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Voies romaines du département de la Côte-d'Or et répertoire archéologique des arrondissements de Dijon et de Beaune / publiés par la Commission des antiquités du département de la Côte d'Or ; [rédigé par P. Foisset et Jules Simonnet]

De
213 pages
Lamarche (Dijon). 1872. Voies romaines -- France -- Catalogues. Côte-d'Or (France) -- Antiquités -- Catalogues. 1 vol. (LXX-272 col.) : carte ; 32 cm.
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VOIES ROMAINES
DU DÉPARTEMENT DE LA COTE D'OR
ET
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
DES ARRONDISSEMENTS DE DIJON ET DE BEAUNE
VOIES ROMAINES
DU
DEPARTEMENT DE LA COTE-D'OR
ET
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
ARRONDISSEMENTS DE DIJON ET DE BEAUNE
PAR LA COMMISSION DES ANTIQUITES DU DEPARTEMENT DE LA COTE-D'OR
A DIJON ^-^:^
CHEZ LAMARCHE , LIBRAIRE , PLACE SAINT-ÉTIENNE
A PARIS
A la librairie Archéologique de D1DR0N, rue Saint-Dominique-Sainl-Germain, 23.
1872
00370743 7
les garanties d'exactitude désirables. Elle comprit qu'il était nécessaire de
faire le relevé, aussi complet que possible, des vestiges des voies romaines
existant dans le département.
M. LIÉNARD, agent voyer chef, voulut bien demander aux agents placés
sous sa direction des notes concernant les circonscriptions qu'ils habitaient.
Ces documents ainsi réunis, et les écrits de toute nature relatifs à ce sujet
furent coordonnés par M. SIMONNET, secrétaire de la Commission mixte, à
qui ce travail avait été confié. Il rédigea l'essai sur les voies romaines qui a
trouvé place dans l'introduction du Répertoire archéologique, ainsi que les
résumés des découvertes intéressant les époques celtique et gallo-romaine. La
carte qui y est annexée fut dressée par M. LIÉNARD, à l'aide de ces docu-
ments.
Cependant un nouveau programme arrêté par le Ministère de l'Instruction
publique avait, dès l'année 4859, invité les Sociétés savantes à publier des
Répertoires plus complets, embrassant la description des monuments du
moyen-âge. La Commission mixte résolut d'abord de répartir ce travail entre
les membres qui la composaient. Mais il devint bientôt évident que des des-
criptions confiées à diverses personnes couraient le risque de présenter des
divergences regrettables et d'être rédigées dans des vues peu homogènes.
M. Paul FOISSET se mit à l'oeuvre ; il soumit à la Commission des notices sur
les monuments les plus intéressants de la ville de Dijon, puis un travail d'en-
semble sur cet arrondissement et celui de Beaune. Cette oeuvre, conforme à
la fois aux projets primitivement arrêtés par la Commission des antiquités et
aux programmes tracés par le Ministre, a été agréée par cette Compagnie, et
la publication en a été décidée.
Un coup d'oeil général sur l'archéologie monumentale du département,
rédigé par le même auteur, complète l'introduction du Répertoire.
COMMISSION DES ANTIQUITÉS
DU
DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR
REPERTOIRE ARCHEOLOGIQUE DU DÉPARTEMENT
INTRODUCTION
DIVISIONS TERRITORIALES.
Le département de la Côte-d'Or, formé d'une partie de l'ancienne Bour-
gogne, n'a point de limites naturelles ; mais les cours d'eau qui, d'un côté,
se dirigent vers le nord-ouest, de l'autre vers le midi, les massifs de mon-
tagnes qui semblent partager son territoire en trois parties, lui donnent une
physionomie bien caractérisée. On le comprend au premier aspect, sur un
sol ainsi constitué, les divisions ethnographiques ont dû se modeler sur les
divisions naturelles. Sa configuration indique que ce pays n'a pas été habité
par des tribus homogènes : certaines régions étaient plus propres que d'autres
au maintien de l'indépendance des peuplades qui les occupaient, ou plus
favorables à leur isolement; d'autres, plus ouvertes, offraient à l'invasion un
accès plus facile, et furent les premières dévastées par les incursions des
barbares.
Trois grands peuples se sont de bonne heure établis dans les limites de
notre département actuel : les Lingons au nord et à l'est, les Eduens au midi,
et à l'ouest, les Séquanes sur la rive gauche de la Saône. Les cités, et depuis
II INTRODUCTION
les évêchés de Langres, d'Autun et de Besançon n'ont pas beaucoup modifié
les circonscriptions territoriales occupées par les confédérations gauloises
qu'ils ont remplacées : telles sont les trois grandes divisions qui figurent sur
notre carte. Mais d'autres noms d'une grande valeur historique nous rappellent
les plus anciennes traditions de notre Gaule. Que l'on jette un coup d'oeil sur la
contrée accidentée, limitée au midi par le cours de l'Ouche," et formée par le
massif de montagnes qui sépare la vallée de la Seine de celle de la Saône :
derrière ces nombreux escarpements, dans ces vallées étroites où prennent
leur source la Seine, la Brenne, l'Oze, l'Ozerain, l'ignon et les affluents de
l'Ouche, étaient établis les Insubres, qui prirent part à la première invasion
gauloise en Italie, et fondèrent Milan. Leur capitale, située dans le pays
éduen, portait également le nom de Mediolanum, aujourd'hui Màlain :
Mémont et Sombernon où viennent aboutir cinq voies romaines ont succédé
à cette ancienne ville, et attestent l'importance de la contrée à toutes les
époques.
A l'ouest étaient établis les Mandubii, dont la capitale Alesia formait au
nord le boulevard du pays éduen. Suivant Diodore de Sicile, il faudrait
remonter jusqu'à Hercule pour assigner une date à la fondation d'Alise.
Celte colonie phénicienne aurait été ainsi de bonne heure un centre de ci-
vilisation, où l'élément gaulois n'aurait pas tardé à prendre le dessus (1).
Du reste, l'importance stratégique de toute la contrée a été suffisamment
mise en évidence par M. Bulliot: «Entre Avallon et Dijon, les vallées du Cousin,
du Serein, de la Brenne, de l'Armançon, passages naturels pour envahir
l'Auxois, étaient défendues par leurs gorges accidentelles et par des ouvrages
artificiels. Le Castram Abalense, Avallon, sur le Serein, le Castrum Senemu-
rense, Semur, sur l'Armançon, presqu'île entourée de vallées profondes, le
Castrum Eposium, sur la vallée d'Epoisses, habitée par les rois de la première
race, Flaviniacum Eduorum, sur une voie romaine, autre Castrum orné
de monuments antiques, dominant d'une pointe élevée le cours de l'Ozerain...
(1) Diodore, qui écrivait sous Auguste, paraît n'avoir eu d'autre but que de flatter la mémoire
de César, en donnant une origine presque divine à la ville détruite par le conquérant des
Gaules.
INTRODUCTION. III
Montbard et le Castrum Grinionis, Grignon, sur la Brenne, vaste castramé-
tation parsemée de médailles des Antonins, en faisant face à Alise, servaient
à celle-ci d'avant-garde du nord. »
Plus au sud, nous rencontrons des souvenirs non moins anciens : les
vestiges d'antiquités découvertes à Fontenay, semblent appartenir à une
époque antérieure à la conquête des Gaules. Les menhirs de Villaines-les-
Prévôtes, de la Boche-en-Brenil, la. Pierre-Pointe-de-Sussey, la Pierre-Levée
dite Tonton-Marcel, à Chassagne, la pierre de Monligny, la Pierre-Culin,
de Saint-Andeux, celles de Savigny-sous-Beaune, les tombes celtiques de
Saint-Romain, de Beurey, de Meloisey; les silex taillés trouvés à Génay, la
découverte d'un disque en pierre à Volnay ; le culte des fontaines constaté à
Saint-Romain, à Mavilly, à Orches, des noms de lieux empruntés aux divinités
gauloises, Belen, Belan, Beaune, Beligny, Bellenot, telles sont les traces non
équivoques que les usages celtiques ont laissées dans le pays éduen.
