de quoi être fier et le public environnant le lui rendait bien. De plus, la patrouille de France bouge souvent, reçoit souvent, et maman ne venait plus aux soirées et réception depuis les enfants. J’ai appris aussi, pour ajouter à l’aigrissement de
ème maman, que le petit 3était un accident et n’était pas prévu (en tous cas par papa) et ressemblait comme deux gouttes d’eau à une tentative de rattraper son couple qui fout le camp. C’est toujours agréable de savoir que l’on n’aurait pas dû naître….. ça rend humble en tous cas.ème Donc ce soir là papa était parti et maman en était à sa 6 tentative de suicide. Elle était donc sous antidépresseurs, mais rien n’y faisait. C’est comme si elle devait à tout prix se faire mal pour vivre, que sa vie ne pouvait être que pénitence. Mais voilà, ce soir là, nous étions là tous les trois. Je raconte cela aussi fidèlement que possible car c’est mon frère Pierrequi m’a remémoré cette scène, que j’avais occulté de ma mémoire, avec tout ce qui s’était passé avant; mon traumatisme vient de là. Je pense aussi que mon frère et ma sœur ont dû faire des choix dans leur vie après cet évènement qui furent implicitement liés à ce soirlà. Aujourd’hui quand je l’écris mes larmes coulent car la blessure n’est pas encore bien refermée. Venez soigner mes bleus à l’âme s’il vous plaît, Mesdames, Messieurs, la tâche n’est pas encore complètement accomplie. Je crois bien que seul un grand bonheur pourra effacer tout cela. Et encore, certaines choses font partie de nous, et restent gravées à jamais. L’histoire marque ses acteurs pour qu’ils en fassent partie et jouent correctement leur rôle.Quand bien même on lutte pour effacer son passé, éviter la rancune, et aller de l'avant, le marquage au fer rouge qu'est un tel évènement vous laisse des traces à vie.