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Royaume Burlesque

De
81 pages
Joaquim marquis de Bellac est un être immonde et froid. La punition n'en sera que d'autant plus cruelle. Trop orgueilleux pour mourir, alors qu'il est couché dans la boue, le corps en sang, il signe un pacte avec Satan, le condamnant à l'errance éternelle. Traversant les siècles, il tente de se construire des vies, rencontre de grands noms de l'Histoire et semble parfois la réponse à certaines énigmes non résolues. Mais Satan n’est jamais bien loin, jubilant de torturer de peine son martyr... Telle une Vanité, une novella philosophico-poétique mêlant fiction et faits réels.
Au détour des autres nouvelles, le lecteur rencontre Marguerite et son vieil appareil photo, de mystérieux Protecteurs fusionnés, les rouages grippés d'un homme entouré de machines et l'idyllique planète Pegasi, boycottée dans les livres d'histoire...
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Royaume Burlesque suivi des Nouvelles siphonnées Lucile Tallon
© 2015 Lucile Tallon. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que se soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Illustration de couverture: Mickaelle l’AngeÉdité par Lulu.com www.lulu.com Distribution-diffusion : Lulu.com ISBN 978-1-326-44311-5
Note de l’auteur
Ce recueil est composé d’une novella suivie de quatre nouvelles. Mort et folie humaine dans les genres de l’imaginaire ont constitué mes principales sources d’inspiration. Tantôt de façon candide, mélancolique et délicate, tantôt de façon sombre et cruelle. Les personnages réels disparus et faits historiques non résolus intervenant dansRoyaume Burlesque sont fondés sur des bases avérées, excepté bien sûr que Joaquim n’a rien à voir dans ces histoires. Je vous souhaite une excellente plongée dans les méandres de mon esprit.
Royaume Burlesque
Novella gothique On a presque toujours quelque chose de mieux à faire que de mourir. Jean Anouilh
Prologue
La mort est un chemin incertain qu’il nous faut tous emprunter. Beaucoupd’entre nous la redoute et l’appréhende; d’autres au contraire, ne supportant plus leur existence, se la donne; et d’autres encore la vénère telle une entité. Chacun y voit ce qu’il veut en réalité puisque qu’aucun d’entre nous n’a de réponse arrêtée sur le sujet. Les incroyants conçoivent le néant ; les passionnés l’au-delà. Néanmoins nul ne peut nier que cette étape fait partie de la vie et que la vie ne peut être infinie. Toute chose a une fin. Toute chose excepté moi. Néanmoins, si vous lisez ces mots, qui que vous soyez, chers lecteurs, c’est que, par un obscur moyen, j’ai moi-même rendu mon dernier souffle, mon souhait le plus précieux ; ou, et cela me serait bien plus pénible, je me suis vautré royalement comme à l’accoutumée, et, pris de rage, jetai ce foutu témoignage aux corneilles sur lequel vous seriez tombé à tout hasard. Pour le moment, espérons simplement, vous comme moi, que la première solution se vérifie…Comme insinué dans les lignes précédentes, je suis comme qui dirait un sempiternel vivant, un mort à retardement, une âme damnée, condamnée à l’errance intemporelle; pour faire simple et dans la lignée des litotes, je ne peux casser ma pipe. Ni agoniser. Ni décéder. Ni expirer. Ni périr. Ni rendre l'âme. Ni m'éteindre. Ni succomber. Ni trépasser. Aucun mot pour qualifier mes déboires pour le moins morbide. Mon corps est mon tombeau. Prisonnier de lui, je n’aurai pas la chance de connaître la paix de l’âme. Bien que ma longue existence m’ait permis d’accomplir un bon nombre d’exploits et aventures divers qu’une courte vie de mortel ne pourrait espérer, un homme seul est