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Les Centurions

De
471 pages
Père, je vous déteste !
Ce n’est pas que vous ne m'aimez pas, vous m'ignorez, c’est pire.
Vous avez voué votre vie à la réussite de Roland, votre fils, oubliant que vous aviez aussi une fille. Et aujourd’hui, au dessus de son cercueil, vous êtes incapable de montrer votre chagrin. L’honorable sénateur Carroyan se doit de rester digne.
Vous me donnez envie de hurler.
Roland, mon frère, mon idole, tu n’es pas mort en vain. Que Père soit d’accord ou non, je vais suivre ton chemin et intégrer à mon tour les Centurions, la prestigieuse école de pilotes d’élite.
J’irai tout comme toi affronter cette gigantesque flotte de guerre qui s’approche de notre système solaire. Et je te promets de découvrir le secret qui se cache derrière cette armada.
Roman à partir de 13 ans.
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Roman d’aventures et de science-fiction jeunesse A partir de 13 ans Pour Anne, Thomas et Caroline. Un grand merci aussi à Stéphane de Caneva pour la réalisation du dessin de couverture.Je veux exprimer toute mon admiration pour Georges Lucas qui a su m’émerveiller avec son univers Star Wars.Visitez le site web: lescenturions.jimdo.com Retrouvez l’univers des Centurionsavec le jeuSIMFIX
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Les CENTURIONS Prologue Première partie : Le stratège Seconde partie : Trahisons Troisième partie : Talion Quatrième partie : Le cheval de Troie Cinquième partie : Haute tension Épilogue
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Prologue 7 juin 2332. L’ombre se faufilait au milieu des chasseurs Toran-3. Elle s’arrêta devant le vaisseau numéro 18 dont le nom du pilote figurait sous le cockpit en lettres d’or: Roland Carroyan. L’ombre souritla dans pénombre du hangar, satisfaite de l’avoir trouvé aussi vite.Le temps passait et l’ombre s’acharnait depuis trente minutes à modifier les circuits de transmission du vaisseau, ses bras s’engourdissaient sous l’effort. Cette perte de temps subit pour ouvrir le sas d’accès au centre nerveux de la machine était rageante. Il était tard mais une patrouille pouvait débarquer à l’improviste. Il fallait terminer au plus vite. Une fois les fixations du sas refermées, la tension retomba. L’ombre rangea rapidement ses outils et se dirigea vers la porte du hangar. Une dernière fois, elle se retourna pour vérifier qu’aucune trace de son passage n’était visible et observa le vaisseau de Roland. Une pensée pour le pilote désormais condamné lui traversa l’esprit mais elle la chassa aussitôt. L’ombre reprit le chemin vers la sortie et posa une main sur un capteur situé à gauche de la porte. Un écran s’illumina en affichant le message « accès autorisé», la porte s’ouvrit sans un bruit et l’ombre disparut dans la nuit. 8 juin 2332. Le chasseur filait à toute allure au milieu des gigantesques vaisseaux de l’armada ennemie. Roland s’attaquait au vaisseau de tête. Un escadron de chasseurs ennemis avait décollé de ce bâtiment et fondait sur eux. Roland les avait sentis avant de les apercevoir. -C’est bon, Litton, je les ai vus moi aussi, dit Roland à son Verveil installé sur le siège derrière lui. Le petit singe ne répondit pas. Il était nerveux. C’était leur première mission et le théâtre des opérations n’avait rien à voir avec leurs missions d’entraînement. Pourtant, Roland n’était pas inquiet. Sa liaison télépathique avec son Verveil fonctionnait à merveille et les pouvoirs pré-cognitifs du singe permettaient à Roland de ressentir son environnement. Sans même réfléchir, il modifia la trajectoire de son
