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S. S. le pape Pie IX, S. M. l'empereur Napoléon III et la liberté, l'égalité, la fraternité

29 pages
Impr. de Nigon (Lyon). 1868. France (1852-1870, Second Empire). In-8 °. Pièce.
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S. S. LE PAPE PIE IX
S. M. L'EMPEREUR NAPOLÉON III
ET
La Liberté, l'Egalité, la Fraternité.
IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE J. NIGON ,
rue de la Poulaillerie, 2.
1868.
S. S. LE PAPE PIE IX
S. M. L'EMPEREUR NAPOLÉON III
ET
LA LIBERTÉ, L'ÉGALITÉ, LA FRATERNITÉ.
Pendant les dernières années du dix-huitième siè-
cle, les Français écrivirent sur leurs drapeaux :
LIBERTÉ, EGALITÉ, FRATERNITÉ.
Cette devise parut tellement nouvelle et merveil-
leuse à la majeure partie des français, qu'elle exalta
toutes les intelligences. Ils voulurent tout affran-
chir, tout niveler, tout égaliser. Ce fut un véritable
délire.
Ce délire, cette exaltation avaient envahi toutes
les classes de la société, même celles qui avaient le
plus grand intérêt à conserver l'organisation sociale
qui depuis plusieurs siècles avait fait la grandeur
de la France.
4
Les lois, les institutions civiles et religieuses, tout
fut trouvé mauvais, vieilli, tyrannique. Tout fut bou-
leversé, détruit, anéanti. L'oeuvre de quatorze siècles
de civilisation fut détrui le en quelques jours, aux cris
de liberté, égalité, fraternité.
La religion catholique fut proscrite; on l'accusa
d'être la principale cause de ce qu'il pouvait y avoir
de défectueux dans les lois et les institutions.
Des législateurs improvisés se mirent à l'oeuvre.
Ils voulurent organiser la nation française comme
si elle eût été formée de la veille.
Il est bien difficile de dire le nombre de théories
gouvernementales qui furent préconisées par les pré-
tendus régénérateurs et réformateurs.
Croyant faire quelque chose de nouveau et de
mieux que ce qu'ils venaient de détruire, ils copièrent
servilement les institutions de l'antiquité grecque et
romaine.
Toutes les mauvaises passions humaines, l'orgueil,
l'ambition, le plus odieux despotisme, avaient le
champ libre. Pendant dix ans, ce ne fut que luttes et
combats entre les ambitieux qui s'arrachaient le pou-
voir.
Tous les liens sociaux étaient rompus, brisés ;
même ceux de la famille étaient méprisés comme
faiblesse, manque d'énergie et de patriotisme.
5
Les vainqueurs étaient sans pitié pour les vaincus;
ils les exterminaient. La devise sauvage des vieux
Gaulois : Malheur aux vaincus, était remise en action.
Toutes ces horreurs avaient lieu aux cris de Vive la
liberté, l' égalité, la fraternité! et ils ajoutaient: ou la
mort.
Cette époque est flétrie par l'histoire d'un nom si-
nistre : la Terreur.
Quelles sont les causes qui ont fait naître dans l'in-
telligence des Français ces idées de
Liberté, Egalité, Fraternité?
' Les adeptes de l'école philosophique du dix-hui-
tième siècle disent hautement et orgueilleusement :
« C'est nous qui avons découvert cette vérité : tous
les hommes naissent égaux, donc ils sont tous libres
et frères. Donc, c'est nous qui avons proclamé la
liberté, l'égalité et la fraternité de tous les hommes;
c'est nous qui avons fait connaître au peuple français
ses droits; c'est nous qui avons détruit l'esclavage;
c'est nous qui avons émancipé le peuple français. »
Ce langage est une erreur de plus à ajouter à toutes
celles que l'orgueil humain a enfantées.
Pour trouver la seule, la véritable origine des idées
de liberté, d'égalité, de fraternité, il faut regarder à
vingt siècles avant notre époque et voir ce que la
société humaine était dans l'antiquité.
6
Il n'y avait que deux classes d'hommes : les maî-
tres et les esclaves. Les esclaves, les opprimés, c'était
le plus grand nombre. La moitié du genre humain,
la femme, était rejetée au plus bas degré de la dégra-
dation.
Une seule fraction de l'humanité avait une organi-
sation sociale et un commencement de civilisa Lion
supérieure, à celle des autres nations du vieux
monde: c'était le peuple juif. Mais l'orgueil, l'ambi-
tion, et les alliances qu'il avait faites avec les autres
peuples encore plongés dans les ténèbres de l'idolâ-
trie, avaient profondément altéré les lois organiques
établies par Moïse.