un homme malheureux. Si je m’attache, je sais pertinemment que j’aurai à endurer la perte. On dit que seule la mort peut séparer deux êtres qui s’aiment. En ce qui me concerne, c’est on ne peut plus vrai.Si je griffonne ces lignes aujourd’hui, c’est pour y laisser le récit de mes douleurs psychiques qui peuvent gâter toute vie, espérant ainsi que mon exemple puisse être bénéfique à qui tombera sur ce modeste ouvrage, ne serait-ce qu’à un unique citoyen de ce monde.Il est une vérité qu’aucun ne soupçonne. Il existe un Enfer. Certains l’ont imaginé mais ce qu’ils ignoraient c’est qu’il était beaucoup plus proche d’eux qu’ils ne le pensaient. Car, en vérité, la terre est l’Enfer. Cela pourrait paraître absurde. Et pourtant! Il suffit d’ouvrir les yeux et de constater les souffrances de cette humanité. Le monde est saturé de cruauté et d’êtres tous plus infâmes les uns que les autres. La noirceur qui sévit sur la vie a été entachée par une force sournoise qui souffle son hostilité, force avec laquelle, j’ai, à mon grand regret, magouillé; d’où mon éternelle condition. J’ai cessé de compter le nombre de fois ainsi que les moyens employés pour m’ôter vainement la vie. J’ai assisté à des horreurs indescriptibles et vu la mort se figer sur tant de visages endoloris qu’aucun homme sain d’esprit ne pourrait le supporter. Tous ces gens qui souhaitaient vivre et qui étaient morts dans des circonstances atroces et moi ! qui souhaitait mourir et qui vivait atrocement. Quelle ironie !
1. Méditation d’un cœursolitaire
Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle ! Arthur Rimbaud
Amour, comment peux-tu guider mes pas, si je n’ai plus l’estime et perdu la foi? Comment puis-je faire pour continuer à avancer si l’horizon, s’éloignant sans cesse, ne m’offre que des cibles floues? Et encore, qu’est-ce que la vie, si tout ce que je suis, n’est que mépris? Ou toutes ces réflexions ne sont-ce que les folles? Suis-je perdu élucubrations d’une âme en peine, égarée dans les méandres de son esprit? Guide-moi. Donne-moi l’espoir. Redonne-moi le courage qu’il me manque pour progresser. Ma vie… Ce si long sentier assujetti d’obstacles, d’arbres déracinés me condamnant le chemin, d’orties irritantes me blessant toujours plus, et même la rosequi, tout à coup, s’offre à nous en surgissant au détour d’une laie, n’est qu’illusion !La plus traîtresse des impostures. Tout comme le bonheur, la rose dissimule son jeu. Sa beauté nous pousse à tendre la main et, ainsi, à s’éloigner du chemin. Son délicieux arôme envoûtant embaume nos sens dans le seul but de nous approcher encore plus. Et lorsque l’onest assez près, que l’on effleure de nos doigts ses doux pétales pourpres, l’on se pique à ses épines. Et c’est alors que sa couleur rouge, son sceau, est commune à celle de notre sang qui, lentement, s’écoule, qui, ardemment, réchauffe notre peau glaciale. C’est une plaie qui ne peut se refermer. Amour, pourquoi me blesses-tu ? J’ai beau tout tenter, je ne parviens pas à progresser. Un pas me fait reculer de deux. Même lorsque le sentier est dégagé de tout écueil, mes pieds s’enlisent dans la boue. Quand je décide de tout abandonner, que je me pose sur un rocher et contemple le temps qui défile sansmoi, c’est encore pire. C’est comme si mon corps restait cloué cependant que mon cœur s’arrachait afin de s’éloigner. Quelle douleur insoutenable que ce déchirement! Que suis-je censé accomplir ? Dois-je accepter ma condition ? Continuer éternellement de fouler ce sentier, m’écorchant toujours plus, perdant à chaque fois un peu plus de mon être et n’avoir que pour seul dessein d’espérer un jour atteindre l’horizon, en vain? Amour ?
2. Amère vérité
La triste vérité de mon existence, il faut bien l’admettre, chers lecteurs, c’est que j’ai en premier lieu savouré mon état. Imaginez-vous passer de simple mortel à immortel : le monde s’offre à vous, l’infini des possibles s’étend et s’étale, le globe dans son entièreté vous accueille, bras grands ouverts. Après tout, vous ne souffrirez plus, ne ressentirez plus ni fatigue ni appétit, adieu les pathologies et les ecchymoses. Et tout ceci, croyez-moi, constitue un gain précieux en temps et surtout en pécule. Mon ego déjà surdimensionné ne pouvait qu’exploser comme la peur me devint une compagnie étrangère dont le mot même m’apparut dénué de sens; car, après tout, quiconque s’opposait à moi risquait gros et quand bien même ma force physique ne suffisait pas, une puissance bien plus supérieure suintait de ma personne puisque, en vérité, je ne craignais plus la mort elle-même. Et croyez-moi, la plus grande force réside dans l’impassibilité face à la peur. La peur se sent. La peur se lit dans les prunelles d’autrui. Elle est si palpable que l’atmosphère s’électrise. C’est la raison pour laquelle certains auront plus d’assurance que d’autres parce que précisément ils sentiront la frayeur transpirer de leur adversaire et le terrasseront davantage. Mon incommensurable placidité déroutait donc le fol imbécile qui osait m’affronter. Un regard suffisait à les dissuader. Car de moi n’émanait pas la moindre incertitude d’échec.Je continuais donc la vie de débauche à laquelle j’étais accoutumé et ce pendant une éternité, sans mauvais jeu de mot, c’est l’exacte vérité. Je n’avais nul besoin d’amis, juste des compagnons de beuverie, nul nécessité d’amoureuse, juste des soupirantes d’une nuit.Mais le temps nous rattrape tous, et je ne fus pas épargné d’une certaine manière. S’il ne peut mutiler mon corps de la vieillesse qui éreinte inéluctablement tout être humain, il me cause d’autres ravages. Après avoir passé toute une vie terrestre de dépravation, à ne vivre qu’en noctambule, évitant le jour à l’instar du phalène qui, hypnotisé par les lumières artificielles, préfère fuir laclarté naturelle, la lassitude et le doute m’assaillirent. J’eus beau tenter de les oublier en m’enfonçant encore plus dans l’alcool, amère illusion du refoulement qui, à peine émergé d’une bitture, accable davantage. C’est comme se manger une bonne claque dans la gueule à la puissance dix pour avoir osé l’omettre pour un temps. Assurément, la réalité est la pire des souffrances, le mensonge n’étant qu’une chimère. Et tout comme le papillon de nuit, à trop s’approcher du danger, on finit par se brûler lesailes.Mon nom est Joaquim Bellac. J’ai conclu un pacte avec l’être le plus terrible qui soit. Ce fieffé salopard s’est joué de moi et jubile de mes tourments. Je ne suis toutefois pas resté non plus les bras ballants à le laisser railler mon insupportable condition. À plusieurs reprises, je déjouais les plans machiavéliques de mon démoniaque ennemi en traquant ses plus immondes créatures, des êtres froids et sans état d’âme, des hommes vils qui jubilent de donner la mort et j’entrepris de leur donner la chasse. Mais laissons cela pour le moment, ce n’est pas le propos. Voici donc le récit de ma piètre existence.
3. Les origines
Mais peut-être est-il temps de commencer par le commencement ? Comment en suis-je arrivé à cette condition médiocre et insupportable? J’aimerais vous dire que c’était par désespoir pour l’amour d’une femme morte, par vengeance pour le meurtre d’un père ou d’un frère, ou encore pour une soif démesurée de connaissance comme notre cher Faust ; car assurément, il y aurait quelque honneur dissimulé derrière de tels desseins. Malheureusement, la réalité est tout autre. Je naquis en 1603 dans une importante famille, fils d’Aymar marquis de Bellac. Notre illustre famille, noble depuis de nombreuses générations et célèbre de père en fils pour de multiples exploits, avait une telle notoriété et richesse que nous étions connus un peu partout en France. Le prénom même de mon père signifiant littéralement «celui qui fait partie d’une glorieuse famille» ne cessait de faire peser sur mes épaules un fardeau car, en tant que fils héritier, il était de mon devoir de continuer à faire prospérer notre maison. Un fardeau? Je n’en avais cure! Je ne voyais que le pouvoir et l’argent. Mes frères et sœurs étant tous mort-nés ou emportés par la maladie, mes parents voyaient en leur fils unique un prodige de Dieu, tant et si bien que ma chère mère Loïse m’appela Joaquim, «Dieu a élevé », un nom prestigieux pour une prestigieuse personne, appelée à accomplir de grandes choses. Mon père, bourré d’orgueil etde fierté, dus à son nom et son rang, me transmit ses effroyables qualités dont je dupliquais l’importance au plus haut point. J’avais tout ce qu’un homme pouvait rêver d’avoir. Une noble lignée, la puissance, la richesse et la beauté. Je méprisais tout ce qui avait trait à la pauvreté; misérables vermines que je n’hésitais pas à souiller quand l’occasion se présentait.N’était-il pas délectable pour un jeune homme fort et ambitieux de frapper ces rats de paysans quand ils osaient se trouver sur mon chemin ? De les humilier en écrasant leur tête dans la boue sous les yeux de leurs femmes en pleurs? Jamais je n’en ai tué un, mais ce afin qu’il puisse conter à tous ses congénères quel homme j’étais. Enfin…certains périssaient de leurs blessures car il arrivait parfois qu’une épouse en larmes vint conter les événements à ma tendre mère; à laquelle je rétorquais outré que leur trépas n’était dû qu’à leur manque d’hygiène dans le soin des plaies. Ainsi, tout le monde me craignait. Personne ne se permettait de me regarder droit dans les yeux. Nul pour me défier. Je régnais sans piété sur les terres de mon père qui, un jour, seraient miennes. Joaquim marquis de Bellac. Quel imbécile j’étais de me croire invincible! Je n’étais rien d’autre qu’un monstre, tout comme mon père et son père avant lui. Ma pauvre mère si douce a tant prié pour moi. Elle m’aimait de son amour de mère et se haïssait d’avoir engendré une telle cruauté. Cela ne durerait pas. Cela ne pouvait durer. Il n’arrive jamais rien de bon à qui se prend pour Dieu. Un jour ou l’autre, tout le monde finit par payer. Il en fut ainsi.Le jour de mes vingt-quatre ans, je fus désagréablement réveillé par l’intense lumière des rayons du soleil qui pénétrèrent violemment dans ma chambre alors qu’une servantetirait les rideaux. La même litanie jour après jour. Je grognais tout en attrapant un oreiller pour dissimuler mes yeux meurtris. « Votre petit-déjeuner, Monsieur », déclara la vieille peau de domestique qui me harcelait depuis mon enfance de ces inlassables lever de rideaux. Je dégageais un œil de sous l’oreiller pour lui cracher» Elle! Même le jour de mon anniversaire. Peste soit les larbins : « ignora passablement ma remarque, non sans un léger regard dédaigneux envers ma personne. Un mal de crâne me saisit alors que je tentais de changer de position dans mon lit, dénouement d’une soirée bien arrosée. L’aspect pâteux de ma bouche me dérangea soudainement et je bus à grande gorgée à même le pichet. La journée serait peut-être un peu moins ennuyeuse qu’à l’accoutumée. Peut-être. Mes journées ne réservaient guère de surprise tant la trame se résumait à la même ligne directive. Je me levais, enfilais mes vêtements, mangeais un morceau. J’avais depuis longtemps déserté la chapelle de notre domaine au grand dam de ma chère mère. Non pas que je ne croyais pas en Dieu, bien que je m’en contrefichais de son existence, mais j’avais en horreur les prêtres et
