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V'là la débacle ! Polignac et Labourdonnaye renversés ! ou grande et véritable complainte sur la mort du ministère incroyable

26 pages
chez les marchands de nouveautés (Paris). 1829. France -- 1824-1830 (Charles X). [26] p. ; in-32.
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D'là la Débâcle !
POLIGNAC ET LABOURDONNAYE
RENVERSÉS!!.
SUR
La Mort du Ministère Incroyable ! !
Ah ! là, mon Dieu ! mon Dieu ! J'ris-
t'y! Patatra! v'là-t'y pas l'ministère
descendu? Eh! vous autres, venez
donc par ici ! Les jésuites qu'est en-
foncés, le roi zéclairé, le peuple
sauvé et moi z'enchanté ! Les minis -
tres qu'a déjà fini leur tremblement!
tiens, Jean Louis, Joséphine, Agathe,
lis donc M. Figaro ! Que cadet ! que
(4)
cadet! J'ris-t'y tout mon soûl pour un
sou. C'est l'iméro d'samedi. C'est fait
z'exprès pour nous égayer l'dimanche.
Ecoutez bien :
ENTERREMENT
Du ministère.
Vous avez vu souvent, dans plus
d'un cabinet d'anatomie, des foetus,
des embryons, assemblage mons-
trueux de parties bizarres, que l'on
conserve dans de l'esprit de vin, et
qui, collés contre le verre d'un bo-
cal, y font peur aux curieux. A ceux-
ci , c'est la tête qui manque; à ceux-
(5)
là, c'est le coeur; tous deux manquent
à quelques-uns, et le conservateur
du cabinet ne manque jamais de vous
dire qu'ils ne sont pas nés viables.
C'est précisément ce qu'on répéta
de bouche en bouche à la naissance
du ministère. Chacun, en voyant le
nouveau-né , se disait tout haut : « Il
est bien laid! » Et même, en pensant
que le jésuitisme seul l'avait conçu et
mis au jour, beaucoup trouvaient
qu'il ressemblait à son père, mais
chacun était surpris de son silence et
de son immobilité.
« Il dort, disaient les uns ; prenez
garde qu'on ne le réveille. Il fait sem-
blant de dormir, disaient les autres ;
(6)
vous voyez près de lui des gens qui
voudraient le bercer de rêves agréa-
bles, et qui se partageât déjà les dra-
gées du baptême. Ecoutez! le voilà
qui crie il fera le méchant.... non,
il pleure ; c'est qu'il se dépite : il vou-
lait battre sa nourrice, mais il n'en
aura pas la force. » Et chacun d'avoir
de nouveau les yeux attachés sur lui.
Enfin, il fit un geste, on entendit le
son de sa voix, et tout le monde s'é-
cria : « Il est mort ! »
Son geste, sa voix, avaient trahi sa
faiblesse. On avait cru qu'il périrait
dans quelques convulsions, mais sa
constitution débile ne laissait pas de
prise aux maladies violentes. Il est
(7)
mort d'atonie. Un numéro du Moni-
teur lui a servi de linceul, et M. Cu-
vier se chargera de son autopsie. I la
des paroles pour natter les ministres
vivans, et pour les embaumer quand
ils ont cessé d'être.
Il est mort! que Dieu lui fasse plus
de paix qu'il n'en voulait donner à Ja
France. Vous êtes donc prié d'assis-
ter aux convoi et enterrement de
très petit, très court et très impuis-
sant seigneur le ministère La Bour-
donnaye, décédé en ses hôtels, à
Paris, le jour où il voulut donner le
premier signe d'existence. M. Frays-
sinous prononcera son oraison funè-
bre; les jésuites mèneront le déni
(8)
et l'aristocratie recevra les compli-
mens de condoléance.
A présent qu'c'est fini, qu'jai la
tête montée, qu'je m'sens t'inspire
par l'occasion de la circonstance,
j'vas t'improviser d'emblée trente-
deux couplets, c'est comme un feu
de file. Tais-toi donc, vous, autres !
Vlà que j'commence.
Air : Du maréchal de Saxe.
I.
Pour lors, voici l'ordonnance
Qui rend un chacun joyeux :
C'est que quand on est heurceux
(9)
On a du plaisir en France (I).
Les ministres sont rayés :
Nous voilà désenrayès !
II.
Faisons de nos Excellences
Un portrait pas trop flatteur,
Afin que ces amateurs,
Aux yeux de leurs consciences,
S'écrient, tout courroucés :
Tout ça c'est des vérités !
(I) On est satisfait d'être content par rapport
qu'en v'là ben assez.
( 10 )
III.
Dans un journal du dimanche
Nous aperçûmes d'abord
Une espèce de milord
Qui passait toujours la Manche :
Ah ! ce n'est pas on manchot (I)
Que nous apporte le flot.
IV.
On voulait un grand génie,
Un très solide garçon (2) ;
On n'eut qu'un faible embryon
Pour restaurer la patrie,
Mais en fait d'homme poli,
N'y a que cet homme-ci.
(1) J'crois bon, il avait un bras de mer à son ser-
vice.
(2) C'était pas un garçon charcuitier ou pâtis-
sier qu'y fallait quoiqu'on fasse des brioches, c'était
un garçon ou un homme marié qu'est fort.
(II )
V.
Quand on disait : la clôture !
Au milieu du bataillon,
Se distinguait un frolon
D'une hideuse figure.
Quand tout le monde criait,
Ce monsieur-là bourdonnait.
VI.
Fort sur les catégories ,
Il aimait un peu le sang,
Et trouvait par trop plaisant
D'en arroser ses furies.
Il en veut de tout côté,
Mais le sang suisse excepté (I).
(I) Le sang suisse c'est pas un garde du corps à
pied, c'est le sang commun de la Suisse.

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