Le peuple juif retombait à l'état de barbarie des
autres hommes.
L'invasion des Romains vint achever de corrompre
et de désorganiser le peuple juif. Il fut dispersé par
les vainqueurs. Il conserva son nom, mais il ne
compta plus parmi les nations.
Les écoles philosophiques de la Grèce cherchaient
à porter la lumière dans les intelligences; mais leurs
doctrines, leurs systèmes se détruisaient les uns par
les autres. L'une affirmait; l'autre niait et prouvait la
négation des sophismes avancés par chaque école.
L'erreur seule triomphait et continuait d'égarer les
intelligences.
La domination romaine, grandissant toujours, vint
aussi détruire la civilisation grecque ; mais elle garda
7
une partie de sa mythologie; elle ne fit qu'ajouter les
erreurs de la civilisation grecque à celles qu'elle avait
déjà.
Le désordre dans les intelligences ne fit que
grandir.
Toutes les passions humaines étaient divinisées.
L'oppression de l'homme par l'homme, sa dégrada-
tion, son avilissement augmentaient toujours.
L'humanité, abandonnée à toutes les erreurs, sans
guide, sans frein, retombait à l'état de barbarie des
premiers âges du monde.
Du milieu de ce chaos s'élevaient de grands cris;
l'humanité demandait un Sauveur.
Quelques voix inspirées annonçaient la venue pro-
chaine de ce Sauveur tant désiré.
Enfin, le Sauveur vint sur la terre régénérer l'hu-
manité.
Pour confondre l'orgueil et l'ambition, ces deux
grandes passions de la faiblesse humaine, le Sauveur,
le Christ naquit sur les débris du peuple juif, dans
une famille pauvre, déchue et descendant des anciens
rois de ce peuple.
A peine la naissance du Christ fut-elle connue,
que les dominateurs des peuples en furent épou-
vantés.
Ils voulurent l'anéantir dans son berceau.
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Ils étaient puissants ; ils commandaient à des lé-
gions d'esclaves qu'ils avaient armés, à l'aide desquels
ils dominaient le monde.
Le Sauveur brava toutes leurs fureurs; il n'avait
pour le défendre qu'une femme et un vieillard. Il con-
tinua sa marche jusqu'aux jours où il accomplit sa
mission et enseigna à l'humanité la loi nouvelle, la
loi de régénération, l'Evangile.
Alors les dominateurs des peuples firent un der-
nier effort pour défendre et conserver leur puissance.
Espérant épouvanter les hommes qui acceptaient
et suivaient la loi nouvelle enseignée par Jésus-Christ,
ils voulurent en faire un criminel; ils le clouèrent
sur la croix.
Ils crurent avoir étouffé dans son sang la loi nou-
velle, et empêché la régénération de l'humanité.
Mais la croix, élevée sur le Golgotha, devint le dra-
peau autour duquel se rallièrent les faibles, et les
faibles devinrent les forts. La lumière de l'Evangile
avait éclairé, fortifié les intelligences.
Les Apôtres, portant ce nouvel étendard, allèrent
parmi les peuples enseigner la bonne nouvelle, la loi
de régénération.
Ils disaient aux puissants de la terre, à ceux qui
s'étaient constitués les maîtres de leurs semblables :
« Devant Dieu, tu n'es pas plus que le dernier de ceux
dont tu as fait des esclaves. Il est comme toi enfant
9
de Dieu, il est ton frère en Jésus-Christ. Si les lois des
hommes t'ont placé dans une position sociale plus
élevée, plus heureuse que tes frères, ne les méprise
pas, ne les avilis pas, ne les opprime pas.»
Les Apôtres disaient aux esclaves, aux malheureux
courbés sous le joug : « Lève la tête! Devant Dieu, tu
es autant que celui que les lois humaines ont fait ton
maître; mais respecte-le, il est ton frère, tu dois
l'aimer. S'il t'opprime, il est plus à plaindre que loi;
il méprise la loi de Dieu, et Dieu te bénira de ta rési-
gnation à supporter l'erreur de ton frère. Rends le
bien pour le mal, aime ton prochain comme toi-même. »
C'est en prêchant cette doctrine et en la mettant
eux-mêmes en pratique par leurs actions, que les
Apôtres ont posé la base du christianisme : la doc-
trine catholique universelle, applicable à tous les
temps et à tous les peuples.
C'est le christianisme qui a enseigné à l'homme le
véritable lien qui existe entre la créature et le Créa-
teur.
