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Une oeuvre à faire en Espagne : sur un séjour de quelques semaines à Madrid / rapport de M. Curie,...

De
8 pages
impr. de Véronèse (Pau). 1865. 8 p. ; in-8.
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UNE OEUVRE
À FAIRE EN SSPAGWË
RAPPORT
de M. CURIE, Pasteur
:sirn; tr.Ñ' ~JOVR DE QUELQUES "SEMAINES A l\IADRllJ
LSUR' tJX àéJOUR DE QUELQUES SEMAINES A MADRID
- Touillé ïhDntfe sait que les portes de l'Espagne sont fermées
à la libre prédication de l'Evangile, et chacun fait des vœux
pour que la liberté de conscience et de culte dont jouissent les
autres nations, soit bientôt accordée à ce peuple si intéres-
sant. En présence d'un état de choses aussi déplorable, il était
urgent de penser à la famille protestante, formée des différents
peuples d'Europe, répandue sur le sol d'Espagne, pour l'arra-
cher à une ruine presque certaine. — Dès 185i, déjà, les An-
glais avaient, à force d'instances et de sacrifices, obtenu l'éta-
blissement d'un culte régulier à leur ambassade de Madrid,
acquis un cimetière, appelé un chapelain. En même temps que
des bienfaits de cette nature se répandaient parmi les Anglais
établis dans les ports de Cadix, Malaga, Alicante, Bilbao, etc.
— nos coréligionnaires, non anglais, au nombre de plusieurs
centaines, principalement ceux de la capitale, étaient seuls
restés jusqu'à ce jour privés des avantages du service divin.
Il était donc de la dernière nécessité de venir en aide à tant
de membres délaissés.
M. le pasteur Frossard, de Bagnères, avait remarqué, pen-
dant un voyage qu'il fit en Espagne, l'isolement de nos coréli-
gionnaires, et exprimé le vœu qu'on leur vint promptement
en aide. A plusieurs reprises, et durant les dernières vingt
années, le culte avait pu être célébré secrètement dans la ville
de Barcelonne par divers pasteurs français de la société des
protestants disséminés du Midi; mais dernièrement il a été
â
— 2 —
interdit, sans pouvoir être repris. Dès lors, les Allemands de
Madrid seuls ont pu, pendant deux ou trois jours, entendre
vers la fin de 1864, la prédication d'un pasteur de Berlin, en
passage parmi eux. C'est dans de telles circonstances qu'au
commencement de cette année quelques amis pieux, ayant
à leur tête M. le pasteur Nogaret, de Bayonne, arrêtèrent
de tenter l'évangélisation de nos coréligionnaires de Ma-
drid. Dans ce but, le pasteur Curie, voué à l'étude de la lan-
gue espagnole, partit pour Madrid le 24 février dernier. Quoi-
qu'il n'emportât avec lui pour indication qu'une seule adres-
se, (et encore pour St-Sébastien), elle lui servit néanmoins
à obtenir plus d'un renseignement précieux sur les protestants
de la capitale. A son passage à St-Sébastien, M. Curie trouva
non seulement le jeune suisse qui lui avait été signalé, mais
encore trois autres personnes du même pays, plus quatre fa-
milles protestantes, dont deux françaises, une suisse et l'autre
espagnole, auxquelles il put librement parler de l'Evangilepen-
dant les trois jours qu'il passa au milieu d'elles. Si le temps le
lui eût permis, le pasteur aurait pu visiter encore d'autres
familles françaises protestantes établies dans une fabrique à
Villabona, mais il fallait se hàter d'atteindre Madrid. Muni
de quelques adressés pour cette dernière ville, il y arriva le
lendemain et se mit en devoir de visiter quelques familles suis-
ses, auxquelles il fit part du but de sa mission, qui consistait
à rechercher nos coréligionnaires, à les réunir pour le ser-
vice divin, et à voir ce que l'on pourrait faire pour elles h l'ave-
nir; mais ces visites qui, en tout autre pays et circonstan-
ces, n'eussent pas manqué de réjouir nos amis, parurent au
contraire les effrayer tout d'abord. Dès qu'ils surent qu'il était
question pour eux de tenter l'établissement du service divin
dans ce pays de l'intolérance, aucun ne voulut se hasarder à
prêter son appartement pour y réunir un groupe de 19 per-
sonnes, chiffre autorisé par la loi qui régit les réunions, allé-
guant qu'au dessus il en existe une spéciale, dominant toutes
les autres et qui interdit formellement l'exercice de tout culte
autre que le catholique romain, et qu'enfin, en se rendant
aux désirs du pasteur, ils s'exposaient inévitablement à être
épiés et dénoncés par leurs propres domestiques espognols.