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Traité anatomique, physiologique et pathologique du système pileux. Abrégé pratique pour la conservation des cheveux et de la barbe, par Max Oldendorff,...

De
62 pages
l'auteur (Paris). 1867. In-8° , 64 p..
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\ TRAITÉ
T>V
SYSTEME PILEUX
PARIS
IMPRIMERIE BALITOUT, QUESTROY ET Ce,
7, rue Baillif, et rue de Valois, 18.
TRAITÉ
ANATOMIQUE, PHYSIOLOGIQUE ET PATHOLOGIQUE
DU
SYSTÈME PILEUX
| ABRÉGÉ PRATIQUE
.* jf POUR LA
CONSERVATION DES CHETEUX
ET DE LA BARBE
PAR
MAX OLDENDORFF
DOCTEUR EN MÉDECINE ET EN CHIRURGIE
PARIS
CHEZ L'AUTEUR, 144, AVENUE DES CHAMPS-ELYSÉES,
Et dans toutes les Librairies.
1867
INTlÔbtlCfÏDÎI
La pathologie au système pileux, fort négligée
depuis quelques années, avait non-seulement b'ë-
soiii d'une appréciation plus rigoureuse, niais en-
core l'hygiène et surtout les affections des bulbes
exigeaient une véritable réforme en rapport avec
les progrès de ia science moderne et de la pàinb-
logie générale. Beaucoup de gens sont persuadés
que la calvitie et l'alopécie, une fois établies, n'ad-
mettent d'autre remède que des cheveux artifi-
ciels. C'est une grave erreur que nous nous
proposons de démontrer d'une façon irrécusable
dans le courant de ce mémoire.
En effet, nous prouverons que le plus souvent,
dans ce cas, les bulbes ne sont qu'atrophiés, et
qu'il est possible, au moyen de notre huile prépa-
ratoire et de notre huile définitive, de les ranimer
et de les faire renaître de toutes pièces. Richerand,
dans son traité de physiologie, a démontré la vé-
rité de cette proposition; et si Ton veut un instant
réfléchir au fait si remarquable de la genèse, c'est-
à-dire de ia formation des poils accidentels sur
— 6 —
le corps humain, et de la reproduction incontes-
table des cheveux après l'arrachement des bulbes
(comme dans le traitement de la teigne, par exem-
ple), par de nouveaux bulbes, soit formés dans les
cellules du derme, soit préexistants à l'état de
germe, le lecteur ne sera pas surpris des merveil-
leux résultats obtenus par notre traitement.
Nous diviserons notre travail en trois parties.
Dans la première, nous traiterons de l'anatomie
et de la physiologie du cuir chevelu. Dans la
deuxième, nous relaterons les points principaux
de la pathologie de ce système, et dans la troi-
sième nous exposerons des observations pratiques
sur les moyens reproducteurs des cheveux et de
la barbe dans des cas d'alopécie et de calvitie, par
l'usage de Vhuile préparatoire et de Yhuile défini-
tive, qui nous a donné jusqu'à ce jour des résultats
admirables et des succès inespérés.
PREMIERE PARTIE
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
DU
SYSTÈME PILEUX
CHAPITRE PREMIER
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
La surface du corps de l'homme est générale-
ment couverte de poils, excepté la paume des
mains, la plante des pieds et les parties latérales
des doigts, en un mot, toutes les parties exposées
à un frottement continuel ou au contact répété
des objets extérieurs. Certaines régions en sont
abondamment pourvues, telles que la tête, la face,
ainsi que les entrées des cavitées et des orifices
— 8 —
naturels (paupières, oreilles, narines, bouche, etc).
Dès la vie intra-utérine, la nature s'occupe de la
formation du système pileux. L'enfant vient au
monde la tête couverte de poils et le corps en-
veloppé d'un léger duvet. Ce n'est cependant qu'à
l'âge de la puberté que le système pileux acquiert
une grande consistance et un développement im-
portant : il reçoit alors une impulsion conforme
au développement des autres organes; aussi est-ce
à cette époque que nous allons examiner ce sys-
tème qtii est chez l'homme le signé dé la force et
de la virilité et chez la femme l'apanage de la
beauté. Les poils ont reçu différentes dénomina-
tions arbitraires, suivant les régions du corps ;
telles que cheveux, sourcils, cils, barbe, .mousta-
che, etc., ils sont anatomiquement presque tous
semblables, à part certaines modifications faciles
à saisir et provenant de leur siège et de leur but
physiologique particulier. Dans ce travail, nous
nous occuperons exclusivement des cheveux et de
la barbe, et, sans nous arrêter à d'autres considé-
rations, nous allons entrer immédiatement en
matière.
