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Souvenir de la Saint-Vincent. Histoire, cantiques et oraison de St Vincent de Paul

15 pages
chez l'auteur (Chauny). 1867. Vincent de Paul, Saint. In-16. Pièce.
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SOUVENIR DE LA SAINT-VINCENT
HISTOIRE, CANTIQUES
ORAISON
DE
WpT DE PAUL
CHAUNY
CHEZ L'AUTEUR, RUE DE LA CHAUSSÉE, 74.
- 1867
VIE
DE
SAINT VINCENT DE PAUL
Saint Vincent de Paul naquit en 1576 dans le
village de Poy, près de Dax, au pied des Pyrénées.
Ses parents vivaient en cultivant de leurs mains le
modeste héritage qui composait toute leur fortune.
Ils avaient six enfants: Vincent, le troisième par
l'âge, gardait les troupeaux. Les grandes destinées
n'attendent point le nombre des années pour se ré-
véler. On le voyait tout petit enfant, courir au devant
des pauvres et les saluer avec révérence et les cou-
vrir de caresses ; s'il avait son dîner, il le partageait
avec eux et les anges du ciel souriaient à cet ange
de la terre. Plus tard, il distribuait aux malheureux
les quelques sous qu'il avait économisés et quand
son père l'envoyait au moulin quérir la farine, s'il
rencontrait des pauvres en son chemin , il ouvrait le
sac et leur en donnait des poignées. Son père, té-
moin continuel de ces actes, voulut, au prix des plus
grands sacrifices, donner à cette riche nature un
plein développement. Il vendit l'une de ses terres et
une partie de son troupeau et Vincent quitta l'humble
école du village pour suivre à l'université de Tou-
louse, lescours de théologie. Ses études durèrent sept
IV VIE
ans et furelltcoul'onnées de succès. Le 19 septembre
1600, Vincent fut élevé au sacerdoce.
Et Dieu le manifesta au monde comme au sixième
siècle il avait suscité Saint Grégoire-le-Grand et
Saint Bruno; un siècle après, Saint Dominique et
Saint François d'Assise. Il le montra tout d'abord à
la peine, car appelé à Narbonne pour des affaires de
famille , Vincent avait pris la voie de mer afin d'ar-
river plus tôt au terme de son voyage et de faire
quelque-économie en faveur des pauvres. « Le vent
dit-il, fut autant favorable qu'il le fallait, si Dieu
n'eût permis que trois brigantins turcs qui côtoyaient
le golfe de Lion pour attraper les barques qui ve-
naient de Beaucaire, où il y avait une foire que l'on
,estime être des plus belles de la chrétienneté, ne
nous eussent donné la charge et attaqué si vivement
-que deux ou trois des nôtres étant tués et tout le
reste blessé, et moi-même ayant reçu un coup de
flèche qui me servira d'horloge tout le reste de ma
vie, n'eussions été contraints de nous rendre à
ces filous. Ils nous enchaînèrent, et après nous avoir
grossièrement pansés, ils poursuivirent leurs courses
pendant huit jours, faisant mille voleries. Enfin,
chargés de butin, ils arrivèrent à Tunis et procé-
dèrent à la vente de leurs esclaves. Ils commencèrent
par nous dépouiller de nos habits. Ils donnèrent en-
suite à chacun une paire de caleçons, un hoqueton
de lin avec une bonnette, et nous promenèrent par
la ville de Tunis. Nous ayant fait faire cinq ou six
tours par la ville, la chaîne au cou, ils nous rame-
nèrent au bâteau, afin que les marchands vinssent
voir qui leur convenait. Cela fait, ils nous rame-
nèrent à la place, où les marchands vinrent nous
visiter tout de même que l'on fait de l'achat d'un
cheval ou d'un bœuf, nous faisant ouvrir la bouche
pour voir nos dents , palpant nos côtés, sondant nos
plaies, et nous faisant cheminer le pas, trotter et
courir, puis lever des fardeaux, puis lutter, pour
DE SAINT VINCENT DE PAUL V
voir la force d'un' chacun et mille autres sortes de
brutalités. Je fus vendu à un pêcheur , qui, contraint
de se débarrasser de moi parce que je ne pouvais
