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Gentleman-Cambrioleur

De
177 pages
Dans la fiction, le gentleman cambrioleur est un genre de cambrioleur se distinguant par sa double vie de personne mondaine d'un côté et sa vie de cambrioleur de l'autre, agissant avec élégance et raffinement. Il faut cependant préciser que l'adjectif gentleman cambrioleur suppose que son côté mondain déteigne sur son activité illicite, c'est-à-dire qu'il s'agisse d'un cambrioleur aux bonnes manières et qui ne fait jamais ou rarement usage d'une arme ou de quelconque brutalité.
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Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur Leblanc, Maurice
Publication:1907 Catégorie(s):Fiction, Policiers & Mystères, Nouvelles Source:http://www.gutenberg.org
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A Propos Leblanc: Maurice-Marie-Émile Leblanc (11 November 1864 - 6 No-vember 1941) was a French novelist and writer of short sto-ries, known primarily as the creator of the fictional gentleman thief and detective Arsène Lupin, often described as a French counterpart to Conan Doyle's creation Sherlock Holmes.
Disponible sur Feedbooks pour Leblanc: L'Aiguille creuse(1909) Les Confidences d'Arsène Lupin(1913) L'Île aux trente cercueils(1920) Arsène Lupin contre Herlock Sholmès(1908) Le Bouchon de cristal(1912) 813(1910) Le Triangle d'or(1918) L'Éclat d'obus(1916) Les Dents du tigre(1921) Les Huit coups de l'horloge(1923)
Copyright:This work is available for countries where copy-right is Life+70 and in the USA.
Note:Ce livre vous est offert par Feedbooks. http://www.feedbooks.com Il est destiné à une utilisation strictement personnelle et ne peut en aucun cas être vendu.
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e Lupin, Gentle Cambrioleur
Par Maurice Leblanc Préface de Jules Claretie de l'Académie Française
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Note du transcripteur:Arsène Lupin: Gentleman-Cambrioleur est le premier livre dans la série de Maurice Leblanc «Les Aventures Extraordinaires d'Arsène Lupin.» Cet eBook est basé ie sur l'édition éditée à Paris par Pierre Lafitte & C en 1907. Il a été créé du texte et des images généreusement rendues dispo-nibles par Wikisource, Google Books, et l'Internet Archive.
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À Pierre LAFITTE. Mon cher ami, Tu m'as engagé sur une route où je ne croyais point que je dusse jamais m'aventurer, et j'y ai trouvé tant de plaisir et d'agrément littéraire qu'il me paraît juste d'inscrire ton nom en tête de ce premier volume, et de t'affirmer ici mes sentiments d'affectueuse et fidèle reconnaissance. M. L.
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—Racontez-nous donc, vous qui contez si bien, une histoire de voleurs… e —Soit, dit Voltaire (ou un autre philosophe du XVIII siècle, car l'anecdote est attribuée à plusieurs de ces causeurs incomparables). Et il commença: —Il était une fois un fermier général… L'auteur desAventures d'Arsène Lupin, qui sait si joliment conter, lui aussi, eût commencé tout autrement: —Il était une fois, un gentilhomme cambrioleur… Et ce début paradoxal eût fait dresser les têtes effarées des auditrices. Les aventures d'Arsène Lupin, aussi incroyables et entraînantes que celles d'Arthur Gordon Pym, ont fait mieux. Elles n'ont pas seulement intéressé un salon, elles ont passion-né la foule. Depuis le jour où cet étonnant personnage a fait son apparition dansJe sais tout, il a effrayé, il a charmé, il a amusé des lecteurs par centaines de mille et, sous la forme nouvelle du volume, il va entrer triomphalement dans la biblio-thèque, après avoir conquis le magazine. Ces histoires de détectives et d'apaches du high life ou de la rue ont toujours eu une singulière et puissante attraction. Bal-me zac, en quittant M de Morsauf, vivait l'existence dramatique d'un limier de police. Il laissait là le lys de la vallée pour le ré-fractaire du ruisseau. Victor Hugo inventait Javert, donnant la chasse à Jean Valjean comme l'autre «inspecteur» poursuivait Vautrin. Et tous deux songeaient à Vidocq, cet étrange loup-cervier devenu chien de garde, dont le poète desMisérableset le romancier de Rubempré avaient pu