Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Trois morts. A Mme Gueymard-Lauters. Mes 50 ans. 3 petites gaîtés de nos pères. Le Ruisseau

De
9 pages
impr. de L. Toinon (Paris). 1868. In-8° , 8 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

AIMÉ FOUACHE
LES
TROIS MORTS
A MMI GUEYMARD-LAUTEHS
MES CINQUANTE ANS
TROIS PETITES GAIETÉS DE NOS PÈRES
LE UUISSEAU
PARIS
DE L'IMPRIMERIE DE L. TOINON ET O
A SAINT-GERMAIN EN LAYE
1868
AIMÉ FOUACHE
LES TROIS MORTS!
I
S^^tôra compris, tout sondé, tout connu.
Jjfotfkgjfcjlfe scalpel de la nature humaine
Avait fouillé les flancs, et de son contenu
L'analyse chez lui faisait naître la haine ;
Il n'avait plus au coeur ni croyance ni foi ;
Atrophié, miné, ce n'était plus un homme ;
Il n'avait qu'un seul but, un seul culte : le moi !
Le cerveau seul vivait, un bien sot être en somme.
La froide ambition de son cercle de fer
L'étreignait tout entier ; toujours inassouvie,
Elle le consumait comme flamme d'enfer ;
Il lui sacrifiait ses forces et sa vie.
Il montait, il montait; les places, les honneurs
S'accumulaient sur lui; des viles flatteries
Il aimait à goûter les piquantes douceurs ;
Il dédaignait du sort les sombres railleries.
Enfin il a gravi le dernier échelon ;
Au zénith du pouvoir son étoile domine...
Mais la Mort a frappé l'audacieux aiglon,
Causant en un moment sa chute et sa ruine !
Que reste-t-il de lui, ce pygmée arrogant
Qui voulait dominer, et dont la tête altière
Humblement s'inclinait devant un plus puissant? —
Un mauvais souvenir, puis un peu de poussière 1
II
Il était gros, joufflu, ventru comme un chanoine ;
Il marchait comme un paon, étalant au soleil
1868
AIME FOUACHE
Son visage fleuri ; comme un antique moine
Il avait l'air béat, le visage vermeil ;
Sans coeur et sans esprit, il avait la finesse
Qui fait que certains sots réussissent parfois ;
Il avait su gagner une grande richesse,
L'argent d'autrui souvent lui restant dans les doigts.
Des dépouilles des siens il avait fait litière ;
I] se glissait dans l'ombre au chevet des mourants ;
Violentant, torturant leur volonté dernière,
Il était passé maître en l'art des testaments ;
En prodigue il jetait de l'or sur son passage,
Affectant des dehors de générosité ;
On avait le secret de tout cet étalage,
A travers son manteau perçait sa vanité !
Sur les malheurs d'autrui, comme un vautour rapace,
Il s'abattait, ardent, fouillant et déchirant ;
Par des lambeaux de chair il révélait sa trace !
Sous chacun de ses pas quel stigmate sanglant I
Rien ne put l'arrêter ; la plainte ou la prière
N'eurent d'effet sur lui. Déployant son essor,
Patient, persévérant, poursuivant sa chimère,
A tout prix et toujours il lui fallait de l'or !
La Mort a frappé de son aile
Ce riche tout gonflé d'orgueil,
Et pour sa dépouille mortelle
Il faut un fastueux cercueil !
Partout de larges draperies,
Où brillent des larmes d'argent ;
Lumières, encens, momeries,
Tout est dispensé largement ;
Sur son monument funéraire,
Grâce à la force des écus,
La peinture et la statuaire
Nous raconteront ses vertus.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin