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Sermon sur la paix, le retour du roi et la mort de Louis XVI, prononcé à Rouen dans le temple du quartier St-Eloi, le 25 septembre 1814, par J. Olivier de Sardan,...

De
36 pages
M. Frisard (Rouen). 1814. In-8° , 32 p..
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LE RETOUR DU ROI
E T
LA MORT DE LOUIS XVI.
A ROUEN, DE L'IMPRIMERIE DE J. DUVAL,
RUE A U X J U I F S , N° 37.
SUR LA PAIX,
LE RETOUR DU ROI
ET
LA MORT DE LOUIS XVI,
PRONONCÉ A ROUEN,
DANS LE TEMPLE DU QUARTIER St. ÉLOI,
LE 25 SEPTEMBRE l8l4,
PAR J. -QLIVIER DE SARDAN,
Pasteur et Président du Consistoire de l'église réformée,
dont les Membres en ont délibéré l'impression et la vente
au profit des Pauvres.
PRIX: 60 centimes.
CHEZ M. FRISARD, horloger, rue Grand-Pont,
n° 63.
l8l4
MESSIEURS,
Si j'avais écouté les conseils de mon amour-
propre j'aurais persisté, sans doute , dans le
refus que je fis d'abord de consentir à livrer
à l'impression un discours qui se ressent trop
de la hâte avec lequel il a été composé ; mais
comme it renferme l'expression de voss sen-
timens touchant les diverses circonstances qui
en sont le sujet, vous l'avez considéré comme
un moyen de donner à ces sentimens toute la
publicité que vous leur souhaitez ; et dès-lors
mon adhésion a dû nécessairement devenir un
témoignage de tous ceux dont je suis pénétré
pour vous tous en général , pour chacun de
vous en particulier , et dont je vous prie
d'agréer ici le sincère hommage.
OLIVIER DE SARDAN, l'aîné.
Rouen , 26 septembre 1814.
SUR LA PAIX,
LE RETOUR DU ROI
ET
LA MORT DE LOUIS XVI,
TEXTE. PSEAUME 72. V. 7.
M. B. A. E. N. S. J. C.
L A révolution toute extraordinaire qui est venue
borner inopinément le cours de toutes celles qui
nous avaient troublés et menaçaient de nous
troubler si long-tems encore ; sa conception, ses
préparatifs, le mode de son accomplisement, son
heureuse et rapide influence sur le présent, ses
promesses si spécieuses pour l'avenir, tout en
elle, en un mot, porte si visiblement l'empreinte
du miracle que des personnes qui jusque là
ne l'avaient reconnue nulle part n'ont pu la mé-
connaître ici ; et, pour la première fois , peut-
être , elles ont entrevu cette main suprême et
toute-puissante qui, si je puis ainsi dire , a lancé
ce prodigieux événement au milieu de nous à
travers les causes secondes, lesquelles n'en ont.
été que le véhicule et les instrumens immédiats.
A
EXORDE.
La paix
doit être
regardée
comme l'ou-
vrage de la
Providence.
( 2 )
Reportons , en effet, Chrétiens , reportons-
nous un moment à celui dans lequel s'accomplit
cette vicissitude véritablement merveilleuse.
Depuis long - tems l'exécrable démon de la
guerre semblait avoir quitté pour toujours son
infernale demeure , afin de la fixer au centre de
cet empire, et, réalisant, en quelque sorte, dans
le monde politique ce que les anciens mytho-
logues avaient imaginé dans le mondé naturel,
de ce point éminent de l'Europe il en avait fait
un foyer de commotion qui l'a pendant long-tems,
si fortement ébranlée, et dont les rares amortis-
semens étaient toujours les présages de boulever-
semens prochains et plus désastreux encore
Pendant long-tems , il est vrai, élancées forte-
ment au loin, ses laves si dévastatrices ne rava-
geaient d'autre territoire que celui des nations
voisines ; mais, outre que , dans leur transition
à travers l'horizon de la nôtre , ses flammes homi-
cides en moissonnaient les enfans comme elles
moissonnaient les leurs , sa sphère de des-
truction s'étant graduellement circonscrite au-
tour du centre, la patrie à son tour , la patrie
même exclusivement en était à la fin devenue
le déplorable théâtre, et à des éruptions effroya-
blement ruinantes qui n'agitaient plus qu'elle ,
qui ne déchiraient plus que son sein , succé-
daient, en se pressant toujours davantage, des
éruptions toujours plus ruinantes et plus épou-
vantables encore
(3)
Enfin, il arrive ce jour d'éternelle mémoire
où, dans un redoublement de violence, noir-
cissant toute l'atmosphère de son impure fumée,
la sillonnant continuellement de sa terrifiante
lueur, l'ébranlant toute entière de ses détonna-
tions toujours croissantes, on eut dit que par la
plus furieuse de toutes ses explosions l'horrible
volcan préludait tout-à-la-fois à sa propre extinc-
tion et à l'extinction totale , sinon de la France
elle-même , du moins de sa prospérité et de cet
éclat dont il ne l'avait fait resplendir pendant
quelque tems, qu'afin de finir par la consumer!....