CHAPITRE II
ANATOSHE GÉNÉRALE
Pour bien comprendre la pathologie du sys-
tème pileuxs il faut eonnaitre :
— 9 —
i° La structure de la peau ;
2° Le système pileux proprement dit.
§ 1. Structure de la peau. — La peau, et spé-
cialement le cuir chevelu, dont il est ici question,
se composent de deux couches superposées :
d'une couche profonde, le derme ou chorion, et
d'une couche superficielle, Vépiderme ou cuticule.
A chacune de ces couches se rattachent une partie
essentielle et des parties accessoires.
Comme partie essentielle du derme nous ren-
controns :
1° Les papilles et les ramifications nerveuses
qui vont se perdre dans la peau ;
2° Des artères et des veines;
3° Des vaisseaux lymphatiques;
4° Deux ordres de glandes : les glandes sudori-
fères et les glandes sébacées, qui jouent un grand
rôle dans la production des maladies des cheveux;
5° Les bulbes pileux ou organes producteurs
des poils.
De même que le derme; l'épiderme présente des
parties essentielles, constituées par des cellules
formant une sorte de pavé ou de mosaïque et des
parties accessoires constituées :
1° Par des cellules pigmentaires dans lesquelles
se dépose une matière colorante; 2° par des poils
qui appartiennent au derme par l'organe qui les»
produit, et à l'épiderme par la substance qui les
compose.
Qn comprendra sans peine* par ce qui précède,
cembien le euir chevelu est compliqué, et les mo-
— 10 —
difications qui peuvent être imprimées aux che-
veux et à la barbe sous l'influence des maladies ou
des agents médicamenteux.
CHAPITRE III
§ 2. Système pileux. ■— Les poils sont des fila-
ments de nature épidermique ; ils prennent nais-
sance dans l'épaisseur de la peau, et offrent à
l'examen deux parties très-distinctes : celle qui
produit, ou follicule pileux, et celle qui est pro-
duite, ou le poil proprement dit.
Follicule pileux. — Le follicule pileux est la
partie qui est située dans l'épaisseur de la peau,
qu'il traverse soit perpendiculairement, soit obli-
quement à sa surface. Lorsque le poil est volumi-
neux, l'extrémité profonde du follicule pileux
plonge dans le tissu cellulo-graisseux sous-cu-
tané. Sa forme est ovoïde et offre à considérer
deux parties : la première supérieure, qui donne
passage au poil; la deuxième inférieure, munie
d'un renflement sur lequel il prend naissance.
Nous allons examiner successivement les diffé-
rentes parties qui constituent le follicule pileux.
Composition du follicule pileux. — 1° Les pa-
rois du follicule pileux enveloppent de tous côtés
la racine du poil et en sont séparées par un liquide
— 11 —
onctueux qui est d'autant plus abondant que le
poil est plus rudimentaire. Plus le poil est fort et
développé, plus le liquide diminue. M. Sappey
(l'habile anatomiste de Paris) prétend avec raison
que lorsque le follicule est arrondi, le liquide con-
tenu dans la cavité est produit par la sécrétion de
deux glandes qui viennent s'ouvrir près de leur
extrémité superficielle, et qui ont reçu le nom de
glandes pilifères.
2° Ces glandes furent découvertes en Allemagne
sous le nom de grandes pilifères; lorsque ces folli-
cules sont peu développés, le poil sécrété prend
alors les proportions d'un léger duvet.
3° L'embouchure des follicules pileux se conti-
nue avec le derme et l'épiderme dont ces follicules
ont été justement considérés comme une partie
déprimée. Elle a une forme plus ou moins allon-
gée, et elle est immédiatement fixée au poil auquel
elle adhère : ce qui fait que lorsqu'on examine au
microscope la partie du collet du cheveu, on re-
marque quelques écailles épidermiques fixées à la
tige. Les saillies, qui sont souvent observées au
point d'émergence des poils, sont dues à la pré-
sence des glandes pilifères immédiatement pla-
cées au-dessous de cette embouchure : on les ob-
serve surtout chez les individus à peau brune
dont le système pileux est généralement peu dé-
veloppé.