Le pays lingon, sans être aussi riche en monuments de ce genre, en ren-
ferme quelques spécimens du plus haut intérêt: tels sont le menhir d'Aignay,
connu sous le nom de Pierre-Fiche, les pierres tournantes de Grancey, la
pierre droite de Nod, la Grande-Borne d'AmpilIy et le dolmen de Semond;
l'importante découverte d'une fabrique de haches et d'autres ustensiles en •
pierre, entre Grancey et Nouvelle, les buttes de Magny-Lambert, de Chà-
tillon, d'Essarois, de Gevrolles, de Massingy ; les découvertes faites à Que--
migny, à Montmançon, à Menesble, attestent l'antiquité de celte région. Le
Montaigu de Beneuvre destiné à protéger la bourgade de Velay, où se croi-
saient deux voies romaines et où l'on a ramassé des médailles gauloises;,
la colline de Vertaut où l'on a fait des découvertes semblables, paraissent
avoir été de bonne heure des lieux retranchés. En outre, on a signalé dans
le Châlillonnais des traditions qui attribuent aux fées la protection des sources,
ou douix, très nombreuses dans ce canton.
Dans la portion du territoire séquanais appartenant au département, nous
trouvons Auxonne, où de nombreuses médailles gauloises et une hache en
pierre ont été trouvées ; Pontailler, où une opinion accréditée place la ville
celtique d'Amagetobria.
IV INTRODUCTION.
Les centres de population importants dont l'histoire ou les ruines incon-
testées attestent l'existence avant la chute de l'empire romain, ont peut-être
une origine plus ancienne. Mais nous n'avons pas voulu donner nos conjec-
tures pour l'expression de la réalité, et nous avons pris plus d'une fois le
parti de rester en deçà de la vérité, clans une matière où l'erreur est si facile
et si séduisante.
La domination romaine a laissé d'innombrables vestiges sur notre territoire
et marqué de son sceau plusieurs de nos villes : indépendamment de Dijon,
de Beaune, de Saulieu, de Nuits, de Lansuine ou Vertilium, de Latiscum, de
Chàtillon, de Flavigny, de Sombernon et de Mirebeau, dont les monuments et
les ruines attestent l'antiquité, on ne peut s'empêcher de rapprocher de ces
noms ceux de Duesme, de Mémont et de Saint-Jean-de-Losne, qui devinrent
de bonne heure les chefs-lieux de nospagi bourguignons. Si l'on n'y a point
fait de découvertes archéologiques, il est cependant très vraisemblable que
ces localités avaient, à la veille de la grande invasion du Ve siècle, une impor-
tance et une notoriété assez grandes pour que, dans le vie ou le vne siècle, elles
aient été considérées comme autant de petites capitales et imposé leur nom à
toute une région. Arnay, s'il est vrai qu'il ait été le chef-lieu du. pagusAre-
hrignus, devrait être rangé dans la même catégorie.
De nombreux points retranchés, à Touillon, à Grignon, à Laroche-en-
Brenil, à Chaloibo, près de Bure, à Saulx-le-Duc, à Bouillant, à Bligny, à
Maligny, à Nolay, à Bar-le-Régulier, etc., servaient à défendre des passages
ou des bourgades voisines, et devinrent eux-mêmes, suivant toute apparence,
des centres de population (1).
Viennent ensuite les stations de Vidubia et de Filena ou Tilen... marquées
sur la Table théodosienne entre Langres et Châlon, et dont la situation exacte
peut donner lieu à quelques difficultés.
L'énumération des localités, où des ruines non équivoques de villas, de
(I) Nous n'avons pas cru pouvoir porter sur noire cane, à titre de lieux retranchés, Duesme,
Monligny-sur-Aube, Bremur, Molesme, cités par M. Leclerc, parce que cet auteur ne désigne
pas les indices ou les autorités dont il se prévaut. (V. U'Archéologie Cello-llomaine du Châ-
tillomiais.J
INTRODUCTION. V
temples et de thermes ont été signalées, nous entraînerait trop loin. Dans
plus de trente bourgs ou villages, on rencontre des vestiges de ces cons-
tructions. Les découvertes considérables faites à Gissey-sur-Ouche, à Champi-
gnolle, aux environs de Nuits, à Gissey-le-Vieil, à Lux, à Meursault, permettent
notamment de présumer qu'il y avait là des agglomérations d'habitants plus
ou moins importantes.
Enfin, nous n'avons pas dû omettre de porter sur notre carte des noms
de lieux qui figurent dans des textes où sont rappelés des événements con-
temporains de la domination romaine : tels sontEpagny, Marsannay, Larrey,
Longvic, Chenôve, Perrigny et Beaumont, bien que dans quelques-uns de
ces villages aucune trace d'antiquités ne nous ait été signalée.
L'absence de découvertes de cette nature ne nous permet pas de mention-
ner, autrement que pour mémoire, Bouhey, Boux, Salmaise et Vandenesse,
dont les noms paraissent indiquer que des colonies germaniques (Boiens ou
Sarmates) y étaient établies (V. Bulliot. — Système défensif des Romains dans
le pays éduen) (1).
La partie de notre département qui s'étend entre la Tille, la Vingeanne,
l'Ouche et la Saône, fut le siège d'un établissement barbare considérable.
L'empereur Constance Chlore, après avoir vaincu les Àttoariens et les
Chamaves qui avaient envahi le territoire, leur donna des terres à cultiver
dans la contrée qui devint plus tard YAttouar ou pagus attuaricnsis. Les
Attoariens avaient vraisemblablement pour capitale la cité d'Ates, dont nous
indiquons la place, bien qu'elle n'appartienne pas à notre département. A
côté de cette tribu, fut établi, en Séquanie, celle des Chamaves qui occu-
paient sur la rive gauche de la Saône le pays qui s'étend de Gray à Verdun-
sur-le-Doubs.
Eumène qui, dans son panégyrique, a fait mention de nos contrées dévastées,
puis repeuplées par les barbares, nous a conservé en même temps le nom du
(I) Nous nous abstiendrons de mentionner les localités où des découvertes de tuiles, de
monumenls de toute sorte, de tombeaux et de médailles, peuvent faire supposer la présence de
quelque établissement gallo-romain. Ces noms figurent sur noire carte et dans le répertoire
qui en donne l'explication.
-VI INTRODUCTION.
pagus Arebrignus, et la description qu'il en donne permet d'en fixer les limites
entre PArroux et la Saône.
On le voit, la distribution des peuples sur notre territoire n'est pas restée
invariable; il en a été de même des centres politiques auxquels les historiens
ont rattaché ce pays, aux différentes époques qui nous occupent. Cependant
on peut dire que les Eduens, les Lingons et les Séquanes ont toujours été
rangés dans la Gallia Comata, la Celtique proprement dite de Strabon.
Auguste ne changea rien à cet état de choses. Néanmoins Valois et Damville
avaient conclu de quelques textes de Pline et de Ptolémée que les Lingons et
les Séquanes avaient été incorporés par ce prince à la Belgique; mais
M. Walckenaër a parfaitement démontré qu'Auguste aurait été contre ses
propres intentions, si, après avoir fondé la suprématie de Lyon, il avait
retranché de la Celtique, à laquelle il donnait cette ville pour capitale, deux
peuples aussi considérables. La contrée prit seulement le nom de Lyonnaise :
quelque temps après, les Lingons et les Helvètes furent rattachés à la Belgi-
que par Tibère, qui avait résolu de concentrer entre les mains d'un seul gou-
verneur militaire le commandement de toutes les forces échelonnées le long
de la frontière du Rhin.
Sous Constantin, nos trois peuples partagèrent le sort de toute la Gaule qui
fut administrée par un vicaire résidant à Arles, sous-gouverneur d'un préfet
du prétoire établi à Trêves. Celte capitale ayant été occupée parles barbares,
c'est à Autun que fut transporté le siège de la préfecture des Gaules. Enfin/
depuis Dioclétien jusqu'à l'époque où la notice fut rédigée, le pays lingon et
le pays éduen reconnurent Lyon pour métropole et firent partie de la pre-
mière Lyonnaise, tandis que les peuples d'outre-Saône appartenaient à la
grande Séquanaise.