leur messe foutrement ennuyeuse. Quitte à ronfler, je préférais m’en passer. J’assistais ensuite mon père dans ses tâches concernant la gestion de nos terres et pour cela, je prétextais la plupart temps devoir aller surveiller ces fripons de paysans et artisans afin de vérifier qu’ils s’attelaient correctement à leur travail, dans le but certes, d’échapper aux réunions soporifiques, mais aussi et surtout, pour m’amuser quelque peu avec eux. J’enchaînais ensuite parfois avec une partie de chasse à courre avant de conclure ma journée par des jeux de hasard ou dans les bras d’une catin dans les différents bordels des villes environnantes, voire d’une paysanne malchanceuse au détour d’un chemin.Je songeais à cela le jour de mon anniversaire en enfilant ma chemise et j’en fus contrarié. Cette vie m’agaçait d’ennui. Je tentai de chasser ma mauvaise humeur en pensant àla longue nuit festive qui m’attendrait. Au salon, ma tendre mère buvait son thé. Elle releva la tête lorsque j’entrais de plein fouet dans la porte pour la faire claquer. Je savais combien cela pouvait l’irriter et je ne me lassais jamais de constater le pincement de fatigue résignée qui se dessinait sur ses lèvres. Parfois, elle soufflait encore : «Joaquim…», d’un ton las. Il n’en fut rien ce matin-là. Elle sourit joyeusement. « Je vous souhaite un joyeux anniversaire Joaquim ! Cessez donc de faire cela, mère, je vous en conjure. » Un éclair de tristesse se peignit sur son doux visage. «Qu’ai-je donc fait qui vous irrite tant ? Votre soi-disant joie le jour de mon anniversaire. Comme si vous en aviez une quelconque importance. Continuez donc vos broderies et vos promenades et laissez-moi en paix. Vous vous trompez… Joaquim, vous êtes mon fils et je vous porte dans…! » la coupai- Paix je en me levant aussitôt pour quitter la pièce. Parfois, je m’en voulais presque d’être si brusque avec elle, mais se trouvant être la bonté incarnée, je ne supportais pas cette aura de gentillesse dans mon espace vital. Mon père avait déjà fait préparer les chevaux pour la chasse à courre. Point de travail aujourd’hui, le jour était au divertissement. J’enfourchaimon cheval et frappai son flanc de mon pied pour le lancer au galop. Les chiens venaient d’être lâchés dans un grand fracas d’aboiements. Très vite, j’en vis un qui s’était éloigné du groupe fonçant dans une direction, et me lançai à sa poursuite. Je le perdis de vue. Le silence se fit autour de moi, j’entendais de façon lointaine les aboiements de la troupe. Je fis stopper mon cheval et en descendis, fusil en joug. Je me déplaçais un pas après l’autre, dans le silence le plus total, concentré sur ma proie. Des traces de sang sur les brindilles m’indiquaient le chemin. J’entendis une respiration saccadée, le chien avait certainement blessé l’animal. J’approchai doucement, me collaicontre le tronc d’un arbre et me penchai légèrement en avant. Un daim se tenait là, du sang sur l’une de ses pattes coulait. Je visais son cœur, appuya mon doigt délicatement contre la gâchette quand tout à coup une branche se brisa sur ma droite, et le daim disparut en un bon dans les sous-bois. Grondant de rage, je me tournai en direction du bruit. Une paysanne se tenait là, tête baissée, un panier rempli de fraises des bois. « Pardonnez-moi…je…je…» Fonçant sur elle, je l’attrapai à la gorge et la plaquai contre un arbre. « Sale chienne ! Vois-tu ce que tu viens de faire ? Tu m’as fait perdre ma proie le jour de mon anniversaire ! » Elle tenta de parler mais ne sortit de ses lèvres qu’un gazouillis indistinct. «Fais-donc un effort, voyons, je n’entends pas…» continuai-je, un rictus de haine déformant mon visage. Ses joues se colorèrent de rose tandis qu’elle lâchait son panier dont les fraises se répandirent sur la terre. Ce faisant, je sentis mon excitation monter et colla mon bassin contre elle. « Tu es plutôt mignonne pour une serve. » Je lâchai alors mon emprise, elle respira brutalement en empoignant sa gorge entre ses mains fébriles. « Comment comptes-tu te faire pardonner ? » lui demandai-je en lui caressant les cheveux tout en redressant sa tête. «Je n’ai pas fait exprès…» souffla-t-elle difficilement. «Tt,tt,tt,tt…Là n’est pas la question. Comment comptes-tu te faire pardonner ? » répétai-je à son oreille, tout en resserrant ma poigne sur ses bras. Je sentis les muscles de son corps se tendre sous la panique et son souffle s’arrêter alors qu’elle comprenait. Cela m’excita davantage encore. « Pitié.» Ce fut le mot de trop. Je n’accorde pas ma pitié. Je la retournai violemment, déchirai ses jupons et la pénétraiaussi sec. Elle hurla en s’agrippant au tronc de