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Suite à la brochure des Bourbons et des Stuarts, par Henri Saint-Simon

De
36 pages
impr. de Guiraudet (Paris). 1822. In-8° , 38 p..
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SUITE A LA BROCHURE
ET
SUITE A LA BROCHURE
ET
PAR HENRI SAINT-SIMON.
PARIS,
IMPRIMERIE DE GUIRAUDET,
Bue St.-Honoié, N. 315, vis-à-vis St.-Rock
24 JANVIER 1822.
S
IRE.
Une grande découverte dans la di-
rection des sciences morales et poli-
tiques vient d'être faite.
Cette découverte. n'est pas moins
importante pour nos connaissances
en organisation sociale que celle de la
gravitation universelle pour nos idées
sur le système du monde.
Cette découverte donnera à votre
Majesté le moyen de rétablir le calme
et la tranquillité, en organisant la na-
tion dune manière proportionnée à
l'état de ses lumières.
Cette découverte enfin est sommai-
rement exposée dans cet écrit, qui
est le résultat de quarante années de
recherches laborieuses.
Ce n'est point un sentiment d'amour-
propre qui me pousse à parler de l'im-
portance de mes travaux, c'est la satis-
faction que j'éprouve d'avoir trouvé
le moyen de terminer la crise actuelle ;
c'est aussi le vif désir que je ressens
de fixer l'attention de Votre Majesté
sur ce que je vais dire , dans la per-
suasion où je suis que cela sera très-
utile à son peuple.
Je mettrai d'abord en comparaison
l'ancien système d'organisation socia-
le avec celui que je propose, je parle-
rai ensuite séparément, d'abord du
système que je produis , et après de la
conception qui, jusqu'à ce jour, a ser-
vi de base à l'organisation sociale.
Je terminerai cet écrit par une con-
clusion dans laquelle je dirai très-clai-
rement ce qui doit être fait pour réta-
blir la tranquillité en France et dans
toute l'Europe.
L'hommage d'une grande découverte
scientifique est le plus flatteur qu'un
Roi puisse recevoir, tel est celui que je
prends la liberté d'offrir à V. M.
Dans un premier écrit ayant pour
titre : DES BOURBONS ET DES STUARTS, j'ai
appelé l'attention de Votre Majesté
sur les dangers qui la menacent ; dans
celui-ci j'expose clairement le moyen
défaire cesser les périls qui entourent
la Famille Royale. Ma con duite est
celle d'un bon Français et d'un loyal
sujet : toute poursuite qui serait dirigée
contre moi par MM. les procureurs
du Roi serait déshonorante pour le
trône.
Mon écrit ayant pour titre: DES BOUR-
BONS ET DES STUARTS, a été saisi. Je de-
mande à Votre Majesté. d'ordonner
que cette saisie soit levée.
SIRE,
Je suis,
DE VOTRE MAJESTÉ,
Le fidèle Sujet
HENRI SAINT-SIMON.
P. S: J'espère que Votre Majesté ne s'offensra point
de ce que j'adresse plusieurs fois la parole à mes compa-
triotes, dans l'exposé suivant de mes idées sur l'organisa-
tion sociale. Je suis votre sujet, Sire ; mais je suis aussi ci-
toyen français, et à ce titré , je dois communiquer à mes
concitoyens les moyens que je crois propres à diminuer les
dépenses du gouvernement et l'étendue de ses pouvoirs,.
SUITE A LA BROCHURE
ET
DES STUARTS.
De l'ancienet du nouveau système
politique.
DEUX conditions principales devaient
être remplies avant que la morale pût
devenir une science positive, avant que
la politique put prendre la morale potir
guide, avant que l'espèce humaine pût se
donner une organisation sociale solide,
c'est-à-dire combinée directement dans
l'intérêt de la majorité.
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La première de ces conditions était
que l'imagination des hommes se fût,
calmée; que le goût du merveilleux eût
diminué; que la métaphysique eût per-
du la plus grande partie de son crédit ;
en un mot, il fallait que les connaissan-
tes positives eussent fait assez de pro-
grès , et que la raison eût acquis assez
de force pour que les hommes comp-
tassent davantage sur leurs combinai-
sons scientifiques et sur leurs travaux
industriels, que sur leurs croyances,
leurs prières et leurs pratiques religieu-
ses, pour obtenir l'amélioration de leur
sort*
Or, cette première condition est au-
jourd'hui parfaitement remplie non-seu-
lement en France, mais encore dans
toute l'Europe.
Elle est remplie par les princes ; car,
en formant la Sainte-Alliance, les gran-
11
des puissances ont subalternisé la pa-
pauté , ainsi que les clergés de toutes les
sectes religieuses , et par-là les princes
Ont prouvé qu'ils ont plus de confiance
dans leurs combinaisons positives et dans
celles de leurs ministres pour terminer
la crise actuelle , que dans le pouvoir
théologique et l'aptitude des prêtres
pour perfectionner l'organisation so-
ciale.
