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Clymène

De
42 pages

BnF collection ebooks - "Apollon se plaignait aux neuf Sœurs, l'autre jour, De ne voir presque plus de bons vers sur l'amour; Le siècle, disait-il, a gâté cette affaire : Lui nous parler d'amour ! Il ne la sait pas faire. Ce qu'on n'a point au cœur, l'a-t-on dans ses écrits ? J'ai beau communiquer de l'ardeur aux esprits ; Les belles n'ayant pas disposé la matière, Amour et vers, tout est fort à la cavalière."

BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.


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Notice

Cette comédie fut composée sans doute de 1658 à 1661, puisque le poète met au début ces vers dans la bouche d’Apollon :

… Je garde mon emploi
Pour les surintendants sans plus, et pour le Roi.

Comme le remarque Walckenaer, Servien et Foucquet étaient tous deux surintendants : Servien mourut le 17 février 1659, et, Foucquet étant resté seul surintendant, cette pièce où ce mot se trouve au pluriel doit être antérieure à cette époque.

Elle parut aux pages 140-191 des Contes et nouvelles en vers, 1671, in-12, troisième partie, à la suite du conte intitulé « le Petit Chien qui secoue de l’argent et des pierreries », puis fut réimprimée dans l’édition des Œuvres diverses de 1729, tome II, p 169-210.

Voltaire, dans la lettre écrite, sous le nom de M. de la Visclède, à M. le Secrétaire perpétuel de l’Académie de Pau (tome XLVIII, p 266), se montre très sévère pour cette aimable fantaisie qui rappelle les dialogues d’amour de nos anciens trouvères. Geoffroy, dans son Cours de littérature dramatique (tome II, p 185), répète après lui qu’il n’y a rien de plus insipide : « Je m’étonne que dans l’édition des Œuvres diverses de la Fontaine donnée par Maucroix (lisez : d’Olivet), et dans toutes celles que j’ai vues, on ait inséré des pauvretés telles que la comédie de Clymène, les opéras de Daphné, d’Astrée, de Galatée, qui sont tout ce qu’il y a de plus insipide au monde. » Boissonade (Critique littéraire sous le premier empire, tome II, p 263) exprime un avis tout contraire : « Je suis de ceux qui aiment à ne rien perdre, pour qui tout ce qu’ont écrit les hommes célèbres est précieux et digne d’être conservé. Leurs chefs-d’œuvre instruisent et plaisent ; on peut aussi s’instruire par leurs fautes. »

Pour M. Théodore de Banville cette petite comédie n’est point une guenille, une pauvreté, une bagatelle insipide, comme l’appelait Voltaire, ni ses éditeurs des espèces de sacristains maniaques qui veulent à toute force la faire révérer, encenser, mais un « diamant », un « chef-d’œuvre », un « enchantement ». Citons cet éloge enthousiaste, qu’on jugerait même à bon droit trop enthousiaste, s’il ne convenait de le considérer comme une réplique à la sévérité de ces critiques acerbes :

« Apollon s’ennuie sur le Parnasse, dans la verdoyante vallée de Phocide où la fontaine Castalie murmure son chant de cristal, et pour se distraire il veut entendre une histoire d’amour racontée en beaux vers ; mais par le plus adorable et le plus excessif raffinement d’esprit, il veut que chacune des neuf Muses lui dise à son tour ce même conte : Clio tenant à la main son clairon hardi, Melpomène armée du poignard, Thalie au brodequin d’or, Uranie couronnée d’étoiles, Érato possédée du démon lyrique, et toutes leurs sœurs, chacune selon l’habitude de son génie ; et Terpsichore elle-même arrêtera le vol de ses petits pieds bondissants pour se mêler à ce tournoi du bien-dire et aux jeux de cette divine cour d’amour. Recommencer neuf fois le même récit ! Est-il possible d’imaginer un problème littéraire plus audacieux, plus effroyable à résoudre ? Et quel autre que la Fontaine eût osé le rêver ? Il est tout entier dans une pareille conception ; et je sais plus d’un grand poète qui, après lui, l’a mesurée en frémissant, et qui a senti son cœur faiblir devant la tâche démesurée. Eh bien, ce chef-d’œuvre accompli avec un bonheur et une science dignes de l’entreprise, ce rare diamant aux facettes étincelantes, c’est Clymène, une comédie reléguée, inconnue, oubliée dans les œuvres diverses du fabuliste, Clymène où se trouve ce vers digne des temps héroïques :

Portez-en quelque chose à l’oreille des dieux.

Comédie, écrit la Fontaine, et Clymène est en effet une comédie, mais de celles qui sont faites pour être jouées devant un parterre de princes et de poètes, dans un décor de verdure fleurie, avec une rampe de lucioles et d’étoiles autour de laquelle voltige le chœur aérien des fées dans les blancs rayons de la lune. Ô la ravissante surprise de voir Thalie et Melpomène en personne devenir des comédiennes, contrefaisant celle-ci Clymène et celle-là Acanthe sur le tréteau élevé en plein Parnasse, à deux pas de l’Hippocrène ; Melpomène et Thalie se mettant du rouge parfumé d’ambroisie, et interrogeant d’un pied impatient quelque souffleur divin, Silène peut-être, ou le dieu Pan, caché dans une boîte de rocher ! Pour moi, je ne me sens pas de joie quand le terrible dieu de Claros prie Clio de chanter à son tour l’héroïne Clymène en une ballade à la manière de Marot :

Montez jusqu’à Marot et point par-delà lui,
Même son tour suffit…

Il suffit en effet, et plût aux dieux que nous pussions monter jusqu’à lui ! Au temps où la Fontaine créait ces enchantements, pour lesquels Louis XIV ne prêta pas les bosquets et les eaux jaillissantes...

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