Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Vive le roi ! ou testament politique

45 pages
Tardieu-Denesle (Paris). 1814. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

OU
TESTAMENT POLITIQUE.
Quîd vetat dicere verum ? HOR.
A PARIS,
CHEZ TARDIEU-DENESLE, LIBRAIRE,
QUAI DES AUGUSTINS, N.° 37.
M. DCCCXIV.
VIVE LE ROI!
OU
TESTAMENT POLITIQUE
A MES ENFANS4
M
ES ENFANS,
J'IGNORE quel destin vous attend ; mais,
quel qu'il soit, n'oubliez jamais qu'il est éga-
lement indigne de l'homme de s'enorgueillir
des faveurs de la fortune, ou de fléchir sous
l'adversité. Heureux qui, fort d'une édu-
cation soignée et de grands exemples, a pu
se former un caractère noble et généreux,
un ame sensible, un coeur droit et pur, une
religion sainte! Heureux , cent fois heureux
celui pour qui la reconnaissance n'est point
( 6)
un fardeau pénible , et dont le front ne
rougit point auprès de l'ancien ami que
le malheur a frappé de sa verge de fer!
Mais , ô Dieu ! qu'il est difficile d'acquérir
cette pureté d'ame et cette noblesse de
caractère d'où seules dépend notre félicité!
.combien de circonstances, légères en ap-
parence , peuvent détruire en nous l'heu-
reux penchant qui nous entraîne au bien,
et nous plonger dans un abyme effrayant
d'erreurs et de crimes ! combien il est dan-
gereux de nous offrir à travers un prisme
brillant un avenir mensonger et coupable,
et qu'il est pénible de rétrograder, quand,
sur la route où nous avons formé nos
premiers pas , nous n'avons aperçu que
des fleurs et des fruits à moissonner !
Inspire-moi, grand Dieu! enseigne-moi
par quels sentiers je dois conduire ceux
dont ta bonté m'a confié le bonheur ; guide
mon esprit, embrase-moi du feu sacré de
la vérité, remplis mon coeur de ta clé-
mence et de ta justice; j'y vais puiser pour
écrire.
Et vous, ô mes chers enfans ! vous que
la faiblesse de l'âge a garantis des préju-
gés et de l'erreur, écoutez-moi : j'ai peu
( 7)
vécu moi-même , mais vingt ans de la ré-
volution française sont un siècle d'expé-
rience. Peut-être la mort me frappera-t-elle
avant que l'éducation ait achevé votre
existence ; lisez alors ce testament que je
vous dédie , vous m'y retrouverez tout en-
tier. Soyez heureux ; et si mes conseils
et mon amitié vous aident à parcourir ai-
sément le chemin de la vie, venez quelque-
fois pleurer sur mon tombeau : les larmes
de mes enfans sont le seul éloge funèbre que
j'envie.
Nés dans la société, c'est à la société que
vous appartenez ; c'est pour elle que vous
devez acquérir des connaissances solides ;
c'est dans son sein que vous devez les ré-
pandre. Mais en parcourant le cercle qui
vous y est réservé, craignez l'affreux délire
de l'ambition; cette horrible passion change
rios goûts, éteint l'honneur, étouffe les
cris de notre conscience, et nous aveugle
sur le mérite de nos rivaux, en nous dé-
robant les vices de nos partisans ou de nos
flatteurs. L'ambition a mis l'univers en mou-
vement; les puissances se sont heurtées et
déchirées dans l'impétuosité de leur choc,
et la terre n'eût plus offert bientôt qu'un
(8)
amas de ruines et de débris, si la main de
Dieu n'eût brisé le sceptre de l'impie et
rétabli l'équilibre.
Parcourons rapidement cet épisode ré-
volutionnaire , cherchons sans partialité
quelles diverses passions ont dirigé cet oen-
vre de malédiction, et d'après cet examen j
formons-nous un guide assuré de ce que
doit être aujourd'hui l'opinion de tout Fran-
çais , quel que soit son rang, sa fortune ou
ses revers.
