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Astoria Lake

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En cette soirée de réveillon de Noel à l'orphelinat d'Astoria Lake (Michigan / Etats-Unis), les préparatifs de la soirée à venir vont bon train. Tous les enfants sont remplis de joie et ont hâte que la fête et ses multiples surprises commencent enfin.
Tous... sauf Meghan, quatorze ans, pour qui ce jour marque l'anniversaire de la disparition tragique de ses parents, quatre ans plus tôt. A l'écart de la joie ambiante, elle va décider de s'enfuir de l'institution pour retourner sur les lieux du drame, ne s'imaginant pas une seule seconde ce qui allait lui arriver.
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ASTORIA LAKE
Il est dix-huit heures à l’orphelinat Astoria Lake, dans le nord de l’État du Michigan. Les enfants ainsi que les membres du personnel sont en ébullition. Il faut dire que la soirée qui se prépare sera festive. Depuis maintenant plus de trois semaines, tous attendent ce jour avec impatience : le réveillon de Noël. Un jour de fête, où chaque membre de l’institution oublie, quelques heures durant, les problèmes de la vie de tous les jours. Un jour où les plus jeunes rencontreront le Père Noël, et où les plus grands participeront dans la joie et la bonne humeur à la décoration de la grande cantine ainsi qu’à la préparation du repas du soir. Pour tous, Noël est un jour unique dans l’année, qui n’a d’équivalent que celui où des parents viennent adopter un pensionnaire. Mais ce bonheur, aucun de ceux actuellement présents ne le connaissent, et pour cause. Par contre, tous en ont déjà entendu parler et savent qu’il peut se présenter à n’importe quel moment. Pourtant, parmi la centaine d’enfants actuellement placés entre ces murs, tous ne sont pas de la fête. Pour certains, cette date ne représente pas autre chose qu’un terrible accident. C’est le cas de Meghan, quatorze ans, et de son jeune frère Rafael, sept ans. Tous deux vivent à Astoria Lake depuis maintenant quatre ans, après qu’un soir du vingt-quatre décembre leurs parents aient perdu la vie à la suite d’un accident de la route. Leur père était au volant lorsqu’il a perdu le contrôle de sa voiture après avoir glissé sur une plaque de verglas. Le véhicule a alors quitté la chaussée, pour aller se jeter quelques mètres en contrebas sur le lac Astoria, alors gelé depuis plus de quatre semaines du fait d’un automne extrêmement rigoureux. Malheureusement, cela faisait deux ou trois jours que les températures s’étaient largement radoucies sur la région, ayant comme conséquence une certaine fragilité de la mince épaisseur de glace. Le père des deux enfants était parvenu à les faire sortir de la voiture et à les éloigner du danger, avant de retourner chercher sa femme, restée coincée dans le véhicule. C’est à ce moment-là que la glace a cédé, entraînant, en quelques instants seulement, la voiture et ses deux occupants au fond du lac glacé. Arrivés sur place quelques minutes plus tard, les secours n’auront rien pu faire pour empêcher ce drame de se produire. Meghan et Rafael, mis en lieu sûr quelques instants plus tôt, ont assisté à la mort de leurs parents sous leurs yeux, sans avoir la possibilité de faire quoi que ce soit pour leur venir en aide. N’ayant pas d’autre famille, les deux orphelins furent dès lors placés à Astoria Lake, situé à quelques kilomètres seulement du lieu du drame. Depuis leur arrivée entre ces murs, tous deux sont régulièrement suivis par un psychologue afin de les aider à surmonter au mieux cette tragédie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette thérapie fonctionne parfaitement. Les deux enfants sont en effet particulièrement bien intégrés avec les autres pensionnaires et parviennent à vivre aussi normalement que possible dans ces circonstances. Malgré tout, le jour du réveillon de Noël reste pour Meghan un jour qu’elle ne pourra jamais oublier. Tout comme pour ses camarades d’infortune, il s’agit d’un jour particulier, d’un jour unique. Mais les raisons sont bien différentes. En ce qui concerne Rafael, son jeune âge lors de la perte de ses parents lui permet de ne pas se souvenir de l’accident et ne l’empêche pas vraiment de faire la fête en compagnie de tous ses amis, contrairement à sa sœur. Et alors que la joie et la bonne humeur règnent, une fois n’est pas coutume, en ces lieux, Meghan s’est enfermée dans sa chambre, seule, le cœur rempli de tristesse et de douleur. Chaque année ce soir-là, les mêmes images viennent hanter son esprit. Chaque année à cette date, elle revoit son père lui demander de faire attention à Rafael le temps qu’il
Travail diffusé souslicence Créative Commons by-nc-sa-Clément HOURSEAU / UniversParallele.fr
retourne aider leur mère. Et chaque année, quelques secondes plus tard, le même drame. La glace s’effrite, centimètre après centimètre, dans un crépitement incessant. Son père court comme il le peut sur l’étendue gelée. Puis il glisse et tombe, avant d’être rattrapé par les fissures, de plus en plus nettes, de plus en plus grosses, et de plus en plus inquiétantes. Il se relève avec difficultés et reprend sa course pour la vie en direction de la voiture à peine cabossée. Et là, tout d’un coup, c’est le bruit de l’horreur. Un grand craquement se fait entendre, entraînant l’effondrement de la couche de glace sur une vingtaine de mètres de diamètre. Le bruit des craquelures est alors étouffé par les cris de son père. Heureusement pour elle, apeurée, elle a eu le réflexe de se retourner devant son frère les empêchant de voir les dernières images de cette catastrophe. Ensuite, après seulement quelques secondes, plus rien. Le silence total. Quand elle regarde de nouveau, la surface de l’eau est redevenue paisible, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, ces images, ces bruits, ces cris, ce silence… tout ceci restera à jamais gravé dans sa mémoire. Meghan souhaiterait une seule chose pour Noël. Pouvoir revoir ses parents. Pouvoir leur dire combien ils lui manquent, mais aussi combien elle les aime. Retrouver la vie de famille qui était la leur, les câlins le soir avant d’aller se coucher, les petits déjeuners autour de la table de cuisine. Tous ces petits plaisirs que les enfants « normaux » vivent au jour le jour, sans même s’en rendre compte. Mais elle le sait bien, tout ceci est terminé. Plus jamais elle ne connaîtra ces moments de bonheur incomparables. Et cette année plus que les autres, les souvenirs de ce drame refont surface. Il faut dire que, depuis cette date fatidique, la joie de vivre a fait place à un vide immense dans son cœur. Et pour ne rien arranger, il se trouve que le temps lui-même joue avec les sentiments de l’adolescente. En effet, les conditions climatiques de ces derniers jours sont étrangement similaires à celles d’il y a quatre ans. Une fin d’automne particulièrement rude suivie d’un début d’hiver plus doux. Chose que Meghan n’a pas manqué de constater. Il est maintenant près de vingt heures. Tous les pensionnaires se préparent à passer à table dans la grande salle à manger, décorée pour l’occasion. Le sapin, les boules, les guirlandes, il ne manque plus que le Père Noël et ses cadeaux pour que cette soirée soit véritablement réussie. L'absence de Meghan, qui n’est toujours pas descendue rejoindre ses camarades d’infortune, commence à inquiéter la directrice d’Astoria Lake, qui décide d’aller la chercher elle-même. Elle est consciente des problèmes rencontrés par la jeune fille, mais voudrait tout de même qu’elle essaye de s’amuser, qu’elle partage l’esprit et la joie de Noël avec tous les autres. Arrivée devant la porte de la chambre, elle frappe calmement, à deux reprises, pour annoncer son sa présence. Aucune réponse. Elle tente sa chance une seconde fois… toujours rien. Sentant l’inquiétude monter en elle, elle décide d’entrer et allume immédiatement. Rien ! Personne ! Affolée, elle court vers la salle à manger, espérant que Meghan s’y est rendue sans qu’elles se soient croisées. Là, ne la voyant toujours pas après plusieurs secondes de recherche effrénée, elle va se renseigner auprès de Rafael. Peut-être sait-il où se trouve sa sœur. Gêné, le petit garçon ne sait pas quoi répondre. Il hésite. Évoque un secret. Puis se tait. Ce n’est qu’après de longues minutes, sous les questions incessantes de la directrice, qu’il accepte enfin de raconter ce qu’il sait. Hier, sa sœur lui a confié qu’elle souhaitait retrouver ses parents. Elle est convaincue qu’ils sont encore vivants, quelque part. Pour parvenir à ses fins, elle a imaginé de se rendre là où tout a eu lieu. Sur le lac Astoria. Profitant de l’ambiance qui règne aujourd’hui, elle a prévu de s’enfuir sur les traces de son passé peu avant le repas. Sur ces mots, la directrice alerte immédiatement la police de cette disparition, craignant le pire pour sa jeune pensionnaire.
De son côté, Meghan arrive au lac, gelé. Elle s’y aventure, sans la moindre crainte, jusqu’à plusieurs dizaines de mètres du bord. Comme dans ses souvenirs les plus horribles, pas après pas, les craquements de la glace fragilisée se font entendre en même temps que les images de l’accident défilent devant ses yeux. Elle entend ses parents, puis ressent soudainement une sensation de froid étrange. Pas après pas, son poids a eu raison de la glace qui l’entoure. Elle se retrouve plongée dans l’eau glacée, comme l’ont été son père et sa mère. Transie de froid, incapable de se débattre, dans l’impossibilité de se hisser hors de l’eau, elle se laisse couler. Elle va enfin les rejoindre, eux, qui lui manquent tant depuis ces années. Elle en est certaine, sa nouvelle vie est sur le point de commencer. Une nouvelle vie en compagnie de ceux qu’elle aime le plus, de ceux qu’elle pensait ne plus jamais revoir. Petit à petit, ses poumons se vident du peu d’oxygène qu’ils contenaient encore. Ses yeux se ferment lentement, son corps, quasi inanimé, se retrouve au fond de l’eau. Les sensations de froid, d’étouffement et de désespoir qui l’habitaient se font de plus en plus faibles… jusqu’à totalement disparaître. «Ça y est, c’est fini», se dit-elle dans une dernière pensée. Elle le sent. Elle est en train de partir. En train de partir pour un monde où seules joie et bonne humeur existent. Un monde parfait, que tout être humain rêverait d’habiter s’il lui était accessible. À peine quelques secondes après cet ultime soulagement, des sons graves commencent à lui parvenir aux oreilles, de même qu’une lumière orangée lui traverse les paupières. Hésitant quelques instants avant d’ouvrir les yeux, elle sent une présence vivante à ses côtés. Quelqu’un se tient debout. Quelqu’un qui la fixe, avant de l’empoigner violemment. Ouvrant alors les yeux, elle ne peut que constater la présence d’hommes armés, tous habillés d’armures semblant tout droit provenir du Moyen-âge, en train de livrer bataille contre des créatures étranges, sorties d’un autre monde.
--A VOUS D’IMAGINER et D’ĖCRIRE LA SUITE--
Travail diffusé souslicence Créative Commons by-nc-sa-Clément HOURSEAU / UniversParallele.fr
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