4° L'extrémité profonde ou intérieure du folli-
cule pileux est surmontée d'un renflement conique
ou hémisphérique, qui supporte la base du poil,
et qui a été décrit pour ia première fois par Ruysch,
. . -12
qui le comparait aux papilles cutanées. On lui
donne encore le nom de pulpe ou bulbe pileux. Les
adhérences intimes du poil ou follicule pileux
donnent l'explication des souffrances qui accom-
pagnent le tiraillement ou l'arrachement des poils.
8° La structure du follicule pileux comprend
deux parties bien distinctes : l'une externe, de na-
ture fibreuse; l'autre interne, de nature épider-
mique. La partie externe ou tunique externe est
une dépendance du derme; des artériolés et des
veinules formant un véritable piexus, ainsi que
des filaments nerveux, viennent se perdre dans ses
parois : chez les animaux, il est possible de le cons-
tater d'une façon distincte. La, partie interne ou de
nature épidermique est formée de noyaux qui se
superposent, en formant une couche d'autant
moins épaisse qu'on le rapproche davantage de
son renflement,
Des poils. — Le poil proprement dit nous offre
à considérer extérieurement deux parties : la racine
et la tige.
a. La racine est la partie du poil contenue dans
le follicule : elle est régulièrement cylindrique et
à sa base elle a la dimension du renflement sur
lequel elle repose. Ce renflement, décrit par Mal-
pighi sous le nom de capitulum pili, et sous le nom
de bulbe de poil par Ludwig Ludermuller, est par-
faitement distinct du renflement du follicule,
quoique unis tous deux d'une manière très-intime.
La tète du poil est arrondie ou allongée, très-peu
consistante, claire et transparente.
— Va —
b. La tige cylindrique; terrninée en pointe à son
extrémité, est recouverte d'éçailles épidermiques
que le poil emporte avec lui en sortant du folli-
cule.
Composition des poils, .-n? C,omme les fojjiculês,
les poils se composent de deux couche^ superpQs
s.ées et s'emboîtant l'une dans l'autre; la première
est l'écorce ou .substance corticale du poil; la
deuxième est connue sous le nom de substance
médullaire.
Substance corticale. — Vue au microscope, la
substance çor^içaLe. a l'a.speçt de fibres lpngitudir
nales. — Au niveau de la tête du poil, ces fibres
sont encore r&d_imen^aires ; un peu plus haut, ces
fibres s'allongent davantage et marchent en ligne
droite, ou décrivent de légères fiexuosités. Peu à
peu elles se rapprochent et finissent par s'ajouter
les unes aux autres : leur réunion constitue la sub-
stance corticale. Au-dessous de la substance cor-
ticale pu .de la gaine cornée, on rencontre le pa-
renchyme du poil ou la substance médullaire.
Substance médullaire. — La substance médul-
laire occupe la partie centrale de la tige. Son dia-
mètre représente le tiers de l'épaisseur du poil,
quelquefois le quart. Son aspect est grenu. La sub-
stance médullaire se compose denoyaux de cellules
irrégulièrement '.-entassées dans son canal. A ces
noyaux se trouye mêlée une certaine .quantité de.
pigmentum ou matière colorante, de telle sorte que
— 14 —
la colonne constituée par leur agglomération offre
une couleur plus ou moins sombre, qui permet de
distinguer nettement l'une de l'autre les deux sub-
stances.
Situation et dimension des deux substances. —
Dans son traité d'anatomie, M. Sappey, parlant de
la situation et des dimensions respectives de ces
deux substances ainsi que de leurs caractères
propres, dit qu'on voit très-bien sur les poils noirs :
ce 1° Dans le tiers central, une substance d'un
c< brun sombre, d'une consistance molle et d'appa-
« rence granuleuse;
« 2° De chaque côté, une substance d'un brun
« clair, d'une consistance ferme et d'apparence
« fibreuse;
« 3° Et au-dessus de ces deux substances, des
« fibres transversales anastomosées entre elles. »
On comprendra facilement que sur les poils
moins foncés en couleur, les deux substances se-
ront moins distinctes.
