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Un soir.

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Un train en flamme, sexe, drogue et mort vers l'épicentre du vide « J'ai envie de baiser ! » J'ai crié. C'était dans le train , un train blindé. En fait, le train était en feu. Je sentais l'envie profonde dans mon phallus, ça me démangeait. J'avais une méchante gaule, la plus gros gaule de toute ma vie, au moment où j'allais crever, pauvres femmes ! Bon, le moment que j'attendais et que chaque humain attend ; la mort, c'était maintenant. Maintenant que je savais ça, je pouvais me concentrer sur l'essentiel ; baiser, tirer mon coup, prendre mon pied, putain j'avais envie de prendre mon pied. Avec la plus belle viande que je pouvais trouver dans ce foutu train. Le train filait tout droit, droit vers l'astre flamboyant qui s'écrasait lentement dans l'horizon. Et le train était en flamme. Et j'arrivais pas à décrocher ce putain de sourire que j'avais aux lèvres, je me sentais bien, enfin libre, j'avais envie d'un tas de truc, l'angoisse de la mort m'avait quittée. Je traversais les wagons, en chasse, un rôdeur au milieu des proies, elles n'avaient nul part où aller. J'étais le maître de ma vie pour la première, plus de conventions, plus de respect, juste des appétits à combler. Je croisais un joli minois sur ma route, un p'tit bout de femme toute mignonne, plutôt agréable à regarder. Elle n’arrêtait pas de gueuler, d'appeler à l'aide, elle me tapait sur le système, aussi je lui mis une belle claque dans la gueule et lui dit de la fermer.
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« Joe ? » S'en suit un hmmm ? Long d'un mètre. Au moins. Merde Joe, qu'est-ce qu'on attend ? On attend mon vieux, on attend de crever bien sagement, en tondant sa pelouse, en achetant une caisse, en baisant sa femme ou en ayant des gosses. Tu me saisis fiston ? Ouais, mais j'veux dire là, en plus de tout ça on attend quoi ? On attend que le fourgon débarque, pour se payer la putain de maison (la pelouse), les bijoux pour ta grognasse de femme et les études pour les minots, vu ? Maintenant tu attends et tu la fermes Tony. Merde Joe, j'en ai marre d'attendre encore et encore, attendre le fourgon, attendre le huissier qui va venir saisi mes biens ou mes couilles, attendre la MORT. Fais chier. »
Il tire une ENORME latte sur sa cigarette. Quelques ronds de fumée qui se dissipent dans l'air frais du soir. Tout va bien dehors. Héros de la rue qui se crèvent sur les trottoirs, eux aussi attendent, ils attendent la vie, ils sont déjà morts ou presque. Au final, la voiture repart, pas de fourgon ce soir, juste la triste amertume de se dire qu'on a encore perdu du temps et qu'il file vite, comme l'auto sur le bitume noir, qui roule et navigue sur l'océan d'un ciel sans étoile. Et à Tony de conclure : « Putain, pas d'espoir. »