Depuis long-temps la secte prétendue phir
losophique avait esquissé ce grand ouvrage,
et ses nombreux sectateurs en hâtaient cha-
que jour l'exécution par leurs écrits trop
malheureusement célèbres; les journaux,
les feuilles polémiques, les romans , et bien
plus encore les chefs-d'oeuvres de notre scène
française , versaient lentement dans nos
coeurs le poison du républicanisme; le mau-
vais état des finances, l'immensité des dettes
contractées par les premiers personnages
de la cour; le mépris où la religion était
tombée, peut-être moins encore par le ri-
dicule où l'avaient jetée ses nombreux dé-
tracteurs , que par l'immoralité publique
de quelques-uns de ses ministres- ; la haine
(9)
du célibat parmi les ordres religieux, l'a
bandon entier de ses devoirs parmi la classe
bourgeoise, le luxe du commerce et l'am-
bition du barreau , tout contribuait à-la-fois
au renversement de l'ordre établi : rien alors
ne pouvait sauver l'Etat de l'anarchie qui
le menaçait,... rien qu'un grand acte d'au-
torité que le Roi n'osa pas ordonner. La
révolution se fit ; toutes les haines se réu-
nirent , et les chefs de cette infame coa-
lition virent, peut-être en tremblant, l'é-
pouvantable résultat de leurs leçons et de
leur doctrine; mais, s'ils conçurent alors
l'honorable projet d'en prévenir les funestes-
effets , était-il en leur pouvoir d'y par-
venir ? Non ; le coup était affreux, mais il
était-sans remède.
En effet, que représentait l'optique ré-
volutionnaire? charmes toujous attrayans
d'un état républicain. A qui cette agréable
perspective était-elle offerte ? à des hommes
enivrés de ces grandes vertus dont ils
avaient pour ainsi dire sucé le lait dans les
chefs-d'oeuvres des Cicéron et des Tacite,
à des hommes devenus romains avec lei
Corneille et les Voltaire.
- Et .pourquoi ne le dirais-je pas? L'édu-
(10)
^cation a dû coopérer beaucoup"aux prin-
cipes de la révolution, et n'est peut-être
pas, sous ce rapport, ce qu'elle doit être
dans un pays où le gouvernement monar-
chique est le seul qui puisse convenir. Quoi
de plus séduisant que Rome ? quoi de plus
séduisant que ce partage égal de l'autorité
publique, que ce renversement des préro-
gatives héréditaires , que cet appel de tous
les citoyens aux premières charges de L'Etat ?
quoi de plus séduisant que le tableau de Cin-
cinnatus, abandonnant sa charrue pour venir
combattre à la tête des légions romaines,
et mériter une simple couronne de chêne,
gage précieux de l'estime de ses conci-
toyens ? quels sentimens peuvent naître
dans l'ame de l'adulte, qui respire en gran-
dissant l'air brûlant de la liberté romaine ?
que devez-vous en attendre, quand, à la
place de ce sénat si fameux, il ne voit qu'un
trône que les vertus ni la clémence de Cé-
sar n'ont pu légitimer à ses yeux ? que de-
viendra-t-il ? ». . Ce que sont devenus nos
brigands révolutionnaires , l'assassin de ses
rois. O mes enfans ! le temps et sur-tout l'ex-
périence vous apprendront un jour que Ce
qui fut chez Brutus le sceau d'un grand
courage, devint un crime hideux pour les
bourreaux de Louis XVI.
Louis XVI ! à ce nom sacré que de
souvenirs déchirans viennent briser le
coeur! L'histoire vous dira cette épouvan-
table catastrophe ; elle vous dira les cri-
mes de ces hommes, à-la-fois sujets, ac-
cusateurs et juges de leur roi; vous fré-
mirez en apprenant de quel sang ils ont
arrosé les marches du trône, de quel sang
ils ont honoré l'échafaud ; votre coeur ces-
sera de palpiter un instant, quand elle dé-
roulera sous vos yeux le tableau dégoûtant
de leurs orgies, de leurs meurtres, de leurs
souillures; et vous haïrez la fortune et ses
faveurs, quand bientôt après vous les ver-
rez s'élever sur les débris de la France,
et s'asseoir orgueilleusement autour d'un
trône nouveau ; quand vous verrez ces su-
perbes républicains, couverts des titres
qu'ils ont abolis , s'humilier profondément
aux pieds d'un tyran, et s'enorgueillir du
plus dur, comme du plus honteux escla-
vage.
Les juges de ce terrible tribunal ne se
couvrirent pas tous d'opprobre :quelques-
uns, républicains de bonne foi, se laissé-
( 12)
rent entraîner à l'illusion qui les enivrait,
et votèrent le bannissement à perpétuité;
plusieurs, trop faibles pour résister à la
force de la terreur dont ils étaient frap-
pés, votèrent la mort et l'appel au peuple
(l'appel au peuple eût sauvé le Roi); d'au-
tres ajoutèrent à la férocité de leur opinion
l'insulte et l'acharnement : ils remplirent le
calice révolutionnaire de tout le sang royal,
et se disputètent entr'eux l'exécrable plai-
sir d'y porter leurs lèvres impies pour s'en
rassasier jusqu'à la dernière goutte.
Le crime s'acheva ; la nation fut en deuil:
quelques-uns s'expatrièrent, quelques au-
tres attendirent la hache à laquelle un bien
-petit nombre échappa. Le délire fut à son
comble ; les partis se divisèrent, et durant
un trop long espace de temps , l'échafaud
permanent attendit et vit tomber tour-à-
tour et l'assassin et la victime.
Cependant, tandis qu'elle était dans Son
sein en proie aux horreurs de la guerre
civile, la France agrandissait au défendait
ses frontières. Ce n'était pas assez que le
glaive judiciaire atteignît des familles en-
tières et couvrît notre malheureuse patrie
•de deuil et de désolation; il fallait encore
( 13)
que la guerre de la Vendée nous offrit
continuellement l'image douloureuse dé
Français se déchirant les uns les autres, de
femmes errant dans le milieu des forêts pour
se soustraire à la brutalité des soldats, de
vieillards égorgés , d'enfans coupés à mor-
ceaux et jetés épars aux yeux de leurs
mères expirantes, de villes incendiées, de
fleuves rougis par le sang des malheureux
luttant contre la rapidité des flots où les
avait plongés un monstre d'exécrable mé-
moire.
O France ! par combien de maux et de
revers tu devais expier ta faute!
Enfin, après de longues secousses , le
besoin de concentrer le pouvoir exécutif
donna naissance au Directoire. Son règne
fut court, mais les assassinats moins fréquens
on plus secrets; le crime commençait pres-
que à faire horreur. Ce fut sous ce gou- 1
vemement que les acquéreurs primitifs de
domaines nationaux s'essayèrent à jouir de
leurs rapines judiciaires, (i) Les dévasta-
(1) On avait fait condamner plusieurs individus pour
s'emparer de leurs biens.
(14)
tions devinrent plus rares ; maïs déjà que
de temples étaient détruits, que de palais-
étaient incendiés , que de ruines étaient
amoncelées !
Tandis que ses législateurs plongés dans
un affreux sommeil rêvaient à de nouveaux^
attentats , la France eut un instant de re-
pos; cette espèce de calme devait être pour
elle celui dont jouissent les environs du
.Vésuve , quand il forme dans son sein
ces laves bouillantes qu'il va vomir, et dont
les flots iront ravager au loin et la ca-
bane du pauvre et ses fertiles moissons.
