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Tous les partis dévoilés, ou Première lettre d'un français observateur, à un de ses amis ([Reprod.]) / [signé : C. B......]

De
33 pages
[de l'impr. de C.-F. Patris] (Paris). 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
A
TOUS
LES PARTIS DÉVOILÉS,
ou
P RÉ M 1ER E L E T TR E
D'UN FRANÇAIS OBSERVATEUR,
A U N DE SE S AMIS.
Aîi puiije de nos maux bientôt venir le tonne!
J'ai reçu, Monsieur, la lettre infiniment polie
que vous me faites l'honneur de m 'adresser vous
desirez qui; je vous mette au fait de ce qui se
pas5c ici la tâche que vous m'imposez est très-
diffwile. A Venise, ou l'on ne parle pas. il est un
certain langage (te gestes auquel les politiques
s'accoutument enun, et qu'ils comprennent; mais
à Paris, où l'on se permet de tout dire et de tout
écrire, la vérilé est cachée sous beaucoup de ver-
biages, ou n'est point connue par la solti,e qu'on
rencontre par-tout, et qui c-tlonjours prête vous
1 assurer comme vraie la sol lise qui est l'objet de sa
croyance. En beaucoup d'occasions, cela va bien
pins loin. On vous force d'y croire j'ai vu souvent
a changer en décrets et ses magistrats forcer
gravement d'y obéir.
Ici, chaque sottise a ses ambassadeurs; c'est ce
qui multiplie à l'infini le corps diplomatique cela
va même au point d'être force a regarder presque
tous les individus qu'on rencontre, comme autant
d'Excellences.
g'il.est vrai que l'absence de grands hommes
doive être pour un politique la base d'un calcul
dont le résultat soit qu'il n'y a, il. proprement
parler aucun parti je vous assure qu'il n'en
existe aucun. Je conclurai mémo de l'absence cl 'un
homme qu'elle est principalement la cause à
laquelle l'on doit attribuer cette marche qui parait
constante vers le républicanisme, vers lequel on
n'est point emrainé mais -dans lequel on tombe
au milieu de déehiremens, résultais de "petits inté-
rêts, de viles passions, de beaucoup de crimes,
de scélératesses et de jalousies. C'est ce qui arrive
qua«d les vices, lés vertus l'opinion, ne sont pas
maniés par quelques êtres privilégiés de la nature.
Le gouvernement est toujours ici le même ou
plutôt il n'y en a pas. C'est de l'épuisement des
petits moy ens c'est de la lassitude des bourreaux
qu'est née la nécessité d'en former un c'est de
l'impuissance des gens qui ont voulu s'en empa
rer c'est de leur nullité absolue du mépris où
ils sont presque tous, qu'est sortie cette espèce de
vololonté d'en créer un. De la, cette constitution
qu'on vous annoncera très-probablement, comma
le chef-d'oeuvre de l'esprit humain comme le ré-
sultat des recherches de l'amour de l'huma-
nité de la liberté etc. Je joins Ù cet envoi
un exemplaire de cette constitution. Quoiqu'elle
ait été fort mal critiquée principalement, par
'Mil Roederer Hekel Lac.relelle Bicher-Scrizy
Dupont, Louvet et mille autres folliculaires dont
je vous enverrai les ouvrages si vous n'avez pu
yous les procurer, cependant tout ce qu'ils en ont
dit de mal est très-vrai, el s'ils ne l'ont pas blaitWee
d'un bout à l'antre c'est qu'il leuï convenait, aux
uns, d'en ôter tel article pour le .remplacer eux-
mêmes 5 aux autres il leur a paru plus conve-
nable d'en ajouter pour le mênuî but.
A 'défaut d'hommes pour se rallier il est
quelques opinions auxquelles plusieurs pelotons
,4mbionl a cire attachés mais chacun diverge plu-
A 2
ou moins
choses suivantleniouvemenl desindividus, vont par
sanlts et par bonds, par secousses et déchircmens.
♦I n'y Il pas un homme, si sot qu'il soit, qui
n'ait parfaitement la science de* prétextes, et en
cela un ne le (':de ici à aucun cabinet de l'Kurope.