recueillir les confi-dences. Plus tard, et dans un ordre inférieur, Monsieur Lecoq avait éveillé la curiosité des fervents du roman judiciaire, et M. de Bismarck et M. de Beust, ces deux adversaires, l'un fa-rouche, l'autre spirituel, avaient trouvé, avant et après Sado-wa, ce qui les divisait le moins: les récits de Gaboriau. Il arrive ainsi à l'écrivain de rencontrer sur son chemin un personnage dont il fait un type et qui, à son tour, fait la fortune littéraire de son inventeur. Heureux qui crée de toutes pièces un être qui semblera bientôt aussi vivant que les vivants: Delo-belle ou Priola! Le romancier anglais Conan Doyle a popularisé
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Sherlock Holmes. M. Maurice Leblanc a trouvé, lui, son Sher-lock Holmes, et je crois bien que depuis les exploits de l'illustre détective anglais, pas une aventure au monde n'a aussi vive-ment excité la curiosité que les exploits de cetArsène Lupin, cette succession de faits devenus aujourd'hui un livre. Le succès des récits de M. Leblanc a été, on peut le dire, fou-droyant dans la revue mensuelle où le lecteur, qui se contentait jadis des vulgaires intrigues du roman feuilleton, va chercher (évolution significative) une littérature qui le divertisse, mais qui reste pourtant de la littérature. L'auteur avait débuté, il y a une douzaine d'années, si je ne me trompe, dans l'ancienGil Blas, où ses nouvelles originales, sobres, puissantes, le placèrent du premier coup au meilleur rang des conteurs. Normand, Rouennais, l'auteur était visible-ment de la bonne lignée des Flaubert, des Maupassant, des Al-bert Sorel (qui fut, lui aussi, unnovellièreà ses heures). Son premier roman,Une Femme, fut très remarqué, et, depuis, plu-sieurs études psychologiques, l'Œuvre de Mort,Armelle et Claude,l'Enthousiasme, une pièce en trois actes, applaudie chez Antoine,la Pitié, étaient venues s'ajouter à ces petits ro-mans en deux cents lignes où excelle M. Maurice Leblanc. Il faut avoir un don particulier d'imagination pour trouver de ces drames en raccourci, de ces nouvelles rapides qui en-serrent la substance même de volumes entiers, comme telles vignettes magistrales contiennent des tableaux tout faits. Ces rares qualités d'inventeur devaient nécessairement, un jour, trouver un cadre plus large, et l'auteur d'Une Femmeallait bientôt se concentrer après s'être dispersé en tant d'originales histoires. C'est alors qu'il fit la connaissance du délicieux et inattendu Arsène Lupin. e On sait l'histoire de ce bandit du XVIII siècle qui volait les gens avec des manchettes, comme Buffon écrivait sonHistoire Naturelle. Arsène Lupin est un petit neveu de ce scélérat qui faisait peur à la fois et souriait aux marquises épouvantées et séduites. —Vous pouvez comparer, me disait M. Marcel L'Heureux en m'apportant les épreuves de l'œuvre de son confrère et les nu-méros oùJe sais toutillustrait les exploits d'Arsène Lupin, vous pouvez comparer Sherlock Holmes à Lupin et Maurice Leblanc
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à Conan Doyle. Il est certain que les deux écrivains ont des points de contact. Même puissance de récit, même habileté d'intrigue, même science du mystère, même enchaînement ri-goureux des faits, même sobriété de moyens. Mais quelle supé-riorité dans le choix des sujets, dans la qualité même du drame! Et remarquez ce tour de force: avec Sherlock Holmes on se trouve chaque fois en face d'un nouveau vol et d'un nou-veau crime; ici, nous savons d'avance qu'Arsène Lupin est le coupable; nous savons que, lorsque nous aurons débrouillé les fils enchevêtrés de l'histoire, nous nous trouverons en face du fameux gentleman-cambrioleur! Il y avait là un écueil, certes. Il est évité, il était même impossible de l'éviter avec plus d'habileté que ne l'a fait Maurice Leblanc. À l'aide de procédés que le plus averti ne distingue pas il vous tient en haleine jusqu'au dénouement de chaque aventure. Jusqu'à la dernière ligne on reste dans l'incertitude, la curiosité, l'angoisse, et le coup de théâtre est toujours inattendu, bouleversant et trou-blant. En vérité, Arsène Lupin est un type, un type déjà légen-daire, et qui restera. Figure vivante, jeune, pleine de gaîté, d'imprévu, d'ironie. Voleur et