Ils avaient rêvé le 13 Vendémiaire ! mais
il fallait l'exécuter ; et tel qui conçoit le
crime, et peut du fond du cabinet en diri-
ger les effets, manque souvent de l'énergie
des bourreaux : c'était le cas où se trouvait
le Directoire. Mais un homme existait; il
était ambitieux, sans crédit, sans fortune et
sans réputation ; il quêtait un emploi ; l'on
se ressouvint de lui, on l'appela; il vint,
obéit, et Paris fut ensanglanté par la maint
de celui qui devait y régner bientôt. Ce
jour marqua son ame d'un cachet de sang,
et fut le prélude des grandes oeuvres qui
devaient l'immortaliser.
(15)
Toutefois cette fameuse journée lui va-
lut un commandement; l'Italie vit flotter
par-tout l'étendard tricolore, et le vain-
queur d'Arcole et de Lodi , couvert de
gloire et de lauriers , reparut au milieu
de la France. Son retour fit frémir les
Parisiens et trembler le gouvernement di-
rectorial.
On conçut le projet de l'éloigner , on'
flatta son orgueil militaire, l'expédition
d'Egypte fut résolue ; il partit, et fut vaincue
sons les murs de Saint-Jean d'Acre.
Tour-à-tour Corse, Français et Maho-
métan , plus ce caméléon politique s'a-
vança' dans la carrière ; plus il devint am-
bitieux'; il ne négligea" rien de ce qui put
le porter à la souveraineté. Nous verrons
par quels degrés il y parvint.
Fatigué de défaites, repu de ravages et
convaincu de la folie de son entreprise,
Buonaparte revint en France ; et la France,
écrasée sous le poids d'un gouvernement
versatile et cruel, vit arriver.avec quelque
joie celui qu'elle avait vu s'éloigner avec
plaisir:
Le 18 Brumaire éclata; le Corps légis-
latif fut transféré à Saint-Cloud , le -cos,
( 16 )
mopolite s'y transporta ; le Conseil des Cinq-
cents fut disséminé à la baïonnette ; un"
reste de dignité nationale se fit sentir, et
Buonaparte, mis hors de la loi, fût tombé
sous les poignards des législateurs, si ses
compagnons d'armes ne l'eussent sauvé par
un,crime de lèse-nation.
Enfin le triumvirat eut lieu ; un pouvoir
absolu lui fut remis, et dans l'espace de
vingt-quatre heures la France eut un nou-
veau gouvernement.
La France en eût changé vingt fois , s'il
se fût trouvé vingt factions différentes ; elle
n'avait plus d'énergie que pour souffrir;
Le triumvirat se sentit bientôt de l'im-
fluence que Buonaparte avait acquise : on le
vit successivement devenir Premier Consul,
Consul à vie, Empereur des Français, Roi
d'Italie, Protecteur de la Confédération du
Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse,
Il eût uni la thiare aux sceptres qu'il avait
amoncelés, si la main de Dieu ne l'eût brisé,
Toutefois il versa sur ses usurpations le
coloris le plus gracieux, et chaque dignité
parut lui être conférée au nom des peuples
qu'il avait asservis à ses lois, et soumis à. sa
volonté.
( 17 ) )
Tant de gloire, de fortune et de puis-
sance ne purent le rassasier, ni cacher à
ses yeux toute l'horreur de son usurpa-
tion ; il sollicita de Monsieur (*) l'abdica-
tion de tous ses droits à la couronne de
France, et le refus qu'il en éprouva fut l'arrêt
de mort de l'infortuné duc d'Enghien. Ce
meurtre révoltant, que ses partisans nom-
mèrent assassinat politique, tourna contre
lui tous les vrais Français, et même ceux
que la fortune ou leur inclination atta-
chaient à son char.
Ce premier attentat à la majesté des nat-
tions fut bientôt suivi d'un second, non
moins féroce- Un traité fut contracté avec
l'Espagne ; cette généreuse alliée nous four-
nit ses trésors et ses soldats ; on parla
de conférences , Charles IV et sa famille s'y
rendirent Charles IV et sa famille fu-
rent enlevés , faits prisonniers , et la plus-
indigne captivité devint le prix de la plus
honorable confiance.