La disposition des peuples à cet égard
est encore plus fortement prononcée;
Que des manufacturiers et des mis-
sionnaires arrivent aujourd'hui en mê-
me temps dans le même lieu , les pre-
miers proposant du travail, les seconds
appelant l'attention des croyans sur leurs
sermons : la classe la plus vigoureuse et la
plus capable se porte en foule vers les
premiers; les partisans des autres n'ont
aucune importance ni aucun crédit dans
la société.
12
Quant à la seconde condition, voici en
quoi elle consistait.
Il fallait que la masse de la popula-
tion, c'est-à-dire que la plus grande partie
dés travailleurs, eût acquis la capacité
suffisante pour être en état de conduire
eux-mêmes leurs affaires.
Or, cette capacité, ils l'ont Certai-
nement acquise généralement partout
en Europe, mais particulièrement en
France.
Les ouvriers occupés de la culture
en ont fourni des preuves incontestables
lors de la vente des domaines nationaux.
Plusieurs milliers de simples journaliers
sont devenus subitement propriétaires,
territoriaux, et la plupart ont, dés le
principe, administré leur propriété avec
beaucoup de sagesse et d'intelligence.
Dans toute l'Europe occidentale, les
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ouvriers de toutes les classés traitent de
gré à gré avec les entrepreneurs, et
gèrent eux-mêmes leurs affaires ; ils orit
donc la prévoyance et l'acquis nécessai-
res. Il y a plus : un grand nombre d'en-
tre eux parviennent à devenir chefs de
travaux industriels importans; ce qui
prouve que là capacité, pour les travaux
de l'utilité la plus positive, est générale-
ment répandue dans la masse de la popu-
lation.
Je résumerai ces considérations fonda-
mentales en disant : — Le système d'or-
ganisation sociale n'a pu être jusqu'à ce
jour que provisoire, parce que la majo-
rité de la population se trouvait dans un
état d'ignorance' qui nécessitait qu'elle
restât en tutelle. — VOILA CE QUE J'AP-
PELLE L'ANCIEN SYSTÈME.
Les lumières se sont accrues ; l'état
des choses a totalement changé : ce chan-
gement remarquable surtout ehez les
14
Français, nécessite l'établissement d'un
régime analogue, qui, pour être solide,
doit être combiné directement dans l'in-
térêt de la majorité, ET C'EST CETTE COM-
BINAISON QUE J'APPELLE LE NOUVEAU SYS-
TÈME.
Dans l'ancien, les dispositions prin-
cipales devaient avoir pour objet de don-
ner beaucoup de force au gouvernement,
et d'établir solidement le pouvoir des
premières classes sur les dernières : car
l'état d'ignorance du plus grand nombre
rendait très-difficile le maintien de l'or-
dre social.
Les considérations relatives à l'emploi
des forces de la population, pour procu-
rer à la masse des jouissances morales et
une existence agréable, n'ont pu être en-
visagées, dans l'organisation de ce sys-
tème , que comme des considérations
secondaires, puisque la principale affaire
était de constituer la société, c'est-à-
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dire de faire l'éducation de la masse.
Dans le nouveau système, au contrai-
re , les dispositions principales doivent
avoir pour objet d'établir clairement et
de combiner le plus sagement possible le
projet des travaux à faire par la société,
pour améliorer physiquement et mora-
lement l'existence de tous ses membres ;
et les considérations relatives aux pré-
cautions à prendre pour maintenir l'or-
dre social, ne doivent être envisagées
que comme d'une importance secondai-
re, parce que, dans l'état actuel de la
civilisation, l'ordre social est très-facile
à maintenir. La division qui s'est intro-
duite dans les travaux a lié complète-
ment les hommes ensemble. Les choses
sont arrivées au point que chacun dé-
pend de ses voisins,
L'expression, système d'organisation
sociale, est très-pompeuse; elle en im-
pose à beaucoup d'esprits : beaucoup de
16
personnes se figurent que cette question
est tellement compliquée, tellement abs-
traite, qu'il leur est impossible de se for-
mer une opinion claire à ce sujet. Cepen-
dant, en réalité, un système d'organisé
tion sociale n'est autre chose qu'un apte
d'Association; et toute personne qui se
fait une idée nette de la manière dont
un acte d'association doit être conçu, se
trouve en état de juger très-pertinem-
ment du système d'organisation sociale
qui convient à l'état présent des lumiè-
res et de la civilisation. Peu de mots suf-
firont pour prouver ce que je viens d'a-
vancer.
Le point le plus important de tout
contrat d'union est si positivement de
stipuler l'objet de l'association et de l'é
noncer en tête de l'acte ; l'opinion à,
cet égard est si généralement formée/
que le dernier clerc de notaire ne pro-
céderait pas autrement, s'il était char-
gé d'un semblable travail, dans le cas

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