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Thomas Riboud et la Société littéraire de Lyon de 1778 ; par M. Philibert Le Duc,...

De
13 pages
Impr. de L. Boitel (Lyon). 1852. Riboud. In-16, 12 p..
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THOMAS RIBOUD
ET
LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE DE LYON
DE 1778;
PAR
M. PHILIBERT LE DUC,
SOUS-INSPECTEUR DES FORÊTS ,
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATIONS DE L'AIN.
LYON.
IMPRIMERIE DE LÉON BOITEL,
Quai Saint-Antoine, 36.
1852.
THOMAS RIBOUD
ET
LA SOCIETE LITTÉRAIRE DE LYON,
DE 1778.
Les annales littéraires de Lyon ne doivent pas oublier la
Société de 1778, consacrée à l'amitié et aux lettres: Amicitioe et
litteris. La plupart des jeunes gens qui la composaient devinrent
des hommes du plus haut mérite. L'un d'eux, Thomas Riboud,
se distingua dans l'administration, la magistrature, les assem-
blées législatives, rendit de grands services à son pays, tels que
la fondation de la Société d'Emulation de Bourg et la conservation
de l'église de Brou, acquit une réputation étendue comme
archéologue et reçut des principales compagnies savantes, même
de l'Institut, le diplôme de correspondant. Les autres membres
de cette Société, notamment Delandine, sont bien connus à Lyon,
leur ville natale ou d'adoption.
Thomas-Philibert Riboud appartenait à la Bresse. Né à Bourg,
le 24 octobre 1755, il fit ses études à Beaune, chez les Oratoriens,
et son droit à Dijon. Le développement précoce de son intel-
ligence fut secondé par un travail assidu, ce dont témoignent
ses manuscrits scolaires. Il n'avait pas encore dix-neuf ans,
lorsqu'il fut reçu avocat au parlement de Dijon; c'était en 1774.
La même année ou la suivante, il plaida devant les cours do
Lyon. Son talent lui acquit bientôt l'estime et l'amitié de ses
1
— 2 —
confrères ; mais ses succès au barreau n'exigeaient pas l'emploi
de toutes ses facultés: la physique, l'histoire naturelle, la
littérature occupaient aussi ses veilles et ses loisirs. Une vive
sympathie le rapprocha des jeunes gens qui partageaient ses
goûts studieux, et au printemps de 1778, — il avait alors 22 ans
et demi,—il s'unit à Gerson, Geoffroy et Delandine, pour former
cette société littéraire que l'on distingue aujourd'hui par sa
devise : Amicitioe et litteris. La part qu'il prit à cette oeuvre
libérale est attestée par des lettres sur parchemin, conçues en
ces termes
« La Société littéraire de Lyon, formée par les soins actifs
et éclairés de MM. Riboud, Delandine, Gerson et Geoffroy devait
à chacun d'eux un monument toujours subsistant de son estime
et de sa reconnaissance. Elle a cru ne pouvoir mieux marquer à
M. Riboud en particulier ces divers sentiments, qu'en lui accor-
dant d'une voix unanime ces lettres, ou en reconnaissant lui
devoir les avantages de son union, elle rend hommage à ses
moeurs douces et honnêtes, à son amour pour les lettres et à ses
talents.
« Du samedi 30 mai 1778. »
Signé: GERSON.
Le nombre des associés fut fixé à vingt. On connaît les quatre
fondateurs. Les documents que j'ai recueillis me permettent de
nommer encore Andrieux, Béraud, Royer, l'abbé Tabard, Maire,
Dommergue le grammairien et l'abbé Bourdelin. Ces jeunes
amis des lettres s'assemblaient chez Delandine, une fois par
semaine, le samedi, de trois à six heures du soir. Ce fut le 9 mai
1778 qu'ils commencèrent à se réunir.
Dans leur première séance, ils s'occupèrent de leur règlement
et se constituèrent en petite république de la forme la plus
simple, car ils n'avaient pas de président, et c'était le secrétaire
— 3 —
qui répondait aux discours de réception, prenait soin des archives,
recevait le prix des amendes, convoquait les assemblées extraor-
dinaires et tenait registre des délibérations ; encore n'était-il élu
que pour un mois et ses fonctions ne pouvaient être prolongées
par une nouvelle élection.
Dans les séances qui suivirent, les productions les plus variées
se succédèrent avec profusion. Les sérieuses pensées, les folles
inspirations se traduisirent dans toutes les formes littéraires,
depuis le discours académique jusqu'aux couplets galants, jus-
qu'aux pièces légères, comme on disait alors.
Les membres les plus actifs de la Société étaient Delandine,
Geoffroy, Tabard et Thomas Riboud. Dans le cours de 1778 et
1779, — et bien que les séances commencées au mois de mai
pour 1778 et le 6 février pour 1779, aient cessé chaque année à la
fin du mois d'août, — Delandine fit vingt lectures (1), Geoffroy
vingt-six (2), l'abbé Tabard seize (3) et Thomas Riboud trente-
une (4). Les membres moins zélés ou moins féconds étaient
Andrieux, Béraud, Gerson et Royer; Andrieux, qu'il ne faut pas
confondre avec l'auteur du Meunier Sans-souci, lut plusieurs
contes en vers (5), Béraud sept discours ou mémoires (6), Gerson
trois discours (7), et Royer trois pièces, une en prose et deux en
vers (8).
Delandine glorifia dans une ode la Société naissante. Thomas
Riboud lui rendit en prose le même hommage. Il s'inspira de sa
devise : Amicitioe et litteris, et, dans un discours écrit avec faci-
lité, semé d'aperçus ingénieux et de quelques traits d'érudition,
il exposa l'influence réciproque de l'amitié sur les lettres et des
lettres sur l'amitié. Bientôt après, à la requête d'un de ses amis
de Bresse, il fit à la Société la proposition de s'adjoindre des
membres correspondants. Dans le discours qu'il lut à cette
(1) Voir, pour cette note et les suivantes, la fin de cet article.