Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Sur la valeur tonique de quelques produits du groupe phénique, par M. P. Guyot

De
8 pages
impr. de Sordoillet et fils (Nancy). 1870. In-8° , 8 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

SUR LA
VALEUR TOXIQUE 1 DE QUELQUES PRODUITS
DU GROUPE PHÉNIQUE
PAR M. P. GUYOT
(Note présentée à l'Académie des Sciences dans sa séance du 17 janvier 1870.)
Dans le courant' du' mois de décembre dernier, je fus un jour obligé de me
rendre de mon laboratoire dans une chambre voisine où des circonstances parti-
culières me retinrent quelque temps. M'élant approché du feu, je sentis bientôt
à la main gauche une légère démangeaison qui devint de plus en plus doulou-
reuse el il se forma ça et là des cloches comme dans une brûlure ordinaire. La
douleur assez vive au commencement céda bientôt à un traitement à l'éther sul-
furique contenant de l'ammoniaque, puis à des lavages à l'eau fraîche ; mais il
resta une tache noire visible encore aujourd'hui.
Il me restait à savoir comment avait été produit cet accident. N'ayant manipulé
dans la journée que des produits dérivés du goudron, je dus naturellement cher-
cher dans ces produits la cause de l'accident. J'instituai de suite diverses expé-
riences qui ne tardèrent pas à me montrer que l'acide phéuique peut dans cer-
taines conditions, brûler la peau, ronger les chairs et produire une véritable
tuméfaction.
A froid, c'est-à-dire ve.rs 7° ou 8°, l'action du phénol sur l'épidcrme est très-
, lente, ce qui permet d'expliquer facilement pourquoi les jours précédents, tout
en manipulant les mêmes substances, je n'avais rien constaté. Mon laboratoire
n'ayant jamais une température supérieure à 8°, je ne me suis jamais trouvé
dans les conditions voulues pour que l'action soit immédiate. D'un autre côté,
— 2 —
l'habitude que possède toute personne qui s'occupe de chimie, de se savonner
les mains après le travail, m'avait encore empêché de constater plus tôt le
fait ; on comprend facilement que l'alcalinité du savon éliminait toute trace
d'acide.
A une température de 18° ou 20°, l'action de l'acide phénique est très-vive et
se produit immédiatement. Je m'en suis rendu compte au moyen d'une expérience
très-simple ; je plaçai sur tin linge légèrement chauffé un cristal d'acide phé-
nique et me je l'appliquai directement sur la main. Au bout de deux minutes, il
y avait une véritable brûlure. Cette expérience fut répétée sur divers animaux et
chaque fois j'obtins les mêmes résultats. Si l'on essaye de donner du phénol à un
chien, je suppose, on remarque bientôt autour de la bouche, sur les gencives, la
langue, etc., les symptômes précédents qui se résument en inflammation suivie
de tuméfaction. Des sangsues et des grenouilles placées dans de l'eau phéniquée
à la dose de l gr. par litre n'ont pas tardé à périr.
Lorsqu'on met en regard l'accident que je viens de signaler et les symptômes
décrits il y a quelque temps au sujet de divers empoisonnements produits
soi-disant par la coralline, on est frappé de la grande analogie qui existe entre eux
et de suite on est porté à se demander si, tout en admettant la non-toxicité de la
coralline (1), maintenant hors de doute, on ne pourrait pas expliquer comment il
se fait que M. Tardieu a obtenu des résultats tels qu'il a été obligé de conclure
que cette matière colorante était vénéneuse.
Pour donner l'explication demandée, il était nécessaire de suivre pour ainsi
dire pas à pas le mode de préparation de la coralline et d'étudier toutes les
réactions principales ou secondaires qui pouvaient se présenter. Voici le résumé
des résultats que j'ai obtenus :
On sait que pour obtenir la coralline, que l'on nomme quelquefois péonine par
suite de l'analogie de sa teinte avec celle de la (leur de pivoine, il faut d'abord
passer par l'acide rosolique et que le procédé généralement employé pour la
préparation de cet acide est celui de SIM. Kolbe, Schmith (2) et Persoz, qui con-
siste à chauffer le phénol avec de l'acide sulfurique et de l'acide oxalique. Ce
dernier acide se décompose en même temps que la masse se boursouffle, devient
brune, puis rouge par suite de la formation de l'acide rosolique. En examinant
bien ce procédé, on voit que plusieurs cas peuvent se présenter, à savoir : 1° On
opère en présence d'un excès d'acide sulfurique ; 2° la préparation a lieu en
présence d'une quantité déterminée d'acide minéral et cette quantité est juste
(1) P. Guyol. Sur la non-toxicité de la coralline. — Comptas rendus, t. LXIX,
p. 588. — La Chimiste (Bruxelles), t. iv, p. 1-47. — Annéa scientifique, xiv"
volume, p. 458.
(2) Kolbe et Schmith.— Annulcn der Chem. ùnd pharm., t. exix, p. 169, et
Zeilschr. fur Chem., t. iv, p. i!i7.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin