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DiT
fA.
THEATRE DE LA GUERRE'
et Mardi es de la Grande A rrnee
de l'Armee d'Italie
) t/tiiit la Campagne
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N,. Par J.R. Poir son.
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S U P P I. ÉM E N T
AUX CAMPAGNES -
D E
LA GRAN.DE ARMÉE
ET DE L'ARMÉE D'IT
EN L'AN XIV, i8o5 (:
Nota. Pour compléter l'Ouvrage que nous avons pobno- aittfg
le Titre ci-dessus, il nous a paru nécessaire de donner un Sup-
plément qui contînt les Traités de l'Angleterre avec les diffé-
rentes Puissances de l'Europe coalisées contre la France dans
cette guerre, et les. Notes échangées entre les Négociateurs de
ces Puissances. Nous y avons joint rquelques observations ex-
traites des Journaux anglais, et relatives à tes traités; plus la
marche de l'Armée française dans le royaume de Naples, après la
violation odieuse du Traité conclu entre l'Empereur NAPOLÉON
et cette Cour parjure'; les Proclamations et Ordres du jour adres-
sés à cette Armée.
Nous espérons qu'on nous saura gré de donner au public ces
détails intéressans pour l'Histoire, et qu'on ne nous fera au-
cun reproche de ne les avoir pas joints de suite à notre ou-
vrage, puisque toutes ces pièces n'ont paru que depuis sa pu-
blication.
(1) Pour l'intelligence du Dictionnaire Géographique joint à l'onvrage
dont celui-ci est le Supplément, nous observons que le mille d'Alle-
magne fait environ na myriamètre de France.
( 3 )
*
1 *'
T R A I T "É S, etc. -
Présentés par ordre de sa Majesté Britannique
, aux deux Chambres du Parlement dAngleterre,
le 2,8 janvier 1806 (1). -
Traité de Coopération (concert) entre Sa Majesté et TEm-
- pereur de toutes les Russies, signé à Saint-Pétersbourg
le 11 avril i8o5. ..,
AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE ET INDIVISIBLE TRINITÉ.
SA MAJESTÉ le Roi du royaume-uni de la Grande-
Bretagne et d'Irlande, et S. M. l'Empereur de toutes les
Russies, étant animés du désir de rendre à l'Europe la
paix, l'indépendance et le bonheur, dont elle est priyée
par l'ambition sans bornes du Gouvernement français et
par l'influence sans mesure qu'il cherche à s'arroger, onf
résolu d'employer tous les moyens qui sont en leur pouvoir
pour obtenir ce but salutaire, et pour prévenir le retour
de semblables circonstances désastreuses; et ils ont nommé
pour cet effet ; savoir, S. M. le Roi du royaume-uni de la
Grande-Bretagne et d'Irlande, le lord Granville Leveson
Gower, son ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire
auprès de S. M. l'Empereur de toutes les Russies; et S. M.
l'Empereur de toutes les Russies, le sieur Adam, prince
de Czartoryski, l'un des membres de son conseil-privé, etc. 5
(l) Avant de présenter ces Traités à la Chambre , lord Castlereagh.
lui observa que plusieurs articles ne pouvaient lui êtrè soumis, comme
étant d'une nature trop délicate pour permettre à la loyauté anglaise
de les faire connaître, la publicité de certaines stipulations devant infail-
liblement compromettre les intérêts et la sûreté de plusieurs peuples.
( Note du Rédactern.)
(4)
et le sieur Nicolas de Novossilzoff, son chambellan, etc.,
lesquels, après avoir vérifié et échangé leurs pleins-pou-
voirs, qui ont été trouvés en bonne et due forme, sont
convenus des articles suivans:
ART. Ier. Comme l'état de souffrance où se trouve l'Eu-
rope demande un prompt remède, LL. MM. le roi du
royaume-uni, etc., sont convenus réciproquement de con-
férer sur les meilleurs moyens d'y mettre un terme, sans
attendre de nouveaux empiétemens de la part du Gouver-
nement français. Ils ont résolu en conséquence, d'employer
les moyens les plus prompts et les plus efficaces pour for-
mer une ligue générale des Etats de l'Europe , et pour les
engager à accéder à la présente coalition ; et pour arriver
au but qu'on se propose, de réunir une force qui, indépen-
damment des secours fournis par S. M. Britannique, pourra
se monter à cinq cent mille hommes effectifs, et de l'em-
ployer avec énergie, à l'effet d'amener ou de forcer le Gou-
vernement français à consentir au rétablissement de la paix
et de 1 équilibre de l'Europe.
II. Cette ligue aura pour objet d'effectuer ce qu'on se
propose par la présente coopération; savoir:
L'évacuation du pays d'Hanovre et du nord de l'Alle..
magne.
Le rétablissement de l'indépendance des républiques de
Hollande et de Suisse.
Le rétablissement du roi de Sardaigne en Piémont, avec
une aussi grande augmentation de territoire que les circons-
tances le permettront.
L'indépendance future du royaume de Naples, et l'en-
tière évacuation de l'Italie, y compris l'Isle-d'Elbe, par
les armées françaises.
L'établissement d'un ordre de choses en Europe qui
puisse garantir efficacement la sûreté et l'indépendance des
différens Etats, et opposer une barrière solide à de futures
usurpations.
III. S. M. Britannique, afin de concourir efficacement,
de son côté, aux heureux effets de la présente coopéra-
tion , s'engage à contribuer aux communs eHorts, en em-
( 5 )
voyant ses forces de terre et de mer, ainsi que ses bii-
mens propres au service des transports , de la manière qui
sera déterminée par le plan général des opérations; S. M.
fournira en outre aux diverses puissances qui se ligueront,
des subsides, dont le montant sera en proportion des forces
qu'elles fourniront; et afin que lesdits subsides soient ré-
partis de la manière la plus convenable pour opérer le bien
commun, et pour aider les puissances en proportion des
efforts qu'elles feront pour contribuer à l'avantage commun,
il est convenu que ces subsides ( d'après des dispositions par-
ticulières, seront fournis dans la proportion de 1,250,000 liv.
sterl. pour chaque cent mille hommes de troupes régulières,
et ainsi en proportion pour un plus grand ou moindre
nombre, payables selon les conditions ci-après spécifiées.
IV. Lesdits subsides seront payables par portion, de
mois en mois, dans la proportion des forces que chaque
puissance emploiera pour combattre l'ennemi commun , et
d'après l'état officiel des armées qui seront employées à l'ou-
verture de la campagne, et des divers renforts qui les join-
dront. Il sera fait un arrangement en conformité du plan
d'opérations , d'après lequel on déterminera l'époque où ces
subsides commenceront à être payés , ainsi que le mode et
le lieu du paiement, de la manière qui sera la plus conve-
nable à chacune des puissances belligérantes. S. M. Britan-
nique se mettra pareillement en mesure d'avancer , dans le
courant de cette année, une somme pour mettre les troupes
en mouvement. Cette somme sera réglée par des arrange-
mens particuliers qui auront lieu avec chacune des puis-
sances qui prendra part à la coalition ; mais sadite Majesté
entend que le maximum des sommes qui seront fournies à
l'une ou l'autre des puissances dans l'année courante , soit
pour le montant de ladite avance ou pour les subsides de
chaque mois, ne pourra en aucun cas excéder la propor-
tion de 1,250,000 livres sterling pour chaque cent mille
hommes.
V. Il est convenu entre les hautes parties contractantes
que les differens membres de la ligue auront la faculté res-
pective d'avoir des personnes accréditées auprès des com-
( 6 )
mandans en chef des différentes armées , pour suivre la
correspondance et surveiller les opérations militaires.
VI. Dans le cas où plusieurs puissances seraient liguées
pour la cause commune, leurs Majestés s'engagent à ne ja-
mais faire la paix que du consentement de toutes les parties.
VII. La présente coopération qui est mutuellement re-
connue par les hautes parties contractantes comme aussi
valide et obligatoire que le traité le plus solennel, sera rati-
fiée par S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne
et d'Irlande, et par S. M. l'Empereur de toutes les Russies,
et les ratifications en seront échangées à Saint-Pétersbourg
dans l'espace de six semaines, ou plutôt si faire se peut.
En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs ont signé le
présent, et y ont apposé leur sceau.
Fait à Saint-Pétersbourg, le 3o mars - ir i avril i8o5.
Signés GRANVILLE-LEVESON-GOWER.
ADAM, prince CZARTORYSKI.
NICOLAS DE NOVOSSILZOFF.
Premier article séparé du traité de coopération entre S. M.
et l'Empereur de Russie, signé à Saint-Pétersbourg le 11
avril i8o5.
S. M. l'Empereur de toutes les Russies ayant fait con-
naître à S. M. Britannique ses arrangemens avec LL. MM.
l'Empereur d'Allemagne et le Roi de Suède, S. M. Britan-
nique s'engage à remplir ses engagemens énoncés dans le
présent traité de coopération à l'égard de chacune de ces
puissances, si dans l'espace de quatre mois, à compter du
jour de la signature du présent acte, ces deux puissances,
ou l'une d'elles, ont fait agir leurs forces contre la France ,
en vertu des engagemens qu'ils ont pris avec S. M. l'Empe-
reur de toutes les Russies.
Cet article séparé sera aussi valide et aussi obligatoire
que s'il était inséré mot pour mot dans le traité de coopé-
ration signé cejourd'hui, et sera ratifié en même tem ps.
En foi de quoi, etc.
( 7 )
Quatrième article séparé, etc.
La réunion de 5oo,ooo hommes effectifs n'étant pas
aussi facile qu'elle est désirable , leurs Majestés sont conve-
nues qu'on opposerait le plutôt possible à la France une
armée active de 400,000 hommes, composée de la manière
suivante: l'Autriche fournira 250,000 hommes; la Russie
ne fournira pas moins de n5,ooo hommes, indépendam-
ment des levées qu'elle fera en Albanie, en Grèce, etc.,
et le reste des 400,000 hommes sera completté par Naples,
l'Hanovre, la Sardaigne et autres.
Cet article séparé, etc.
1
Cinquième article séparé, etc.
S. M. l'Empereur de toutes les Russies s'engage pareil-
lement à faire marcher, le plutôt possible, une armée qui
ne sera pas moindre de 60,000 hommes vers les frontières
d'Autriche , et une autre de 80,000 hommes au moins vers
les frontières de Prusse, pour être prêtes à coopérer avec
lesdites cours dans la proportion déterminée par le traité de
coopération signé cejourd'hui, et à les défendre respective-
ment dans le cas 0..11 elles seraient attaquées par la France ,
qui pourrait les supposer engagées dans quelque négocia-
tion relative à un objet contraire à ses vues; mais il est en-
tendu que, indépendamment de 115,000 hommes que
S. M. I. de toutes les Russies doit faire agir contre, les
Français , il entretiendra des corps de réserve et d'observa-
tion sur ses frontières.
Il est de plus convenu que, comme les forces promises
par S. M. l'Empereur de Russie quitteront en tout ou en
partie les frontières de son Empire, S. M. Britannique leur
paiera les subsides convenus par le présent traité jusqu'à
leur retour en Russie, et de plus l'équivalent de trois mois
de subsides comme première mise en campagne.
Les troupes russes qui se trouvent actuellement dans les
Sept-Isles, et celles qui peuvent y être encore envoyées,
ne jouiront pas de l'avantage des subsides et de la première
( 8 )
tnise en campagne avant le jour de leur départ des Sept-
Isles, pour commencer les opérations contre les Français.
Ççt article séparé, etc.
iSixième article séparé, etc.
S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et
d'Irlande, et S. M. l'Empereurde toutes les Russies, étant
disposés à former une coopération énergique, dans la seule
vue d'assurer à l'Europe une, paix solide, fondée sur les
principes de justice , d'équité et de la loi des nations , par
lesquels ils sont constamment guidés, sont pénétrés de la
nécessité d'un accord mutuel, dans les circonstances ac-
tuelles, sur les principes qui vont diriger leurs opérations.
Ces principes ne sont en aucune manière de contrôler
l'opinion publique en France ni dans aucun pays où les ar-
mées combinées peuvent diriger leurs opérations t relative-
ment à la forme du gouvernement qu'il peut être convenable
d'adopter;.ni de s'approprier, jusquà la conclusion d'une
paix, aucune des conquêtes faites par l'une ou l'autre des
parties belligérantes ; et de prendre possession des villes et
territoires qui pourront être enlevés à l'ennemi commun,
au nom du pays ou de l'Etat auxquels ils appartiennent par
un droit reconnu, et dans tous les autres cas, au nom de
tous les membres de la ligue ; et enfin de réunir à la fin de
la guerre un congrès général, pour discuter et fixer le code
de la loi des nations sur une base plus déterminée qu'on ne
l'a pu faire malheureusement jusqu'à présent ; et d'en garan-
tir l'exécution par l'établissement d'un système fédératif
adapté à la situation des diftërens Etats de l'Europe.
Cet article séparé , etc.
-
Huitième article séparé, etc.
Comme il pst possible que l'influence que le Gouverne-
ment français cherche à exercer sur les conseils des diffé-
rens Etats de l'Europe , détermine l'un ou l'autre de
ces Etats à mettre des entraves à l'accomplissement des
( 9 )
effets salutaires qui sont l'objet de la. présente coopération,
et même à avoir recours à des mesures hostiles contre l'une
des hautes parties contractantes , nonobstant leurs eflorts
pour rétablir en Europe un ordre de choses équitable et
permanent, S. M. Britannique et S. M. l'Empereur de Russie
s'engagent à faire cause commune contre toute puissance
qui, par l'emploi de ses forces, ou pour une union trop
intime avec la France, prétendrait mettre des obstacles es-
sentiels au développement que les hautes parties contrac-
tantes croiront devoir prendre pour obtenir les résultats
qu'on se propose par la présente coopération.
Cet article séparé , etc.
Onzième article séparé, etc.
Les hautes parties contractantes reconnaissant la nécessité
d'appuyer par des démonstrations énergiques les propositions
de paix qu'ils ont l'intention de faire à BONAPARTE , ont
résolu d'inviter S. M. apostolique , impériale et royale à
mettre ses armées en mesure d'agir sans délai, en les met-
tant au complet, et en les concentrant dans le voisinage
des frontières de France. S. M. Britannique considérant les
dépenses extraordinaires que cette mesure rendra néces-
saires , promet et s'engage de fournir à S. M. I. et R., im-
médiatement après son adhésion à la présente coopération,
la somme d'un million sterling pour première mise en cam-
pagne , laquelle ne sera point redemandée par S. M. Britan-
nique, dans le cas où les négociations pour la paix auraient
une issue favorable , et pourvu que, da is le cas contraire,
l'Autriche entrât sur-le-champ en campa ;ne.
Cet article séparé, etc.
Article séparé et secret.
Quoique les hautes parties contractantes soient convenues,
par le premier article séparé du traité de coopération,
arrêté cejourd'hui entr'elles , que l'Autriche et la Suède
n'auront part aux avantages de ladite coopération que dans
r 10 )
> - - 1
le cas où elles feraient marcher leurs troupes contre la France
quatre mois après sa signature , en vertu de leurs engage-
fnens avec S. M. l'Empereur de toutes les Russies; cepen-
dant S. M. Britannique, considérant l'avantage résultant pour
la sûreté future de l'Europe, d'une union pareille à celle
formée par S. M. l'Empereur de toutes les Russies avec
LL. MM. l'Empereur d'Allemagne et le roi de Suède, à l'effet
de s'opposer à de nouvelles usurpations de la part de BONA-
PARTE, promet de remplir les stipulations de la présente coo-
pération de la même manière à l'égard de ces deux puis-
sances; si, dans le courant de l'année i8o5 toutes deux ou
l'une d'elles font marcher leurs forces contre la France , en
vertu de leurs engagemens avec l'Empereur de toutes les
Russies.
Cet article séparé, etc.
Article additionnel.
S. M. l'Empereur de toutes les Russies, animé par le désir
sincère d'assurer le succès de l'entreprise concertée contre
la France, ayant résolu, dans le cas où les circonstances
l'exigeraient, de porter le nombre de ses forces jusqu'à 180
mille hommes, S. M. Britannique s'engage à lui payer une
augmentation de subsides et de première mise en campagne,
proportionnée à l'augmentation de ses forces.
Cet article additionnel, etc.
* Article additionnel au traité de coopération, signé à Saint-
Pétersbourg le ir avril i 8o5.
Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies , se propo-
sant de se concerter avec la cour de Vienne pour faire
approcher ses armées des frontières de France, en traver-
sant les territoires autrichiens et prussiens, en déclarant que
l'objet de ces mouvemens est d'obtenir des sûretés pour le
Continent, promet et s'engage envers S. M. Britannique , en
son nom et en celui de ses alliés, que, quand même les
circoactances exigeraient qu'au moment où les troupes russes
( II )
, commenceraient leur marche, elles déclarassent que ce
mouvement n'est nullement combiné avec une convention
existante avec S. M. Britannique, mais que les puissances du
Continent réclament de la France J'exécution de ses enga-
gemens directs envers elles ; néanmoins aussitôt que la guerre
aura éclaté, on ne suivra plus d'objet particulier, et le
traité de coopérationdu 11 avril i8o5 aura touLson effet.
D'après cette a-ssurance, S. M.Britannique promet et s'engage
en premier lieu, de remplir à l'égard de l'Empereur de
toutes les Russies , les stipulations, de l'acte de coopération
ci-dessus, daas toutes ses parties, aussitôt que la guerre aura
éclaté entre la Russie et la France, et spécialement de
fournir aux troupes russes les subsides convenus , payables
du jour où elles auront quitté les frontières de l'Empire, et
en outre les trois mois de subsides stipulés sous la dénomi-
nation de première mise en campagne ; avec cette condition
néanmoins, que quelque long que -puisse être l'intervalle
• entre le départ des troupes russes et le commencement des
hostilités, S. M, Britanique ne payera que six mois de sub-
sides en tout, y compris la première mise en campagne.
En second lieu, de remplir , à l'égard de l'Autriche,
toutes les stipulations de la coopération ci-dessus, et spé-
cialement tout ce qui a rapport aux subsides, aussitôt que
l'ambassadeur de S. M. I. et R. aura signé l'acte d'accession
de sa cour. Et enfin, en dernier lieu, de remplir les mêmes
engagemens envers les autres alliés de la Russie qui pren-
dront part à cette entreprise.
Cet article additionnel, etc. * -
Déclaration préliminaire du comte Stadion à lord Granville
Leveson Gower, datée de'Saint-Pétersbourg, le 28 juillet
(9 août i8o5.). "*
Le soussigné, ambassadeur extraordinaire et plénipoten-
tiaire de S. M. I. etR. apostolique , par ordre de son auguste
maître, ap rès avoir invité son Exc. l'ambassadeur de la
Grande- Bretagne à. se joindre à lui dans Les déclarations
( 12 )
préliminaires qu'il a échangées cejourd'hui avec son Exc. let -
prince Czartoryski, a , de plus , fait la déclaration suivante :
« S. M. I. et R., en accédant au traité conclu le 11 avril
i8c5, et subséquemment ratifié par les cours de Londres
et de Saint-Pétersbourg, sous les réserves, modifications et
demandes énoncées dans les susdites déclarations prélimi-
naires, limite les secours pécuniaires qu'elle attend de S. M.
le roi de la Grande-Bretagne, pour l'année courante i8o5 ,
à la somme de trois millions sterling, dont un million et
demi pour première mise en campagne, laquelle somme sera
payée le plutôt possible, et l'autre million et demi pour lesr
subsides, sera soldé en paiemens égaux pendant chaque
mois, jusqu'à la fin de l'année. Ces subsides, ainsi qu'un
million de la somme allouée pour première mise en campa-
gne, seront fournis à S. M. I., et resteront en sa possession,
quand bien même ses démonstrations vigoureuses n'éclate-
raient pas en hostilités, et ne tendraient qu'à appuyer les
négociations pour le rétablissement de la paix. De plus,
comme ces démonstrations hostiles serviront très-efficace-
ment à arriver au but qu'on s'est proposé par le traité de
coopération, auquel S. M. I. a accédé, elle espère que, tant
qu'elles continueront, les subsides continueront pareillement
à lui être payés, de la même manière que si ses armées
étaient employées dans une guerre active, et que pour
l'année 1806 et les années suivantes, eu égard au grand
nombre de troupes qu'elle oppose à l'ennemi commun , le
subside sera porté à quatre millions sterling , payables,
comme il a été stipulé ci- dessus, jusqu'au retour des régi-
mens dans les états héréditaires.
» S. Exc. l'ambassadeur de la Grande-Bretagne ayant
déclaré que les instructions et les ordres formels de sa cour
l'empêchaient d'accéder sans restriction aux demandes sus-
dites, et s'étant engagé par un actpréljminaire, échangé
avant le présent, à des conditions qui en diffèrent considé-
rablement :
» Le soussigné accepte cet acte qui lui a été délivré par
l'ambassadeur d'Angleterre ; mais il déclare en même temps
qu'il ne regard e pas les sommes qui y sont stipulées, comnac
( i3 )
uffisantes, et qu'il reserve expressément à sa cour le droit
de réclamer, à cet effet, l'entière exécution de ses de-
mandes.
» En transmettant cette déclaration préliminaire, qui
doit être regardée comme aussi valide que le traité le plus
solennel, à son Exc. l'ambassadeur d'Angleterre, le soussi-
gné est autorisé à lui déclarer en même temps qu'il est prêt
à procéder immédiatement, sur lesdites bases, à la con-
clusion de l'acte formel d'accession de l'Autriche au traité
du 11 avril.. -
» Les présentes seront ratifiées par les cours respectives ,
dans le plus court délai possible.
( » En foi de quoi le soussigné, en vertu des pleins-pouvoirs
de S M. I. et R. apostolique, a signé la présente déclaration ,
préliminaire, et y a apposé le sceau de ses armes.
» Fait à Saint-Pétersbourg, le 28 juillet (9-,août 1805 ) ».
Signe'J. PHILIPPE , comte DE STADION.
Déclaration du comte de Stadion au prince Czartoryski,
datée de Saint- Pétersbourg, le 9 août 18 0 5.
1
Le soussigné, etc. étant spécialement autorisé par l'Em-
pereur , son auguste maître, en réponse à la déclaration qui
lui a été adressée par son Exc. le prince Czartoryski, en
date de ce jour, fait la déclaration suivante ;
1°, S. M. I. et R., en acceptant les différens articles énon-
cés dans cette déclaration, accède au traité conclu entre la
Russie et l'Angleterre, le 11 avril de cette année, ainsi qu'au
dernier plan que le ministre russe a fait présenter à Vienne.
S. M. promet d'en remplir les conditions, à l'exception des
modifications, clauses et demandes renfermées dans les dif-
férentes pièces officielles, auxquelles S. M. I. de Russie a
donné son consentement dans la déclaration préliminaire qui
sera prise comme base des mesures concertées entre l'Au-
triche et la Russie pour arriver au but qu'on se propose.
20. S. M. I. et R. s'engage à exécuter sans délai les dispo-
sitions militaires arrêtées à Vienne le 16 juillet, soit pour
C 14 )
les démonstrations hostiles qui doivent faciliter les négocia-
tions, soit pour les opérations contre l'ennemi qui peuvent
s ensuivre; dans la confiance et la certitude que la présente
convention préliminaire sera exécutée en tout point et litté-
ralement , et que l'arrangement définitif sera conclu sans
délai, et sur la même base, entre les trois puissances.
3°. S. M. I. et R. s'engage , aussitôt que la totalité , ou
même une partie des troupes russes auront quitté leurs fron-
tières, de ne traiter de la paix que sur la base que S. M. a
reconnue elle-même être indispensable pour la sûreté de
l'Europe; et si les hostilités ont lieu, de ne souscrire ni paix
ni trêve, que du consentement des alliés , selon les condi-
tions du traité du 11 avril de cette année.
Le soussigné, en transmettant la présente déclaration
préliminaire, etc.
Fait à Saint-Pétersbourg, le 9 août i8o5.
Signé, J. PHILIPPE, comte DE STADION.
Copie de la déclaration adressée par le prince Czartoryski
à l'ambassadeur comte de Stadion j le 9 août 1805.
Le soussigné ministre des affaires étrangères, étant auto-
risé à cet effet par S. M. l'Empereur de toutes les Russies ,
adresse à son Exc. le comte de Stadion , la déclaration sui-
vante :
10. Les diverses observations et propositions énoncées
par la cour de Vienne, dans la déclaration préliminaire ,
remise par le vice-chancelier de cour et d'Etat, comte de
Cobentzl, à l'ambassadeur comte de Razoumosky, le 7 juil-
let , sont regardées par S. M. l'Empereur de toutes les Rus-
sies, comme devant servir de base aux mesures qui auront
lieu de concert entre les cours de Russie de Vienne et de
Londres. On adopte pareillement les modifications qui y sont
proposées par S. M. I. et R., pour l'arrangement des affaires
du Continent, dans le cas où il y aurait quelqu'espoir d'évi-
ter la guerre AU moyen des négociations.
20. S. M. l'Empereur de toutes les Russies confirme les
( 15 )
arrangemens militaires détaillés dans le protocole des confé-
rences qui ont eu lieu entre le général baron de Wintzin-
gerode d'une part, et le prince de Schwarzenberg et le gé-
néral Mack d'autre part, lequel a été signé le 10 juillet. Et
S. M. I. s'engage formellement à l'entière exécution des me-
sures qu'il rencontre.
3°. S. M. l'Empereur de toutes les Russies s'engage, en
outre, à employer ses bons offices auprès de S. M. Britan-
nique , pour obtenir son consentement aux modifications et
aux demandes contenues do.ns la pièce intitulée : Remarques
sur certaines clauses particulières de la convention signée
entre les cours de Saint-Pélersbourg et de Londres, le n
avril de cette année.
4°. S. M. l'Empereur de toutes les Russies promet d'em-
ployer ses bons offices pour engager S. M. Britannique à
accorder à la cour de Vienne la totalité des subsides par
elle demandés, à la condition néanmoins que, dans le cas
de non-succès, cette circonstance n'occasionnera pas un
changement essentiel dans les mesures concertées entre la
Russie et l'Autriche.
5°. S. M. l'Empereur de toutes les Russies s'engage, aus-
sitôt que tout ou partie des troupes russes auront quitté
leurs frontières , de ne traiter de la paix que sur les bases
qui ont été reconnues par S. M. I. comme indispensables
pour la sûreté de l'Europe; et lorsque la guerre aura éclaté,
de ne souscrire à aucune paix ni trêve sans le consentement
des alliés, d'après les stipulations du traité du II avril 1805.
Le soussigné, en transmettant la présente déclaration pré-
liminaire, etc.
Fait à Saint-Pétersbourg, le 9 août i8o5.
Signé, le prince ADAM CZARTORYSKI.
Déclaration du prince Czartoryski au lord G. L. Gower,
datée de Saint-Pétersbourg, le 9 août i8o5.
Le soussigné ministre, adjoint aux affaires étrangères, a
ordre de S. M. l'Empereur de toutes les Russies, d'adresser
( 16 )
à son Exc. l'ambassadeur lord Granville-Lereso'n-Gpwer r
la déclaration suivante :
1°. Le soussigné a échangé cejourd'hui avec son ExceL
l'ambassadeur d'Autriche, les déclarations dont copies en-
jointes.
2°. S. M. l'Empereur de toutes les Russies s'atlend que
l'Ambassadeur d'Angleterre adhérera sans réserve, au nom
de sa cour, à leur contenu, et que, s'il ne se croyait pas
suffisamment autorisé à cet effet, il reconnaîtra par une dé-
claration formelle, les différens points auxquels il peut dès
à présent accéder.
3^. Le soussigné est autorisé à échanger cette déclaration
contre celle qui lui sera. remise par son. E. lord-Grànvllle-
Leveson-Gower.
La présente déclaration, et celle qui sera remise par l'am-
bassadeur d'Angleterre, devant tenir lieu du traité le plus
solennel, seront échangées, etc.
( Fait à Saint-Pétersbourg, le 28 juillet (9 août i8o5).
ySignét ADAM, prince CZARTORYSKI.
Déclaration signée par lambassadeur de S. M. Britannique
à Saint-Pétersbourg, et adressée au prince Czartoryski
et au comte de Stadion, le 9 août i8o5.
Le soussigné ambassadeur extraordinaire et plénipoten-
tiaire de S. lVI. Britannique, ayant été invité par le prince
Czartoryski, ministre adjoint des affaires étrangères, et par
Je comte de Stadion, ambassadeur extraordinaire et pléni-
potentiaire de S, M. I,R. et apostolique, d'accéder aux dé-
clarations qui ont été réciproquement échangées entre les
deux cours impériales, cejourd'hui 9 août, fait, en vertu de
ses pleins-pouvoirs, la déclaration suivante :
Les diverses observations et propositions faites par la
- cour de Vienne, dans la déclaration préliminaire remise par
le vice-chancelier de cour et d'état, le comte de Cobentzl,
l'apibassadéur comte Razoumosky, le 7 juillet, et dans
le mémoire raisonné du ai juillet, sont reconnues par S. M.
Britannique
C 17 S
2
Britannique comme devant servir de base aux mesures con-
certées entre les trois cours de Londres, Vienne et Péters-
bourg ; et les modifications qui y sont énoncées, sont pareil-
lement adoptées pour l'arrangement des affaires du Conti-
nent, dans le cas où la guerre pourrait être évitée au moyen
des négociations.
L'ambassadeur britannique, en déclarant que ses ins-
tructions positives l'empêchent d'accéder aux demandes pé-
cuniaires de la cour de Vienne, promet, au nom de son
souverain, que les subsides de chaque mois , déterminés
par le traité du 11 avril, seront payés à compter du premier,
octobre i 8o5. Il s'engage pareillement à remettre, dans le
plus court délai possible , l'équivalent de cinq mois de sub-
sides , comme première mise en campagne, avec cette con-
dition expresse, que ^S. M. Britannique pourra réclamer,
toutes les sommes qui auront été payées à S. M. I. et R.
au-delà du million stipulé par le 11° article additionnel du
susdit traité, soit comme première mise en campagne ou
comme subsides, dans le cas où les négociations qui sont
sur le point d'avoir lieu avec le Gouvernement français ne
seraient pas suivies de la guerre.
Il déclare de plus, que si lesdites négociations ne sont pas
terminées avant le 31 décembre 1805, on ne paiera plus
que pendant trois mois les subsides dont le paiement doit
avoir lieu chaque mois jusqu'au commencement des hosti-
lités.
S. M. I. et R. s'étant engagée à mettre sur pied une armée
d'au moins 320,000 hommes, le soussigné consent à ce
que le& avances qui seront faites comme première mise en
campagne, soient payées d'après ce calcul, avec cette con-
dition néanmoins, que si les forces autrichiennes n'étaient
pas portées à ce nombre, il sera libre'à S. M. Britannique
de faire une réduction proportionnée sur les subsides.
L'ambassadeur britannique ne peut consentir aux modi-
fications et demandes contenues dans la pièce intitulée : Re-
marques sur certaines clauses particulières de la convention
signée enù e les cours de Pétersbourg et de Londres t le 11
( 18 )
avril de celle année, attendu qu'il n'a point encore reçu l1
ce sujet les instructions nécessaires de sa cour.
L'ambassadeur britannique accepte l'adhésion de S. M. �
l'Empereur et Roi, sous les clauses spécifiées dans la déclaj
ration préliminaire échangée cejourd'hui, entre les plénipo4
tentiaires de LL. MM. II. et RR., avec cette réserve for-"
melle, que cette acceptation ne sera pas regardée commej
valide, ni les susdits engagemens comme obligatoires , ài
moins que la cour de Vienne ne se conforme elle-même à
toutes les stipulations contenues dans ledit acte.
Le soussigné, etc.
Fait à Saint-Pétersbourg, le 9 août i8o5.
Signé, GRANVILLE-LEVESON-GOWER.
Convention préliminaire et secrète entre S. M. et le Roi de
Suède, signée à Stockholm, le 3 décembre 1804.
S. M. le Roi du royaume uni de la Grande-Bretagne et
d'Irlande, et S. M. le Roi de Suède, animés du désir de res-
serrer les liens d'amitié qui subsistent si heureusement en-
tre les deux cours; voulant régler certains points relatifs à
la situation actuelle des affaires, ont nommé à cet effet ;
savoir, S. M. Britannique le sieur Henri Pierrepont, et S. M.
le Roi de Suède, le sieur d'Ehreinheim , président de sa
chancellerie, etc.; lesquels sont convenus des articles sui-
vans :
Art. Ier. S. M. Britannique, afin de mettre S. M. Suédoise
à portée de pourvoir plus efficacement à la défense de Stral-
sund contre toute attaque qui pourrait être faite par les
Français , s'engage à payer une fois pour toutes, la somme
de 60,000 livres sterling, qui sera affectée à cet objet-
seulement Î cette somme sera comptée en trois paiemens,
à un mois d'intervalle l'un de l'autre ; le premier sera ,
dû aussitôt après l'échange des ratifications de la présente
convention.
II. S. M. le Roi de Suède s'engage, aussi long-temps que
la guerre durera entre la Suède et la France, ou pendant
( 19 )
2"
space de dix-huit mois au moins, à permeltre 1 établisse-
ment d'un dépôt dans la Poméranie suédoise, soit a Stral-
sund, soit dans l'île de Rugen, ou sur l'un et l'autre point,
pour le corps Œanovriens que S. M. Britannique voudrait
y lever.
