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Une carte de nouvel an : stances à mes contemporains, 1865 / [signé Dr Alexandre Delaine]

De
13 pages
impr. de Mme Jardeaux-Ray (Bar-sur-Aube). 1864. 14 p. ; in-8.
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UNE CARTE
DE
NOUVEL AN
STANCES
A MES CONTEMPORAINS
1865
BAR-SUR-AUBE
IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE Mme JARDF^AUÎL-RAV
A MES CONTEMPORAINS
1
'J0*n gémii^ur la vie , elle est trop éphémère,
Trop fragile ; pourtant si, par ordre du ciel,
Cette coupe , qui verse et l'absinthe et le miel,
Semble aux affligés même aussi douce qu'ambre ;
Si notre corps , suivant un mot spirituel,
Est à nos yeux au moins une guenille chère ; 1
Ah ! félicitons-nous, rendons grâces aussi
Enfants de cette terre où le calme est si rare
Et que les éléments tiennent à leur merci,
Où du progrès la voie à tous moments se barre ,
Où l'on voit l'homme encore et sauvage et barbare
De vivre dans la France et dans ce siècle-ci.
©
- 4 -
Dans la France, dont Dieu marqua si bien la place
Loin de la ligne en feu , loin des pôles de glace,
Sur ce grand continent, belle oasis des mers ,
Heureuse dès longtemps de ses trésors divers
Flambeau des nations, et qui n'est jamais lasse
De donner des savants, de bons vins et des vers.
Dans ce siècle qui voit, superbe favorite ,
Sur la création régner l'humanité.
Est-il à son triomphe une borne prescrite ?
Comme un homme immortel, avec sécurité
Seule elle acquiert sans perdre et d'elle-même hérite.
Pascal sur ses destins avait bien médité. 2
0 Dante Alighieri ! grand nom digne d'envie ,
Cerveau d'où l'idéal jaillit divinisé ,
Si ton feu m'animait, qu'il me serait aisé
De charmer, comme toi, le milieu de la vie, 5
En chantant à mon tour, et d'une âme ravie ,
Un idéal d'hier pour nous réalisé.
Tant je trouve bonheur et pure jouissance
Quand le doute s'enfuit devant notre examen ,
Tant j'aime la nature en sa toute puissance
Comme un doux confident nous prenant par la main,
Tant je couvre d'estime et de reconnaissance
Ceux qui de son saint temple ont frayé le chemin !
5
Étancher à longs flots notre soif de connaître ,
Épargner au travail et l'espace et le temps,
Féconder, emhellir nos fugitifs instants ,
Reculer la limite imposée a notre être,
En y faisant tenir mille faits palpitants ;
En foule quand vit-on tant de prodiges naître ?
II
La science animant ainsi notre séjour,
L'esprit a son foyer et s'échauffe et s'épure ,
D'utiles vérités s'enrichit chaque jour,
Pénètre l'univers, ses forces, sa nature,
Et sent, pour son auteur, s'accroître sans mesure
Son admiration, son culte et son amour.
Plein d'assurance, il voit lé globe qu'il habite
Glisser comme en l'éclair d'une chute subite, 4
Sans ébranler son corps, sans éblouir les yeux ;
Mais tourner en tombant, fidèle à son orbite,
Et sur l'éther plus doux que nos duvets soyeux
Mortels, nous promener hardiment dans les cieux