Mais quel subit, ô grand Dieu ! quel heureux
changement de scène !......
Au plus fort de son bouillonnement, il s'éteint,
lise refroidit, il se glace soudain ; son cratère se
ferme entièrement. , et l'écho de ses derniers
bruissemens, qui meurent dans le lointain, vient
résonner doucement aux oreilles étonnées et
ravies..... Un vent pur et frais qui s'élève dans
l'horizon le nettoie à l'instant des nuages les plus
épais et les plus empestés; une lumière douce et
sereine, en peignant des plus flatteuses couleurs
ceux qui vaguent encore, en présage ainsi la
prompte et l'entière disparition , et les airs tout-
à-coup appaisés semblent retentir encore une
fois de ces voix angéliques : Paix sur la terre !
Peuples qui l'habitez, rompez vos arcs, brisez
vos lances, et reconnaissant l'Éternel, em-
brassez-vous en sa présence !
A 2
Esaïe,
P.
(4)
Lev.
Esaïe.
Aussi-tot, par un mouvement simultané et
comme irrésistible, cette multitude de nations,
depuis si long-tems et plus que jamais divisées,
s'entremêlent, en effet, et se confondent ; leurs
armées , le moment d'auparavant si cruellement
acharnées à se détruire , ne semblent plus for-
mer qu'une seule famille ; et, jettant au loin leurs
armes, pour s'entre-donner le baiser de la frater-
nité , tous les chefs et les soldats restent paisibles
et d'accord comme un seul homme !
A ce spectacle si inopiné , si contraire à celui
qu'on avait lieu de redouter , tous les yeux ,
depuis trop long-tems accoutumés à ne regarder
que sur la terre, sont comme forcés de se tourner
vers le Ciel ; irrésistiblement sorti de toutes les
âmes et volant de bouche en bouche, le mot
trop inusité de Providence purifie des lèvres
toutes surprises de le prononcer et des oreilles
toutes surprises de l'entendre avec complaisance ;
les plus incrédules rendent hommage à l'inter-
vention immédiate de la Divinité ; leur étonne-
ment, leur confusion glorifient son oeuvre en
dépit d'eux, et les fidèles à genoux élèvent vers
elle leurs mains, leurs yeux et leur coeur pour
l'en bénir tous à l'envi !.....
Ne croyez pas , M. F., que je veuille tenter
de justifier ces bénédictions, en m'attachant à
vous convaincre que c'est du Ciel en effet qu'est
descendue cette paix après laquelle , au milieu
même de nos fatales et trop chères victoires,
(5)
nous soupirions aussi ardemment que nous étions
peu fondés à l'espérer.
J'ai trop bonne opinion , je ne dis pas même
de votre foi, mais de votre raison, pour ne pas
regarder comme absolument superflus tous les
soins que je pourrais me donner à cet égard.
Je ne viens pas non plus vous engager à rendre
à Dieu vos actions de grâces pour ce bienfait si
précieux de la sienne ; j'ai trop bonne opinion
de votre coeur pour croire que vous ayiez pu
différer aussi long-tems à vous acquitter d'un
devoir aussi doux à remplir, et pour présumer
qu'il soit besoin de vous exciter à le réitérer
encore.
Mais je crois que c'en est un pour moi de
Vous en rappeler un autre auquel vous pensez
moins peut - être , et dont l'accomplissement
est cependant d'une obligation très - pressante,
comme d'une grande conséquence, puisqu'il peut
beaucoup contribuer à la permanence parmi nous
d'un bien toujours inestimable en lui-même , et
dont la longue privation doit nous rendre la pos-
session plus chère encore.
