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Statuts. Solidarité alsacienne-lorraine universelle... (3 juillet.)

10 pages
Impr. de Lazarus (Paris). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-4 °. Pièce.
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SOLIDARITE ALSACIENNE-LORRAINE
UNIVERSELLE
PATRIE ! — VERTU ! — HUMANITÉ !
Reprends ton orgueil
Ma noble Patrie;
Quitte enfin ton deuil
Liberté chérie.
Liberté, Patrie,
Sortez du cercueil !...
Et vous, peuples si fiers du trépas de nos braves,
Vous les témoins de notre deuil
Ne croyez pas dans votre orgueil
Que pour être vaincus, les Français soient esclaves.
Gardez-vous d'irriter nos vengeurs à venir;
Peut-être que le ciel, lassé de nous punir,
Seconderait notre courage
Et qu'un autre Germanicus
Irait demander compte aux Germains d'un autre âge
De la défaite de Varrus !
(CASIMIR DELAVIGNE, Messéniennes.)
PARIS
IMPRESSIONS EN TOUS GENRES. — LAZARUS ET COMPAGNIE
BUE DES BONS-ENFANTS, 21
1871
DU PAIN ET DE LA VERTU
SOLIDARITÉ ALSACIENNE-LORRAINE
UNIVERSELLE
PATRIE ! — VERTU ! — HUMANITÉ !
Le Comité Alsacien,
A tous les Alsaciens-Lorrains! A tous les Amis du Bien et de la Justice!
Patrie! — Vertu! — Humanité! voilà notre drapeau à nous, malheureux
enfants de l'Alsace et de la Lorraine. Nos âmes, devenues rempart invincible et sacré
autour de cet étendard du devoir et de l'espérance que nous défendrons jusqu'au dernier
lambeau, jusqu'à la dernière goutte de notre sang; nos âmes outragées, fusionnées
dans les étreintes de l'exil respirent vers toi, ô France, mère patrie! Hier, on nous a
arrachés de ton sein maternel ; le courage de ton désespoir, l'âme violée de les enfants,
le droit des peuples bâillonné, tout, tout, tout a été foulé aux pieds, profané, sali dans
un horrible mélange de sang, de larmes, de bassesses brutales. Aujourd'hui, encore
étendue sur le chemin où ils t'ont entourée, saisie, frappée dans l'ombre, tu t'efforces de
te soulever, ta paupière s'entrouvre, les étincelles de ton âme libre et fière dans sa dou-
leur jaillissent de tes regards et tu nous souris d'un sourire de mère. Demain relevée et
redevenue toi-même, tu porteras haut ton front labouré de cicatrices glorieuses, tu
respireras enfin vers Dieu, et repoussant du pied les restes pourris de l'hydre du servi-
lisme, de l'esclavage intellectuel et de la domination, tu marcheras avec la fierté digne
que le malheur donne à la vraie grandeur vers l'avenir, qui là-bas t'attend au bout de
l'avenue de la paix, de l'amour, de la concorde et de la création. Alors, France chérie,
tu nous délivreras du vautour de l'usurpation brutale, qui nous tient sous ses serres, qui
fouille nos entrailles pour nous arracher ce trésor qui toujours lui échappe, notre âme
vivace; et, dans une sainte étreinte, les regards tournés vers le ciel, nous oublierons, toi
Patrie, les tortures de l'injustice et de la brutalité triomphantes, et nous, tes filles à
la robe souillée par leurs attouchements impurs, mais à l'âme vierge de tout conçu-
binage moral, les larmes amères de l'exilé; notre main frémissante arrachera des
annales de l'histoire cette page souillée, où se trouve enregistré le triomphe de la
force sur le droit et la justice.
A vous, amis sincères et loyaux de l'Humanité, à vous, notre appel plein d'espoir !
Notre esprit, notre coeur résisteront au servilisme, à la pression bestiale, et protesteront
contre l'usurpation; nous le voulons ! Sachons avoir cette courageuse vertu de la pra-
tique d'une philantropie réelle, basée sur un sentiment de justice sociale qui élève à la
fois celui qui reçoit et celui qui donne.
L'âme de l'Alsace et de la Lorraine se raidira contre le servage imposé par le
fer; elle a horreur de la couronne, de son faux prestige et de ses monstrueux abus ; son
coeur, jusqu'à la délivrance, fera sortir des accents de douleur et d'espoir du fond de
cette sentine d'injustice, d'outrages, de brutalité, de vexations de toute nature cimentées
par le fer, le feu, le sang qui le pressent comme une horrible montagne de crimes cini-
quement prémédités.
Ayons le courage de la vertu ! Là est la loi, le salut, la délivrance, parce que là
est la force qui vivifie et féconde toujours sans mourir jamais. La religion, la famille,
l'éducation, voilà les trois pierres angulaires de notre édifice, dans lequel nous appren-
drons à aimer, à prier, à pardonner, à ne pas nous défier de la Providence par une
philosophie infanticide et destructive, à accepter généreusement le devoir du citoyen,
du père, de l'époux et du fils; à soutenir, protéger et relever la femme; à effacer dans
la mesure du possible, les outrages faits à la nature et aux droits de l'âme dans la per-
sonne des enfants naturels par l'insouciance, à rougir du plaisir en côtoyant la faim, la
misère, enfin à sortir de nous-mêmes pour alimenter d'autres êtres que nous de l'aliment
du corps, de l'esprit et du coeur pour respirer avec eux du fond de l'exil vers la
France, notre mère-patrie.
Nous donnerons à nos travailleurs l'amour et le respect des classes dirigeantes ;