INTRODUCTION. VU
II.
VOIES ROMAINES; APERÇU GÉNÉRAL.
Il serait intéressant de suivre, pour l'étude des voies romaines dont les
vestiges ont été reconnus sur le sol de notre département, la méthode histo-
rique qui nous a permis de classer les localités en trois catégories : celles
qui remontent à l'époque celtique ; celles de l'époque gallo-romaine et les
établissements celtiques ou barbares qui se sont formés sous les derniers
empereurs. Aucun indice ne permet de distinguer les chemins qui auraient
appartenu à la première époque. Il est permis cependant de présumer
qu'avant la conquête, il existait des communications habituelles entre Autun,
Besançon, Langres, Sens et Alise dont la haute antiquité ne peut laisser
aucun doute. Il est de même vraisemblable que les premières voies établies
sous Auguste et ses successeurs eurent pour objet de relier la nouvelle ville
de Lyon aux principales cités de la Gaule, et celles-ci entre elles. Ainsi, il
nous paraît certain que nos voies d'Autun à Besançon, à Alise et à Auxerre,
d'une part ; celles de Langres à Châlon, à Besançon et à Sens, d'autre part,
ont été exécutées avant les lignes secondaires dont nous donnons le tracé.
Que si, avant d'entrer dans le détail, nous jetons un coup d'oeil sur ce
réseau, nous remarquerons dans le département cinq centres principaux, où
convergent des chemins plus ou moins importants. Ce sont, dans le Chàtil-
lonnais, les villes de Laliscum et de Verlilium; dans l'Auxois et le pays
mandubien : Alise, Beneuvre, Sombernon ; plus à l'est, Mirebeau, et enfin
Dijon. En outre, quatre points considérables, situés en dehors de nos limites,
savoir : Langres, Besançon, Autun et Sens, sont reliés entre eux par de
grandes lignes qui sillonnent notre territoire du nord au sud, et de l'est à
l'ouest. Tel est l'aspect général de ce réseau, doublement intéressant, qui se
compose de lignes principales et secondaires dont l'établissement remonte
certainement à l'époque impériale.
Du reste, on peut mesurer leur importance au nombre et à l'importance
des localités qu'elles rencontraient. A cet égard, nos chemins présentent avec
VIII INTRODUCTION.
nos cours d'eau cette ressemblance, qu'ils sont pour la plupart accompagnés
d'une ligne de bourgades qui en suivent le tracé. Le cours de la Seine, depuis
Chanceaux jusqu'à Pothières; celui de la Saône, dePontailler à Seurre; ceux
de l'Armançon, de la Tille, de l'Ouche et de la Vingeanne sont remarquables
par le nombre de localités qui s'échelonnent sur leurs bords. L'oeil suit de
même, sans difficulté, la ligne de Langres à Châlon marquée par des points
nombreux où des découvertes archéologiques ont été signalées. Nos voies
principales donnent lieu à la même observation, et les lignes secondaires,
quoique moins riches en souvenirs archéologiques, n'en sont cependant pas
complètement dépourvues. Ainsi les découvertes d'objets antiques ou de
ruines justifient, dans une certaine mesure, l'authenticité des tracés de nos
chemins, de même que l'existence des voies de communication bien recon-
nues permet de faire pressentir, à l'avance, l'antiquité de quelques-unes des
localités qu'elles rencontrent. M. Mignard avait eu une pensée analogue en
prenant pour guides, dans son excursion archéologique du Châtillonnais, les
voies romaines elles-mêmes.
A l'égard des tracés que nous avons adoptés, quiconque s'est livré à une
étude de cette nature a pu se convaincre des obscurités que présentent les
auteurs les plus accrédités et des dangers auxquels est exposé le géographe le
plus sincère, dès qu'il s'abandonne aux conjectures. Nous en aurons la
preuve en étudiant séparément quelques-unes de nos chaussées. Nous trou-
vions dans les documents publiés des sources précieuses d'information ;
indépendamment de la carte de Cassini, de celle de la province de Bour-
gogne, de celle du dépôt de la guerre, où se trouvent marquées nos voies les
plus importantes (de Langres à Sens, à Châlon et à Pontailler, d'Alise à
Sombernon, d'Autun à Besançon, et de Dijon à Saint-Jean-de-Losne), nous
pouvions consulter celle de Delisle, les ouvrages de l'abbé Belley, de Pasu-
mot et de Courtépée pour en composer, au moyen des diverses indications
que nous y aurions puisées, un travail d'ensemble assez satisfaisant. Des
travaux plus récents étaient d'ailleurs de nature à alléger notre tâche :
M. Garnier avait tracé, sur la carte annexée à son Recueil des Chartes bour-
guignonnes, un réseau des anciens chemins aussi complet que le permettaient
INTRODUCTION. IX
les renseignements alors à sa disposilion. M. Mignard avait publié, dans le
IVe volume des Mémoires de la Commission des Antiquités, une carte par-
tielle des voies du Châtillonnais, qui complète quelques indications données
dans son mémoire sur les Antiquités d'Essarois. Au dehors, M. Clerc, auteur
de la Franche-Comté à Fépoque romaine, avait touché à notre sujet en s'ap-
puyant sur quelques conjectures émises par Girault. Enfin M. Pistollet de
Saint-Ferjeux, président de la Société historique et archéologique de Lan-
gres, dans le travail qu'il vient de publier sur les Voies romaines du départe-
ment de la Haute-Marne, a étudié avec un soin spécial la voie de Langres à
Châlon.
Cependant un heureux hasard permit à l'Académie d'acquérir une partie
des manuscrits de Pasumot.
Nous y trouvâmes un travail complet sur les voies romaines de l'ancienne
Bourgogne, au nombre de vingt-neuf, dans lequel l'auteur paraît avoir
remanié ses précédentes publications , afin d'en procurer une nouvelle
édition. Nous y avons remarqué la plus entière bonne foi et le vif désir de ne
rien donner au hasard.
Quelle que fût la valeur de ces précieux documents, lorsque la Commission
se mit à l'oeuvre et qu'il s'agit de consigner sur la carte confiée d'abord à
M. de Saint-Seine les premiers résultats de ses études, elle reconnut de bonne
heure la nécessité de les contrôler par des recherches faites sur les lieux
mêmes. Aujourd'hui que le résultat de ces recherches est porté sur notre
carte, il suffit de la comparer avec celle que j'avais tracée d'après les notes de
Pasumot, pour me convaincre des nombreuses lacunes que présentait le tra-
vail, d'ailleurs consciencieux, de ce géographe.
M. Liénard, agent-voyer chef du département, voulut bien s'associer à nos
travaux, et invita les agents placés sous sa direction à recueillir tous les ves-
tiges des voies romaines existant dans leurs circonscriptions. Ces recherches
individuelles, contrôlées par le fonctionnaire qui les avait dirigées, furent con-
signées par ses soins sur la carte du département; il y joignit quelques notes
qui ont servi de canevas à la notice dont la rédaction a été définitivement
adoptée. En effet, ce travail topographique n'aurait pas été parfaitement intel-
X INTRODUCTION.
ligible, si nous ne l'eussions pas complété au moyen d'une notice, puis d'un
répertoire alphabétique dans lequel figurent tous les noms de lieux portés sur
la carte, en français et en latin (1).