C'est le christianisme qui a fait connaître à l'homme
la grandeur de son origine, sa suprématie sur toute
la création, et l'usage qu'il doit faire de cette supré-
matie.
C'est le christianisme qui a fait sortir la moitié du
genre humain, la femme, de l'abjection, de l'avilisse-
ment où la brutalité des passions humaines l'avait
plongée. La femme cessa d'être une chose dont
l'homme, le maître, disposait au gré de ses passions.
10
La femme devint l'épouse, la mère de la famille ;
elle fut respectée comme l'époux. Les enfants ap-
prirent à respecter, à aimer leur père, leur mère et
leurs frères.
La famille fut constituée.
Le chef de la famille, le père, cessa d'être le
despote, le tyran, qui disposait de ses enfants comme
de ses esclaves.
Les esclaves devinrent des serviteurs qui apprirent
à respecter la famille.
Le respect, l'obéissance aux chefs des familles et
aux hommes qui gouvernaient les peuples, ne furent
plus le résullat de la crainte imposée par la violence.
Jésus-Christ en a fait un devoir en disant à tous les
hommes :
« Respectez les puissances de la terre.
Rendez à César ce qui appartient à César, "
Dans le vieux monde, le travail manuel, l'agriculture,
les arts même étaient imposés aux esclaves. La loi
nouvelle, l'Evangile, en a fait un devoir à tous les
hommes. Jésus-Christ et les Apôtres ont eux-mêmes
donné l'exemple. Le travail a été sanctifié.
C'est à cette époque que l'humanité a entendu la
première voix qui a dit aux hommes : « Il n'y a parmi
vous ni premier ni dernier, ni maître ni esclaves;
vous êtes tous les enfants de Dieu, vous êtes tous
frères, vous êtes tous égaux et libres. »
11
Cette voix, ce n'était pas celle d'un homme: c'était
la voix de Jésus-Christ, le sauveur, le régénérateur de
l'humanité.
La base de lu nouvelle civilisation était établie.
Examinons sa marche progressive pour arriver jus-
qu'à nous.
Un des Apôtres, saint Pierre, obéissant à la volonté
de son divin Maître, vint à Rome, centre du plus
puissant empire du monde. Il y planta la croix, l'éten-
dard de la régénération, de la nouvelle civilisation.
La langue des Romains, la langue latine, était de-
venue celle de presque toutes les nations qu'ils
avaient soumises. La langue latine devint la langue
de l'Eglise.
La société chrétienne, qui se formait au milieu de
la société romaine corrompue, décrépite, s'organisa
rapidement. Elle appela à elle les faibles, les oppri-
més. Ils avaient trouvé un appui, une consolation.
La résistance des Césars à l'établissement du
christianisme fut violente. Leur ambition, leur orgueil
ne voulaient pas s'abaisser à voir des frères et des
égaux dans ces hommes qu'ils regardaien t comme étant
d'une espèce bien inférieure à la leur. Ils employèrent
les moyens les plus terribles que la méchanceté et la
puissance humaine puissent inventer, pour arrêter la
marche de la civilisation nouvelle que l'Eglise apportait.
Leurs efforts furent vains. Le règne de l'erreur était fini.
La croix du Calvaire a triomphé, elle a vaincu le glaive
des Césars.
12
Rome n'avait pas d'égale dans le monde; sa puis-
sance était immense. Elle exerçait la suprématie de la
force sur toutes les autres nations.
Partout où Rome avait étendu sa domination, la
loi nouvelle, la loi d'émancipation, l'Evangile fut
enseigné.
Rome devint le centre de la nouvelle civilisation.
Rome continua de dominer le monde, non par la
force et la terreur, mais par la foi, par l'intelligence,
par la vérité et la justice.
Les successeurs de saint Pierre ont remplacé les
Césars.
Les Césars envoyaient des proconsuls et des ar-
mées pour asservir et dominer les peuples.
Les Papes envoyèrent des apôtres éclairer les in-
telligences et porter l'Evangile à tous les peuples.
Lyon était le centre de la domination romaine dans
les Gaules; il devint aussi le centre du christianisme
et le foyer de la civilisation des Gaules.
Le polythéisme des Romains n'avait pu civiliser
les Gaulois. En voulant imposer par la force leurs
dieux et leurs lois, ils n'avaient fait qu'accroître le
désordre dans les intelligences.
Le colosse romain s'épuisait en voulant étendre sa
puissance. La dépravation des moeurs hâtait sa dé-
sorganisation.