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Singulière coïncidence des prédictions du Frère Hermann de Lehninn avec des événements qui se sont passés en France depuis 1789 et avec ceux qui s'y passent dans le moment actuel

58 pages
Le Clere (Paris). 1829. France -- 1824-1830 (Charles X). [60] p. ; in-18.
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SINGULIÈRE COÏNCIDENCE
DES
PRÉDICTIONS
DE LEHNINN,
AVEC DES ÉVENEMENS
QUI SE SONT PASSÉS EN FRANCE DEPUIS 1789, ET AVEC CEUX QUI S'Y
PASSENT DANS LE MOMENT ACTUEL.
PARIS.
IMPRIMERIE D'AD. LE CLERE ET Cie,
QUAI DES AUGUSTINS, N° 35.
1829.
SINGULIÈRE COÏNCIDENCE
DES
PRÉDICTIONS
DU FRÈRE HERMANN
DE LEHNINN,
AVEC SES ÉVÈNEMENS
QUI SE SONT PASSÉS EN FRANCE DEPUIS 1789, ET, AVEC CEUX
QUI S'Y PASSENT DANS LE MOMENT ACTUEL.
LA prophétie du frère Hermann a été pu-
bliée en 1827 avec des notes explicatives
tirées de l'histoire du Brandebourg et de
celle de la Prusse. Elles ont passé sous les
yeux des lecteurs français, ces peintures
si Variées, si animées, si concises, si éner-
giques et si pittoresques, tracées par un
— 4 —
pieux solitaire allemand du treizième siè-
cle, et mises en action dans son pays les
premières trente années et les dernières
cinq cents après lui. Une galerie d'une
nouvelle espèce va s'offrir à leurs yeux;
ce ne sera pas l'histoire de la Prusse, mais
celle de la France qu'il faudra prendre en
main pour reconnoître les figures dont elle
se compose; ce ne sera pas un espace de
cinq cents ans, mais seulement un laps
de quarante années que notre mémoire et
notre pensée auront à parcourir. Les mar-
graves et les électeurs brandebourgeois et
les monarques prussiens vont ôter leurs
masques, et sans que, sauf les noms pro-
pres, rien soit changé au texte original de
la prophétie, nous verrons paroître à la
place de ces titulaires d'une souveraineté
étrangère, les rois, les véritables rois et
les sycophantes , les dominateurs de toute
espèce auxquels nous avons successivement
obéi depuis cette terrible époque de 1789;
^• 5 <@g
leurs vertus ou leurs crimes, leurs qualités
louables ou leurs vices, leurs actes de sa-
gesse ou de folie, les vicissitudes de leur
carrière, quelquefois les mouvemens les
plus secrets dont leur coeur fut agité, les
souffrances et les joies du peuple auquel
ils ont commandé. Cette concordance en-
tre des prédictions relatives à la Prusse et
des faits qui se sont accomplis en France
a-t-elle été expressément voulue par l'é-
crivain qui y a donné lieu, ou doit-elle
être considérée comme un simple jeu du
hasard? Ce sera aux lecteurs à en juger,
les pièces du procès vont être mises sous
leurs yeux (1),
(1) La Prusse savante, dans laquelle la prophétie du
frère Hermann a été imprimée pour la première fois, n'é-
toit point un recueil périodique, comme il a été dit par
erreur dans l'avertissement placé en tête de l'édition de
1827; c'étoit un ouvrage d'une étendue déterminée, divisé
en quatre parties, qui ont paru chacune séparément à des
époques différentes, en 1722, 1723, 1724 et 1725 (a).
(a) A Thorn, chez Nicolaï.
^ 6 ^
La prophétie en question se trouve dans la seconde partie
aux pages 290 à 299. Michel Lilienthal, auteur de la Prusse
savante, étoit professeur de théologie à l'université de
Koenigsberg, et célèbre dans son temps par ses écrits. Il
avoit fait un séjour à Berlin, et pendant qu'il y étoit,
un seigneur de sa connoissance, qui avoit accès dans des
dépôts d'archives: appartenant au gouvernement, trouva
dans un de ces dépôts l'original de la prophétie d'Hermann,
en prit une copie et la lui donna. Sept éditions de cette
prophétie ont été publiées dans diverses villes d'Allema-
gne,savoir: à Francfort, à Leipsick, à Vienne, à Brême
et à Berlin, dans l'intervalle de 1741 à 1758, et toutes ont
été copiées de celle de Lilienthal.
PROPHETIA
FRATRIS HERMANNI,
ORDINIS CISTERCIENSIS PROFESSI,
DE FATIS
MONASTERII LEHNIN
ET
DOMUS BRANDEBURGICAE.
1. Nunc tibi cum cura , Lehnin, cano fata futura
2. Quae mihi monstravit Dominus, qui cuncta creavit.
3. Nam licet insigni, velut sol, splendeas igni,
4. Et vitam totam nunc degas summe devotam,
5. Abundentque ritè tranquillae commoda vitae,
6. Tempus erit tandem , quod te non cernet camdem,
7. Immo viy illam , sed si benè dixcro, nullam.
PROPHETIE
DU FRÈRE HERMANN,
RELIGIEUX PROFÈS DE L'ORDRE DE CITEAUX ,
CONCERNANT LES DESTINÉES
DU COUVENT DE LEHNINN,
ET CELLES
DE LA MAISON DE BRANDEBOURG.
1. O Lehninn, je t'annonce maintenant avec soin les des-
tins futurs
2. Que m'a dévoilés le Seigneur, le créateur de toutes choses.
3. Car, bien qu'à l'instar du soleil, tu brilles d'un magni-
fique éclat,
4. Et que tu mènes une vie toute consacrée à la plus haute
dévotion,
5. Jouissant abondamment, et à juste titre, de tous les avan-
tages d'une vie tranquille,
6. Il viendra enfin une époque qui ne te verra plus dans le
même état,
7. Qui te reconuoîtra à peine, et même, pour bien dire, qui
ne te verra plus du tout.
^ 10 ^
8. Quae te fundavit, gens haec te semper amavit :
9. Hac pereunte peris, nec mater amabilis eris.
10. Et nunc, absque morâ, propinquat flebilis hora,
11. Quâ stirps Othonis, nostrae decus regionis,
12. Magna ruit fato, nullo superstite nato.
13. Tuncque cadis primùm, sed nondum venis ad imum.
14. Intereà diris angetur Marchia miris,
15. Et domus Othonum fiet spelunca leonum,
16. Ac erit extrusus vero de sanguine fusus.
17. Quando peregrini veniunt ad claustra Chorini,
18. Cerbereos fastus mox tollet Caesaris astus ;
19. Sed parùm tuto gaudebit Marchia scuto.
20. Regalis rursùm leo tendit ad altera cursum,
21. Nec dominos veros haec terra videbit et heros.
22. Omnia turbabunt rectores, damnaque dabunt.
23. Nobilitas dives vexabit undique cives,
24. Raptabit clerum, nullo discrimine rerum ,
25. Et facient isti, quod factum tempore Christi,
11
8. La famille qui t'a fondé t'a toujours aimé;
9. Tu péris avec elle, et tu ne seras plus une mère aimable.
10. Maintenant voilà que s'avance à grands pas l'heure la-
mentable
11. A laquelle la grande race d'Othon, l'ornement de notre
pays,
12. Succombe sous les coups du sort, sans laisser aucun fils.
13. Alors tu commences à déchoir, mais tu ne succombes pas
encore tout-à-fait.
14. Cependant la Marche sera tourmentée par d'étonnantes
calamités ;
15. La maison des Othons deviendra une caverne de lions,
16. Et celui qui est issu du véritable sang des souverains
sera rejeté.
17. Lorsque des étrangers viendront au cloître de Chorinn,
18. L'adresse de l'empereur rabattra promptement un orgueil
infernal;
19. Mais la protection dont la Marche se réjouira sera peu tu-
télaire.
20. Le lion royal prendra sa course vers d'autres objets,
21. Et ce pays ne verra ni ses légitimes souverains ni ses
maîtres.
22. Les gouverneurs troubleront tout, et causeront du dom-
mage.
23. La noblesse riche tourmentera de tous côtés les citoyens,
24. Et dépouillera le clergé de ses propriétés, sans respect pour
quoi que ce soit.
25. Ceux-ci agiront comme ou faisoit au temps du Christ ;
12
20. Corpora multorum vendentur contra decorum.
27. Ne penitùs desit, tibi qui? mea Marchia, praesit,
28. Ex humili surgis, binis nunc inclyte burgis,
29. Accendisque facem, jactando nomine pacem ;
30. Dumque lupos necas, ovibus praecordia secas.
31. Dico tibi verum, tua stirps longaeva dierum,
32. Imperiis parvis patriis dominabitur arvis,
33. Donec prostrati fuerint, qui tunc honorati,
34. Urbes vastabant, dominos regnare vetabant.
35. Succedens patri, tollet privilegia fratri,
36. Nec faciet bustum, non justum, credere justum.
37. Defesso bellis variis sortisque procellis,
38. Mox frater sortis succedit tempore mortis,
39. Fortis et ille quidem, sed vir vanissimus idem.
40. Dum cogitat montem, poterit vix scandere pontem.
^ i3 ^
26. Les corps d'un grand nombre d'hommes seront vendus au
mépris de la bienséance.
27. Afin, ô ma Marche, que tu ne sois pas absolument dépour-
vue de quelqu'un qui règne sur toi,
28. Voilà que tu t'élèves d'un rang inférieur, toi qui es à
présent illustré par deux bourgs;
29. Tu allumes un brandon en annonçant la paix par ton
nom,
30. Et, tout en égorgeant les loups, tu coupes les mamelles
aux brebis.
31. Je te le dis en vérité : Ta race, destinée à subsister pen-
dant une longue suite de jours,
32. Exercera un empire restreint sur les champs paternels,
33. Jusqu'à ce que ceux-là soient abattus, qui, alors honorés,
34. Dévastoient les villes, et ne laissoient pas régner les sou-
verains .
35. Le fils, succédant à son père, enlevera à son frère ses pri-
vilèges ,
36. Et ne pourra faire qu'on regarde comme juste un testament
injuste.
37. Lorsqu'il sera fatigué par diverses guerres et par les orages
du sort,
38. Bientôt son frère, associé à son sort, lui succède au temps
de sa mort :
39. Et celui-ci aussi est vaillant en vérité, mais c'est en même
temps un homme très-vain.
40. Tandis qu'il projette de passer un mont, ce sera à peine s'il
pourra franchir un pont.
2
14
41. En acuit enses! miseri, vos ô Lehninenses !
42. Quid curet fratres, qui vult exscindere patres?
43. Alter ab hoc Martem scit ludificare per artera,
44. Auspicium natis hic praebet felicitatis ;
45. Quod dum servatur, ingens fortuna paratur.
46. Hujus erunt nati conformi sorte beati ;
47. Inferet at tristem patriae tunc foemina pestem,
48. Foemina, serpentis tabe contacta recentis,
49. Hoc et ad undenum durabit stemma venenum.
50. Et nunc is prodit, qui te, Lehnin, nimis odit;
51. Dividit ut culter, atheus, scortator, adulter :
52. Ecclesiam vastat, bona religiosa subbastat.
53. Ite, meus populus, protector est tibi nullus,
54. Hora donec veniet, quâ restitutio fiet.
55. Filius amentis probat instituta parentis,
56. Insipiens totus, tamen audit vulgo devotus,
57. Nec sat severus, hinc dicitur optimus herus.
15
41. Le voilà qui aiguise les glaives. Malheur à vous, ô habitans
de Lehninn !
42. Quel égard aura-t-il pour des frères, lui qui a résolu d'ex-
terminer les pères?
43. Celui qui vient après lui sait déjouer Mars par le moyen
d'un art :
44. Il offre à ses enfans le présage de leur félicité future,
45. Et en même temps qu'ils jouissent de cet avantage, une
grande fortune s'amasse pour eux.
46. Ses fils seront gratifiés d'une même faveur du sort ;
47. Mais dans ce temps-là une femme introduira dans la patrie
une déplorable peste,
48. Une femme infectée du venin d'un nouveau serpent;
49. Ce venin durera jusqu'à la onzième génération.
50. Maintenant voilà que s'avance celui qui te hait,
ô Lehninn, avec excès ;
51. Il divise comme un couteau, l'impie, le débauché, l'adul-
tère;
52. Il ravage l'Eglise ? met à l'enchère les biens consacrés à
Dieu.
53. Allez, mon peuple, il ne vous reste plus aucun protecteur,
54. Jusqu'à ce que l'heure soit arrivée à laquelle la restitution
se fera.
55. Le fils confirme les dispositions d'un père frappé de démence ;
56. Insensé tout-à-fait lui-même, cependant il est appelé dé-
vot par le peuple ;
57. Il n'est pas assez sévère, c'est pourquoi on l'appelle un
excellent maître.
®> «16 <|g;
58. Huic datur ex genere, qui non qualis ipse videre,
59. Et modo funesto vitam loco linquit honesto.
60. Postulat hinc turbae praeponi natus in urbe.
61. Spe reliqui sobolem ; tenet hic formidine prolem.
62. Quod timet obscurum, certo tamen ecce futurum.
63. Forma rerum nova mox fit, patiente Jehova,
64. Mille scatet naevis, cujus duratio brevis,
65. Multa per edictum, sed turbans plura per ictum.
66. Quae tamen in pejus mutantur jussibus ejus,
67. In melius fato converti posse putato.
68. Post patrem natus princeps est Marchionatûs.
69. Ingenio multos non vivere sinit inultos ;
70. Dum nimium credit, miserum pecus lupus edit,
71. Et sequitur servus domini mox fata protervus.
72. Tunc veniunt quibus de burgis nomina tribus,
73. Et crescit la tus sub utroque principe status.
74. Securitas gentis est fortitudo regentis;
17
58. Il lui est donné de voir quelqu'un de sa descendance qui
n'est point tel que lui ,
59. Et qui meurt d'une manière funeste dans un lieu honnête
60. Ensuite son fils demande dans une ville que l'on préfère
un rejeton à une foule,
61. Dans l'espérance d'avoir le reste, et par crainte il établit
ici sa lignée.
62. Ce qu'il craint est douteux, cependant voilà que cela ar-
rivera certainement.
63. Bientôt, par la permission de Dieu, il s'établit un nouvel
ordre de choses.
64. Il fourmille de mille taches, lui dont la durée sera courte;
65. Il trouble beaucoup de choses par un édit, mais plus en-
core par un coup.
66. Mais croyez que ce que ses décisions auront fait empirer,
67. Le sort pourra le faire tourner en mieux.
68. Après le père, le fils devient prince du Margraviat.
69. Il laisse vivre beaucoup de gens au gré de leurs penchans,
mais ils ne seront point impunis.
70. Pendant qu'il se livre trop à la confiance, le loup dévore
le pauvre troupeau,
71. Et l'insolent serviteur ne tarde pas à suivre la destinée de
son maître.
72. Ensuite viennent ceux qui tirent leurs noms de trois
bourgs ;
73. L'Etat, déjà très-étendu, s'accroît encore sous l'un et
l'autre prince.
74. La sécurité du peuple consiste dans la force du souverain,
^' 18 ^
75. Sed nil juvabit, prudentia quando cubabit.
76. Qui successor erit, patris haud vestigia terit.
77. Orate, fratres ; lacrymis nec parcite, matres.
78. Fallit in hoc nomen laeti regiminis omen.
79. Nil superest boni, veteres migrate coloni.
80. Et jacet extinctus, foris quassatus et intùs.
81. Mox juvenis frémit, cùm magna puerpera gemit ;
82. Sed quis turbatum poterit refingere statum ?4
83. Vexillum tanget, sed fàta crudelia planget.
84. Flantibus hinc austris, vitam vult credere claustris,
85. Qui sequitur, pravos imitatur, pessimus, avos ;
86. Non robur menti, non adsunt numina genti.
87. Cujus opem petit, eontrarius hic sibi stetit,
88. Et petit in undis, dum miscet summa profundis.
89. Natus florebit, quod non sperasset habebit ;
90. Sed populus tristis flebit temporibus istis,
^ 19 ^
75. Mais la force ne servira de rien quand la prudence s'éva-
nouira.
76. Celui qui sera le successeur ne marche point sur les traces
de son père.
77. Priez, mes frères, et vous, ô mères, donnez un litre cours
à vos pleurs.
78. Ce nom vous trompe en vous offrant le présage d'un ré-
gime fortuné.
79. Il ne reste plus rien d'heureux ; fuyez hors du pays, ô vous,
anciens habitans.
80. Et le voilà étendu, éteint et brisé au dehors et au dedans.
81. Tout à coup le jeune homme frémit, tandis que la grande
procréatrice gémit ;
82. Mais qui pourra rétablir l'état (de paix) troublé comme
il l'est?
83. Il saisira ses drapeaux, mais il aura à déplorer de cruels
revers.
84. Ensuite les vents du sud venant à souffler, il veut con-
fier sa vie à une réclusion.
85. Celui qui suit, le pire de tous, imite ses pervers aïeux.
86. La force d'esprit lui manque, la crainte de Dieu manque
à la nation.
87. Celui à qui il demande du secours s'est mis en opposition
contre lui-même,
88. Et il meurt dans les eaux, tandis qu'il est occupé à tout
mettre sens dessus dessous.