Ou a donc prétexté la soi-disant sottise de l'as-
semblée consignante pour continuer les pouvoirs
de rassemblée ̃actuelle; on a dit qu'elle ne se fût pas
perdue, si elle eut mis en action les loix qu'eile
avait iai'.cs on oublia que si elle eût suivi une
conduite aussi sage, elle eût fait le bonheur du
peuple ainsi on flatte l'espérance des membres
actuels et on meut leur crainte. On eonclud en
même-temps, que si l'on reste, le bonheur général
est assuré delà, le décret qui veut que les deux
tiers de l'assemblée actuelle, restent, et soient saisis
des nouveaux pouvoir.? qu'elle-même a créés. ïm
lisant avec un peu d'attention la constitution, vous
verrez ia place que se sont gardée ces JIM.
mais celle urbanisation sociale est telle que, quoi
qu'il airive de la réélection des membres actuels,
ou du renouvellement en entier, il n'en doit pas
moins arriver une lutte qui amènera un boulever-
sement très-prompt qu'obtiendra facilement le
corps flatter et employer la populace
pour écraser les autres, si ceux qui seront chargés-
de la faire marcher se livrent à l'esprit de faction
qui fait notre malheur s'ils ne sont pas des anges,
si les gouvernés ne profilent pas des leçons de six
années de malheur et de sang, pour de venir des
hommes en dépit de tout ce qu'on a fait et de
–tout ce qu'on fait pour les rendre brutes et
esclaves,
La longue discussion qui a en lieu ces jours
passés, après la loi qui veut que les réélus soient
pris dans l'assemblée, a démontré très-clairement
qu'un parti de la convention a voulu une réduction
ou épuration pour anéantir le corps politique con
ventionel sous prétexte de purger ce corps de
crimes imaginaires ou réèls. Ce $parti est celui dit
des royalistes auquel parut céder celui, des
Dantonistes. Ces derniers ne voulaient pas un
anéantissement absolu ils se servirent du vouloir
bien connu des royalis'es pour avoir une tnajo-*
rité, à l'aide de laquelle ils comptaient obtenir le
pourvoir dont ils voulaient s'emparer sous le
masque de la justice, de l'humanité, et même de
la bienfaisance. Cette épuration a eu lieu en
partie le consentement à la mort dé tels et tels
montagnards, était accordé sous des vues bien
différentes il était couvert du masque de la jus-
tice, qui veut que le crime soit puni; mais chacun
s'en servit pour satisfaire à ses passions, et nulle-
ment au bien de l'état; ce qui le prouve ce sont,
1°. l'exil des vrais coupables tandis qu'on livre',
à la mort leurs inslrumens a", le soin que l'on
prend il procurer la fuite de tels montagnards
celui qu'on prend à la conservation, à la réélec-
tion même de quelques autres, dont la conduite
contraste si fort avec le masque de justice dont se
revêtirent, les partis en en condamnant quelques-
uns. Ce qui le prouve, c'est la discussion sur cette
demande Par e/iri la réduction sera-t-elle faite?
Les Thermidoriens voulaient que ce fùt au scrutin
secret par les membres de l'assemblée même.
Ceux que l'on accuse de royalisme, mettait en
avant les principes républicains et le respect du
au peuple ont voulu que cette réélection fût son
ouvrage. Ils disaient qu'il appartient exclusivement
au souverain d'accorder sa confiance qui ne se,
commande pas, à ceux qui lui paraîtront l'avoir
méritée.
Cet appel au peuple a fait peur aux Thermi-
doriens. Ils ont vote pour la réduction par les
assemblées des électeurs, choisis par les assemblées
primaires quoiqu'ils eussent tous fait des discours
plus ou moins impolitiques et vuides de sens
comme de courage, contre le mode de réduction
par le peuple.Ce que je viens de Vous dire me
( or )
A 5
porte tout naturellement il vous dire aussi que ra
suis loin de croire que les Thermidoriens comp-
tent eux-mêmes sur le secours des armées que
des chefs militaires qui font mine d'être de leur
parti commandent sous l'inspection de députés
qu'ils croyent aussi nécessairement lies leurs
intérêts. Je suis forcé avant de vous parler des
armées, de reprendre le fil de ma narration. Chacun
ici se demande ce qui arrivera ? Votre sagesse lo
devine mais pour vous servir, comme vous le
desirez, je vais être l'écho de tous les petits esprits
des petits partis.
Des Jacobins,
Ce parti, hachant et haché tour à tour, est très-
considérable. Il a deux liens très-forts, la sottise
et 1 entêtement. Beaucoup de choses tendent à
rallier ces individus qu'une sage politique devait
et pouvait, facilement isoler. La persécution dont
ils sont l'objet, produit sur cette secte l'effet qu'elle
a toujours produit elle rallie les Jacobins. La jus-
tice poursuit, punit, cI. ne persécute pas. Mais a ce
moyen a été sub.sliiuée Ja persécution c'est ce qui
en lait un Corps. lis se regardent comme opprimes;
on les accuse tous d'être criminels, c'est ce dtti
les perpétue, Ils ont en horreur les Thermidoriens.
Cette se*te voit en eux leurs bourreaux ils les
sacrilieront même au royalisme, dans l'espérance
clé le vaincre après. s'ils ne demandent pas hau-
tement le renouvellement entier, il est certain
qu.'ils voleront pour, avec la plus grande force.
Les Feuillants.
Les Feuillants, longtemps opprimes, l'ont été
par les .Jacobins, qu'ils voulurent anéantir par
leur fameuse scission de cette société dont ils
étaient membres ils crurent les écraser en le,s
abandonnant La scission eut l'effet contraire à
celui auquel ils s'attendaient. Les désorganisâtes
lurent vainqueurs, et usèrent contre eux du droit
fer
du plus fort. Les Thermidoriens on powr parler
plus techniquement, les Dantomstes, qui ont
changé leur nom en celui-là, pour s'approprier la
Gloire d'une journée qui devait illustrer le parti
habile qui s'en fut empare, les Dantomstes dis-je,
sont les mêmes Jacobins qui, chasses de cette
société par Robespierre avaient le phls aide à
tourmenter, bannir ou hacher les l'emllans, et
qui s'empressèrent te -l,lus à leur faire un crime de
leur opinion de la nécessité de deux chambres.
Quoique les Danlonfstes semblent s être rappro-
chés d'une opinion pour laquelle ils ont. tue ou forcé
de fuir lant de Feuillants ces derniers sont bien
loin de leur en savoir gré. Ils ne voyent que la
force des circonstances et la nullité des Dantomstes
dans ce rapprochement. Leur haine 'est la même:
elle s'irrite et s'agrandit quand il s'agit des fugitif*.
Les Fèuillans regardent comme fugitifs, et non
comme émigrés, tous les individus dai sont sortis
de France, depuis le 10 août et les affreuses
journées de septembre. Ils disent que ceux qui
sont sortis de France depuis cette époque, ont du
fuir pour dérober leurs têtes à la proscription à
l'assassinat que ne pas les rappeler les regarder
comme émigrés leur appliquer les peines porttu,
par les loix contre les émigrés c est agir avec le
même esprit que ceux qui voulaient les «me
Les Dantonistes au contraire font dep.mh dans
leur opinion la sûreté de l'état, de la haine de
tout ce qui est sorti de France et est ennge a
qrielqu'époque que ce soit. Chaque jour ikic pa-
tent leur serment de haine contr eux Il est facile
d'en conclure que les Fèuillans ont un mUcl
direct à voter, à vouloir une réélection complet
à r ejeter ceux qui se disent Thermidoriens a
se rapprocher des Royalistes avec lesquels ils
paraissent avec raison, sU^ucouï de rapports,
avoir des besoins de rapprochement. Cette secte e
est celle que Dumonriez peignit au ro; comme la
seule véritablement attachée il la liberté.
t! Y
Quant à la constituliori c.éife secte publie qu'on
doit l'accepter; mais avec cette condition, que l'on
doit rejeter la réélection forcée des deux tiers
des.stlépiilés a nommer dans les membres actuel-
lement en activité dans la convention et que l'on
doit donner des mandais sa ns bornes aux électeurs
pour les nominations prochaines.
Le Club de 8j).
On ne parlerait pas de ce club; si quelques
hommes vers les quels tous les regards se por-
tèrent: à l'aurore de la révolution n'en eussent
bé membres. La foule de ce club est oubliée
ou n'est plus, mais il en reste les hommes qui
parurent y dicter l'opinion et en produire
î'édat. L'habitude d'admirer ceux qui les pre-
miers se tirent gloire publiquement de professer
des principes sur les quels devaient être fondées
des loix l'espoir dit bonheur de la liberté et
de la grandeur de la'franco principes qu'on se
flattait et .qu'on se flatte encore de "chérir font
paraître ces individus qu'on revoit après tant.