En regard de chacun d'eux, sont énumérés les objets antiques qui y ont
été trouvés. Quelle que soit la faible importance de quelques-unes de ces
découvertes, nous n'avons cru devoir en omettre aucune. La présence, sur un
point du département, de médailles, de tombeaux, de tuiles ou de briques, de
débris de toute sorte, ne permet pas sans doute de conclure que ce lieu a été
habité avant le Ve siècle ; mais si nous avions fait un choix, et prétendu mar-
quer exclusivement sur la carte les localités qui ont été le siège d'un établis-
sement quelconque, nous aurions été exposé, en procédant ainsi par voie
d'affirmation et d'exclusion, à donner, pour des résultais certains, des conjec-
tures plus ou moins arbitraires. Nous avons préféré donner au lecteur un
inventaire pur et simple des découvertes archéologiques faites dans le dépar-
tement, et laisser à chacun la faculté d'en tirer ses conclusions.
Le texte de chacun de nos articles a été réduit dans la plus stricte mesure,
sa rédaction n'ayant d'autre objet que de justifier la présence d'un nom de
lieu sur la carte. Quelques-uns cependant, à raison de leur importance,
exigeaient des notes plus étendues. Ainsi la situation respective des stations
indiquées par les anciens itinéraires sur la voie de Langres à Châlon, soulève
des doutes sérieux ; nous avons dû les signaler en rappelant l'opinion des
auteurs et en indiquant les raisons de décider. Les découvertes considérables
faites à Dijon, à Beaune, à Alise, les discussions encore pendantes au sujet
de cette ville célèbre, nous autorisaient à entrer dans de plus grands détails.
Les considérations émises par M. Bulliot, dans son Traité du système défensif
(I) Nous avons donné le nom latin toutes les fois que nous l'avons rencontré dans des textes
authentiques assez anciens pour exclure la crainte que ce mot ne fût que la traduction latine
du nom vulgaire. Il y aurait eu beaucoup d'inconvénients à négliger ces mots latins, par cette
seule raison qu'on les renconlrriait d;ms des textes postérieurs en date à l'époque gallo-
romaine. Il est certain, en elfet, que beaucoup de noms de lieux, dont les cartulaires seuls font
mention, sont contemporains des localités elles-mêmes, bien qu'il soit impossible de distinguer
les noms formés avant le v" siècle de ceux qui ne se sont fixes que plus tard. En général, je
n'ai pas donné de noms latins lorsqu'ils n'apparaissent pas dans des textes antérieurs au xi" siècle,
époque déjà bien avancée.
INTRODUCTION. XI
des Romains dans le pays éduen, ont été reproduites à la suite de quelques-
uns de nos articles. En général, nous avons volontiers laissé la parole aux
auteurs les plus compétents et donné la préférence aux pièces inédiles ou peu
communes, lorsqu'il a été nécessaire de justifier nos assertions. En un mot,
nous nous sommes fait une loi de tracer les limites de chaque sujet, d'indiquer
les questions à résoudre, sans jamais les épuiser, et de renvoyer le lecteur
aux sources les plus accréditées (I).
(I) Nous avons emprunté à Courtépée tous les renseignements qui méritent confiance, à
Girault quelques-unes de ses notes (Archéologie de la Côle-d'OrJ ; un grand nombre de faits aux
Mémoires de la Commission des antiquités et à ses procès-verbaux manuscrits, dont M. Baudot,
son président, a bien voulu faire le dépouillement. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que nous
avons eu constamment sous les yeux Damville, l'abbé Belley, Pasumot, Legouz de Gerland,
M. Roget de Belloguet, M. Garnier (Chartes bourguignonnes], et M. Mignard (Album du CM-
tillonnais), etc
NOTICE
SDR
LES VOIES ROMAINES
DU DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR.
Nous avons déjà rendu compte de la physionomie que présente dans son
ensemble le réseau des voies romaines qui sillonnent le département de la
Côte-d'Or : les unes le traversent pour relier entre eux des points importants
situés en dehors de ses limites, tels que Langres, Besançon, Châlon, Autun,
Auxerre, Sens, Troyes. Ces lignes affectent généralement la direction du nord
au midi et de l'est à l'ouest. Les autres, dont le parcours est moins étendu,
mettaient en communication les localités de nos contrées entre elles ou avec
celles du dehors.
C'est dire assez que nous devons les distinguer en deux catégories, suivant
leur importance : la première comprendra les principales qui sont au
nombre de 12.
N° 1 -2. Voie de Lyon à Boulogne (1). — Cette voie, désignée par l'abbé
Belley comme l'une des quatre grandes chaussées établies par Agrippa,
gendre d'Auguste, vers l'année 735 de Rome, faisait plusieurs détours afin
de passer dans les villes de la Gaule les plus considérables. Il en subsiste
des traces qui ne laissent aucun doute sur sa direction, entre Autun et
Rouvray : « A Savilly, écrivait Pasumot, elle est détruite à l'extérieur et
recouverte par les terres labourées. Au-delà de Savilly,, on la retrouve dans
(1) On peut consulter sur cette voie importante le Mémoire consciencieux que MM. Quanlin et
Boucheron ont donné sur les voies romaines dans le département de l'Yonne. Auxerre, 18G'i, p. 8
et suiv.
XIV NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
les bois jusqu'à Brazey, où il y en a une partie très bien conservée. On la
suit jusqu'à Saint-Martin-de-la-Mer. On ne la reconnaît guère dans cet espace,
parce que, comme c'est le seul chemin qui soit fréquenté, et qu'on ne
l'entretient pas, elle n'a plus extérieurement d'autre caractère de voie antique,
que sa direction en ligne droite. Elle coude vers l'occident à Saint-Martin-
de-la-Mer, où elle n'est plus reconnaissable ; mais à la hauteur du château
de Mâcon, on ne peut plus s'y méprendre. Elle traverse des bois qui l'ont
conservée. A environ un tiers de lieue deSaulieu, elle est magnifique. Des
ruisseaux l'ont ensuite détruite en partie et couverte de sable; mais le chemin
actuel est la voie même dont le fondement solide est très visible en plusieurs
endroits, dans l'eau même qui coule par dessus. L'ancien pavé existe encore
en partie et est très visible sous les haies qui tiennent au hameau nommé
Villeneuve, par où la voie passe pour monter à Saulieu et y arriver par la
rue actuelle du faubourg Saint-Saturnin. »
Saulieu (Sidolocum) était la station intermédiaire entre Autun et Avallon,
à 27 milles ou 18 lieues de la première, à 24 milles ou 16 lieues de la
seconde, d'après l'itinéraire d'Antonin et la Table théodosienne.
« La voie romaine, continue Pasumot, entre Saulieu et Avallon, n'est plus
guère reconnaissable. Elle côtoyait la grande route actuelle et passait à peu
près par les mêmes endroits. On en retrouve quelques restes aux environs de
Saulieu, dans la grande route même et à côté. On en déterra une portion, il
y a quelques années, devant le Château. On la retrouve dans les bois, aux
hameaux de Montmeillien et Champagne... ■»
Elle traverse le territoire de Laroche-en-Brenil où l'on a signalé des
vestiges d'une castramétation marquée sous le n° 40 et celui de Rouvray (1).
Le tronçon porté sur la carte sous le n° 2 est vraisemblablement d'une
construction plus récente : il passe sur les territoires de Barnay, de Manlay
et de Bar-le-Régulier, où l'on a signalé une castramétation de quelque im-
(1) i Au-delà de Rouvray, dit M. Quantin, on a commencé à reconnaître la voie derrière
» la tuilerie de cette commune. Elle sert de chemin limitatif des territoires de Rouvray et de
» Sincey, traverse la route impériale et entre dans le département de l'Yonne ... » Mémoire
cité. p. 13.
DU DÉPARTEMENT DE LA COTE-D OR. XV
portanee, marquée sous le n° 41 de la carte. Les vestiges que cette chaussée
a laissés sur le sol ont trompé Pasumot, lorsqu'il a voulu donner le tracé d'une
communication entre Autun et Alise. Si l'on considère que celte deuxième
route était construite dans un vallon, à peu près en plaine sur tout son par-
cours, tandis que la partie de la ligne n° 1 qui lui correspond est un coteau,
il est permis de présumer qu'elle a dû être une rectification de l'autre et
qu'elle ne date pas de la même époque. Un tronçon que nous avons donné
sous le n° 2 bis, a été signalé à la commission entre Bar-le-Régulier et.
