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Aléthéia

De
72 pages
Voici l’histoire commune d’une pensée singulière, l’histoire d’Aléthéia mais peut-être de beaucoup d’autres. Une invitation à travers la variété des formes d’expression : le verbe s’allie au geste, mais aussi à la scène. Voici une pièce qui se joue du temps et des barrières entre les formes d’art, alliant aussi bien mythologie antique et vie contemporaine que poésie et théâtre.
Aléthéia, ou l’histoire des mots et des maux ; l’expression des espoirs et des flammes qui animent nos actions. Une invitation à la poésie théâtrale, au mélange des genres et des imaginaires…
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Ouverture VOIX, lumière éteinte.VOIX,off:Ainsi que le vivant qui vers ailleurs se tourneDans l’objectif ultime d’arriver à son cœur ;Ainsi que l’éphémère qui l’achromie contourneAfin de sublimer son retour vers Harfleur,L’argile se fait montagne pour sublimer la plainePar un plateau immense qui en tient les vertus ;L’aqueuse se fait nuage pour parfaire la ReineHydrophile à ses heures, rendant liquides les nues.Aux Colosses d’argile que la montagne érigeEn colonnes sublimes que si fier le ciel sied ;Aux géantes figures que le soleil afflige…Voir qu’au-delà du ciel la terre est à nos pieds…
 
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Scène ICONTEUSE, ORPHÉE résistant au fleuve, GARDE poussant Orphée.La Conteuse, assise, s'adressant à la foule. On ne voit qu’elle sur la scène.CONTEUSE:Si l’homme lisait la vie comme on lit l’écriture,L’avenir deviendrait une question de ligne,- Or nos mains sont l’essence de notre utopie.D’hier ou de ce jour, les humains cherchent l’aubeEt bâtissent les marches atteignant l’idéal.Mais, sans ponts ni passerelles, naquit Babel…Et pourtant l’existence peut allier à souhait,Pour qui sait voir le monde, une âme tourmentée,Odysséenne, lyrique, poétique et antiqueÀ celle d’une voix actuelle, vivanteQui se munit du verbe et s’éveille au jour…La scène que la Conteuse dépeint apparait progressivement: Orphée agenouillé devant le Léthé est pressé par le Garde.CONTEUSE: Sur le bord du Léthé méditait un damné.Ses crimes, ses espoirs le poussaient vers le fleuveAussi fort que l’asile appelle l’oublié.La virginité létale en vive sirèneTentait le supplicié qui pourtant résistaitAu repos de son âme à la vie condamnable. 
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Le Garde pousse Orphée, qui fait volte-face et s'engage une lutte entre les deux hommes, Orphée résistant à celui qui veut le faire tomber dans le fleuve.CONTEUSE:Il avait une flamme et ne voulait l’éteindre ;Il avait une main qu’il ne voulait lâcher ;Un si doux souvenir à sauver de l’oubli.Il refusait d’offrir au Léthé salvateurLa fougue, la passion qui rachetait encoreL’âme que les stigmates contraignaient aux chaînes.ORPHÉE,toujours luttant : Je ne veux oublier ce sourire, ces yeux,Ces larmes épurées, ce cœur plein de tendresse,Quand bien même l’oubli rachèterait mes fautes.Je refuse de céder cette joie en mon cœurD’avoir touché un jour au bonheur avec elleDont le seul sourire m’éloigne de ces eaux…Je renonce à la paix mais aussi au tourment,Je garde mes péchés s’ils sauvent ma passionEt résiste à ce bord où sont morts tant de vœux !...Le Garde, profitant d'un moment de faiblesse d'Orphée, le déstabilise et le jette dans le fleuve.CONTEUSE:Mais alors il glissa et tomba dans les flots.Il invoqua si fort la mémoire des cieux 
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Que les eaux du Léthé se tarirent d’effroi.Ainsi naquit celui qui refusa l’oubli,Et monta du Léthé en un chant de mémoireLa liturgie des larmes ; un sourire éternel…¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤ Scène IICONTEUSE, ORPHÉE à genoux, tenant sa lyre.CONTEUSE:C’est depuis ce jour que la lyre se lamente,Quand le solitaire composa ses cantiques,Une source en un cœur fit couler le léthé…C’est alors que l’Orphée qui tendrement chantaitLaissa d’être subtile pour s’offrir au lyrique,Et de tous ses poèmes combien symphoniquesLa douleur fit les miasmes d’un supplice parfait.ORPHÉE:Lyre, tu ne chantes plus la beauté éternelle,Mais tu deviens l’écho des torsions de l’âme…CONTEUSE:Depuis que la Nuit lui déroba sa belle,L’Orphée crie son malheur au crépuscule du soir,Et la lyre dont l’air dissipe l’illusoirePrend la forme du cor en son pénible appel... 
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