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Sur les partis et les factions

8 pages
[Reboux-Leroy] (Lille). 1830. France -- 1824-1830 (Charles X). 8 p. ; in-8.
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SUR LES PARTIS
EXTRAIT DU JOURNAL DU NORD
Des 2 et 3 Février 1830.
J'ai lu , il y à peu de tems, dans le Journal du Nord ,
un excellent article, dans lequel on a prouvé que les libéraux
ne sont pas un parti national. L'auteur n'a rien laissé à dire
sur cette matière importante. Je viens après lui ; j'exami-
nerai la différence qui existe entre un parti et une faction.
Dans tous les pays anciens et modernes , quand les ins-
titutions ou des agitations politiques portent tous les citoyens à
s'occuper de la chose publique, on a vu des partis et des factions.
Le parti a un but louable , avoué ouvertement , et d'accord
avec ses sentimens ; la faction a des sentimens publics et
d'autres secrets , elle tend à un but qu'elle n'ose avouer , il
faut alors opposer un parti à la faction.
Lorsque les Gracques demandaient à Rome le partage des
terres , ils ne parlaient que du désir de soulager le peuple.
C'était là le sentiment avoué , et le but ouvertement dé-
claré; niais le but secret était de troubler ia république,
d'enlever au sénat son autorité et de la transporter au
peuple : le sénat leur opposa le parti qu'il avait su se former
dans le peuple même. S'il était resté inactif, en n'opposant
que la sainteté des lois à la faction, il aurait succombé.
Parmi nous , la ligue était une faction. Son but déclaré
était le maintien de la religion ; son but secret , le renver-
sement des Valois et le couronnement des Guises. Le parti
royaliste au contraire avait un but déclaré, il s'opposait à
( 2)
l'usurpation des Guises. Catherine de Médicis fit un mal
affreux à la France , en excitant les Condés contre les
Guises , et en les favorisant tour-à-tour. C'était ce misérable
jeu de la bascule que nous avons vu dans ces dernières
années. Elle aurait dû. s'unir étroitement et toujours aux
princes de Condé et au Roi de Navarre, père d'Henri IV ;
ils étaient protestans , mais royalistes. Leur nom et leur
intérêt leur en faisait un devoir et une nécessité. Alors on
aurait vu non pas le parti des Condés , opposé à la faction
des Guises et l'autorité royale tantôt d'un côté tantôt de
l'autre , mais le parti du Roi , suivi de tous les royalistes
opposé à la faction des Guises. C'est ce qui arriva , lors-
qu'Henri III s'unit à Henri IV, alors Roi de Navarre. Cette
incroyable bascule employée par Catherine a toujours été
et sera toujours le dernier degré de l'imbécillité politique.Elle
seule , depuis la restauration , a desséché dès leur naissance
les heureux fruits que la France devait en attendre» ,
En traitant ce sujet important , il faut bien citer, l'An-
gleterre, puisque nous avons emprunté d'elle presque toutes
nos institutions. Il faut la citer , non pour l'imiter aveu-
glément , comme nous avons fait en tant de choses , mais
pour examiner avec soin ce qui est de l'essence du gouver-
nement représentatif, afin de le distinguer non moins soi-
gneusement de ce qui appartient au caractère et à l'esprit
national de ce peuple.
Cet esprit et ce caratère sont très-différens des nôtres.
Ce qui leur appartient , transporté parmi nous, n'a produit
que des résultats différens des effets qu'il a produits dans ce
pays. Mais les institutions politiques, lorsqu'elles sont établies,
produisent des résultats analogues , malgré la différence des
caractères des peuples. L'Histoire est là pour attester que
le despotisme , la monarchie tempérée par les lois, la répu-
blique aristocratique ou démocratique , ont toujours produit
les mêmes résultats, malgré la différence du caractère des
peuples. Cette preuve toujours subsistante , nous annonce
qu'il doit en être de même du gouvernement représentatif.
Or , nous l'avons imité dé l'Angleterre. Voyons donc si de-
puis cent cinquante ans qu'il est établi, tel que nous le
voyons dans ce pays, il conserve en lui-même un principe
conservateur , reconnu , avoué et suivi avec franchise. Je
crois pouvoir démontrer que ce principe est le noble esprit
de parti.

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