III. Les officiers nommés pour faire ladite levée, pourront
iaabiller et armer leurs troupes, leur fournir tout ce qui leur
aera nécessaire, les former en bataillons, et les diriger sur
tous les points et en tels nombres que S. M. Britannique ju-
gera convenable.
IV. Les stipulations contenues dans les articles ci-dessus
étant fondées sur le principe que la Suède est maintenant
partie belligérante, il est entendu que lesdits articles II et -
III ne seront exécutoires que lorsque, par le retour du beau
temps, S. M. Suédoise se trouvera à portée d'envoyer des
renforts additionnels en Poméranie ; de manière-qu'avant
cette époque on ne pourra prendre aucune mesure relative
à-ces dispositions.
V. S. IVLle Roi de Suède s'engage de plus h aceorder aux
sujets de S. M. Britannique, pendant la durée de la guerre
entre la Grande-Bretagne et la France, le droit d'entrepôt
à Stralsund, pour tous les objets du sol, produits et manu-
factures de la Grande-Bretagne et de ses colonies, embar-
qués sur des navires anglais ou suédois. Tous les objèts de-
vant être réexportés ; soit par mer, soit par terre, paieront
seulement un droit d'un quart pour cent ad valorem; et ceux
de consommation, les droits établis au port de Stralsund à
l'égard des nations les plus favorisées. Des arrangemens
plus détaillés sur cette branche de commerce, et sur tous
autres points par lesquels les intérêts commerciaux des deux
nations pourraient être plus étroitement unis, seront arrêtés
, dans un acte particulier.
VI. S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne
et d'Irlande, et S. M. le Roi de Suède s'engagent mutuelle-
ment à ratifier le présent acte, et les ratifications en seront
échangées dans le délai de six semaines, ou plutôt si faire se
peut, a compter du jour de la signature.
( 20 )
En foi de quoi, nous soussignés, munis de pleins-pou-
voirs, avons, etc.
Fait à Stockholm , le 3 décembre 1804.
Signé, HENRI PIERREPONT et D'EHRENHEIM.
Convention entre S. M. et le Roi de Suède, signée à Helsing-
borg, le 31 août 18 o 5.
S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et
d'Irlande, et S. M. le Roi de Suède, animés d'un égal désir
de contribuer, par tous les moyens que la Providence a mis
à leur disposition, à mettre fin aux malheurs qui troublent
la paix de l'Europe; et particulièrement convaincus de la
nécessité de défendre les places fortes du nord de l'Allema-
gne contre toute entreprise hostile, sont convenus de faire
des stipulations à ce sujet dans une convention séparée,
additionnelle à la convention préliminaire et secrète conclue
entre eux le 3 décembre dernier. C'est pojurquoi leursdites
majestés ont nommé pour plénipotentiaires; savoir, S. M.
Britannique, l'honorable Henri Pierrepont, son envoyé ex-
traordinaire, etc. ; et S. M. Suédoise , le sieur Jean-Christo-
phe, baron de Toll, seigneur du royaume de Suède, général
de cavalerie, etc., lesquels sont convenus des articles sui-
vans :
Art. Ier. La convention préliminaire et secrète conclue le
3 décembre 1804 , entre ces deux souverains, est renouve-
lée, et continuera d'être exécutée pendant le laps de temps
déterminé ci-après dans l'article VII.
II. S. M. le Roi de la Grande-Bretagne, persuadé que
l'objet dont il est question dans le préambule ci-dessus, ne
peut être plus complètement atteint, à l'égard de la Pomé-
ranie suédoise, que par le maintien de la forteresse de Stral-
sund dans un état de défense respectable, afin de conserver
un point de ralliement et un lieu de retraite pour les forces
des puissances alliées , et sur-tout pour les troupes de l'Em-
pereur de toutes les Russies, dans le cas où S. M. I. voudrait
faire débarquer ses troupes sur ce point, pour qu'elles coo-
( 21 )
pérassent à l'exécution du plan général, s'engage a payer
tous les mois 1800 livres sterling pour chaque millier
d'hommes de troupes dont S. M. Suédoise renforcera la gar-
nison ordinaire de Stralsund.
III. Une garnison de 8000 hommes en tout, étant jugée
suffisante pour la défense de cette place, et la garnison or-
dinaire, y compris la milice bourgeoise, montant à plus de
4000 hommes , il est entendu que le renfort mentionné dans
l'article précédent, n'excédera pas 4000 hommes de troupes
réglées; de sorte que les subsides à fournir par S. M. Bri-
tannique monteront à la somme de 7200 livres sterling
par mois. t
IV. Le paiement des subsides susmentionnés sera fait
avant la fin de chaque mois, et comptera du premier jour
de juillet dernier pour les troupes suédoises, montant à i5oo
hommes actuellement à Stralsund; et pour les renforts qui y
arriveront, du jour de leur débarquement.
V. Les deux hautes parties contractantes n'ayant pu con-
venir des frais de transport, S. M. le Roi de Suède voulant
donner une preuve du désir qu'il a de contribuer aux suc-
cès de la cause commune, s'engage à se charger seul des
, frais de transport en Poméranie des troupes qui doivent y
être envoyées en conséquence de la présente convention,
r et à ne rien exiger pour les frais de leur retour.
VI. S. M. 1 Empereur de toutes les Russies ayant fait con-
naître le désir qu'il a de débarquer une partie de ses trou-
pes dans la Poméranie, S. M. Suédoise s'engage , en consé-
quence de la présente convention, à lui procurer pour ce
débarquement, toutes les facilités qui seront en son pouvoir,
et de plus, à faire avec S. M. I. des stipulations particulières
à ce sujet.
VII. Comme les conditions des obligations contenues
dans les articles Il et III de la convention préliminaire et
secrète, bornent la jouissance des priviléges accordés au
Roi de la Grande-Bretagne, à la durée de la guerre entre
la Suède et la France, ou au période de dix-huit mois au
moins, et que S. M. Britannique n'a pas profité des deux
articles susdits, S. M. le Roi de Suède s'engage à les regar
( 22 )
der comme exécutoires aussi long-temps que les subsides
fixés par la présente convention, seront payés par la Grande-
Bretagne, et que cette puissance restera en guerre avec la
France, conjointement avec la Russie.
VIII. Les ratifications de la présente seront échangées
à Stockholm, dans six semaines, ou plutôt, si faire se
peut.
En ici de quoi, nous soussignés, en vertu des pouvoirs
qui nous sont conférés , avons muni la présente convention
de nos sceaux respectifs.
Fait à Helsingborg, 1Er 31 août i8o5.
Signé, HENRI PIERREPONT.
Et J. G. baron DE TOLL.
Acte de garantie par l Empereur de Russie, de la convention
signée à Helsingborg, le 3 décembre 1804.
Une convention ayant été conclue aujourd'hui, par l'in-
tervention de S. M. l'Empereur de toutes les Russies, entre
S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et d'Ir-
lande et S. M. le Roi de Suède, à l'effet de pourvoir à l'aug-
mentation de la garnison de Stralsund, conformément à la
convention préliminaire et secrète du 3 décembre 1804, les
deux hautes parties contractantes ont désiré que S. M. Im-
périale consentît à garantir l'exécution d'une mesure aussi
désirable. S. M. l'Empereur de toutes les Russies accède
volontiers à des dispositions qui tendent à amener des résul-
tai aussi salutaires ; et nous ayant, à cet effet, muni de ses
pouvoirs, nous soussigné, envoyé extraordinaire et ministre
plénipotentiaire de S. M. I., déclarons et assurons par les
présentes , en vertu de nos pleins-pouvoirs, que S. M. l'Em-
pereur de toutes les Russies garantit la convention qui a été
signée aujourd'hui entre S. M. le Roi du royaume-uni de la
Grande-Bretagne et d'Irlande, et S. M. le Roi de Suède,
dans tous et chacun des articles qui y sont contenus, ainsi
que les deux articles séparés qui y sont annexés , comme
aussi toutes autres conditions, clauses et stipulations en fai-
( 23 j
sant partie. Nous déclarons que S. M. I. fera en sorte que les
ratifications particulières de cet acte de garantie soient promp-
tement expédiées et délivrées.
En foi de quoi nous avons signé les présentes, les avons
munies de nos armes, et les avons échangées contre les
actes d'acceptation, comme seront aussi échangées les pré-
sentes avec les ratifications desdits actes d'acceptation, dans
l'espace de six semaines ou plutôt, si faire se peut.
Fait à Helsingborg , le 31 août i8o5.
(L. S.) D. AILOPEUS.
Acceptation par S. M. de la garantie donnée par la Russie
au traité conclu à Helsingborg, le 31 août 1805.
Une convention ayant été conclue aujourd'hui par l'in-
tervention de S. M. l'Empereur de toutes les Russies , en-
tre S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et
d'Irlande et S. M. le roi de Suède, à l'effet de renforcer la
garnison de Stralsund, conformément à la convention préli-
minaire et secrète du 3 décembre 1804; et sadite M. I.
ayant aussi, au désir des hautes parties contractantes ,
donné sa garantie à toutes les stipulations contenues dans
ladite convention, le soussigné, envoyé extraordinaire et
ministre plénipotentiaire de S. M. le Roi du royaume-uni de
la Grande-Bretagne et d'Irlande, reçoit avec reconnaissance
l'acte de garantie qui lui a été délivré aujourd'hui au nom
de S. M. I. de toutes les Russies , par son envoyé extraor-
dinaire et ministre plénipotentiaire, et déclare en même
temps que S. M. fera expédier et délivrer promptement les
ratifications de cet acte d'acceptation.
En foi de quoi, nous soussigné , etc.
Fait à Helsingborg, le3i août i8o5.
( L. S.) HENRI PIERREPONT.
( 24 )
Premier article séparé de la convention lîHelsingborg, signé
le 31 août i8o5.
S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et
d'Irlande, et S. M. le Roi de Suède, sont convenus par
le présent article additionnel et séparé, que les subsides
déterminés par les second et troisième articles de la con-
vention signée aujourd'hui, continueront à être payés par la
Grande- Bretagne, pendant le temps .que cette puissance,
conjointement avec la Russie, poursuivra la guerre contre
la France , ou aussi long-temps que l'état des affaires et les
opérations des alliés exigeront que la forteresse de Stralsund
soit tenue dans un état de défense respectable , à moins que
les deux hautes paities contractantes ne consentent mutuel -
lement à la cessation desdils subsides. Dans l'un et l'autre
cas, si le terme de leur paiement venait à écheoir à une
époque où la mer ne fût pas navigable, S. M. Britannique
s'engage néanmoins à continuer de les payer dans les mêmes
proportions qu'auparavant , jusqu'au retour des troupes
suédoises en Poméranie, lequel retour aura lieu à la première
occasion.
Cet article séparé aura la même force que s'il était inséré
mot pour mot dans la convention signée aujourd'hui, et il
sera ratifié en même temps.
En foi de quoi, etc.
Fait à Helsingborg, le 3ie jour d'août i8o5.
( L. S. ) HENRI PIERREPONT.
(L. J.) T. E. baron de TOLL,
Second article séparé de la convention de Helsinghorg,
signé le 31 août 1805.
Les troupes hanovriennes qui ( conformément aux stipu-
lations des 2 et 3e articles de la convention préliminaire et
secrète du 3 décembre i8o5, renouvelés par l'article VII
de la présente convention) peuvent être assemblées par la
< 25 )
suite dans la Poméranie suédoise , resteront pendant toile
la durée de leur séjour dans cette province , sous les ordres
du commandant en chef des forces-unies , sans que- cela
puisse porter atteinte aux droits établis dans les trois arti-
cles susmentionnés.
Cet article séparé aura la même force, etc. -
En foi de quoi, etc.
Fait à Helsingborg, le 3i août i8o5.
XL. S.) HENRI PIERREPONT.
- ( L. S.) T. E. baron de TOLL.
Traité entre S. M. et le Roi de Suède, signé à Beckascog,
le 3 octobre i8o5. -
! -
AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE TRINITÉ.
S. M. le Roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et
il'Irlande, et S. M. le Roi de Suède, en conséquence des
liens d'amitié et de bonne intelligence, etc., voulant établie
entre eux des communications plus directes sur tous les
points relatifs à la présente guerre que le Gouvernement
français a suscitée contre plusieurs puissances, par des me-
sures aussi injustes qu'hostiles, et par une conduite dont
les principes sont incompatibles avec la sûreté et la tran-
quillité de tous les Etats indépendans ; leurs susdites ma-
jestés ont jugé convenable de s'arranger ensemble sur les
moyens, a prendre pour opposer une barrière suffisante aux
malheurs dont l'Europe entière est menacée. Ils ont en con-
séquence nommé pour leurs plénipotentiaires ; savoir, S. M.
Britannique, l'honorable Henri Pierrepont , son envoyé
extraordinaire, etc.; et S. M. le 'Roi de Suède, le sieur
Christophe, baron de Toll, seigneur du royaume de Suède,etc.
qui, après s'être communiqués leurs pleins-pouvoirs respec-
tifs , sont convenus des articles suivans
ArL 1er, Il y aura parfaite intelligence , amitié et alliance
entre S. M. Britannique et S. M. lé Roi de Suède.
II. La convention conclue entre leursdites majestés, le 3i
( 26 )
tout dernier , est ici renouvelée, et restera en toute force et ;
vigueur indépendamment des nouvelles stipulations conte- j
nues dans le présent traité.
III. S. M. le roi de Suède, voulant coopérer d'une ma-
nière efficace au succès du plan général, s'engage à fournir
un corps de troupes destiné à agir contre l'ennemi commun,
de concert avec les alliés, et sur-tout avec les troupes de
S. M. I. de toutes les Russies, qui seront débarquées en
Poméranie. Les troupes suédoises employées à cet objet, s'é-
lèveront à douze mille hommes.
IV. S. M. Britannique, voulant faciliter à S. M. suédoise
les moyens d'agir avec vigueur , et conformément au senti-
ment de zèle et d'intérêt dont elle est animée pour la cause
commune, s'engage à lui fournir un subside annuel de douze
livres et dix schelings par homme; lequel subside sera payé
en égales portions à la fin de chaque mois.
V. S. M. Britannique s'engage de plus, pour compenser
les frais de réunion, d'équipement et de transport desdites
troupes, à fournir, pour leur mise en mouvement, une
somme égale à cinq mois de subsides, calculée suivant l'é-
chelle établie dans l'article précédent, et payable aussitôt
après la ratification du présent traité.
VI. Les deux hautes parties contractantes s'engagent à
ne poser les armes et à ne conclure la paix avec l'ennemi
commun, que d'un accord mutuel. Elles s'engagent à rester
fermement et inséparablement unies aussi long-temps que
la guerre durera, et jusqu'à la conclusion d'une pacification
générale.
VII. En conséquence de l'engagement contracté par les
deux hautes parties contractantes , de ne poser les armes
que d'un accord mutuel, S. M. Britannique s'engage à con-
tinuer jusqu'à la fin de la guerre les subsides stipulés par le
présent traité.
VIII. S. M. Britannique, dans le dessein de couvrir les
frais du retour de l'armée suédoise, s'engage à continuer les
subsides stipulés par le présent traité, pendant les trois
mois qui suivront la conclusion de la paix.
IX. S. M. Britannique, pénétrée de l'importance de
( 27 )
mettre la forteresse de Stralsund dans le meilleur état de
défense possible , s'engage à mettre aussitôt après l'échange
des ratifications du présent traité, la somme additionnelle
de 5o,oooliv. sterl. à la disposition de S. M. le roi de Suède,
pour l'objet dont il s'agit.
X. Le présent traité sera ratifié par les deux hautes par-
ties contractantes, et les ratifications en seront échangées
.dans six semaines, ou plutôt, si faire se peut.
En foi de quoi, nous soussignés, en vertu des pouvoirs
qui nous sont conférés, avons signé le présent traité, et
l'avons muni de nos armes. 1
Fait à Beckascog, le 3 octobre de l'année i8o5.
Signé, Lî S. HENRI PIERREPONT.
(L. S.) J. C. baron de TOLL.
PAPIERS supplémentaires présentés au Parlement
de la Grande-Bretagne le 5 février 1806.
Dépêche de sir A. Pqget à lord Mulgrave, datée de Vienne,
, le 29 août i8o5.
Monseigneur,
Enfin, le vice-chancelier m'a communiqué toute la négo-
ciation entre les deux cours impériales depuis le mois de no-
vembre 1804.
J'ai aussi reçu , il y a trois jours, par un messager autri-
chien , de la part de lord G. L. Gower, copie des déclara-
tions échangées entre lui et le comte Stadion, du 9 du pré-
sent mois.
D'après l'une de ces déclarations, présentée par lord
Gower, il paraît que S. M. I. a consenti d'adopter les mo-
difications proposées par l'Empereur de Russie,aux arrange-
mens pour la pacification générale du Continent. Ainsi, le
point qui reste encore à arranger entre les deux cours, est
, celui des subsides. - 1
Et d'abord je dois vous dire, Milord, qu'à une entrevue
que j'avais avec le comte de Cobentzl, immédiatement après
( 28 )
avoir reçu la lettre du lord G. L. Gower, je desirais de
savoir si l'Empereur voulait ratifier la déclaration du comte
Stadion, et consentir aux conditions sous lesquelles nous
avons offert des subsides au Gouvernement d'Autriche.
J'ai /teçu aujourd'hui la réponse que, quoiquç le vice-
chancelier n'eût pas encore reçu les ordres de S. M. I., ce-
pendant il n'avait pas de doute que la ratification de ladite
déclaration ne fût envoyée à J?étersbourg par le premier
courrier.
Sans doute il n'est pas nécessaire que j'entre dans un
calcul de la différence entre les subsides qu'on vient d'offrir
et la somme qu'on demande.
A ce que m'a dit le vice-chancelier, on est d'accord de
part et d'autre à l'égard des stipulations pour l'année 1806.
C'est par conséquent sur les subsides de cette année-ci,
que l'on attend avec impatience la décision finale de S. M, ;
et afin d'accélérer autant que possible la conclusion de cette
affaire, je crois que les ministres de l'Empereur désirent
qu'elle se traite désormais directement entre les cours de
Londres et de Vienne.
Dans l'état actuel des choses, il est bien évident qu'une
guerre avec la France ne dépendra pas plus long-temps du
paiement de cent ou deux cent mille liv. sterl. plus ou moins.
Je dois cependant remarquer que le comte de Cobentzl m'a
insinué, que le langage que l'Emperqur sera bientôt forcé
de tenir au Gouvernement français, doit nécessairement
hausser ou baissera proportion qu'il sera pourvu des moyens
de soutenir ses prétentions. Le gouvernement de S. M. doit
sans doute s'attendre à voir les demandes subsidiaires de la
cour de Vienne , s'élever au-dessus de la somme déjàerte
par l'ambassadeur de S. M. à Pétersbourg, et acceptée par
le comte de S lad ion.
Suivant les meilleures informations que j'ai été en état
d'obtenir à ce sujet, les armemens de l'Autriche ont déjà
occasionné une dépense de 36 millions de florins ou envi-
ron, Ce qui en sera le résultat, voilà une autre question ;
mais il faut que je l'avoue, ils n'auraient pas pu être pous-
sés avec plus de vigueur ou à un degré plus formidable,
( 2q )
si même cette somme avait été préalablement déposée -dans
leur banque.
J'ai reçu du comte Cobentzl le même état de dépense,
et il m'a en effet recommandé d'imprimer aussi fortement
ue possible, aux esprits des ministres de S. M., qu'en
considération du malheureux état des finances de ce pays ,
l'Empereur se confie à la générosité de S. M., et qu'en con-
séquence il n'avait pas hésité de mettre son armée sur le
pied le plus formidable.
J'ai l'honneur, etc.
ARTHUR PAGET.
Dépêche du même au même , datée dè Vienne, 29 août
1805.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous envoyer un réglement qui vient
d'être publié hier, et par lequel il est déclaré que l'armée
autrichienne est mise sur le pied de guerre.
Afin de vous épargner, Milord, la peine de déchiffrer
ce mauvais allemand dans lequel ce réglement est écrit, j'ai
fait faire une traduction des articles essentiels y contenus ,
laquelle j'ai l'honneur de joindre à l'original. En effet, l'in-
troduction est ce qui est le plus important de la pièce.
Hier matin je me trouvais par hasard lisant qnelques pa-
piers dans l'appartement du comte de Cobentzl, lorsque, avec
ce règlement dans sa main, l'ambassadeur français arrivait
dans la salle d'audience à côté. -
L'entrevue, quoique très-courte, était, je le crois, sin-
gulièrement chaude.
Comme le comte de Cobentzl m'a dit depuis, il paraît
que M. de la Rochefoucault a commencé en lui disant :
«-Vous voulez donc la guerre? eh bien, vous l'aurez. »
Sous tout autre rapport la conversation n'était que comme
à l'ordinaire. Le vice-chancelier assura que le but de l'Em-"
pereur en armant, était de maintenir la paix, et qu'après
tout il n'armait que dans son propre pays, tandis que les
( 30 )
armemens de BONAPARTE se faisaient dans un pays qui ne
lui appartenait pas.
Je n'ai pas besoin de dire davantage, puisque par l'entre-
mise du comte de Stahremberg, vous aurez déjà reçu,
Milord, les communications les plus récentes qui ont eu
lieu entre la cour de Vienne et le Gouvernement français.
J'ai l'honneur, etc. k J
ARTHUR PAGET.
Dépêche dit même au même , datée de Vienne, 3o août
i8o5.
Un courrier russe est arrivé ici hier, annonçant que le
premier corps des troupes russes, sous le général Kutusoff,
devait entrer sur le territoire autrichien le 26 de ce mois.
J'ai l'honneur , etc.
ARTHUR PAGET.
Dépêche du même au même , datée de Ilenne, 3o août
1805.
Ce n'est que ce soir que j'ai eu occasion de voir la ré-
ponse faite par le Gouvernement français à la déclaration
de la cour de Vienne.
Cette réponse, comme aussi une lettre de M. Talleyrand
adressée au vice-chancelier deux jours après, et une se-
conde note présentée au comte Philippe de Cobentzl à la
même époque, tout cela sera envoyé en très-peu de jours
au comte Stahremberg , pour l'instruction du Gouverne-
ment de S. M.
En attendant, j'informerai votre excellence du contenu
de ces pièces.
D'abord, la note en réponse à la déclaration , contient un
refus d'accepter la médiation de la cour de Vienne.
BONAPARTE rejette toute idée d'une négociation ulté-
rieure avec la Russie, et en même temps il dit à la cour
de-Vienne qu'il dépend de l'Empereur de concerter la paix
entre l'Angleterre et la France; qu'il n'a pas d'autre chose
( 31 )
à faire que de désarmer, et de déclarer à l'Angleterre qu'il
ne veut prendre aucune part à sçs querelles avec la France,
et qu'ainsi la paix entre ces deux puissances sera signée
avant le mois de février. ,
La lettre de M. de Talleyrand est écrite dans le même
sens, et elle entre dans un très-grand détail, pour prouver
qu'en s'alliant avec la Russie, l'Autriche court aveuglément
à sa perte; que la France est son véritable allié ; que l'Em-
pereur n'a aucun droit de se plaindre de l'incorporation de
Gênes à la France, puisque BONAPARTE a tacitement con-
senti à la cession de Lindau en Souabe, à la cour de Vienne
( ceci est trop ridicule pour que j'eusse osé le rapporter
sans ravoir vu. Je dois observer que ce Lindau appartenait
au prince de Bretzenheim, fils naturel du dernier électeur
de Baviere, et qu'il a eu en échange, pour cette possession,
un bien en Hongrie); que toute la conduite de l'Autriche
est favorable à l'Angleterre, et par conséquent hostile en-
vers la France; que ces armemens obligeront BONAPARTE à
retirer ses troupes de la côte, et qu'ainsi il doit abandon-
ner la conquête de l'Angleterre, objet de tous ses plans dans
le dernier temps.
La seconde note contient une demande formelle de ré-
duire les troupes autrichiennes dans l'Italie et le Tyrol, au:
même nombre qu'elles étaient dans ce pays,. il y a six mois,
et de discontinuer les fortifications de campagne, entre les-
quelles on compte aussi celles de Venise.
On insiste sur une réponse prompte et catégorique, faute
de quoi BONAPARTE retirera ses troupes de la côte, afin de
repousser la force par la force.
Je suis, etc.
ARTHUR PAGET.
Dépêche du même au même, datée de Vienne, le 5 septem-
bre 1005.
Le prince Charles Schwartzenberg partit la nuit avant-
dernière pour Munich. Il doit notifier à l'électeur l'entrée
1
( 32 )
des Autrichiens dans la Bavière, qui aura lieu immédiates
ment. Pour le moment ils n'avanceront que jusqu'à l'Iser.
J'ai l'honneur , etc. I
ARTHUR PAGET. »
—— *
? a
Dépêche du même au même, datée de Vienne, le 5 septem-
bre i8o5. ,
•' *' Hl
Il y a trois ou quatre jours que des ordres ont été en-
voyés à l'ambassadeur russe, relatifs à l'embarquement des
troupes russes à Corfou.
Le comte Rasumousky ne sait pas où ces troupes débar-
queront; cela se décidera, d'après les circonstances, par
le chef; mais il est probable qu'ellês iront droit à Naples.
Il est à présumer que sir James Craig a eu ordre de coopé-
rer avec le général russe pour l'expulsion des Français de
ce royaume. »
Le comte de Cobentzl me fait attendre de recevoir bien-
tôt une communication relative à la coopération des forces
sous les ordres de sir James Craig.
1
Dépêche du même au même, datée de Vienne, 5 septembre
i8o5. (Par extrait.) 1
Je suis charmé de pouvoir dire à votre excellence que la I
ratification de l'Empereur de l'acte d'accession, délivré le 1
9 dernier par le comte de Stadion à l'ambassadeur de S. M. I
à Pétersbourg , a été expédié avant-hier par un courrier. -
L'archiduc C harles quittera Vienne lundi prochain. Son
quartier-général sera à Padoue, où il doit arriver cinq 1
jours après. - -I
L'archiduc Jean quitta Vienne la nuit avant-dernière 1
pour se rendre dans le Tyrol. -. À
DépêchA
( 33 )
3
Dépêche du même au même, datée de Vienne, te 14 septem-
bre 180S. (Par extrait.)
'Je verrai le comte de Cobentzl ce soir. Il est possible que
la nature de la communication que j'attends de recevoir,
puisse avoir rapport aux affaires âe la Bavière, et que je
me verrai dans le cas d'envoyer un courrier en Angleterre.
Pour le cas où cela n'aura pas lieu , je dois à présent infor-
mer voire excellence qu'après s'être obligé de la manière la
plus solennelle à joindre ses troupes à celles de l'Autriche,
l'électeur de Bavière vient de quitter Munich à la hâte, et
qu'il a donné des ordres à toute son année de le suivre en
Franconie. Le ministre français est également parti pour
Wurtzbourg. Je ne puis pas encore informer votre excel-
lence des mesures que cette conduite de l'électeur forcera
l'Autnche à prendre contre la Bavière. Je crois que les
dernières nouvelles disent que les Autrichiens viennent de
recevoir ordred'avancer jusqu'au Lech.
'Dépêche du même au même, datée de Vienne, 14 septem-
bre 1806.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de joindre à celles-ci un duplicata £k n^a,
dépêche d'hier.
Je dois aujourd'hui annoncer à V. Ex. qu'hier l'ambassa-
deur français a demandé ses passe poi ts , ce qu'il avait ordre
de faire aussitôt qu'il recevrait la nouvelle de l'entrée.
Autrichiens en Bavière.
Des instructions ont été envoyées au ministre d'Autriche
à Munich, de suivre l'électeur de Bavière à Wurtzbourg,
et d'employer des promesses, des menaces , et tous les.
moyens pour le faire revenir à ses engagemens.
Cela a déjà été fait par le prince de Schwartzenberg. M.
Buol offrira davantage. Nous verrons si avec lui M. de
Mongelas,dçvir.adra plus traitable. , -
( 34 )
Suivant ce que m'a dit le oomte de Cobentzl, hier au s
soir, les forces bavaroises ne surpassent point 10 ou 12 mille 4
hommes. t -, jg
Les Russes doivent être à Briinn le 20. On a envoyé des 1
courriers pour les engager à avancer à marches forcées. Le 1
général Meerveldt sera attaché à ces corps,
Ces derniers jours le Gouvernement a reçu la nouvelle <
que toute l'armée française a quitté la côte, et qu'elle est en J
pleine marche pour Strasbourg et Mayence. -
On dit que BONAPARTE commandera lui-même en Aile- 1
magne. Le bruit court que Joseph Bonaparte doit comman- J
der en Italie, et que Massena lui sera attaché.
J'ai l'honneur, etc.
Signé, ARTHUR PAG ET.
Copie dune dépêche de sir Arthur Paget à lord .Wu/grave" <
datée de Vienne t 18 septembre 1805. ;
Milord, l'Empereur partira demain pour l'armée. S. M. Im- -
périale , après avoir consulté le général Mack sur les divers î
objets relatifs à son voyage, reviendra à Vienne pour ter- -
miner quelques affaires avant de prendre le commandement j
de ses armées.
Ma dernière lettre doit avoir prévenu votre seigneurie Î
que les Autrichiens s'avancent vers le Lech. Je vous an- -, -
nonce aujourd'hui un mouvement encore plus rapprochant, 4 ,
celui vers l'Iller, ou en d'autres termes , vers la position 1
d'Ulm.
D'après les nouvelles que nous venons de recevoir icir
il paraît que l'armée sous BONAPARTE, qui se rassemble à (
Strasbourg et à Mayence, mais particulièrement à ce der-
nier endroit, sera portée à 115,000 hommes; outre cela,
il y a encore une armée sous Bernadotte : on croit qu'elle Î
prendra la direction de la Franconie, peut-être pour mena- -
cer la Bohême. *
Il paraît donc être nécessaire de renforcer l'armée autri-
chienne en Allemagne, ce qui ne peut guères être effectué <
( 35 )
3 *
qu'en tirant des troupes du Tyrol. Cette considération, ainsi
que la détermination que l'on avait pris, à ne point com-
mencer les opérations en Suisse, ont produit le consente-
ment de S. M. I. à la demande de neutralité faite par le Gou-
vernement helvétique; ce consentement a été communiqué
au Gouvernement helvétique, dans la réponse de S. M. I. au
landamman; mais S. M. I. a en même temps déclaré que cet
engagement dépendra de l'adhérence la plus étroite au sys-
tème de neutralité de la part de la Suisse, et que dès le
moment où elle permettrait le passage aux troupes françai-
ses , on leur accorderait des secours de quelle nature que
ce soit; ou, en général, elle s'éloignerait de la neutralité
proposée , S, M. I. considérait, sans aucune autre explica-
tion , cet engagement comme dissolu.
La nécessité d'employer de nouveaux efforts paraît être
sentie ici. Le comte de Cobentzl me dit que non-seulement
toute la réserve, mais ce qu'on appelle la double réserve,
a été mis en réquisition.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, ARTHUR PAGET.
Copie dune dépêche de sir Arthur Paget à lord Mulgrave,
datée de Vienne, 21 septembre 1805.
Milord, j'ai peu de choses à communiquer à votre sei-
gneurie par ce courrier.
Les rapports du général Mack sont très-satisfilisans, et
les inquiétudes causées par la force immense que BONAPARTE
conduit en Allemagne, diminuent de plus en plus. On dit
que beaucoup de troupes bavaroises désertent pour se ren-
dre à l'armée autrichienne.
Cependant l'avis du comte Cobentzl, concernant le nom-
bre de troupes de l'armée bavaroise n'a pas été exact.
On peut les estimer, à ce que je crois, à 20,000 hommes.
( 36 )
Copie dune dépêche de sir Arthur Pagel à lord MulgraveA
datée de tienne, 25 septembre 1 8o5. À
Milord, on a reçu ici la nouvelle inattendue de l'arrivée
de l'Empereur de Russie à Brezc.
Le prince de Schwarzenberg partira ce soir de Vienne,
pour être auprès de lui pendant son séjour dans ce pays.
Les troupes russes s'avancent en charriots.
J'ai l'honneur d'être, etc. 1
Signé, ARTHUR PAGET.
Extrait dune dépêche de sir Arthur Pagel à lord Mulgrave,
datée de Vienne, 2 octobre i8o5. ■
Milord, le bruit s'est répandu à plusieurs reprises que
les Français avaient passé le Rhin; l'avis qui est arrivé
hier, de cet événement, semble être accrédité du Gouver-
nement ; si cela est vrai, ou toutes les fois que cet événe-
ment arrivera, le général Mack, à ce que M. de Cobentzl
m'a dit hier au soir, doit avancer et livrer bataille. On a
jugé nécessaire de renforcer l'armée en Allemagne, en tirant
trente bataillons de l'Italie. Cette circonstance paraît avoir
causé quelque mécontentement à l'archiduc Charles.
Le départ de l'Empereur pour prendre le commandement
de l'armée, a été fixé au 22 de ce mois. La têle de la pre-
mière colonne russe passera le Danube à Krems, entre le
5 et le 17 du courant. On a calculé que le corps entier,
sous les ordres du général Kutuzow, aura joint les Autri-
chiens le 22 du courant.
J'ai l'honneur d'être, etc.
ARTHUR PAGET.
Copie dune dépêche de sir Arthur Paget à lord Mulgrave,
datée de Vienne, 24 octobre i8o5.
Milord, si les premières opérations de la campagne ont
( 37 )
été désavantageuses et suivies de pertes, ce qui, je suis
fâché de le dire , paraît être le cas en toute apparence ,
nous devons attribuer notre mauvais succès, entre autres
causes , à la suivante :
Le premier et le plus grand défaut qui a été commis,
était d'avoir mis en campagne trop peu de forces ; depuis la
première apparence d'une rupture avec la France , il a été
prouvé que le théâtre de la guerre serait en Allemagne.
BONAPARTE lui-même l'a annoncé dans la première note pré-
sentée par le chargé d'affaires à Ratisbonne ; et d'ailleurs on
pouvait facilement calculer que toute l'armée de BONAPARTE
se dirigerait plutôt vers Strasbourg que vers Vérone.
Masséna ne peut avoir plus de 70,000 hommes sous ses
ordres. Les armées sous les ordres immédiats de BONAPARTE,
ne peuvent être estimées moins qu'à 140,000 hommes. Mal-
gré cela, la campagne a été commencée en Allemagne par
'80,000 Autrichiens, tandis que l'archiduc Charles a 100 à
120,000 hommes à opposer ou pour attaquer Masséna.
Je ne peux expliquer cette distribution étrange et mal
entendue des forces que de la manière suivante :
1°. Peut-être que le général Mack, connaissant la jalou-
sie ou la haine décidée de l'archiduc contre lui, n'a pas
voulu enflammer cette animosité encore davantage par la
proposition de retirer de l'armée d'Italie un nombre considé-
rable des troupes qu'on avait placé , au commencement
des préparatifs, sous les ordres de S. A. R. dans ce pays.
C'est à cette délicatesse fausse et mal placée qu'il faut at-
tribuer en grande partie les malheurs actuels , et je ne vois
rien d'improbable dans.cette opinion; car ce ne fut que
dans la dernière extrémité qu'on ordonna à 3o bataillons
d'infanterie de l'armée d'Italie de renforcer celle de l'archi-
duc Ferdinand , et nous savons quel grand mécontentement
cette mesure a donné au prince Charles.
2°. En dressant le plan de campagne, on doit avoir cal-
culé que les Russes seraient joints avant l'ouverture. Ce
calcul, quoique faux et extraordinaire, a été fait en effet.
Considérant les préparatifs immenses faits ici, le retour
de M. Novosilzoff annoncé au milieu de juillet, la connais-
( 38 )
sance que BONAPARTE devait avoir acquis à ce temps des
négociations entre S. M. et les deux cours impériales , on ne
pouvait pas s'attendre que la France resterait dans l'erreur j
plus long-temps que vers le mois d'août ; ce qui fut en effet
l'époque où la déception avait cessé. De l'autre côté , on
pouvait savoir, et on le savait, que les troupes françaises
partiraient de la côte de la mer au commencement du mois
de srptembre ; on pouvait également calculer , d'après la
rapidité de leurs mouvemens et l'activité immense de leurs
chefs, qu'elles arriveraient à leur destination vers la fin du
même mois. On ne pouvait pas ignorer non plus que la pre-
mière armée russe n'arriverait sur l'Inn ques le milieu
du mois d'octobre ; il était donc évident qu'en ouvrant la
campagne dans le voisinage du Rhin, les Autrichiens de-
vaient commencer seuls les hostilités contre les Français. Ce
calcul, qu'on ne peut guères réfuter, met le général Mack
dans un double embarras: ou la force autrichienne était
insuffisante pour se battre seule avec les Français, ou elle
ne l'était pas. Dans le premier cas, on se demande : pour-
quoi a-t-on choisi la position sur l'Iller, que l'on ne veut
abandonner jamais? dans le second : pourquoi risque-t-on
un mouvement si avancé? Cependant si le général Mack,
en prenant sa position sur l'IUer dans les circonstances
mentionnées, était sûr de pouvoir la maintenir jusqu'à l'ar-
rivée des Russes, il ne pouvait pas faire autrement que de
choisir celle position de préférence à toute autre plus re-
culée, afin d'opposer une barrière au progrès de l'ennemi
dans l'Empire. On ne peut pas croire qu'il ait été dirigé par
un autre motif: mais nous avons la mortification d'en dé-
couvrir l'illusion.
Il y avait sans doute quelque chose d'attrayant dans l'idée
d'ouvrir la campagne en Souabe ou en Wurtemberg plutôt
qu'en Bavière ; mais il est très-probable que si l'on avait
choisi ce dernier pays pour la première scène de l'action,
on en aurait tiré des résultats plus avantageux :
1°. Si les Autrichiens n'avaient été avancés que sur
l'Inn ou sur l'Iser, ou même sur le Lech, les Français au-
raient dû employer huit à dix jours de plus pour les al-
( 39 )
teindre, et les Russes auraient gagne autant de jours de
moins pour les joindre. Ainsi, l'armée de l'archiduc Fer-
dinand, de 80,000 hommes, et la cavalerie russe et autri-
chienne de 60,000 hommes auraient été prêtes à attendre
le signal pour agir ensemble.
20. Par ce plan de la première position sur l'Inn, on
aurait peut-être évité la défection scandaleuse de l'électeur
de Bavière. Placé entre deux armées puissantes, il aurait
peut-être maintenu sa neutralité jusqu'à l'explosion. Si la -
victoire s'était déclarée en faveur des Autrichiens, il aurait
été une proie facile à leurs armées, et dans tous les cas, le
mal que lui et son armée ont fait aurait été détourné.
3°. Il est vrai que le Bade , le Wurtemberg, et une
partie de la Bavière, auraient été exposés aux ravages des
Français. On ne pouvait prévenir ce mal qu'en occupant tout
le sud de l'Allemagne, et la conduite de ces princes ne fait
! point regretter l'oppression qu'ils ont soufferte. Cependant,
on était déterminé de prendre la position sur l'Iller, et la
campagne commença vers la fin du mois de septembre. Les
généraux Bernadolte et Marmont commencèrent les opéra-
tions en dirigeant leur marche vers Wurtzhourg, de-là vers
le margraviat d'Anspach ; et après avoir ramassé tous les
Bavarois qu'on pouvait trouver, ils passèrent le Danube à
Ingoldstadt et à Neubourg, chassant devant eux la petite
force du général Kienmayer, et entrèrent en Bavière avec
60 à 70,000 hommes. C'est ici que les malheurs de la cam-
pagne commencèrent. On ignore si le général Mack ne con-
naissait pas le nombre de cette armée , ou s'il était mal ou
point instruit de sa destination ; au lieu de changer sa propre
position, il se contenta de détacher une force peu considé-
rable sous les ordres du général Kienmayer, afin d'observer
les opérations de l'ennemi.
A cette même époque , l'armée de Bonaparte, qni se
montait à 80,000 hommes , passa le Rhin ; elle traversa
l'électorat de Wurtemberg, les plaines de Nordlingue, etc,
avec une rapidité sans exemple. La plus grande partie des
Français avait pitsse le Danube près de Donaweith le 6 et
le 7 octobre 5 ils avaient pris position entre cette rivière et
( 4° )
Augsbourg, et en se réunissant, par ce mouvement, avec t
l'armée sous les ordres de Bernadotte, ils s'étaient postés i
derrière les Impériaux.
-C'est depuis ce mouvement que la manière de faire la i
guerre commença, par laquelle les Français se sont rendus
si remarquables et si formidable:, dans des campagnes pré-
cédentes. J'ai déjà eu l'honneur d'envoyer à V. S. les détails
officiels de l'affaire du 8 et de celles du 9 et du 11. On avait
nourri quelques espérances que le résultat de la bataille du
11 serait suivi de quelques succès , mais illusoirement. Le
général Ney avait fait tranquillement sa retraite vers le corps
de l'armée française, toujours postée entre le Danube et
Augsbourg, et la communication entre les Autrichiens et les
Russes était entièrement coupée.
Par suite de ce mouvement, le général Mack divisa son
armée , et le général Jellachich fut détaché, avec quinze ou
seize bataillons, vers le Tyrol. En même temps des ordres
furent envoyés à la garnison de Memmingen, composée de
onze bataillons, d'évacuer cette place, et de joindre le corps
sous les ordres du général Jellachich. J'ignore si ces ordres
arrivèrent trop tard, ou s'ils avaient été mal remis ; le fait
est que la garnison capitula aux Français, sous le général
Davoust, après que la ville avait été presque entièrement
brûlée. L'artillerie destinée aux fortifications de cette place
était toujours hors de la ville. A cette occasion, un grand
nombre de paysans Bavarois , qui s'étaient joints aux Fran-
çais, et qui prirent possession de cette artillerie, furent
taillés en pièces par les hussards autrichiens, qui en enle-
vèrent la totalité ou une grande partie.
Je suis fàché d'ajouter qu'une consternation et une peur
générale commencent à régner ici, au moins dans le public.
Peut-être que la présence de l'Empereur de Russie , qu'on
attend ici le 5 du mois prochain, contribuera à dissiper la
tristesse, sur-tout si dans l'intervalle les affaires prennent
une tournure plus favorable. Mais quoiqu'elles n aient pas
l'air encourageant, il ne faut cependant pas désespérer. Il y
a encore une armée de réserve de 5o,ooo hommes, autant
de Russes sont en marche; on peut tirer quelque renforce-
( 41 )
ment de l'Italie : on doit. espérer que 5o à 60 mille hommes
seront sauvés des armées autrichiennes russes en Allemagne,
en sorte qu'en trois-ou quatre semaines (pourvu que ces
armées ne soient tout-à-fait détruites) , nous aurons plus
que 1 60 mille hommes prêts à se mettre en campagne.
Si les hostilités en Itàlie avaient commpncé" plutôt, nous
serions probablement aujourd'hui en possession de Milan.
Le 16 de ce mois , jour où, en toute apparence , l'arcru.
duc Charles devait passer l'Adige, les Français commen-
cèrent une canonnade du côté de Véronne sur les ouvrages
des Autrichiens, qui répondirent de leur côté à cette canon-
nade. C'est le seul aote hostile qui, jusqu'à ce jour, a eu
lieu en Italie.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, ARTHUR PAGET.
Extrait d'une dépêche de lord Gower à lord Mulgrave, datée
de Saint-Pétersbourg, 22 juillet 1895.
Milord, hier, lorsque j'étais occupé d'une dépêche pour
envoyer un messager en Angleterre, je reçus une invitation
du prince Czartoriski de me rendre chez lui; j'eus donc
une conférence avec lui, dans laquelle il m'a lu des dépê-
ches d'importance qu'il venait de recevoir du comte Razu-
mouski et du général Winzingerode. Ces dépêches faisaient
voir que l'Empereur d'Allemagne commençait à sentir que
ses véritables intérêts et sa dignité demandaient. de la réso-
lution, et que la guerre était inévitable, en sorte qu'il ne
veut point laisser à BONAPARTE le choix du temps où il faut
commencer les hostilités.
Extrait d'une dépêche de lord G. L. Gower à lord Mulgrave,
datée de Saint-Pétersbourg, 3 septembre i8o5.
Milord, les dernières dépêches de l'ambassadeur de Rus-
sie parlent d'une manière assurée de la disposition hostile
de ce cabinet ; on avait reçu des informations de Paris qui
( 42 )
marquaient que BONAPARTE était disposé de venir à un
arrangement ; mais le comte de Cobentzl ne paraît y ajouter
aucune foi, et c'est l'opinion du comte Razumouski, que le
cabinet autrichien n'est plus si timide et indécis qu'il était,
qu'ali contraire il est maintenant convaincu que la guerre
"st la seule chose qui peut arrêter l'ambition de la France.
Il y a lieu de croire que l'Empereur d'Allemagne ne voudra
point attendre l'issue des négociations qu'on propose, avec
le Gouvernement français, et qu'il commencera les hostilités,
lorsque se voit soutenu par de puissans alliés. * t;f l
1 Vers le commencement d'octobre l'armée autrichienne sur
les frontières vénitiennes sera sur le pied de son plus grand
établissement, et sera certainement plus nombreuse que
celle de France en Italie, et les troupes russes arriveront
certainement dans les pays héréditaires assez tôt pour pé-
nétrer aux frontières de la Bavière avant que les troupes
françaises, qui sont sur la côte et dans l'intérieur de la
France , puissent atteindre l'Empire Germanique ; c'est pour
cela que dans toutes les conversations que j'ai eues avec le
prince Czartoriski et le comte Stadion , je me suis empressé
de faire voir la nécessité de commencer les hostilités. Le
prince m'a dit qu'il a déjà chargé le comte Razumouski de
presser celle considération à la cour de Vienne, et qu'il ne
manquera point de renouveler ses instructions à ce sujet.
C'est avec beaucoup de satisfaction que je vois la bonne
disposition et l'énergie de cette cour. L'Empereur prévoyant
que BONAPARTE se voyant menacé par les puissances alliées
fera des efforts pour augmenter le nombre de ses troupes ,
ne veut point se trouver en arrière , et a ordonné la levée
de quatre hommes par cinq cents, ce qui produira le nom-
bre de i5o,ooo hommes.
Un corps d'environ 10,000 hommes, commandé par le
grand-duc Constantin, et presque tout composé de la gar-
nison de Pétersbourg, commença sa marche vers les fron-
tières de Prusse, jeudi 22. Les troupes destinées pour la
Poméranie sont prêtes à être embarquées , et mettront pro-
bablement à la voile dans six ou huit jours. Leur nombre
est de 20,OCO hommes. M. Alopeus a été chargé de trai-
( 43 )
ter avec le roi de Suède pour procurer les arrangemens
nécessaires pour le débarquement des Russes à Stralsund,
aussi bien que pour l'augmentation de la garnison suédoise
dans ce port; mais il n'a encore envoyé aucune dépêche.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Granville-Leveson-Gowejr.
Plan des opérations proposées par la cour de Vienne.
La France, selon la nouvelle organisation de ses forces,
a sur pied
112 régimens de ligne 404,822
3o régimens d'infanterie légère 107,510
85 cavalerie 64,226
16 artillerie. , 21,430
597,988
Ce nombre, avec l'addition de diîférens corps en Corse
et dans les îles , de 21 régimens de troupes hollandaises.
11 règimens suisses, 18 de troupes auxiliaires d'Italie, et
la garde impériale composée de i5,ooo hommes, forme le
le total de 651,964, qui est toute la force militaire sur
pied actuellement en France. Ces troupes sont déjà, pour
la plus grande partie, sur l'établissement de guerre. On ne
peut pas espérer qu'une grande descente d'Anglais sur la
côte de France puisse avoir du succès : la France peut par
conséquent retirer toutes ses forces de la côte et de l'inté-
rieur du pays. Outre cela , elle peut aisément organiser une
garde nationale pour la sécurité du pays , laquelle lui don-
nera lieu de disposer ailleurs de ses troupes de ligne. Il
s'ensuit de-la que la France peut employer 5oo,ooo hommes
en Italie, en Suisse et en Allemagne.
Il n'y a que 25o,ooo Autrichiens et 115,000 Russes à
opposer à la France, selon la stipulation du dernier traité ,
et il faut remarquer qu'on ne peut pas espérer beaucoup de
l'assistance df's SuéJors ni des Anglais. Voici ce qu'on peut
conclure de l'état ci -dessus :
Premierement, vu l'état des forces militaires de la France,
( 44 )
les avantages de sa position géographique, soit pour sa
défense, soit pour attaquer les autres , il paraît que la paix
est actuellement une mesure prudente, jusqu'à ce qu'une
occasion favorable se présente.
2°. Si cependant la guerre devient inévitable ; non-seu-
lement pour en assurer le succès , mais pour arrêter le
progrès du mal, il faudra absolument que les puissances
alliées fassent des efforts pour trouver des moyens capables
de résister à l'ennemi.
Il faut que les alliés combinent entre eux les arrangemens
militaires , les objets de finance qui les regardent, et toute
la conduite de l'entreprise : à l'égard des arrangemens mili-
taires, ils ne seraient d'aucun effet, si les Autrichiens ne
portaient pas en campagne au moins 3oo,ooo hommes.
On verra dans un papier ci-après, la difficulté que l'Autri-
che doit avoir en voulant faire un armement tel que je l'ai
marqué, parce qu'il lui faudrait en outre laisser un nombre
considérable de troupes pour garder l'intérieur du pays, et
pour observer les mouvemens de la Prusse.
L'armement autrichien trouve d'abord des difficultés dans
la distribution qne les troupes ont à présent; il est vrai que
le cordon qu'on a formé pour empêcher l'introduction de
l'épidémie, a cet avantage, que l'Etat de Venise est plus
en danger d'être surpris par les troupes françaises ; mais s'il
était question d'opposer une grande force à l'ennemi, il
faudrait que l'Autriche concentrât ses forces, car on ne
pourrait pas espérer que les troupes russes arrivassent assez
à temps pour secourir les Autrichiens : il faudrait donc que
ceux-ci fussent en état de faire face seuls pour quelque
temps à l'ennemi : l'Empereur d'Autriche n'est point décou-
ragé par ces difficultés, si la guerre est inévitable; mais
c'est à condition qu'on lui fournira les moyens pécuniaires
dont il a besoin.
La cour de Saint-Pétersbourg a été parfaitement informée
de la dépense nécessaire pour l'armement qu'on exige , in-
fanterie, cavalerie, artillerie, etc. Le subside de 15 mil-
lions de florins, qu'on a demandé à l'Angleterre pour les
C 45 )
premiers services, n'est que la moitié de ce qui est néces-
saire. La dépense de chaque campagne, dans la guerre
passée, était depuis cent dix jusqu'à cent vingt misions, et
comme le prix de toutes les marchandises a augmenté, il
est clair que la dépense dans les mêmes objets doit être
plus grande. Mais supposons même que la dépense fut la
smême, les finances de l'Autriche sont si embarrassées, que
trente millions de florins ne lui suffiraient point pour .l'arme-
ment qu'on demande, et qui est nécessaire. Il s ensuit que
l'Autriche, si l'Angleterre ne lui7 accorde point le subside
qu'elle demande, ne peut faire aucun préparatif de guerre;
car si elle s'engage dans l'armement, il faut qu'elle soit cer-
taine de pouvoir continuer.
Apres quoi il faut considérer les opérations que les armées
en Italie, dans le Tyrol, en Suisse et sur les frontières
de l'Allemagne, seront à portée de faire, supposé que tous
leurs mouvemens puissent être d'accord. Tout dépend de
l'harmonie de ces opérations. L'activité ou l'indolence de
ce plan d'opérations, doit décider de la guerre et du sort
de l'Europe entière. — Il n'y a qu'à considérer la situation
géographique de la France, pour voir qu'avec son influence
en Suisse et en Italie, elle ne peut point être attaquée du
côté de l'Allemagne en Alsace , ou sur le Rhin. — Ce serait
une grande folie que de tenter une telle chose. On ne pour-
rait poursuivre ce plan d'attaque qu'en passant le Rhin à
Manheim, ou en assiégeant Metz.
Dans le premier de ces projets, il y aurait le désavantage
d'être obligé d'attaquer des forteresses presqu'à chaque pas,
de faire une guerre de sièges, et de consommer des hommes
et de l'argent en vain. - Si on met le siège à Metz, il faut
au moins 50,000 hommes pour le blocus et pour couvrir
les opérations du siège. —La force de cette place est telle,
qu'elle nous occuperait pour la moitié de la campagne, et
quand elle viendrait en notre pouvoir, les places fortes sur
la Meuse d'un côté, et en Alsace de l'autre, arrêteraient
les progrès de nos armées. -Il faut ajouter que comme ces
opérations exigent les efforts d'une grande armée, il ne
resterait que peu de troupes pour couvrir le Haut-Rhiy, et
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l'ennemi ne manquerait pas de profiter de cette circons-
tance et de nous attaquer eq cette place, pendant que
nous serions occupés devant Landau ion Metz : la consé-
quence est que l'ennemi se rendrait le maître ds nos com-
munications et nous couperait les vivres, ce qui nous obli-
gerait d'abandonner le tout sans coup férir.
Le plan d'attaquer la Franche-Comté par la Suisse, est
ce que l'ennemi a de plus! à redouter : là ses frontières sont
ouvertes ; mais comme il est impossible que l'armée puisse
tirer des vivres du Tyrol, il faudrait passer par la Souabe ,
le Voralberg, et au bas du lqc de Constance; de sorte
qu'avant d'exécuter ce projet, il faudrait pénétrer dans la
N Souabe, et être à même de fixer une armée d'observation
vis-à-vis de Strasbourg, pour observer les mouvemens de
- l'ennemi, — Il faudrait même obtenir des avantages-en Ita-
lie avant que de rien risquer en Suisse.— Si l'armée en Italie
était obligée de se retirer vers Klagenfuct, l'armée du Tyrol
ne pourrait plus joindre celle qui agirait en Suisse. - L'en-
nemi se rendrait le maître de Puster- Thal (Puster-Thai
est dans le Tyrol, entre Brixen et Lientz, et communique
avec la vallée de l'Adige), sur la grande route, pour inter-
cepter nos communications avec le Tyrol ; nous serions
contraints de détacher des troupes de l'armée d'Allemagne
pour la défense <ie l'intérieur de l'Autriche, et non-cule-
ment d'abandonner les opérations offensives, mais de nous
arrêter nous-mêmes au-delà du Lech, ou peut-être de l'Inn
en Allemagne, et d'y prendre une position défensive pour
ne pas s'éloigner de l'Autriche , afin de pouvoir donner du
secours avec promptitude , où il deviendrait nécessaire. -
Il paraît donc évident que la guerre devrait commencer
avec vigueur en Italie. - Cest-là que nous devons agir
avec les plus grandes forces de notre armée. — Si nous y
gagnons une victoire, cela nous mettra à même de pour-
suivre des opérations offensives contre la France, de même
qu'en Allemagne la perle d'une bataille peut donner occa-
sion et moyen aux Français de pénétrer en Autriche. —
Si nous- mêmes nous ne pouvons pas nous porter sur nus
frçntières aussitôt que l'ennemi, comment pouvons-nous