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Kalaëndra

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Le royaume de Kalaëndra est en émois. Son roi bienveillant, Fabian, vient de mourir d'une étrange maladie. Une seule personne pouvait selon lui lui succéder sur le trône. Léna, sa jeune nièce de 13 ans. Malheureusement, tous les nobles du royaume ne sont pas de cet avis.

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Ajouté le : 04 juillet 2013
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Kalaëndra
Le royaume de Kalaëndra est en émoi. Le roi Fabian vient de décéder des suites d’une étrange maladie que même les remèdes les plus sophistiqués élaborés par les mages de la cour n’ont su guérir. Laissant ainsi vacant le trône qu’il occupait depuis maintenant plus de trente ans, il avait tout de même eu le temps de prévoir sa succession. Dans l’ordre logique des choses, c’est son fils Maël qui aurait dû devenir le nouveau roi. Cependant, fort attaché à des valeurs de respect, de tolérance et de compassion, Fabian estimait que ce dernier ne serait pas le plus à même de poursuivre son œuvre. Très proche de ses sujets et toujours prêt à leur venir en aide lorsqu’ils en ressentaient le besoin, il ne faisait pas de différence entre riches et pauvres, nobles et serfs. De son point de vue, tous les hommes étaient égaux en droits et en valeur. Il a bien essayé d’inculquer ces principes à son fils, mais certaines influences négatives au sein même de la cour ont eu pour conséquence de lui rendre la tâche bien plus ardue qu’il ne l’aurait espéré. Maël n’est pas devenu un tyran sanguinaire prêt à tout pour conquérir le pouvoir, mais il n’est pas non plus un grand homme de cœur. Aussi, afin que son peuple ne subisse pas sa disparition de manière trop brutale, a-t-il décidé que ce serait sa petite-nièce qui lui succéderait. Âgée de seulement treize ans, la princesse Léna était très proche de son grand-oncle. Elle l’admirait vraiment. Elle passait de nombreuses heures en sa compagnie, en particulier lorsqu’il recevait ses sujets en son château pour entendre leurs doléances. Parfois, c’est même elle qui décidait, avec l’approbation de Fabian, de l’aide à apporter à chacun. Bien connue du peuple malgré son jeune âge, elle est au moins aussi appréciée que le défunt roi. Écoute des autres et générosité sont ses principales qualités. Des qualités nécessaires et obligatoires pour faire une bonne reine selon Fabian. La coutume est très enracinée à Kalaëndra. Elle veut que le défunt roi soit présenté à ses sujets, qui peuvent venir se recueillir sur sa dépouille, avant d’être mis en terre, le troisième jour, dans le jardin des Seigneurs. Le quatrième jour, un banquet festif regroupant nobles et serfs doit être organisé en son honneur. Les cinquième, sixième et septième jours sont considérés comme jours de souvenir et de deuil. Enfin, le huitième jour est celui du sacre du nouveau souverain. Celui-ci doit avoir lieu dans la grande salle du château. Il doit se dérouler en présence de l’ensemble de la cour et se doit d’être ouvert aux simples sujets. Là plus que jamais, la bonté et le respect de Fabian sont célébrés par ses sujets les plus pauvres qui sont vraiment sous le choc de sa disparition. Ils ont toute confiance en la princesse Léna pour les diriger, mais craignent que son jeune âge n’en fasse une cible facile pour les partisans d’une gouvernance bien plus stricte et en faveur des nobles. D’autant plus qu’âgée de treize ans, la loi royale lui interdit de monter sur le trône avant son quinzième anniversaire. Durant les deux prochaines années, bien que considérée comme la souveraine de Kalaëndra, elle ne sera pas en mesure de diriger comme bon lui semble. Elle devra faire face à une période de régence. Les appétits de quelques hommes de pouvoir ne trompent pas. Ils comptent profiter de cette situation pour se faire une place de choix. Tout d’abord espèrent-ils que Maël sera nommé régent afin d’user de leur influence pour prendre petit à petit le contrôle du royaume. La loi royale ne précisant rien de spécial en cas de régence pour « jeune âge », il est fort probable, en tant que fils unique de Fabian, que ce dernier soit désigné pour occuper cette fonction, au grand dam de nombreux sujets. C’est ainsi que le jour du sacre de Léna arrive enfin. Dans une grande salle majestueuse et richement décorée, en présence des plus importants seigneurs et vassaux du royaume et d’un bon nombre de paysans, la future reine s’avance sereinement vers le trône. Le petit peuple a les yeux qui brillent, fier que ce soit elle qui succède au bon roi Fabian. A contrario, les notables du royaume ont une mine fermée. Ils font bonne impression, mais sans plus, parvenant à peine à cacher leur mépris pour la jeune fille. Dirigée par le mage royal, la cérémonie se déroule sans accroc. L’énoncé des éloges de Fabian est là encore accueilli de diverses manières par l’assistance. Selon la tradition, juste avant le couronnement officiel du nouveau souverain, un texte particulier doit être lu. Il s’agit des « dernièresparoles » du défunt.Comme leur nom ne l’indique pas, ce sont en quelque sorte ses ressentis quant à sa gouvernance ainsi que ses souhaits pour l’avenir. Elles sont lues par le mage.
