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Un épisode de l'histoire de la colonisation algérienne, lettres aux "Français". [Signé : Antoine Herzog.]

De
10 pages
impr. de C. Decker (Colmar). 1869. In-8° , 10 p..
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UN ÉPISODE
DE
L'HISTOIRE DE LA COLONISATION ALGÉRIENNE
On constatait que, par un sigulier et heureux privilège,
le sol algérien était seul à disputer à ces deux Etats du
sud des Etats-Unis la production du coton dit longue soie,
coton dont la production totale n'a jamais dépassé trente
à quarante mille balles, qui a sur le marché une valeur
triple de la valeur du coton ordinaire, et que l'on emploie .
pour les tissus fins danslesquels notre pays excelle. Déjà
les capitaux se portaient vers la colonie, des compagnies
se formaient, de puissants industriels achetaient des
terres ; on étudiait de vastes projets d'irrigation. C'était
pour l'Algérie une bonne fortune exceptionnelle. On pou-
vait croire qu'une ère nouvelle allait commencer pour
elle ; les colons espéraient. Tout donnait à penser que la "
colonie pourrait être mise en état de produire douze,
quinze, peut-être vingt mille balles de coton longue soie,
beaucoup plus que l'approvisionnement même de la
France, c'est-à-dire quelque chose comme un revenu
annuel d'une vingtaine de millions.
Je partageais ces espérances, et c'est sur ces entrefaites,
au mois de novembre 1862, que je me décidai à me
rendre en Algérie, très-préoccupé de la situation de nos
industries et désireux d'éviter à tout prix la suspension
du travail dont nous menaçait une disette de plus en plus
complète de matières premières. Je tenais à me rendre .
compte moi-même des chances plus ou moins grandes
que pouvait avoir l'Algérie pour devenir un nouveau
centre de production du coton.
Les conclusions de mon enquête personnelle furent si
favorables, si décisives au bout de quelque temps, que je
n'hésitai pas à m'associer à un certain nombre de colons
Oranais pour l'acquisition d'un lot considérable de terres
domaniales (24,000 hectares) situées dans le bassin de
l'Habra, terres que l'administration avait résolu de mettre
en vente, en imposant à l'acquéreur l'exécution d'impor-
tants travaux d'assainissement et d'irrigations. Il est bon
de faire remarquer que les propriétaires voisins en solli-
citaient vainement, depuis des années, la vente. J'ai ra-
conté ailleurs les longues vicisssitudes traversées par ce
projet, l'isolement dans lequel je restai par suite de tous
les embarras qui furent suscités à l'entreprise , puis
l'impossibilité de me présenter à l'adjudication : le cahier
des charges étant rédigé de telle façon qu'aucun homme
sérieux ne pouvait consentir: à en accepter les condi-
tions.
Je m'efforçai longtemps d'obtenir de l'administration
une solution pratique. Appelé à la section de l'Algérie,
au Conseil d'Etat, je lui exposai mes vues sur les modifi-
cations nécessaires pour arriver à une prompte exécution.
Le chier des charges devait être discuté en séance pu-
blique le 14 juillet, et, l'adjudication pouvant être fixée
à la fin de septembre , toutes mes précautions étaient
prises pour m'y présenter. Cependant le Conseil d'Etat
trouva incomplets les projets soumis à son examen parle
gouverneur général ; il fallut demander à Alger un supplé-
ment d'études.
Cette décision fut prise le 14 juillet 1863.
Décidé à poursuivre mon but avec ténacité, j'attendis.
Ce fut seulement au mois de novembre que l'étude com-
plète arriva au ministère de la guerre.
Comme il importait de regagner une partie du temps
perdu par toutes ces lenteurs, j'avais tout préparé pour
une étude prompte et sérieuse de l'ensemble du projet
Des ingénieurs compétents dans ces questions, et par
leur longue expérience et par leurs études spéciales,
m'avaient promis leur concours et je m'étais abouché
avec des entrepreneurs. Je partis pour Paris afin de faire
prendre copie des plans et des études. De cette façon,
j'étais tout prêt le jour de l'adjudication, et je pou-
vais me mettre à l'oeuvre dès qu'elle serait approuvée.
Contrairement à mon attente, je ne trouvai pas les
plans de la concession et des travaux au ministère de la
guerre. Le conseil supérieur des ponts chaussées avait
reçu ces documents pour les soumettre à un nouvel
examen. On devait me faciliter les moyens de les con-
sulter chez le rapporteur, mais celte offre n'eut pas de
suite.
L'épreuve durait depuis trop longtemps ; d'un autre
côté , les circonstances se modifiaient, mon entreprise
perdit son opportunité; enfin, toute illusion m'abandonna,
quand je pus constater que toutes les sympathies de