Tout le monde en a joui d'abord sans doute,
et tout le monde en jouit en ce moment ; mais
il est cependant quelques personnes qui ne savent
pas , si je puis dire , le savourer , et des in-
quiétudes secrètes sur sa durée se mêlant, au
fond de leur ame, au plaisir actuel de la jouis-
sance , elles n'osent s'y livrer qu'avec réserve
A 3
EXPOSITION.
Prière pour
la stabilité
de la paix.
(6)
DIVISION.
I° Les
cartel res
de celle
prière,
2° Ses
premier.
motifs.
3° Ses
moyens de
succès,
et à demi , afin d'être ensuite moins désespérées
de sa disparition qu'elles ne peuvent s'empê-
cher de redouter : semblables à cette tendre
mère qui naguère, au retour d'enfans chéris dont
l'absence flétrissait habituellement son coeur,
s'imposait la difficile, mais la trop sage pré-
caution de ne pas l'ouvrir tout entier au bonheur
dont leur présence venait quelquefois l'épanouir,
afin de le sentir ensuite moins cruellement dé-
chiré, lorsqu'ainsi qu'elle l'avait trop bien prévu,
elle verrait de nouveau ce bonheur s'enfuir
bientôt avec les objets de son amour.
Pour vous , Chrétiens , vous avez un moyen
aussi facile que puissant de consolider celui dont
vous jouissez enfin, c'est d'en solliciter la stabi-
lité de celui qui l'a ramené parmi nous, et,
faisant pour le règne, de ce Prince, dont le re-
tour , aussi désiré que celui de ce bien lui-même,
y donne un nouveau prix , le même voeu qu'un
saint Roi fit autrefois pour le règne de son fils,
de demander au Ciel en particulier qu'il y ait
abondance de paix en son tems.
Mais comment cette prière doit-elle être for-
mée ? Pourquoi principalement doit-elle l'être ?
Qu'est-ce qu'il faut faire pour en seconder l'ac-
complissement ? C'est-à-dire quels doivent être
les caractères qu'elle doit porter, les considé-
rations qui doivent singulièrement l'appuyer , les
moyens d'en assurer le succès? C'est sur tous
ces points, M. F., que je vais maintenant vous
(7 )
adresser quelques réflexions, aux quelles je vous
conjure de vous rendre attentifs.
Tous les amis de la patrie, de l'humanité, de la
religion souhaitent bien sincèrement, sans doute,
la stabilité de cette paix qui réjouit enfin leur
coeur si long-tems attristé de son absence ; mais
il en est peut-être bien peu qui pensent à l'in-
voquer habituellement de ce Dieu qui seul peut
l'assurer ; et bien moins encore en est-il, sans
doute , qui lui en adressent la prière avec cette
foi qui deviendrait un des plus sûrs garans du
succès dont elle est, d'ailleurs, une des premières
conditions.
On entend bien parler quelquefois, sur-tout
dans nos temples , de l'influence du Ciel sur les
événemens qui en ont beaucoup sur les habitans
de la terre ; on en parle soi-même dans l'occasion ;
on ne la conteste point ; on la suppose même ,
et l'on répète, au besoin, tout comme un autre,
que c'est le Roi suprême des nations qui fait
descendre sur elles la détresse ou la prospérité ,
la guerre ou la paix, selon les vues secrètes
de sa Providence. Mais communément on ne se
pénètre pas assez fortement de cette pensée
consolante et salutaire , et la raison , dont l'ex-
plication de ce dogme mystérieux surpasse toute
l'intelligence, le reléguant par cela même dans
un coin de notre ame et ne lui permettant pas
d'y prendre toute la consistance et tout le dé-
veloppement qu'il devrait y avoir, l'empêche ainsi
A 4
Iere
PARTIE.
Caractères
de cette
prière.
1° La foi.
Esaïe.