cambrioleur, escroc et filou, tout ce que vous voudrez, mais si sympathique, ce bandit! Il agit avec une si jolie désinvolture! Tant d'ironie, tant de charme et tant d'esprit! C'est un dilettante. C'est un artiste! Remarquez-le bien: Arsène Lupin ne vole pas; il s'amuse à voler. Il choisit. Au besoin, il restitue. Il est noble et charmant, chevaleresque, délicat, et je le répète, si sympathique, que tout ce qu'il fait semble juste, et qu'on se prend malgré soi à espérer le succès de ses entreprises, que l'on s'en réjouit, et que la morale elle-même a l'air de son côté. Tout cela, je le répète, parce que Lu-pin est la création d'un artiste, et parce qu'en composant un livre où il a donné libre cours à son imagination, Maurice Le-blanc n'a pas oublié qu'il était avant tout, et dans toute l'acception du terme, un écrivain!» Ainsi parla M. Marcel L'Heureux, si bon juge en la matière et qui sait la valeur d'un roman pour en avoir écrit de si remar-quables. Et me voici de son avis après avoir lu ces pages ironi-quement amusantes, point du tout amorales malgré le para-doxe qui prête tant de séduction au gentleman détrousseur de ses contemporains. Certes je ne donnerais pas un prix Montyon à ce très séduisant Lupin. Mais eût-on couronné pour sa vertu
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le Fra Diavolo qui charma nos grand-mères à l'Opéra-Comique, au temps lointain où les symboles d'Ariane et Barbe Bleue n'étaient pas inventés? Le voilà qui s'avance La plume rouge à son chapeau… Arsène Lupin, c'est un Fra Diavolo armé non d'un tromblon, mais d'un revolver, vêtu non d'une romantique veste de ve-lours, mais d'un smoking de forme correcte, et je souhaite qu'il ait le succès plus que centenaire de l'irrésistible brigand que fit chanter M. Auber. Mais quoi! il n'y a rien à souhaiter à Arsène Lupin. Il est en-tré vivant dans la popularité. Et la vogue qu'a si bien commen-cée le magazine, le livre va la continuer. Jules CLARETIE.
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L'ARRESTATION D'ARSÈNE LUPIN
L'étrange voyage! Il avait si bien commencé cependant! Pour ma part, je n'en fis jamais qui s'annonçât sous de plus heureux auspices. LaProvenceest un transatlantique rapide, confor-table, commandé par le plus affable des hommes. La société la plus choisie s'y trouvait réunie. Des relations se formaient, des divertissements s'organisaient. Nous avions cette impression exquise d'être séparés du monde, réduits à nous-mêmes comme sur une île inconnue, obligés, par conséquent, de nous rapprocher les uns des autres. Et nous nous rapprochions… Avez-vous jamais songé à ce qu'il y a d'original et d'imprévu dans ce groupement d'êtres qui, la veille encore, ne se connais-saient pas, et qui, durant quelques jours, entre le ciel infini et la mer immense, vont vivre de la vie la plus intime, ensemble vont défier les colères de l'Océan, l'assaut terrifiant des vagues, la méchanceté des tempêtes et le calme sournois de l'eau endormie? C'est, au fond, vécue en une sorte de raccourci tragique, la vie elle-même, avec ses orages et ses grandeurs, sa monotonie et sa diversité, et voilà pourquoi, peut-être, on goûte avec une hâte fiévreuse et une volupté d'autant plus intense ce court voyage dont on aperçoit la fin au moment même où il commence. Mais, depuis plusieurs années, quelque chose se passe qui ajoute singulièrement aux émotions de la traversée. La petite île flottante dépend encore de ce monde dont on se croyait af-franchi. Un lien subsiste, qui ne se dénoue que peu à peu en plein Océan, et peu à peu, en plein Océan, se renoue. Le télé-graphe sans fil! appel d'un autre univers d'où l'on recevrait des nouvelles de la façon la plus mystérieuse qui soit! L'imagination n'a plus la ressource d'évoquer des fils de fer au creux desquels glisse l'invisible message. Le mystère est plus insondable encore, plus poétique aussi, et c'est aux ailes du vent qu'il faut recourir pour expliquer ce nouveau miracle. Ainsi, les premières heures, nous sentîmes-nous suivis, escor-tés, précédés même par cette voix lointaine, qui, de temps en temps, chuchotait à l'un de nous quelques paroles de là-bas. Deux amis me parlèrent. Dix autres, vingt autres nous
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