Théorie de la croissance des poils. — Blainville
explique la croissance des poils par une sécrétion
continuelle de matière cornée de la part des bulbes
sous forme de petits cônes ajoutés successivement
les uns aux autres.
Structure des poils. — Par leur structure, les
poils offrent la, plus grande analogie avec les ongles.
Comme ceux-ci, ils se composent de deux couches :
l'une dure et l'autre molle; de part et d'autre la
— 15 —
couche profonde est la plus molle. De même que
le derme se déprime pour, entourer la racine de
l'ongle, de même il se déprime pour entourer la
racine du poil; on ne saurait donc méconnaître
l'étroite parenté qui unit ces deux produits, soit
que l'on considère la partie sécrétée ou l'organe
sécréteur.
Analogie de formation du système pileux, des
ongles et de l'épiderme. — L'analogie qui les rap-
proche de l'épiderme est aussi évidente : ainsi, à
la surface de l'organe formateur de l'ongle, de l'or-
gane producteur du poil et de celui de l'épiderme,
s'épanche un liquide exhalé des capillaires cutanés.
Ce liquide donne naissance à des cellules ; ces
cellules se déplacent et se transforment ensuite, à
mesure qu'elles s'éloignent de leur point de dé-
part.
Ainsi, même origine dans les trois cas.
Disposition du système pileux. — Le système
pileux n'est pas également disséminé à la surface
du corps. Il est plutôt inégalement développé
qu'inégalement réparti : en effet, on peut le diviser
en deux grandes fractions dont l'une comprendrait
les poils parvenus à leur entier développement et
l'autre les poils rudimentaires, ou poils de duvet.
Chez l'homme, le cuir chevelu est en quelque
sorte le siège spécial du système pileux, et c'est de
lui dont nous nous occuperons particulièrement
dans cet ouvrage. Le nombre des poils qui occu-
pent cette région est variable. Quelquefois ils sont
— 16 —
très-abondants; quelquefois ils sont très-rares.
Cela dépend surtout de la vitalité des tissus.
Leur accroissement a des limites qu'il ne dépasse
pas, mais dont le terme est peu connu.
• CHAPITRE IV
VARIÉÏÉS MIS CHEVEUX.. ÏL|EURS§ RROBRIÉÏ'É^
Les cheveux diffèrent encore :
1° Par leur forme. Les uns sont cylindriques et
sont connus généralement sous le nom de cheveux
plats. D'autres sont aplatis dans un sens et sont
élargis dans l'autre': tels sont les cheveux du nègre
et de presque tous ceux dont les cheveux frisent.
L'aplatissement correspond toujours à l'enrou-
lement des cheveux.
2? Par leur diamètre.
3" Par leur résistance, qui est proportionnelle
à leur diamètre.
Cette résistance est assez considérable; et il
n'est aucune partie dans l'économie, sans en
excepter même le système fibreux, qui soutienne
un poids aussi considérable sans se rompre, toute
proportion gardée.
4° Par leur couleur, qui varie suivant les cli-
mats, les individus, et surtout l'âge.
— 17 —
Les trois nuances les plus ordinaires sont le
noir, le blond et le rouge de feu.
Voici ce que dit Bichat pour faire comprendre
l'harmonie qui préside à la couleur des cheveux
et de la. peau :
« Tous les médecins ont fait entrer la couleur
« des cheveux parmi les caractères des tempéra-
« ments. Le noir est l'expression de la force et de
« la vigueur, une figure d'athlète avec des cheveux
« blonds serait presque ridicule. Ces derniers sont
« l'attribut de la faiblesse et dé la mollesse ; ils
« flottent sur la tête des figures que les peintres
<r ont rendues étrangères aux grandes passions,
« aux choses fortes et héroïques ; ils se trouvent
« sur les figures des jeunes gens dans les tableaux
« où les jeux, les ris, les grâces ou la volupté pré-
€ sident aux sujets qui y sont exprimés. Ces deux
« nuances, le noir et le blond, se trouvent distri-
« buées dans les femmes en proportion presque
« égale. Or, réfléchissez à l'espèce de sentiment
€ que ce sexe vous inspire suivant celle qu'il a en
« partage; vous verrez qu'une femme blonde fait
« naître un sentiment que semblent dicter la beauté
« et la faiblesse réunies. Ce qui nous charme dans
« une femme brune, c'est au contraire l'alliance
€ de la force et de la beauté.