« Moi,Fabian, roi de Kalaëndra, tiens à vous faire part de ma fierté d’avoir été votre souverain pendant toutes ces années. J’ai toujours essayé de gouverner avec la plus grande justesse, sans tenir compte du rang de chacun. Je suis bien conscient de ne pas avoir satisfait à toutes les attentes, mais ne regrette aucun de mes actes.
Travail diffusé souslicence Créative Commons by-nc-sa- Clément HOURSEAU / UniversParallele.fr
Ma vie a été bien chargée, en peines comme en bonheurs. Quand vous entendrez ces mots, je ne serai plus de ce monde, ce qui ne m’empêchera pas de rester à jamais dans vos esprits. Je souhaite que mon action à la tête de Kalaëndra perdure après ma disparition. Aussi, je désigne ma petite-nièce, la princesse Léna, comme étant la digne héritière du trône que je laisse vacant. Je demande à tous mes sujets de la respecter et de la soutenir comme cela fut le cas avec moi. Elle est très jeune, mais il ne fait aucun doute qu’elle sera encore meilleure que ma personne pour apporter paix et bonheur à Kalaëndra. LE ROI EST MORT… VIVE LA REINE ! »
La lecture des « dernières paroles » de Fabian terminée, le mage royal s’avance vers Léna, assise sur le trône. Il lui remet tout d’abord la couronne symbolisant son pouvoir et sa fonction. Ensuite, il demande aux seigneurs et vassaux du royaume de lui prêter allégeance, et de lui rester fidèles quelques soient les circonstances futures. Puis, ceci fait, de plus ou moins bonne volonté selon chacun, il remet le Calice à Léna. Contenant, toujours selon la tradition, l’eau pure de la fontaine royale, il symbolise le commencement du règne du nouveau souverain. En buvant cette eau, ce dernier est alors considéré comme l’élu de la terre et est alors le seul et unique être vivant pouvant jouir comme bon lui semble des terres de son royaume. Le calice dans la main droite, la princesse se lève de son trône. Émue, elle se dirige lentement vers le portrait posthume de son grand-oncle. Observée par tous, elle s’arrête face à lui. Pendant quelques secondes, le silence est d’or. Il n’y a plus le moindre bruit dans toute la salle de cérémonie. Les larmes aux yeux, la voix tremblante, elle lui jure respect et fidélité et lui promet de faire perdurer ces valeurs que sont la générosité, le respect de l’autre et la bienfaisance. Sur ces mots, elle porte le calice à sa bouche. Sous les applaudissements de l’assistance, elle en boit le contenu puis retourne s’asseoir sur le trône. La cérémonie touche alors à sa fin. Sacrée reine, il ne lui reste plus qu’à reconnaître officiellement celui qui fera office de régent du royaume jusqu’à son quinzième anniversaire. Sans surprise, proposé par la noblesse, il s’agit de Maël. Le soir même, un grand banquet est organisé en présence des principaux vassaux. Tous ont reconnu l’autorité de Léna. Tous lui ont promis allégeance et tous n’attendent plus que son arrivée pour pouvoir commencer la fête. Le temps passe. Personne. Les serviteurs travaillant au château partent à sa recherche. Après de longues minutes passées à fouiller l’enceinte, toujours rien. Le mage royal, Maël… personne n’a la moindre idée de l’endroit où elle se trouve. Léna a disparu !