d'orages qui les avaient éclipsés, comme plus forts
que les secousses de la révolution. L'habitude qui
les nomme encore me force a vous en parler
sous ce nom. Amis des grands principes, mais pas
assez forts pour les rendre profitables à une
société il a été facile de faire regarder comme
masque de tartufferie leur langage qu'on ne
comprenait pas. rainerais de toute tyrannie
mais aussi impuissants pour mettre la leur ou.
leur système à la place méprisant les folies
les égarements la perversité l'impolUique de
tous les partis ils ne surent jamais s'en servir
ils lurent anéantis on éclipsés par eux on
enfin réduits à être leurs instruments. Voulant, un
gouvernement parce qu'ils professent la haine
contre l'anarchie cédant tour-à-tour la force,
à la peur } orgueilleux et rampants ils furent
A
des serviteurs perfides, des amis impuissants des
ennemis dangereux.
Il est impossible de faire autre chpse que les
peindre l'avoir fait, c'est vous dire ce qu'ils feront.
Des Sociétés dites populaires.
Ce qu'on appelé ou appelait Sociétés populaires,
était un composé 'de quelques meneurs et de
cette tourbe qu'on voit par-tout la même, que des
plumes savantes ont si bien peinte. Je ne vous
fatiguerai pas par une répétition inutile. Cepen-
dant il me par-ait indispensable de vous en parler
pour vous faire connaître les défauts et les vices
que cette tourbe a ajoutés à ceux quiluisont naturels.
Accoutumée il s'entendre appeler le Souverain
cette classe fut employée à mettre à exécution les
ordres sanguinaires du régime de la mort et de
l'avilissement. 11 était bien naturel qu'elle se crût
tout quand elle se voyait accusatrice et juge
des personnages qu'élit avait arrêtés elle-même.
Il était tout aussi naturel qu'elle se crût tout
quand elle prenait tout et qu'elle se crût le Sou-
verain quand pour tant de crimes cette tourbe
était salariée des deniers de la nation 'quand elle
dévastait pillait tout qu'elle dictait des loix au
sénat, qu'elle accusait des sénateurs dans un.tri-
bunal de sang dit populaire qu'elle les ac-
cusait de l'avoir trahie et qu'elle forçait de livrer
à la mort, ceux qu'elle avait arrachés au sénat. Les
changements arrivés depuis le 9 thermidor, sont
appelés par elle contre-révolutaorc. Pour rétablir
leur influence il suffira d'un signal à tous ces
gens-là i1s sont tout -prêts tout -dévoués au
crime au meurtre au pillage. En faisant mille
horreurs ils croiront servir l'état la liberté
parce qu'on a accoutumé ces scélérats à voir le
bonheur la liberté dans leurs crimes. Une chose
qui' tient aux circonstances oit nous sommes les
aidera fort. Dans le temps de leur régime, on avait du
pain des vivres de toute espëce à assez bon.
(9 )
A.5
compte; l'ouvrier travaillait peu
les ci!o\(.ns dans leurs devoirs, comme ils les rem-
l'un est sans pain l'ouvrier l'honnête homme
est réduit à mourir de faim cette canaille au
désespoir fera pour celui qui lui en présentera
cependant, 'si la faim le besoin, n'est pas Je vé-
hicule dont on se serve pour la mouvoir j'ose
réhonclre qu'elle ne reprendra pas ses poignards.
La lasnitucie égale chez elle la lâcheté, et l'une
s'aidant de l'attire ,,leur font oublier leur pouvoir
passé ou Inmoins écarte de leur pensée de
prendre les moyens de le ressaisir. Cette canaille
ayant Henriot à sa tête a forcé la Convention elle
a persécuté, emprisonné, tué tous les députés qui
l'ont été jusqu'au neuf Thermidor les 75 Kont
regardées par elle comme des ennemis échappés
à ;;a puissance c:lle se venge de sa lâcheté il avoir
abandonné ceux qu'elle chantait aons les tidrcs
les plus flatteurs, par le mépris qu'elle a pour tous
ces magistrats, et les Danlonisles ont sa haine. Il
n'est donc pas douteux que le' renouvellement cm.
entier sera de son goût et de sa volonté.
Des Royalistes.