Ce crime impolitique avait été créé par
lui seul ; ses parens, ses ministres , ses»
(*) Louis XVIII.
(18)
conseillers les plus intimes s'y opposèrent.
Il les décrédita ou les exila , non pas
qu'il ignorât les malheurs où pouvait le
plonger cette infame trahison ; mais un
sentiment plus fort l'entraînait : — il avait
soif du sang des Bourbons !
La noble énergie des Espagnols rendit
ses projets inutiles, et leurs campagnes brû-
lantes furent arrosées par le sang d'un mil-
lion de Français.
Sans cesse tourmenté par le besoin de
se justifier et de s'ennoblir aux yeux de
l'univers étonné, il sollicita une alliance
avec l'Autriche ; il répudia celle qu'il avait
élevée au rang d'impératrice, et obtint en
mariage la fille des Césars.
Cet hymen étonnant fit un moment pré-
sager la paix à l'Europe ;.... cet hymen la
détruisit. Londres , cette arche sainte qu'il
n'avait pu toucher, l'irritait sans cesse par
la grandeur de son commerce, et la force
de sa liberté ; il y voulut entrer, et Most
cou lui sembla le seul chemin qui pût l'y
conduire.
Mais la nature alarmée se révolta contre
lui, les nations assoupies se réveillèrent et
se coalisèrent, les Français épuisés l'aban-
( 19)
donnèrent et le maudirent; et ce colosse
effrayant, après avoir lutté vainement l'es-
pace de quelques mois , est tombé frappé
de délire et d'aveuglement, et traîne au
milieu d'un île de fer des jours qu'il eût
pu rendre chers à la nation , qui déjà nV-
percevait plus qu'à peine les forfaits qu'il
avait commis ; tant les armes françaises l'a-
vaient environné de triomphes et de lau-
riers !
Enfin la Providence a replacé sur le trône
l'héritier de Henri ; mais hélas ! dans cet
instant de trouble et de confusion , bien
loin de s'éclipser , les haines et l'esprit de
parti se sont réveillés : la crainte et l'in-
certitude chez les uns, l'orgueil et l'espé-
rance chez les autres, sèment par-tout l'in-
justice et l'erreur. On murmure, et l'hon-
nête homme, étonné de la stupeur géné-
rale , cherche à démêler la vérité pour ne
point hasarder une opinion de laquelle il
aurait peut-être à rougir un jour aux yeux
de ses concitoyens.
Mais que dis-je ? peut-il n'en avoir au-
cune? est-il donc sa force et sans énergie?
n'a-t-il pas le cri de sa conscience pour
le diriger, et l'expérience du passé pour.
(20)
l'éclairer sur l'avenir ? Grand Dieu ! n'est-
ce pas assez ?
O mes enfans ! de ce choix peut-être dé-
pend la réputation de toute votre vie !
Cherchons donc quels sont de l'une et l'au-
tre part les causes du murmure ; soyons
impartiaux, et que notre opinion soit le fruit
de notre raison, et non celui de notre dé-
lire ou de notre enthousiasme.
Sans doute ce grand événement devait
produire des sensations tout-à-fait différen-
tes dans l'esprit des Français. Les uns
avaient beaucoup perdu par la révolution ,
les autres avaient beaucoup gagné ; l'espé-
rance devait donc s'emparer de l'ame des
premiers, au même instant qu'elle abandon-
nait celle des seconds : mais la main du
temps avait scellé les dernières opérations
de l'ancien gouvernement d'un cachet au-
thentiqué , et le premier bienfait du Roi,
qui le sentit, devait être une charte con-
stitutionnelle qui fixât les prétentions de
chacun.
Cet acte, aussi juste dans ses princi-
pes qu'honorable pour celui qui le dicta,
n?obtint pas l'approbation générale. L'an-
cienne noblesse y recouvre ses titres ; mais

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin