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Robes irlandaises

De
48 pages
Ces robes ne sont celles auxquelles on pense en premier. Dans l'Irlande traditionnelle des années 1980, elles exercent un pouvoir discret et efficace.
  Un petit roman sombre, avec meurtres et suicides, où le caché joue le premier rôle.
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John O’Pailis
Robes irlandaises
Copyright © O'Pailis 2012 Tous droits réservés Format YouScribe (2013) ISBN n° 979-10-90048-31-7
I
Madame Flanagan avait ce soir là plus de mal que d’habitude à faire sortir les clients du pub. - C’est l’heure s’il vous plaît ! Mesdames ! Messieurs ! S’il vous plaît ! C’était en fait le lot de tout samedi soir. Elle avait servi jusqu’à minuit moins vingt et maintenant le regrettait. Trop de pintes étaient encore aux trois quarts pleines, et il était moins dix. - S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! criait-elle en se faufilant entre les clients. C’est l’heure Tom ! C’est l’heure Pat ! Jack ! S’il vous plaît ! Mary fais-moi plaisir, emmène ton homme… Mais vous n’avez donc pas de chez vous que vous restez ici ? Le pub avait été particulièrement plein ce soir-là. Samedi soir, bien sûr, beaucoup de fermiers. Mais un samedi d’été, avec des têtes inhabituelles, quelques vacanciers, des familles accompagnées de parents d’Angleterre, un couple d’Américains. - S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! Le ton était plus nerveux. Moins cinq. On ne joue pas avec l’heure légale de fermeture. La loi se respecte. L’autorité d’un tenancier ne se discute pas. Il y avait maintenant de l’agacement dans la voix de madame Flanagan, et davantage d’insistance dans ses regards vers les clients qui n’avaient pas la moindre envie de bouger malgré les verres vides. - Allez ! S’il vous plaît ! Avant que la voiture passe ! T’as vu l’heure Michael ? Il est minuit ! C’était le risque de ne pas se faire respecter, plus que le risque de se faire remarquer par la police qui importait à madame Flanagan. Le pouvoir donné par la tradition et les habitudes est plus légitime que le pouvoir de la police, pensait-elle, surtout à Roscommon. Il en est ainsi du tenancier, investi d’une autorité indiscutée quand il s’agit de faire respecter les bonnes mœurs dans son établissement. Les bonnes mœurs, ici à Roscommon, sont la fierté de la ville. - Mesdames ! Messieurs ! S’il vous plaît ! Le ton était maintenant définitivement virulent. Allez ! Allez ! L’heure est passée depuis longtemps maintenant ! S’il vous plaît ! En poussant gentiment Sean Flaherty vers la porte elle comptait bien entraîner avec lui tout le reste des attardés. - Allez, avant que la voiture passe ! - Trop tard, madame Flanagan, répondit Sean. Il se retourna. The squad ! cria-t-il. La voiture de police fit demi-tour et vint se garer devant la porte du pub. Tout le monde sortit rapidement et se dispersa. Personne ne descendit de la voiture. Madame Flanagan n’attendit pas plus de deux secondes pour voir si le sergent avait l’intention de lui adresser la parole. Non. Elle ferma la porte, tourna le verrou et tira le rideau. Le sergent Pat Mc Cluskey fit signe au conducteur de repartir. C’était le dernier pub à contrôler. La tournée pouvait se terminer. La voiture se dirigea vers le poste. * * *      - Thé ou café, sergent ? demanda Brian. - Thé, s’il te plaît Brian, répondit Mc Cluskey. Je reste un moment pour finir mon rapport sur l’accident de Circular Road. Tu peux rentrer. Mc Cluskey gagna son bureau avec sa tasse de thé. Il travailla en fait moins d’une heure sur son rapport et s’apprêtait à partir quand le téléphone sonna. - Sergent Mc Cluskey ? - Lui-même.
- Ici le révérend Mc Guill. - Oh ! Bonsoir mon père. Comment allez-vous ? - Très bien, merci. J’ai quelque chose de très important à voir avec vous. - Oh ! Maintenant ? - Tout de suite. C’est très important. - De quoi s’agit-il ? - Est-ce que je peux vous rencontrer discrètement ?