(8)
Genes.
quelquefois , à notre insu, d'affecter assez forte-
tement de semblables prières d'un des carac-
tères les plus essentiels , je veux dire d'une
croyance pleine et ferme à la possibilité de leur
accomplissement. Alors, sans énergie et sans
vigueur , sans direction particulière , ou du
moins sans impulsion bien forte vers un être
auquel on ne sait pas les adresser directement,
parce qu'on ne sait l'appercevoir nulle part et
qu'on est incertain qu'elles lui puissent par-
venir , ces prières ne lui parviennent point réel-
lement , et ne devenant dès-lors que de simples
désirs et des voeux tout humains , elles se dis-
sipent sans effet, après avoir vagué vainement à
la surface de l'ame qui ne les a que bien fai-
blement poussées ; semblables à ces vapeurs
trop terrestres qui, trop lourdes pour graviter
suffisamment vers l'astre du jour, dont elles ne
reçoivent pas ainsi l'heureuse influence, retom-
bent infécondes sur la terre dont elles ont à peine
quitté la superficie. Voulez-vous, M. F., voulez-
vous donc que vos prières aient quelque succès ?
Commencez par bien croire qu'elles peuvent
en avoir, et soyez bien convaincus qu'élancées
sur les ailes de la foi, elles peuvent s'élever au
Ciel pour contribuer à en faire distiller au milieu
de nous la douce rosée de la paix, soit pour le
jour , soit pour le lendemain. Oui, quoique vous
ne puissiez concilier l'influence des supplications
des faibles mortels avec la constance des lois par
(9)
lesquelles Dieu gouverne le monde , soyez bien
persuadés que Dieu les exauce lorsqu'elles se com-
binent avec ses voies et ses pensées, auxquelles
il faut toujours subordonner nos voeux; soyez
persuadés , sur tout, que les supplications des
vrais fidèles sont d'une grande puissance auprès
de lui, conséquemment d'une grande importance
pour les empires ; et qu'ainsi, par la confiance
que vous mettrez dans les succès des vôtres,
vous pouvez concourir à maintenir et fixer de
plus en plus, parmi nous, un avantage inesti-
mable en lui - même , qui doit vous paraître
d'autant plus cher que vous le partagez avec des
semblables que vous devez aimer comme vous-
même , et qu'il procède immédiatement d'un
Dieu que vous devez aimer pardessus tout.
Eh ! comment de pareils voeux pourraient-ils
sortir froids et languissans d'une ame remplie de
ces grandes, de ces vives, de ces embrasantes pen-
sées , et comment pourrait-elle ne pas les em-
preindre tous de cette ardeur véhémente et soute-
nue qui doit éminemment caractériser des prières
d'une semblable importance ? Oh ! avec quelle
ferveur l'on doit en effet te prier, ô mon Dieu!
lorsque te priant pour un bien d'un intérêt si
précieux , si général, on est bien convaincu
d'ailleurs que c'est de toi principalement qu'il
procède, et que tu te complais particulière-
ment dans les prières où nous te le deman-
dons ! Oui, M. F. , pénètrez-vous bien de
Esaïe,
Proverb.
Math.
2° Carnet.
Une fer-
veur persé-
vérante.
Proverb.
( 10 )
p..
Ps.
Ps.
Deut.
Jérém.
Esaïe.
Ezech.
Jérém.
tout le prix de la paix ; pensez que c'est Dieu qui
la redonne aux nations, et qu'il prend plaisir
dans les voeux de ceux qui en sollicitent le re-
tour ou la stabilité ; et alors prenant plaisir
vous-même à le prier pour celle de Jérusalem ,
vous ne le ferez jamais avec langueur, et vous
ne vous en lasserez jamais. Vous l'en prierez
chaque jour, et même au milieu de la nuit, à
l'exemple du prophête-roi ; vous l'en prierez
dans votre cabinet, au sein de votre famille ,
à votre lever , à votre coucher, au milieu même
de vos occupations et de vos voyages ; sur-tout,
réunis dans son temple , vous viendrez régu-
lièrement intercéder de sa miséricorde un bien
qui vous intéresse tous également ; et, s'il me-
naçait de vous l'ôter dans sa colère , concluant,
à bon droit, que c'est en punition des péchés
de la nation, vous vous humilieriez pour elle
devant lui pour tâcher de le faire repentir du
mal qu'il avait dessein de faire venir sur elle :
prosternés alors, gémissant et suppliant entre
le porche et l'autel, vous lui crierez tous en-
semble : Seigneur éternel ! tous les enfans de
ton peuple se sont égarés ; ils ont tous péché
devant toi, et voilà pourquoi tu veux faire
venir sur lui ses iniquités ; mais nous voici,
Seigneur, non quelques justes , hélas ! car la
justice nous accuse comme les autres ; mais nous
voici quelques-uns sincèrement et fortement ré-
solus à renoncer à nos voies corrompues, pour

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