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Toran avant que l’ennemi n’enclenche son tir. La rafale passa bien loin de son vaisseau. Cela faisait déjà dix ans que cette armada avait détruit la planète Gallaé dont les ressources en gaz étaient exploitées par une colonie humaine. Lorsque les scientifiques confirmèrent que l’Armada avançait en direction de la terre, le gouvernement décida de mettre en œuvre un plan de riposte et d’envoyer des vaisseaux militaires combattre l’armada pour trouver un moyen de la détruire. Roland avait beau avoir vu de nombreux films sur cette flotte, il avait été surpris par son immensité lorsqu’il sortit de l’hyperespace. Il se sentait comme un moucheron devant un éléphant. Roland savait que les blindages de ces vaisseaux résistaient aux armes embarquées sur son chasseur mais l’amirauté ne désespérait pas de découvrir un jour un point faible. En liaison radio avec ses équipiers, Roland menait l’attaque sur le flanc droit du vaisseau de tête. Il ne pensait qu’à sa stratégie d’attaque, les heures d’entraînement à l’école des Centurions lui permettaient de piloter son chasseur sans réfléchir. Roland avait repéré des anfractuosités sous l’avant du vaisseau amiral et désirait s’en approcher au maximum pour détecter d’éventuelles faiblesses du blindage. Roland vérifia ses caméras, elles étaient bien allumées. Il fallait ramener le maximum d’informations.Brusquement, le vaisseau de Roland pivota sur la gauche suivi par ses trois équipiers. La rafale de plasma passa sur leur droite. Une deuxième escadrille ennemie avait débouché derrière eux, ils étaient pris entre deux feux. Se fiant à ses sensations, Roland pilotait à l’instinct. Les Torans-3 virevoltèrent à travers les tirs ennemis et passèrent finalement sous l’escouade qui leur barrait le chemin. Roland sourit, il se sentait en pleine confiance. Grâce aux pouvoirs des Verveils, il se sentait invulnérable. Leur patrouille était maintenant poursuivie par deux groupes. -Puissance maximum sur les boucliers arrière, ordonna Roland à ses équipiers. Grâce à leur dextérité, les pilotes de la chasse d’élite des Centurions filaient à vive allure en direction de la tête de l’armada en évitant les rafales ennemies. Roland ressentit la rafale qui allait lui être décochée et décida de pivoter vers la droite. Il déplaça ses manettes de gouvernail et rien ne
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se produisit. Le choc des grenades protoniques fit vibrer le vaisseau. Les boucliers arrières avaient résisté mais le vaisseau avait subi un sacré choc. Roland ne comprenait rien. Tout semblait normal, aucune alerte n’était remontée par les instruments de mesure et pourtant le vaisseau refusait de lui obéir. Litton hurlait à l’arrière, le singe était terrorisé. Roland tentait de garder son calme et pianotait sur l’ordinateur de bord pour désactiver toutes les commandes automatiques. Mais rien ne répondait. L’ordinateur s’obstinait à garder le contrôle de l’appareil et ne répondait pas aux commandes de bord. Roland commençait à ressentir la panique monter en lui, il n’avait jamais été préparé à ce type de situation. Les trois autres Torans avaient dévié leurs courses pour éviter les tirs ennemis et, comprenant la situation de Roland, s’étaient mis en formation de défense pour détruire les deux escadrilles ennemies. Mais leur temps de réaction était trop lent et le vaisseau de Roland reçut coup sur coup trois autres rafales qui détruisirent le bouclier arrière. Roland essaya une dernièremanœuvre pour rentrer en hyperespace et fuir les vaisseaux ennemis. L’ordinateur refusait toujours de répondre à ses ordres. Roland se retourna et regarda une dernière fois son Verveil avant que son vaisseau n’explose sous une ultime rafale de protons.
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Première partie Le stratège
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11 juin 2332. Je regarde derrière mon épaule et je dévisage l’assemblée dressée derrière moi. Où es-tu, Tolas? J’ai tant besoin de toi.Et dire que je me croyais forte. Chaque fois que je ferme les yeux, des larmes viennent s’échouer sur le casque d’entraînement de Roland que je serre dans mes bras. Et non, Laura Carroyan n’est pas aussi forte qu’elle voulait bien le croire. Que s’est? Tu étais le-il passé, Roland meilleur pilote de Centurions, comment as-tu pu te faire avoir? J’ai beau voir le cercueil descendre dans son trou, je n’arrive pas à réaliser que je ne te verrai jamais plus. Le pasteur a terminé son homélie, le cercueil a touché le fond et il est temps d’aller faire nos derniers adieux.Mon père s’approche en premier. L’honorable sénateur Abel Carroyan, même abattu par la douleur, garde la tête droite et haute. Il a le visage fermé mais il ne pleure pas. Même dans un pareil moment, il se doit de rester fort. Quel con ! Je ne l’aimais pas mais à cet instant, je le déteste. Il a tellement crié haut et fort que son fils serait le meilleur, il a tellement investi en lui et il n’assume pas! Il pourrait laisser son chagrin le submerger, que je puisse revendiquer un jour que mon père possédait des sentiments humains. Mais non, il se retient. La même attitude qu’au sénat: toujours digne. J’emmerde sa dignité. Quelle ironie… Il avait tout misé sur son fils, son prodige, sa fierté jusqu’à en oublier l’existence de sa fille, la faire-valoir, le second rôle, ce mal nécessaire au bonheur de sa femme. C’est ma mère qui l’avait convaincu que Roland ne devait pas rester fils unique. Il avait cédé, espérant avoir un autre garçon. Raté ! Pour être honnête, on ne peut pas dire qu’il ne m’aime pas. Il m’ignore, c’est pire! Malgré mon père, j’ai plutôt eu une enfance heureuse. Ma mère m’a donné toute l’affection dont on peut rêver. Mon frère, de cinq ans mon aîné, a toujours été adorable avec moi et m’a toujours défendue contre
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mon père. Roland m’a toujours encouragée, persuadé qu’un jour moi aussi je réussirai. Alors pour te remercier, Roland, mon frère, mon idole, je jette sur ton cercueil vide une poignée de terre et je te fais le serment de reprendre ton flambeau. Tout comme toi j’intégrerai la prestigieuse école de pilotes d’élites, les Centurions, et j’iraià mon tour affronter l’Armada qui s’approche de notre système solaire. Tu me disais que cette flotte gigantesque devait posséder un point faible, une faille. Si elle existe, je te promets de la découvrir. La cérémonie se termine. On rebouche le trou dans le silence. Je serre le casque fort contre ma poitrine. Mon père caresse un petit singe qui trône sur son épaule. Lui aussi, qu’est-ce que je peux le détester ! Quand je pense que ce singe miteux compte plus pour mon père que moi ! Je sais ce que les Verveils peuvent apporter à leur maître et j’espère bien moi aussi en avoir un plus tard, mais celui-ci est vicieux. Il a été trop longtemps au contact de mon père, il a fini par déteindre sur lui. Mon père l’a surnommé Darko, pour son pelage noir. Sauf que ce macaque a bien vieilli et son poil est grisonnant. Je ne sais pas quel âge il a mais j’espère qu’il ne vivra pas trop vieux.Darko me regarde, il a vu que je l’observais. Je n’aime pas ses yeux. Ça a beau être un animal, il a un regard qui me transperce. Le même que mon père. Alors que nous nous dirigeons vers la sortie, je prends deux minutes pour admirer le cadre choisi pour la dernière demeure du fantôme de Roland. Tout respire le calme. Les chênes centenaires répandent leurs ombres bienfaisantes sur le cimetière, une légère brise atténue la chaleur d’un soleil rayonnant nous rappelant que l’été est bien là. Le cimetière a été choisi dans un style rétro, il me rappelle les vieux films de la guerre de sécession. Il ne manque plus que Scarlett O’Hara. Comme toujours, pour Roland, mon père a bien fait les choses, le moindre détail a été soigné. Ça a dû lui coûter très cher… Quoique, il n’a peut-être pas donné suffisamment à l’agence, tout le monde n’est pas encore sorti que déjà le décor se désagrège. Les holofixs se ramollissent, perdent leur forme et leurs couleurs puis disparaissent. Avant d’avoir franchi le portillon en bois de la clôture imitation 18ème siècle, celle-ci se transforme en un trou béant donnant sur un couloir menant au hall d’entrée de l’agence funéraire.
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Même pour les enterrements, on ne prend plus son temps. Je me retourne et je vois le personnel de l’agence s’affairer pour déterrer le cercueil et préparer la salle pour la cérémonie suivante. Quel décor a été choisi pour l’enterrement suUne île paradisiaque ivant ? ? Une grotte ? Une planète coloniale ? Je ne veux pas le savoir, je préfère garder en mémoire le cimetière de Roland. Je ferme les yeux et m’enfonce dans le couloir.
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Je suis affalée sur mon lit à regarder la DView, je n’ai pasenvie de me lever. Je passe d’une émission à une autre, l’esprit ailleurs. Depuis deux semaines, je ressasse jour après jour l’enterrement de mon frère et celui de ma mère. Deux enterrements en moins d’un an, c’est beaucoup. Ma mère a été emportée par le syndrome de Fleicher il y a onze mois, comme trois cent mille autres personnes avant elle. Une fois de plus, mon père avait fait les choses bien. Il a respecté ses dernières volontés et a commandé comme décor pour la cérémonie la baie d’Along, en référence à ses lointaines racines asiatiques. Elle aurait ème préféré être enterrée dans la vraie baie d’Along mais depuis la 4mondiale, celle-ci n’existe plus. Comme la plus grande partie de l’Asie, d’ailleurs.Au hasard des programmes, je tombe sur un documentaire sur le syndrome de Fleicher, appelé aussi le fléau. J’apprends que la maladie progresse chaque jour davantage. Bien que les premiers cas aient été diagnostiqués depuis plus de vingt ans, la recherche médicale n’a toujours pas trouvé le moindre début d’explication. Ce n’est ni viral, ni bactériologique. Les symptômes sont à chaque fois les mêmes : perte d’énergie, foie et reins qui se détériorent, affaiblissement général. Une personne atteinte du syndrome décède en moins de six mois. Nous en sommes aujourd’hui à plus de cent vingt mille personnes contaminées, cent vingt mille personnes condamnées. Cette émission ne m’apprend rien de plus de ce que j’ai vécu avec ma mère et mine un peu plus mon moral, je change de chaîne. Les programmes défilent mais rienn’arrive à m’intéresser. Mieux vaut que je sorte, j’ai besoin de prendre l’air. Je me lève et me place devant l’écran-miroir placé sur ma penderie pour choisir comment m’habiller. L’image que me renvoie le miroir me fait
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soupirer. Je suis assez grande et bien bâtie, des épaules larges mais un corps fin. Roland disait que j’étais la plus jolie des petites sœurs mais son avis, aussi sincère était-il, n’était pas recevable. Roland m’aimait trop pour avoir un jugement fiable. Jolie... La mine affreuse que me renvoie le miroir me donne plutôt envie de pleurer. Je passe les doigts dans mes cheveux noirs mi-longs pour les recoiffer et me redonner une allure humaine. J’aides cernes sous les yeux, j’ail’impression d’avoir vieilli de dix ans. J’aime pourtant bien mes yeux. Ils sont en amande, très effilés, rappelant mes lointaines origines asiatiques. Par contre, je déteste ma bouche. Elle est fine et acérée, une bouche sévère similaire à celle de mon père. Tout en m’observant, je me connecte par la pensée à mon inputer, un minuscule ordinateur qui m’a été implanté dans le crâne pour mes dix ans. Grâce à sa bibliothèque d’images, je passe ma garde-robe en revue. Lorsque je sélectionne un vêtement, l’inputer prend le contrôle de l’écran-miroir et superpose la tenue à mon image me permettant de choisir celle qui me plaît le plus. Une fois le choix fait, la porte de la penderie s’ouvre et ma robe sort attachée au bout d’une longue tige télescopique. Pendant que j’enfile ma robe, j’entends sur la DView que démarre une retransmission des débats au sénat. C’est le Baron Cordac qui est à la tribune. Je monte le son pour entendre ce qu’il raconte. Une fois de plus, il attaque mon père sur sa politique de défense menée contre l’Armada. C’est son plus farouche adversaire, il dénonce un gouffre de dépenses. Je me rassois, cette attaque virulente contre mon père m’intéresse au plus haut point. Je trouve ce Baron très sympathique. Je monte encore le son. «…Cinq ans, mes chers confrères, cinq longues années de gabegie financière pour arriver à quel résultat ? Rien ! Et que dire des pertes humaines ? Cinquante-quatre pilotes morts en mission. Cinquante-quatre Centurions, élites de la Fédération, sacrifiés en pure perte. Alors je vous le demande solennellement, cessons de financer ces missions absurdes et changeons enfin de politique de défense spatiale. Cela fait dix ans, chers confrères, que nous avons pris connaissance de l’existence de cette armada. Et dix ans plus tard, nous ne savons toujours rien sur cette flotte gigantesque. » Le Baron Cordac s’exprime avec beaucoup d’emphase, très théâtral. Il sait capter l’attention de son assistance. Mon père se lève et demande la parole. Il est impressionnant dans son costume de sénateur. Mon
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