^~-4uLja beauté est donc un don qui nous attire,
•.^«''mais^qui, modifié diversement par les formes
' o «^xtérijures, nous attire en nous touchant, en
VI ;n^s intéressant, etc.
, ; « D^jeux où se peint la langueur sont fré-
[€\ quemment associés à des cheveux blonds, tandis
".— 18 —
« que les cheveux noirs se rencontrent presque
« toujours avec.ceux dont la vivacité, l'éclat, sem-
« bîent annoncer un surcroît de vie qui cherche à
« se répandre. »
Les cheveux sont élastiques et flexibles. Soumis
à une extension lente et progressive, ils peuvent
s'allonger d'un cinquième et même d'Un quart de
leur longueur, et peuvent supporter un poids dé
60 grammes. Dans quelques circonstances très-
rares, les cheveux peuvent subir une espèce d'élec-
trisation. Soumis à l'humidité, les cheveux aug-
mentent de longueur; le contraire arrive lorsqu'ils
subissent i'influence de la chaleur. C'est sur la
connaissance de ces propriétés que Th. de Saus-
sure a inventé son hygromètre. Traites par les
acides, les cheveux se dissolvent ou sont altérés
dans leur couleur. C'est d'après ces principes que
sont fondées les différentes compositions em-
ployées dans le commerce pour blanchir et modi-
fier la couleur des cheveux. Incinérés et soumis
à l'analyse, les cheveux et les poils de la barbe,
ainsi que ceux du corps, sont composés : d'oxyde
ferrique, de sulfate, de phosphate et de carbo-
nate de chaux, de traces de fer et de manga-
nèse, etc.
Les cheveux subissent quelquefois à leur extré-
mité une espèce de division : ils deviennent alors
bifides, trifides ou multifides, suivant qu'ils sont
fendus en deux, en trois ou en plusieurs parties sous
forme de pinceaux.
C'est un phénomène assez fréquent et qui doit
être assimilé au phénomène identique qu'on
— iè —
observé sur certaines plantes qui hé donnent dés
divisions qu'à une certaine hauteur;
Il existe un rapport d'uniformité assez marqué
ëhtrë là couleur dés poils et celle des yëùx ou de
l'iris. Les yëùx sdht hoirs chez- les sujets à êhe-
vëux noirs ou bruns; gris chez lëè blonds ;- Bleus
lorsque les cheveux sont jaunes dorés; et c'est éë
qui arrivé souvent chez les enfants dans le dernier
cas. La couleur des cheveux est toujours plus
claire dans l'enfance qu'après l'âgé'de la puberté;
il èh est de même dés yeux. Nous avons vu précé-
demment que la substance médullaire dé là tige
des poils contenait une certaine quantité de ma-
tière colorante ou pigmentum : c'est à cette ma-
tière qu'il faut attribuer la coloration dès cheveux,
coloration qui doit Suivre les variations imprimées
à cette matière, soit par l'alimentation, soit par
l'introduction dans l'économie de certains pro-
duits, en un mot, par la santé générale de l'indi-
vidu. Différentes analyses ont été faites pour
arriver à déterminer la nature de la matière colo-
rante' dès cheveux.
Voici l'analyse obtenue par le chimiste Berthoi-
let pour 60 grammes de cheveux :
Gros Grains
1° Huilé animale sui generis 4 »
2° Èau ammoniacale 2" »
•3° Gàrb'ônàte d'ammoniaque.......... i 18
4° Gâz ammoniacaux perdus pendant l'analyse. 1 à 2
5° Résidu du charbon 4 4 1/2
Vàùqùëlîh à obtenu des résultats différë'rîts. Des
âtialys'ës plus récentes o"nt dohhë âë l'ôxydë îêr'-
_ 20 —
rique, des sulfate, phosphate et carbonate de
chaux, des traces de fer et de manganèse.
Couleurs accidentelles des poils. —De la com-
position chimique des cheveux, il résulte qu'ils
peuvent être soumis à de véritables changements
de couleur.
Nous allons donc examiner les suivants :
L'Albinie ou décoloration. — La décoloration
des poils peut avoir plusieurs causes, soit acci-
dentelles, soit naturelles.
A. 1° Décoloration naturelle ou Âlbinie sénile.
— Sous l'influence de l'âge, toutes les sécrétions
sont modifiées : elles deviennent plus fluides, moins
animalisées, en un mot, moins riches en principes
nutritifs. L'organe cutané s'atrophie par degrés :
aussi en est-il ainsi des organes qui sécrètent les
poils, et qui doivent par conséquent leur imprimer
de grandes modifications dans leur vitalité, leur
couleur, et par suite amener leur atrophie ou leur
chute.
2° Âlbinie par. causes constitutionnelles ou
diathésiques. — Les maladies diathésiques, rhu-
matismes, goutte, syphilis, etc., et les maladies
accidentelles, fièvre typhoïde, variole, etc., doivent
naturellement produire de grandes modifications ■
dans la coloration des cheveux. Un homme de vingt
ans peut, sous ce rapport, se trouver dans les
mêmes conditions qu'un vieillard décrépit. Les
— 21 —
raisons en sont faciles à saisir, aussi ne les déve-
lopperons-nous pas.
3° Albinie par cause locale. — Les blessures,
les ulcérations, la teigne, altèrent quelquefois les
bulbes des cheveux et amènent leur changement
de couleur; ils s'étiolent souvent et deviennent
mous, blancs ou ternes.
4° Par cause morale. — De nombreuses obser-
vations ont démontré l'existence des faits ayant
produit la décoloration presque subite des poils
et des cheveux en particulier, tels que la peur, un
chagrin profond; nous n'y insisterons donc pas.
B. Décoloration accidentelle. — Par action chi-
mique extérieure.— On sait que les poils soumis
aux préparations de chlore sont décolorés com-
plètement; aussi, ce moyen est-il quelquefois
employé pour arriver à détruire l'identité d'un
individu, plus souvent encore à produire un de
ces changements recherchés par les femmes à la
mode. Une fois la décoloration d'un ton foncé
obtenue, on peut produire la teinte désirée. Quand
la décoloration n'est pas nécessaire, l'emploi de
certains sels et de certaines poudres suffit pour
donner des teintes variées. Cette coloration est
aussi quelquefois le produit de certaines profes-
sions. Les ouvriers occupés dans les fabriques où
l'on travaille le plomb, le cuivre, etc., ont souvent
des altérations de couleur des cheveux qu'il leur
est difficile de faire disparaître.
0. Direction des cheveux. — La rapine pu
bulbe des cheveux est implantée pbliquem.ent par
rapport à la surface du derme. En franchissant
répiderme, la tige du cheveu marche plus ou
papins longtemps; nous pensons que cela doit être
attribué à la mollesse de la tige, qui n'a pas assez
dje consistance pour soulever la barrière épider?-
mique.
Les bulbes sont semés pêle-mêle. Cependant ils
paraissent, dans quelques régions, disppsés dans
un certain ordre. Nous ferons cependant remar-
quer qu'il peut exister une espèce de direction
constante, mais qui doit être attribuée exclusive-
ment à certaines habitudes contractées par les in-
dividus de disposer leurs cheveux ou leur barbe
d'une certaine façofi ; c'est dpng une disposition
factice.
Déductions générales. — De tout ce qui pré-
cède on peut déduire les considérations générales
suivantes :
4° La vitalité des bulbes des cheveux étant en
raison directe de celle du derme où ils sont in>-
plantés. et le sommet et le devant des téguments
crâniens contenant beaucoup moins d'artères que
les parties voisines, il en résulte que la calvitie
doit toujours commencer par le sommet de la tête
et s'arrêter généralement au niveau d'une ligne
circulaire qui passe vers la hauteur de chaque
oreille et de la bosse occipitale;
2' Quand on arrache un poil ou un cheveu blanc,
les poils ou les cheveux voisins blanchissent ou
— 23 —
tombent rapidement, par l'ébranlement imprimé
aux bulbes vpisins j
3° Quand on arrache les cheveux, dans la teigne,
par exemple, la douleur est souvent très-vive, et
cela par l'implantation oblique des cheveux;
4° Les cheveux, à la suite de l'arrachement, re-
poussent quelquefois, parce qu'ils sont cassés au
niveau de l'épiderme, sans que les bulbes soient
atteints;
5° On voit souvent survenir des poils nouveaux
dans des régions où il n'en existait pas aupara-
vant, sous l'influence de certaines maladies cu-
tanées ou l'application de médicaments qui agis-
sent en excitant les organes producteurs.