89. Le fils fleurira, il obtiendra ce qu'il n'auroit pas espéré,
90. Mais vers ces temps-là, son malheureux peuple pleurera ;
20
91. Nam sortis mirae videntur fata venire,
92. Et princeps nescit quod nova potentia crescit.
93. Tandem sceptra gerit, qui stemmatis ultimus erit.
94. Israël infandum scelus audet morte piandum,
95. Et pastor gregem recipit, Germania regem :
96. Marchia, cunctorum penitùs oblita malorum,
97. Ipsa suos audet fovere, nec advena gaudet.
98. Priscaque Lehnini surgunt et tecta Chorini;
99. Et veteri more clerus splendescit honore,
100. Nec lupus nobili plus insidiatur ovili.
21
01. Car on voit arriver d'étonnans coups du sort,
92. Et le prince ne sait pas qu'une nouvelle puissance s'ac-
croît.
93. Enfin celui-là porte le sceptre, qui sera le dernier de la race.
94. Israël ose commettre un crime exécrable, et que la mort
doit expier.
95. Le pasteur recouvre son troupeau, et l'Allemagne un roi :
96. La Marche, oubliant entièrement tous ses malheurs,
97. Choie en toute liberté ses enfans, et l'étranger ne s'y ré-
jouit plus.
98. Les antiques bâtimens de Lehninn et de Chorinn se relèvent,
99. Le clergé brille des honneurs qu'on lui rend suivant l'an-
cien usage.
100. Et le loup ne dresse plus d'embûches au noble bercail.
L'ensemble des passages de cette prophétie, qui ren-
ferment un sens relatif à la France, se divise en sept
séries de prédictions. La première comprend les vers 10
à 12, et en outre 14 à 26 ; la seconde, les vers 27 à 34 ;
la troisième, les vers 47 à 67 ; la quatrième, les vers 68
à 75; la cinquième, les vers 76 à 80; la sixième, les
vers 81 à 88, et la septième, les vers 89 à 100. Les des-
tinées de la France et de ses gouvernemens successifs se
trouvent décrites, dans la première série, depuis le 10
août 1792 jusqu'au congrès de Vienne en 1815; dans la
deuxième, depuis la première restauration jusqu'au mo-
ment actuel et peut-être au-delà; dans la troisième,
depuis 1789 jusqu'à la première restauration; dans la
quatrième, depuis l'installation du gouvernement con-
ventionnel, en 1792, jusqu'à la première restauration;
dans la cinquième, depuis 1789 jusqu'au commencement
de l'an 1814, et peut-être jusqu'au-delà du temps ac-
tuel; dans la sixième, depuis le 18 brumaire jusqu'au
moment actuel et peut-être au-delà, et enfin, dans la
septième, depuis la première restauration jusqu'au mo-
ment actuel, et peut-être au-delà.
NOTES.
PREMIERE SERIE.
ÉPOQUE DE 1792 A 1815.
10. Et nunc, absque morâ, propinquat flebilis hora,
11. Qui stirps Othonis , nostroe decus regionis ,
12. Magna ruit fato , nullo superstite nato.
10. Maintenant (1) voilà que s'avance à grands pas l'heure
lamentable
11. À laquelle la grande race d'Othon, l'ornement de notre
pays,
12. Succombe sous les coups du sort, sans laisser aucun fils.
La famille royale de France, qui faisoit l'or-
nement de ce pays par ses vertus, par ses qua-
lités aimables ; par les bienfaits sans nombre
qu'elle avoit répandus sur lui, succombe en
1792 sous les coups du sort, sans laisser au-
(1) Les vers qui précèdent le 10e ne pouvant pas être ap-
pliqués à la France, le mot maintenant doit s'entendre
d'une époque peu antérieure à celle où dévoient se passer les
évènemens dont la description commence dans le vers 11e.
§3^ 24 ^Bi
cun enfant mâle investi de la dignité souve-
raine. Quatre ans auparavant, Louis XVI ré-
gnoit encore glorieusement sur la France,
entoure' de deux fils, de deux frères et de deux
neveux. Dans cet espace de temps, tous ces
princes infortunés furent ravis à l'amour des
bons Français; avant la fin de 1792, il n'y en
avoit pas un seul qui n'eût été moissonné par
la mort, ou qui ne fût ou banni ou enfermé
dans un cachot.
Les vers 14 à 24 contiennent le récit des
vicissitudes que le Brandebourg éprouva dans
l'intervalle de l'extinction de la race d'Anhalt
à l'établissement du gouvernement stable et
régulier du margrave Frédéric 1er. On y trouve
pareillement l'exposé de celles par lesquelles
la France a passé depuis l'expulsion de la fa-
mille royale jusqu'au second rétablissement de
Louis XVIII. Cependant, pour que ce der-
nier exposé soit d'accord avec l'histoire, les
vers doivent être placés dans un ordre un peu
différent, savoir, dans celui qui va être in-
diqué.