supporter la mer, me céda ensuite à un vieillard mé-
decin qui avait travaillé, disait-il, pendant cinquante
ans à la recherche de la pierre philosophale. Il
m'aimait et voulait m'attirer à sa loi, il me promit
même, si je voulais changer de religion, de-me lais-
ser tous ses biens, et, ce qu'il estimait infiniment
plus, de me communiquer tous les secrets de sa
prétendue science ; mais grâce à la protection de la
bienheureuse Vierge Marie, que j'implorais de tout
mon cœur, j'échappai à la tentation. Le vieillard
médecin étant mort, je fus vendu à un renégat ori-
ginaire de Nice, qui me mena en son themat situé
dans les montagnes et non loin du désert. Le re-
négat avait une femme qui professait la religion
musulmane. Curieuse qu elle était de savoir notre
façon de vivre, elle venait me voir tous les jours aux
champs où je fossoyais, et un jour elle me demanda
de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouve-
nir du Quomodo cantabimus in terra aliena des
enfants d'Israël captifs en Babylone me fit commen-
cer, la larme à l'œil, le psaume Super flumina Ba-
bylonis, et puis le Salve Regina et plusieurs autres
choses, en quoi elle prenait tant plaisir que c'était
merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari,
le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion,
qu'elle croyait frès-bonne par les louanges que j'a-
vais chantées en sa présence; en quoi elle disait
qu'elle avait ressenti un tel plaisir, qu'elle ne croyait
pas que le paradis de ses pères et celui qu'elle es-
pérait fût si glorieux, ni accompagné de tant de joie,
que le contentement qu'elle avait ressenti pendant
que je louais mon Dieu. »
Et le rénégat revint à son antique foi et l'esclave
recouvrit-la liberté et le maître suivit l'esclave, cap-
fi "mn durit captivitntem. En action de grâce de
VI VIE
cette délivrance vraiment miraculeuse, Saint Vin-
cent fit le pèlerinage de Rome. Pendant son séjour
dans la Ville Eternelle , l'ambassadeur de France le
chargea d'une mission très-délicate près -du roi
Henri IV. Il pouvait se prévaloir de cette distinction
et briguer de hauts emplois; mais, au faite des
honneurs, il aspire à descendre. L'hôpital de la
Charité est la cour qu'il fréquente; Saint François-
de-Sales et le cardinal de Berule les seuls amis dont
il recherche les entretiens. Il administre la cure de
Clichy pendant deux ans et la quitte pour entrer
comme précepteur dans la maison de Gondy. Il
resta douze ans dans cette illustre famille, consa-
crant ses loisirs à évangéliser les villages tl'a;lentou-r.
Les fruits de ses prédications étaient si abondants
que madame de Gondy ouvrit un collège aux prêtres
qui voudraient se livrer, sous sa direction, aux
missions des campagnes. Plusieurs hommes de Dieu
répondirent à cet appel et ils s'en allaient, disent les
histoires du tem ps, de village en village catéchiser
et faire les autres exercices de la mission avec sim-
plicité et humilité, à leurs propres dépens , sans de-
mander ni vouloir recevoir aucune chose de personne.
Et comme ils n'avaient pas le moyen d'avoir des
serviteurs qui demeurassent pour garder le collége
en leur absence, quand ils partaient ils laissaient les
clefs à un bon voisin.
Saint Vincent aimait à rappeler dans la suite ces
humbles commencements; parlant un jour à la con-
grégation de Saint-Lazare, il disait: « Nous aillions
tout bonnement et simplement, envoyés par nos
seigneurs les évêques, évangeliser les pauvres ainsi
queNotre-Seigneur avait fait, etDieudonnaquelques
bénédictions à nos travaux ; ce que voyant d'autres
bons ecclésiastiques, ils se joignirent a nous et de-
mandèrent d'être avec nous. 0 Sauveur! (ju*i eût
jamais pensé que cela fut venu à l'état où il est
maintenant! »