Les faits consignés dans des observations de
Boyer et de la Gazette médicale de Paris ne lais-
sent aucun doute à cet égard. Cela explique donc
les tentatives et surtout la réussite obligée d?une
médication bien entendue et dont nous parlerons
plus loin.
Les considérations qui précèdent donnent l'ex-
plication des propositions suivantes :
1° De la sécrétion normale ou transpiration cé-
phalique observée à un degré fort élevé chez cer-
tains individus, il résulte que les cheveux finissent
par s'agglomérer fortement. En se desséchant cette
matière forme des petites écailles qui se déposent
sur les tiges et à la surface du derme;
2° Le meilleur moyen pour désunir les cheveux
est de les mouiller préalablement avec de l'eau
tiède alcaline ou savonneuse, qui a pour effet de
dissoudre cette substance huileuse;
3° De la composition chimique des cheveux, ce
dont- nous avons parlé plus haut, il résulte qu'il
est possible de dissoudre une masse pileuse ■ tant
à l'intérieur qu'à l'extérieur.
4° Les cheveux variant suivant les tempéra-
ments, lès cheveux roux, blonds et blancs sont
plus fréquents dans les villes du Nord que dans
celles du Midi, à cause de la faiblesse de l'enve-
loppe cutanée, le tempérament lymphatique étant
l'apanage des populations du Nord ;
5° La barbe faible ne se rencontre que chez les
sujets à organe cutané faible par la même raison.
Il est donc possible au moyen d'un traitement gé-
néral, en fortifiant la constitution, d'obtenir un
épaississement des bulbes pilifères ;
6° Après l'âge de quarante ans, on voit survenir
des poils en grande quantité dans différentes par-
ties du corps. Cela tient à une poussée ou plutôt à
une espèce d'hypertrophie du système graisseux
sous-dermique, qui imprime de la vigueur aux
bulbes dont les tiges faibles sont restées cachées
sous l'épiderme ;
7" Souvent on observe, au printemps, une es-
pèce de mue qui provient des mêmes causes : les
bulbes paralysés pendant la saison froide éprou-
vent un surcroît de vitalité, et c'est ce qui expli-
que l'impulsion nouvelle imprimée à la croissance
des cheveux et de la barbe à l'époque annoncée
ci-dessus ;
8° Les cheveux croissent davantage en été qu'en
hiver, parce que les fonctions de la peau s'exécu-
tent mieux pendant la saison des chaleurs ;
— 23 —
9° Les poils souvent coupés augmentent eh
épaisseur sans s'accroître en nombre. Stimulé par
des coupes fréquentes, le bulbe pileux sécrète de
plus en plus ses matières cornées, et de là l'aug-
mentation de volume ;
10° Les sujets jeunes atteints de canitie" peuvent
être facilement guéris par l'emploi de stimulants
généraux qui excitent la peau et raniment la sé-
crétion du bulbe;
11° Chez la femme, la canitie et la calvitie sont
moins fréquentes que chez l'homme, parce qu'elles
ont plus de soins de leur chevelure et parce que
la graisse, qui dédouble le derme, est plus abon-
dante chez elle que chez l'homme.
CHAPITRE V
POILS ACCIDENTELS
La nature est souvent prodigue de poils acci-
dentels. Leur existence est intimement liée au
problème de la possibilité de la guérison de la
calvitie. On peut les diviser en plusieurs classes.
1° Sur la peau. — On rencontre souvent sur la
peau, à la figure ou ailleurs, des tumeurs érectiles
ou des taches dites noevi matemi, plus ou moins
hérissées de poils.
2° Sur les membranes muqueuses. — Tous les

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