Le Royalisme n'existe ici que de. nom. Jnmais
on ne fut plus loin d'avoir ce que d'âpres
Montesquieu l'on peut appeler les vertus mo-
narchiques. Mais nous avons tous les vices de
l'étal monarchique. Beaucoup de gens accotent le
Royalisme,'c'est vrai; mais cette affectation dénote
toujours la peur la sottise ou le besoin d'un
masque ou d'un épouvantail à l'aide duquel
on fait tomber tel Sénateur dans tel piège poli-
tique, tandis qu'on fait tomber tel agioteur dans
telle erreur de calcul. J'ai beau regarder de tous
les côtés je cherche envain l'homme auquel l'on
peut penser a se rallïer je ne le vois pas et en
Portant d'avec tel personnage qui affecte le plus
(10)
le Royalisme je me suis convaincu que ceux
qui prennent ce titre sont les plus éloignés d'être
ce qu'ils affectent vouloir paraître.
Ce-n'est pas que j'atlirme que nous ne unissions
un beau matin par nous réveiller Royalistes ou
du moins commandés par un maître mais encore
un coup, le Royalisme est la chose que j'ai le moins
apperçue jusqu'ici. Les Royalistes par ton, les
Royalistes par bêtise voteront certainement une
nouvelle élection entière il est possible qu'il leur
prenne la fantaisie de ne nommer qu'un seul indi-
vidu pour député mais le Royaliste par masque
nommera tout le monde pour n'être obligé de
soutenir personne et être payé par tous.
Tout ce qui est désigné sous ce nom, est bien
loin de désirer la réélection en apparence
cependant je me plais à affirmer d'après connais-
sance et observation qu'il y a peu d'individus
notés de Royalisme aux quels on ne parvienne
bien plus facilement qu'à tous les autres parti:'
à faire élire réélire nommer tout ce qu'une
adroite politique voudra leur faire nommer. Iis-
n'ont les vertus d'aucun gouvernement et ont
les vices de tous.
Les Catholiques assermentés et non assermentés.
Ces deux sectes ne voyent que des bourreaux
et des perfides dans ceux que désirent être réélus.
Les assermentés ne leur pardonneront jamais
de les avoir fait réprouver 'de Rome et chassés
des cieux comme de la terre; de leur avoir arraché
des biens qu'ils croyaient légitimement acquis par
ce que Rome appelle leur sélératesse leur in-'
famie; les non assermentés verront- ils dans ceux
qui veulent être réélus des gens bien intéressés à
les venger des assermentées qui sont leurs plus
cruels ennemis ? Ils ne se rapellerbnt que des
inaux, des persécutions qu'ils ont soufferts et que
1.'église leurs yeux Les deux sectes
(-Il )
donneront leurs voix à des gens de leur secte, mais
la réélection ne peut être regardée par eux comme
de leur intérêt. Au contraire, ils voudront se mettre
à la place. J'en concliis'qu'il n'y aura pas de vote
de réélection de leur part.
De toutes les sectes autres que les Catholiques
assermentés ou non.
Je n'ai rien à ajouter, ni diminuer pour les
sectes a ce qTie .,il dit des deux précédentes. Il
est de la nature débutes les sectes de tout détruire
pour régner exclusivement*
Des Marchands et Propriétaires cles villes.
L'on peut compter sur tous les serments et fur
toutes les acceptations quelconques de leur part
La constitution, fût-elle mille fois plus mauvaise
qu'elle n'est, ils l'accepteraient et la jureraient
comme ils ont juré et acccpit, tout ce qu'on leur a
oflert. La lâcheté et l'avarice, toujours compagnes
delaïze.ur,sontchezc.uxau plus haut dcuré. Malgré
les maux, le» persécutions qu ils ont soufi\ ris ils
n ont pas changé; toujours une crainte .suci éde a
Une autre crainte et la combat; ils n'ont d'autre
mobile de leurs actions que la peur. La peur seule
peut les engager à prendre un parti; mais la peur
leur fera lâcheur pied.au premier instant.
Certes il est possible qu'ils soient mus par plu-
sieurs partis mais il en est deux qu'ils servent
constamment et tour-à-tour, celui qui leur promet
les plus grands bénéfices et clans les texnps de
carnage, celui qui leur laisse l'espoir de conserver
le plus hassible on s'est grossièrement trompé en
disant que les Boutiquiers sont essentiellement
ennemis de J'anarchie. Ce que les fléaux leur ont
enlevé, ils en reportent le prix sur ce qui leur
reste. L'agiotage, par ses calculs, leur offre, en
résultat des bénélices certains, là où n'ont vu
que de la perte, ceux'qui ont affirmé que les bouti-
quiers sont essentiellement ennemis de l'anarchie