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Testament de S. M. la reine Marie-Antoinette, auquel on a joint les discours prononcés dans les deux Chambres ; les réponses de S. M. Louis XVIII et de S. A. R. Madme ["sic"], duchesse d'Angoulême, aux différentes députations, et l'arrêté de M. le préfet de la Meuse, relatif à la publication de cet écrit mémorable

De
23 pages
impr. de Laguerre (Bar-le-Duc). 1816. In-8° , 24 p..
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TESTAMENT
DE
SA MAJESTÉ LA REINE
MARIE-ANTOINETTE,
Auquel on a joint les Discours prononcés dans les
deux Chambres ; les réponses de S. M. LOUIS
XVIII et de S. A. R. M AD ME, Duchesse
d' Angoulême aux différentes députations et
l'arrêté de Monsieur le PRÉFET de la Meuse,
relatif à la publication de cet écrit mémorable.
A BAR-LE-DUC,
DE L'IMPRIMERIE DE LAGUERRE.
1816.
ARRÊTÉ
DE M. LE PRÉFET
CONCERNANT LA PUBLICATION
DU TESTAMENT
DE SA MAJESTÉ LA REINE MARIE-ANTOINETTE.
LE Préfet du Département de la Meuse, Chevalier
de l'Ordre royal et militaire de S.t Louis,
Vu le Testament de l' Auguste Princesse MARIE-
ANTOINETTE d'Autriche, Reine de France, en
date du 16 octobre 1793 ;
Considérant que la Providence a permis que ce
monument de la vertu sublime victorieuse des atta-
ques du crime, au moment même où elle en devenait
la victime, ait été retrouvé dans ce département ; et
que, s'il est pour tous les vrais français un héritage
précieux, il l'est encore plus pour ceux sur le terri-
toire desquels il a été recouvert ;
Considérant que si, par un sentiment respectueux
de déférence pour l'auguste famille royale, il n'a pas
du prendre l'initiative de la publication de ce monu-
ment, il doit employer tous les moyens propres à
répondre à l'empressement de ses administrés,
(4)
ARRÊTE :
Le Testament de Sa Majesté MARIE-ANTOI-
NETTE d'Autriche, Reine de France, adressé peu
d'heures avant sa mort, le 16 octobre 1793 , en forme
de lettre, à son auguste soeur, Madame ELIZA-
BETH de France, sera inséré au recueil des actes de
la Préfecture du département de la Meuse, et impri-
mé séparément, pour être adressé à toutes les admi-
nistrations , déposé aux archives de la préfecture,
des sous-préfectures et de toutes les mairies du dépar-
tement, et répandu dans toutes les communes. MM.
les Curés et Desservans seront invités à le lire au
prône de leurs paroisses.
Fait et arrêté à Bar-le-Duc, le 4 mars 1816.
L. MAUSSION.
Par le Préfet :
Le Secrétaire général de la préfecture,
Chevalier de la. Légion d'honneur ,
LIÉGEARD,
(5)
TESTAMENT DE SA MAJESTE
LA REINE MARIE-ANTOINETTE.
Ce 16 octobre 1793, à 4 heures et demie du matin.
C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la der-
nière J'ois. Je viens d'être condamnée non pas à une
mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels,
mais à aller rejoindre vitre frère ; comme lui inno-
cente , j'espère montrer la même fermeté que lui dans
ces derniers momens. Je suis calme comme on l'est,
quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond
regret d'abandonner mes pauvres enfans ; vous savez
que je n existais que pour eux et vous, ma bonne et
tendre soeur, vous qui avez par votre amitié, tout
sacrifié pour être avec nous; dans quelle position je
vous laisse ! J'ai appris par le plaidoyer même du
procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la
pauvre enfant, je n'ose lui écrire, elle ne recevrait
pas ma lettre. Je ne sais même pas si celle-ci vous
parviendra ; recevez pour eux deux ici , ma bénédic-
tion. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands,
ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de
vos tendres soins. Qu' ils pensent tous deux à ce que
je n ai cessé de leur inspirer ; que les principes et
l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base
(6)
de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle
en feront le bonheur ; que ma fils sente qu'à l'âge
qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les
conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui ,
et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils à son
tour, rende à sa soeur tous les soins et les services
que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous
deux que, dans quelque position où ils pourront se
trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur
union. Qu'ils prennent exemple de nous. Combien dans
nos malheurs notre amitié nous a donné de consola—
tion ! et dans le bonheur on jouit doublement quand
on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de
plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ?
Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son
père , que je lui répète expressément : qu'il ne cherche
jamais à venger notre mort.
J'ai à vous parler d'une chose bien pénible h mon
coeur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait
de la peine ; pardonnez-lui, ma chère soeur ; pensez
à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à
un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend
pas : un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que
mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse
pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes
dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le
commencement du procès ; mais outre qu'on ne me
laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que
je n 'en aurais réellement pas eu le temps.
(7)
Je meurs dans la religion catholique , aposto-
lique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle
où j'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant
aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant
pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion,
et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y
entraient une fois.
Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes
les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe.
J'espère que dans sa bonté il voudra bien recevoir
mes derniers voeux, ainsi que ceux que je fais depuis
long-temps pour qu'il veuille bien recevoir mon ame
dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon
à tous ceux que je connais, et à vous, ma soeur, en
particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir,
j'aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes enne-
mis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes
tantes et à tous mes frères et soeurs. J'avais des amis,
l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines
sont un des plus grands regrets que j'emporte en mou-
rant ; qu'ils sachent, du moins, que jusqu'à mon der-
nier moment, j'ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et
tendre soeur ; puisse cette lettre vous arriver ! pensez
toujours à moi ;je vous embrasse de tout mon coeur,
ainsi que mes pauvres et chers enfans ; mon Dieu ! qu'il
est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu,
adieu Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs
spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes ac-
( 8 )
fions, on m'amènera peut-être un prêtre, mais je
proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je
le traiterai comme un être absolument étranger. »
Pour copie conforme à l'original écrit en entier de
la main de S. M. la Reine Marie-Antoinette.
Le ministre de la police générale du royaume ,
Signé, le comte DE CAZES.
CHAMBRE DES PAIRS.
Bulletin de la séance du mercredi 22 février 1816,
La chambre s'est réunie à deux heures.
Le ministre des affaires étrangères, président du
conseil des ministres, et le ministre de la police gé-
nérale , ont été introduits.
Après la lecture du procès-verbal, le premier de
ces ministres a communiqué à la chambre, dé la part
du Roi, une lettre écrite à madame Elisabeth, par
l'infortunée Reine Marie-Antoinette, cinq heures
avant sa mort. Cette lettre, écrite toute entière de la
main de la Reine, a été retrouvée parmi les papiers
de l'ex-conventionnel Courtois. S. M. a voulu que la
chambre des Pairs reçût la première communication
de cette pièce intéressante. Il en a été gravé un fac
simile qui sera distribué demain aux pairs et aux dé-
putés.
( 9 )
M. le vicomte de Chateaubriand ayant obtenu la
parole, a exprimé avec autant de chaleur que de
noblesse les sentimens que faisait naître dans l'assem-
blée cette douloureuse communication. Il a proposé
de transmettre au Roi, par une grande députation de
la chambre, l'hommage de ses sentimens.
M. le duc de Choiseul, en appuyant cette propo-
sition, a payé à la mémoire de l'auguste compagne
de Louis XVI un juste tribut de respect et d'admi-
ration.
Le discours de M. de Chateaubriand et celui de M.
de Choiseul seront imprimés.
La chambre, d'une voix unanime, a adopté la pro-
position qui lui a été faite, et M. le Président a tiré
au sort les membres de la députation.
CHAMBRE DES DÉPUTÉS.
Séance du mercredi 22 février.
MM. les ministres des affaires étrangères et de la
police générale avaient été introduits dans la salle
pendant que M. Serres était à la tribune ; après le
discours de ce membre, M. le ministre de la police
générale demande à être entendu ; il monte à la tri-»
bune, et du ton qui annonçait l'émotion profonde
qu'il allait communiquer, d'une voix sensiblement
Altérée, il s'est exprimé à-peu-près en ces termes :

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