Villiers.
N° 3. Voie d'Autan à Langres par Arnay et Sombernon. — Le tracé de
cette voie est confirmé par les observations de Pasumot et par un texte de
Thomas : « Litostralus ortum habet a porta Andréa, reclus admodum, per-
venit ad burgum vel prope qui Arnay-le-Duc vocatur (1). »
Ammien-Marcellin, dans le récit qu'il a donné de l'expédition de Julien
dans les Gaules, en 356, ne pouvait manquer de faire allusion à la voie qui
nous occupe, en traitant des différents chemins qui permettaient à Julien de
se rendre d'Autun à Reims par Troyes.
On lui proposa de passer, soit par le lieu appelé Arbor... par l'historien,
soit par Saulieu et Chora. « Aliis per Arbor... quibusdam per Sedelaucum
et Choram iri debere affirmantibus (2). »
Cependant il en prit un troisième plus difficile et même dangereux, mais
plus court, qui le conduisit à Troyes. Il est à remarquer que le chemin d'Au-
tun à Saulieu (Sidolocum) poussait également jusqu'à Troyes, et qu'il devait
en être de même de celui qui passait par Arbor... Or il est impossible de
supposer que ce dernier s'écarlàt sur la gauche des deux premiers à l'ouest,
car il eût été plus long, et l'empereur aurait naturellement préféré suivre la
grande voie d'Agrippa. Il est donc évident qu'il faut chercher à l'est le chemin
se dirigeant sur Arbor..., et comme celui qui satisfait à cette condition passe
par Arnay, où l'on a trouvé des vestiges d'habitations gallo-romaines, aucun
(1) Cité par l'abbé Iielley, Eclaircissements sur l'ancienne Gaule, p. 578.
(2) ASIHIEN-MARCELLIN, liv. XVI, cli. n.
XVI NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
autre lieu que celte ville ne se rapporte mieux à la désignation d'Ammien-
Marcellin ; le nom moderne n'est donc, suivant toute apparence, qu'une déri-
vation du nom ancien. M. Walkenaër place, il est vrai, Arbor... à Arbot-sur-
Aube ; mais cette localité est située au nord de Beneuvre, et l'empereur
n'aurait pu s'y rendre qu'en faisant un énorme détour par Alise ou Somber-
non. D'un autre côté, l'historien, pour désigner cette route, aurait-il été
chercher le nom d'une localité aussi éloignée d'Autun ? Il en aurait certaine-
ment cité une plus rapprochée, telle que Alise ou Sombernon, et il lui aurait
donné le nom qui lui appartenait alors.
A partir d'Arnay, la chaussée passait à l'orient de la route actuelle de
Dijon à Autun, entre Le Faite et Clomot, sur les territoires d'Essey, de Meilly,
de Maconge, de Beaume à la ferme de l'Etrille. On la suit pas à pas depuis le
territoire de Civry-en-Montagne jusqu'au bois de Forêt-Vieille sur Echannay.
Entre le bois de Bétot et Sombernon, elle a été remplacée par le chemin
actuel. A partir de Sombernon, elle passait à l'orient de Savrànges et de
Blaisy-Haut, traversait Fromenteau, l'antique Segestrum (Cestre), et longeait
Prairay. Elle a laissé assez de vestiges pour que son tracé soit certain jus-
qu'au territoire de Frénois. Mais à partir de là, on n'en retrouve aucune
trace, et l'on présume seulement qu'elle se continuait dans la même direction,
en traversant le poste important de Saulx-le-Duc, Villey et Selongey, où l'on
a fait quelques découvertes archéologiques.
N° 3 bis. — Les tronçons des.deux chemins, dont la destination est fort
incertaine, nous ont été signalés sur le territoire de Mâlain. Le premier,
dont le pavé existait encore, il y a quelques années, à la sortie de Mâlain, puis
à deux cents mètres environ avant l'entrée des bois de Blaisy-Bas, traversait
le finage de cette commune, passait au midi de la Rochetle, et a laissé des
traces près de Bligny-le-Sec. Le maire de Blaisy en a détruit une partie; on
en a mis à découvert d'autres fragments lors de l'établissement des chemins
de fer de Paris à Lyon, et les agents chargés d'examiner le terrain se sont
assurés que le pavé subsiste encore sur plusieurs points.
L'autre, que nous désignons sous le n° 3 bis, passait au levant de Baulme-
la-Roche, sur les flancs abruts de la montagne qui sépare cette commune de
DU DÉPARTEMENT DE LA C0TE-D OR. XV1I
celle d'Ancey. Quelque téméraire qu'il paraisse de placer un chemin sur un
terrain aussi difficile, on ne peut en méconnaître les vestiges. Il passait en-
suite au couchant de Pange et de Fontaine-Merle, traversait la voie de Langres
à Autun, en avant de Fromenteau, et se dirigeait vers le nord-ouest du côté
<!e la ferme de Chancourt.
N° 4. Voie de Sombernon à Alise. — L'importance de cette voie qui reliait
Alise à Autun par Sombernon, nous a déterminé à la classer dans la pre-
mière catégorie. Le tracé en est donné par la carte du dépôt de la guerre.
Elle subsiste à peu près dans toute sa longneur. Morisot en a donné une
description (lettre 18, Ceniurie I). Elle rencontre les territoires des com-
munes de La Chaleur, Drée, Verrey, Chevannay, Charancey, Jailly-les-Mou-
lins, Boux, Hauleroche. Au point n° 42, en avant d'Alise, on a signalé les
vestiges d'un ouvrage avancé.
N° 5. Voie de Sens à Besançon, par Semur, Sombernon et Pontailler. —
Il est peut-être téméraire de désigner ainsi une série de chemins d'origine
romaine, qui, sans se rattacher les uns aux autres immédiatement, sans même
qu'on puisse signaler les vestiges d'une communication entre Semur et Sens,
affectent cependant une direction générale qui semble indiquer une destina-
tion commune.
On suit cette voie depuis Pont et Massène par Charigny, Sainte-Colombe,
Marcilly et Vilteaux, qu'elle traverse de l'ouest à l'est; elle passait de là près
d'une petite chapelle dite la Croix-Voisin, où l'on signale quelques substruc-
tions antiques; elle montait le coteau appelé la Justice et atteignait, la crête
de la montagne dite la Roche d'Ys, où elle se perd dans les bois pour se di-
riger par La Chaleur sur Sombernon. Entre ce bourg etMâlain, le chemin
ferré a laissé des traces non équivoques: le pavé existe encore entre Som-
bernon et Mémonl, et on indique les endroits où il a disparu depuis peu. On
le retrouve entre le chemin de Mémont à Savigny et entre celui de Mcmônt à
Prâlon. Les bâtiments de la Serrée ont été construits sur l'emplacement même
de la voie, non loin de laquelle on a trouvé une statue gallo-romaine ainsi
qu'une médaille de la famille Antonia. En la démolissant sur le mont Saint-
XVIII NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
Laurent, on a reconnu les trois couches de matériaux qui caractérisent les
chaussées romaines. Il est certain, d'ailleurs, qu'elle ne s'arrêtait pas à Mâ-
lain, et l'on a signalé récemment un pavé, disparu aujourd'hui, qui permet-
trait de prolonger notre chemin dans la direction de Fleurey-sur-Ouche. Ce
pavé, de 50 mètres de longueur environ, arrivait au vallon de l'Ouche par la
gorge.de Morqueil : tout porte à croire que celte voie de communication
existait jusqu'à Dijon, où on a trouvé près de la porte Guillaum; des vestiges
d'un chemin ferré.
D'un autre côté, bien qu'aucune vérification n'ait été faite sur les lieux, la
tradition nous révèle l'existence d'une voie entre Pontailler et Dijon ou
Norges (1). Girault, dans son Mémoire sur Amagetobria, en a donné le tracé
par Vonges, Etevaux, Binges, Arc-sur-Tille, pour le continuer par Norges
sur Alise; et M. Clerc a adopté cette opinion.
Cependant aucun vestige, aucune tradition ne permet de relier Norges à
Alise. Il est beaucoup plus naturel de penser que ce chemin se rendait à Dijon
en empruntant une partie de celui que nous signalerons ci-dessous entre
Mirebeau et Dijon : ainsi, sauf une lacune entre cette dernière ville et Fleurey
ou Màlain, une communication aurait existé entre Pontailler et par consé-
quent Besançon, Semur et peut-être Sens.
N° 6. Voie d'Alise à Sens. — « La voie d'Alise à Sens, écrivait Pasumot,
n'est point du tout équivoque : les vestiges qui en existent prouvent qu'elle
passait la rivière d'Oze à environ 400 toises au-dessus des Laumes. De là elle
tirait à Fain-les-Montbard, où l'on retrouve l'antique chaussée; elle va à
Montbard par Marmagne, de Montbard à Rougemont; elle traverse ensuite
l'Armanpon » L'abbé Belley l'a représentée sur sa carte des environs
d'Alise (2). Elle a été reconnue sur plusieurs points lors de l'établissement
du chemin vicinal n° 5 et de la construction du chemin de fer.
(i) Courlépée rapporte qu'un fragment de colonne milliaire aurait été découvert à Norges,
•où passait d'ailleurs la voie de Langres à Lyon. M. le président Clerc a donné un tracé par
Ârc-suï-Tille, Mitreuil, Pontailler, que nous indiquons sous le n° 5 bis. (La Franche-Comté, à
l'époque romaine )
(2) MM. Quantin et Boucheron ont décrit cette voie dans son parcours sur le territoire de
l'Yonne, p. 22 et suiv.
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D'OR. XIX
N° 7. D'Alise à Troyes — D'après la direction des parties encore exis-
tantes, cette voie se bifurquait avec celle d'Alise à Châtillon, au delà de Luce-
nay, en un point qui n'a pu être déterminé avec précision.
L'abbé Belley, dont l'article a été reproduit par Pasumot, assure que la
voie d'Alise à Troyes.passait par Larrey, et de là se dirigeaità Lan-sur-Laignes
ou Lansuinef Vertilium) Telle est, d'ailleurs, la direction adoptée par De-
lisle. Mais rien ne la justifie : le tracé qui relie Vertilium à Alise, sur notre
carte, en passant par Touillon et par Laignes, outre qu'il s'appuie sur des
vérifications exactes, a de plus le mérite de la vraisemblance. Le tracé de nos
auteurs ne rencontre aucun vestige gallo-romain; le nôtre traverse les terri-
toires de Griselles et de Channay, où l'on a signalé des antiquités intéres-
santes (1). On en a indiqué des vestiges sur le territoire de Savoisy, où ils ont
été depuis peu détruits : elle porte le nom de Chemin de Sainte-Reine sur une
partie de son parcours.
N° 8. D'Alise à Chaumont, par Châtillon. — D'Alise à Coulmier, de Châ-
tillon à la voie de Sens à Langres, et au delà de celle-ci, la voie est certaine ;
mais il n'en est pas de même entre Coulmier et Châtillon : le tracé ne repose
que sur des conjectures. Il rencontre Ampilly-le-Sec, Massingy, où des décou-
vertes archéologiques ont été fuites ; puis Vcuxhaulles, où le géographe De La-
molle plaçait la ville de Viéville ou Vitriacum. On a indiqué Chaumont comme
le point probable où cette voie aboutissait.
(1) Dans la carte annexée au Mémoire de MM. Mignard et Coûtant, sur les découvertes faites
à Verlaut, ces Messieurs ont donné le tracé de <leux voies distinctes parlant de Vertilium : l'une
se dirigeant sur Laignes par Griselles, l'autre se dirigeant sur Sennevoy par Channay. II est à
remarquer que les vestiges signalés sur cette carte peuvent, d'après leur disposition, se rattacher
à un seul chemin passant à la fuis par Channay et Griselles, ainsi que nous l'avons l'ait. Quant
à la destination de Sennevoy, notre chemin permet d'y arriver sans difficulté, puisque celle
localité est située à peu de dislance de la voie de Sens à Langres, à laquelle aboutit la chaussée
dont nous nous occupons.
C'est sans doute pur suite d'une erreur que l'on voit figurer sur la même carte un tracé de
Laignes à Alise par llalot, car d'après le texle il devrait en même temps traverser Puits et
Savoisy, deux directions qui nous paraissent incompatibles.
Quant au chemin marqué sur la même carte sous le ir i, et se dirigeant sur les Riceys, il
nous paraît fane double emploi avec notre voie n' 7, qui passe par cette même localité pour
gagner Troyes.
XX NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
N° 9 De Sens à Langres. — Celte voie, marquée sur la carte du dépôt de
la guerre, ne donnerait lieu à aucune observation si elle n'avait pas été in-
complètement décrite par nos prédécesseurs (1).
Pasumot a confondu avec celte voie une partie de celle qui s'en détachait
à Bissey-la-Côte pour gagner Boudrcville et Veuxhaulles; c'est à tort qu'il
relie directement, d'après la carte de Delisle, Boudreville à Arc-en-Barrois.
En outre, il fait passer à Larrey la partie de la route qui reliait Etrochey à
Laignes. La carte de Delisle est plus exacte sur ce point.
Pasumot ajoute : « Indépendamment de cette route, dont les restes sont
visibles dans tous les endroits que je viens de citer, il paraît que Tonnerre a
eu avec Langres une communication plus courte par un embranchement du
bourg de Laignes à Balot, ensuite à Chemin, près Aisey-le-Duc, et de là au
Pallu par les bois de Mauvilly. M. l'abbé Courtépée dit qu'il existe à Balot
une ancienne voie romaine de Langres à Tonnerre. » (V. Courtépée, t. IV,
p. 243.)
Plusieurs documents, qui malheureusement ne sont appuyés d'aucun
indice relevé sur les lieux, viendraient fortifier les conjectures de ces
deux auteurs. Courtépée prétend, en effet, qu'une voie romaine d'Ai-
gnay à Salives et à Barjon fut suivie par Louis XIV, en 1668 (v. aux mots
Aignay et Salives). D'un autre côté, Girault avance qu'une station ro-
maine existait à Bremur (Archéologie de la Côte-d'Or, p. 30). Si l'on trace
une ligne qui rencontre ces diverses localités, elle pourra traverser Ai-
gnay, Bremur, Aisey et Coulmier, où l'on a fait des découvertes assez
importantes. Du reste, si celte voie a existé, elle n'aurait pas été plus courte
que la route n° 9.
Enfin, nous avons indiqué sur notre carte (sous le n° 10) un tronçon qui se
détache de la route n° 7 et paraît se diriger sur Tonnerre. Il aurait ainsi, con-
curremment avec la route n° 9, établi entre Langres et Auxerre une commu-
(1) M. Pistollet de Saint-Ferjeux a donné, dans les Mémoires de la Société historique et
archéologique de Langres, le tracé de cette voie par Beauchemin, Arc-en-Barrnis, Longuet, au
sud de Dancevoir (p. 512). Suivant ce savant ameur, une voie, qui ne nous a pas été signalée,
se détachait de la précédente à l'ouest de Dancevoir et se dirigeait sur Vanvey.
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D OR. XXI
nicalion par Etrochey et Lan sur Laignes (Vertilium), au moyen d'un em-
branchement dont nous traiterons ci-dessous (1).
Nosll et 12. D'Alise à Langres. —A partir d'Alise jusqu'au village d'Or-
ret, le tracé de cette voie ne laisse rien à désirer. Il est présumable que, de-
puis Orret, elle se rattachait à un tronçon qui existe dans la Haute-Marne
depuis Saint-Geôme jusqu'à la source de la Vingeanne et sur la commune
d'Aprey, puis qu'elle traversait Beneuvre, point important où se rencontrent,
plusieurs branches de voies romaines (2). Les tracés donnés par PaSumot et
par l'abbé Belley ne peuvent se justifier : « Une quatrième voie, dit ce der-
nier, descendait du mont Auxois, passait au pont de Ravouse, à Darcey, Fro-
lois, et conduisait à Langres par Baigneux-les-JuifsetAignay, suivant la carte
de Bourgogne de M. Delisle. »
Pasumot, de son côté, a été induit en erreur par une note de Courtépée, de
laquelle il résulterait que deux voies romaines se croisaient au hameau de
Pallu, commune de Salives.
« La voie d'Alise à Langres, dit ce géographe, se séparait de la voie d'Alise
à Sens, au pied même de la montagne, pour aller passer la rivière d'Oze au
nord. Elle prenait alors une direction au nord-nord-est pour monter la mon-
tagne entre Menetreux-le-Pitois et Grésigny ; elle continuait sa direction jus-
qu'au-dessus de Bussy-le-Grand et allait àDuesmes,lieu capital duDuesmois ;
de Duesmes elle allait au hameau appelé Pallu, où, selon M. Courtépée, deux
chemins ferrés aboutissaient. De Pallu, la voie allait à Beneuvre »
« Je ne craindrai pas d'annoncer, ajoute-t-il, que je me suis peut-être
trompé en faisant passer cette voie par Duesmes. Mais ayant bien connu le
commencement de cette route au-dessus de Bussy-le-Grand, et ayant été infor-
mé très positivement de sa direction depuis Langres jusqu'à Aujeure, j'ai cru
(1) MM. Quantin et Boucheron ont décrit deux voies, l'une de Tonnerre à Langres, l'autre de
Tonnerre à Venant, dont le tracé confirme nos appréciations (p. 40, ici).
(2) M. Pistollet de Saint-Ferjeux a donné le tracé de cette voie de Langres à Beneuvre (Re-
cueil précité, p. 311); mais il suppose ensuite que la voie qui se détachait de celle-ci, à
Beneuvre, se dirigeait directement sur Sombernon. Ce tronçon réunissait cette localité à celle de
Saulx le-Duc, d'où une autre voie, celle que nous avons classée sous le n* 3, allait directement
à Sombernon et à Autun.
XXII NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
devoir conduire cette route, ainsi que je l'ai fait, vu que les observations de
M. Courtépée m'ont fait reconnaître qu'elle existait aux Pallu et à Be-
neuvre. »
Il est à croire que l'un des chemins dont les vestiges ont été signalés
sur le territoire des Pallu n'était autre que celui que nous avons donné
sous le n° 12. Cette voie, dont la destination est difficile à déterminer,
partait du point appelé la Défense, où l'on suppose qu'une castraméialion
(marquée sous le n° 43) a existé et se suit jusqu'à Echalot; mais au delà
elle n'a pas laissé de vestiges. Peut-être rencontrait-elle à Barjon un chemin
venant de Saulx-le-Duc et se dirigeant sur Beneuvre, dont nous parlons
sous le n° 28.
N° 13. De Langres à Dole, par Mirebeau. — Cette route emprunte, depuis
Langres, une partie du sol de la grande voie de Trêves à Lyon, dont nous trai-
terons ensuite. Elle a laissé des vestiges depuis sa bifurcation à Vaux-sous-Au-
bigny jusqu'à l'entrée des bois de Soissons (canton de Pontailler). D'après la
carte de Delisle, elle continuait en droite ligne sur Dole et suivait ainsi la di-
rection qu'elle affecte, d'après nos constatations, depuis Pontailler jusqu'à
Soissons. Suivant la carte de M. Clerc, qui ne signale aucune roule entre Pon-
tailler et Dole, notre voie n° 13 allait jusqu'à Besançon. Suivant d'autres con-
jectures, celte voie devait pousser jusqu'à Genève, par les bois de Flamme-
rans, d'Auxonne, Billey, Champvans et Tavaux ; mais les recherches qui ont
été faites dans celte direction n'ont produit aucun résultat, bien que la
carte de Delisle ait signalé un tronoon entre Flammerans et Auxonne,
que nous désignons sous le n° 13 bis, et que nous faisons suivre jusqu'à
Billey. (V. les auteurs du Supplément de Courtépée aux mots Sacquenay et
Talmay.)
Pasumot, dans une première rédaction que nous avons sous les yeux, ne
s'écartait pas de cette opinion, mais il a corrigé ce passage : « Quoique celle
voie, dil-iien dernier lieu, ne soit indiquée ni dans l'itinéraire ni dans la
table, oa ne peut néanmoins douter de son existence par ce fait... En 1703,
on a découvert sur cette voie, près de Sacquenay, une colonne milliaire qui
DU DEPARTEMENT DE LA COTE-D OR. XXIH
prouve par son inscription que cette route fut construite par l'empereur
Claude . » C'est à tort que l'auteur d'un Mémoire sur Poligny, M. Chevalier,
la faisait passer par Oizilly (1).
N° 14. De Langres à Châlon, par Thil-Châtel. — Cette voie, remarquable
par le nombre des localités qu'elle rencontrait, a été décrite par tous nos au ■
teurs, et figure en dernier lieu sur la carte du dépôt de la guerre.
« Il y a apparence, écrivait Pasumot, que le détail n'en avait pas été omis
sur l'itinéraire d'Antonin et qu'il a été perdu par quelque lacune des manus-
crits plus anciens. Mais heureusement la table supplée ici à l'itinéraire et
nous a conservé, ainsi qu'il suit, la portion qui traverse la Bourgogne.
ANDEMATUNO XXVIII.
FlLENA XIX.
VlDUBIA XX.
CABELLIONE »
Les distances marquées ici en lieues ne concordent pas avec celles que
donne un calcul plus exact. En effet, la table compte, entre Langres et Châ-
lon, 67 lieues qui représentent 149 kilomètres, en comptant 2,222m21 par
lieue, tandis que la distance réelle n'est que de 128 kilomètres environ qui
ne donnent que 58 lieues gauloises au plus.
(1) On s'explique difficilement comment on a pu douter si l'inscription de cette colonne
milliaire exprimait des milles ou des lieues. Entre Langres et Sacquenay, on compte 32 kilo-
mètres environ, qui donnent 21 milles et plus, mais qui ne représenteraient que 14 lieues
gauloises. L'opinion soutenue par l'abbé Bellcy nous semble donc inadmissible, en présence du
texte de l'inscription et des calculs les plus élémentaires. L'erreur de ce géographe vient évi-
demment de ce qu'il place cette colonne milliaire à Fontaine-Française (V. Eclaircissements,
p. 395).
M. Pistollet de Saint-Ferjeux a suivi l'itinéraire indiqué dans le supplément de Courtépée en
passant par Auxonne, Champvans, Tavaux et Poligny (ouvrage cité, p. ÔIO). 11 ajoute qu'entre
Sacquenay et Chazeuil un embranchement se détachait de cette voie, traversait du nord au sud
la forêt de Velours (où l'on plaçait la prétendue ville d'AnluaJ, et se dirigeait soit sur Dijon, soit
sur la voie qui conduisait de cette ville a Mirebeau.
C'est sans doute par erreur que les auteurs du supplément de Courtépée font passer une voie
à Talmay (t. IV, p. 087).
XXIV NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
Aussi le calcul des distances entre les différentes stations marquées sur la
carte a-t-il donné lieu à de nombreuses difficultés qu'il importe de réduire à
leur juste valeur.
M. Pistollet de Saint-Ferjeux, qui a tout récemment étudié celte question,
établit en principe que les distances dont il s'agit sont comptées enlieues gau-
loises de 2,415 mèlres ; en multipliant ce chiffre par 28, qui, d'après la table,
mesure la roule de Langres à la première station appelée Filena, on obtient
un produit égal à 67 kilomètres et demi, et l'on pourrait, à la rigueur, placer
celte station dans le voisinage de Dijon (bien qu'en réalité cette ville soit seu-
lement à 64 kilomètres de Langres). Mais les mêmes calculs se trouvent en
défaut si on les applique à la distance qui sépare Filena de Vidubia, ou de
Chàhn(Cabellione). Dijon est à 64 kilomètres environ de cette dernière ville, ce
qui équivaut à 26 lieues gauloises etdemie de 2,415 mèlres,tandis que la table
en compte 39 entre ces deux villes. Si l'on calcule par lieue de 2,222 mèlres,
on en trouvera 29, chiffre également inexact. Si l'on compte en milles
romains de 1 ,481 mètres (en supposant que, dans cette partie de la carte, le
copiste ait adopté deux modes de supputation différents), on arrive à un résul-
tat opposé, et on trouve que, entre Dijon et Châlon, il y aurait plus de
43 milles. L'auteur dont nous examinons l'opinion a pensé que l'unité que
l'on doit adopter ici n'est ni le mille romain, ni la lieue gauloise, mais bien le
mille gaulois de 1,610 mètres; il mesure, en conséquence, 40 milles gaulois
entre Dijon et Cltàlon, et il se trouve d'accord avec la carte Théodosienne.
M. Roget de Belloguet propose une double solution : en comptant les
distances en lieues gauloises, on placera Filena à quelques centaines de
mèlres de Dijon; la station suivante, Vidubia, se placera à Chevigny-en-Yal-
lière, à plus de 42 kilomètres de Dijon (en donnant à la lieue une longueur de
2,222 mètres). Mais alors il ne reste plus, pour mesurer la distance de Vidubia
à Châlon, que 24 kilomètres environ, tandis que les 20 lieues qui séparent ces
deux stations, d'après la carte, représentent 44 kilomètres.
La deuxième solution proposée par cet archéologue repose sur une suppo-
sition analogue à celle admise par M. P. de Saint-Ferjeux, c'est-à-dire que le
compte doit se faire en milles, sur tout ce parcours, et non pas seulement
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D OR. XXV
entre Langres et Filena. Les 28 milles donnés par la carte entre ces deux
étapes répondent à 41 kilomètres et demi, ce qui permet de placer Filena à
Thil-Châtel, conformément à l'opinion deDamville, à laquelle nous nous
sommes arrêté. Mais, entre Thil-Chàtel et Cliàlon, il reste 86 kilomètres et
demi, qui représentent 58 milles, tandis que la carte n'en compte que 39 ; on
se trouve en présence d'une erreur énorme. M. Roget de Belloguet suppose,
en conséquence, qu'une station a été omise sur le parcours de Thil-Châtel à
Chàlon ; il en place une à Dijon, de 19 milles; la station suivante, Vidubia,
tombe à Villy-le-Brûlé, à 31 kilomètres de Dijon, qui représentent à peu près
21 milles romains, tandis que la carte en compte 20. De Villy à Dijon il y a
31 kilomètres et demi, qui répondent, à 1 mille près, aux 20 milles qui sont
indiqués dans ce même document (1).
On le voit, tous ces calculs sont assez pénibles : le dernier est, plus manifes-
tement encore que celui de M. P. de Sainl-Fei jeux, opposé aux textes qui dé-
clarent formellement que, à partir de Lyon, les dislances se comptaient en
lieues.
Il est donc certain qu'une erreur considérable s'est glissée dans la rédac-
tion de la carte; le plus sage est de déterminer sur quel point elle doit être
corrigée. Or, nous comptons, entre Châlon et Thil-Châtel, 86 kilomètres et
demi, qui représentent, à quelques mètres près, les 39 lieues de la carte, en
donnant à la lieue une longueur de 2,221 mètres, ainsi que l'a fait, en der-
nier lieu, la Commission de la carte des Gaules.
C'est donc à Thil-Châtel que tombe très exactement la station de Filena,
si l'on commence la supputation à partir de Châlon. De Thil-Châtel à Langres
on mesure 40 kilomèlres ou 18 lieues gauloises là où la carte en compte 28 ;
comme nous sommes certain que ce compte est erroné, il faut de toute néces-
sité supposer, comme l'a fait Pasumot, que le copiste a écrit un x de trop et
qu'il faut lire xvm.
Il resle à déterminer la stalion de Vidubia, que M. Walkenaër place à Vil-
lebichot au-dessous de Saint-Bernard; que M. Lapie fixe à Vosne, près de
(1) Origines Dijonnaises, p. 48 à 57.
XXVI NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
Nuits. Damville et "-Pasumot la plaçaient à Saint-Bernard, au passage de la
Youge, dont le nom viendrait de Vidugia; et la Commission de la carte des
Gaules a pris le même parti. En effet, entre Saint-Bernard et Châlon, on
compte 44 à 45 kilomètres, qui représentent bien 20 lieues gauloises ; de Saint-
Bernard à Thil-Châtel il reste 42 kilomètres, équivalant aux 19 lieues mar-
quées sur la carte entre Vidubia ci Filena. D'autres considérations nous ont
fait longtemps hésiter à adopter celte solution. Saint-Bernard, en effet, est un
village sur un plateau sec, plus élevé que le reste de la plaine ; et il est de
fondation relativement récente, tandis qu'à Villy on a découvert des statues
gallo-romaines : ajoutons que c'est en ce point même que la voie de Besançon
à Autun rencontrait celle qui nous occupe, et qu'il y avait une bonne raison
d'y placer une station qui pût servir aux voyageurs qui parcouraient l'un eu
l'autre de ces deux chemins. Il ne serait pas impossible cependant qu'il y eût
à Villy une autre station dépendant de la voie d'Autun à Besançon et portant
un autre nom que la précédente ; d'ailleurs, ainsi que nous allons le voir, il
existait non loin de Saint-Bernard un poste important placé à l'embranche-
ment d'un chemin secondaire qui nous a été signalé tout récemment.
Suivant une note communiquée par M. Bigame, correspondant delà Com-
mission des Antiquités, un chemin pavé, formant avec la voie d'Agrippa un
angle d'environ 50 degrés, aboutit à celle voie un peu au sud de la rivière
de Youge, au climat appelé te Narcanderie, sur le territoire de la commune
de Boncourt.
M. Bigame a constaté que les propriétés conliguës sont remplies de débris
de murailles, de tuiles, de poterie, de cendres, et que les pierres debout qui
formaient l'appareil du chemin ont été arrachées il y a vingt ans environ. Il
croit même avoir retrouvé la base d'un autel ou d'un sanctuaire appcléUmum,
et qui aurait été placé à l'angle des deux voies. Quoi qu'il en soit, le chemin
dont il s'agit, portant le nom de Chemin de la Reine, se dirige du nord-est au
sud-est, traverse les territoires des -communes de Boncourt et d'Agencourt,
affleure celui de Nuits, franchit le Musin, passe à côté de la source minérale
de Premeaux, traverse le territoire de Comblanchien, arrive au hameau de la
Doix, où il se confond avec la route de Dijon à Beaune , qu'il suit jusqu'à la
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D OR. XXVII
chapelle de Notre-Dame-du-Chemin. De là il longe les vignobles d'Aloxe,
puis il franchit le cours du Rhoin, pour aboutir à la voie d'Autun à Châ-
lon (1). Son parcours est de 18 kilomètres environ ; nous l'avons désigné sous
le n°16.
Ajoutons que, suivant les conjectures de M. Mignard, confirmées par les
notes de M. le curé d'Aiserey, il existerait des vestiges d'un chemin aboutis-
sant non loin du village de Saint-Bernard, et traversant les territoires d'Izeure
et de Bessey. Ils auraient été reconnus ensuite entre Aiserey et Echigey, d'où
ce chemin gagnait sans doute la voie de Dijon à Saint-Jean-de-Losne, au-des-
sous de Tart. Sa destination serait facile à saisir; il établissait une communi-
cation entre ces dernières localités et deux grandes voies au milieu desquelles
elles se trouvaient isolées : on comprend dès lors qu'il ait pu exister au sud
de Saint-Bernard une station importante à laquelle il serait légitime de don-
ner le nom de Vidubia.
M. Mignard émet l'opinion que cette même voie, dont il annonce avoir étu-
dié le parcours sur le territoire d'Izeure, et au passage de la Vouge, se diri-
geait ensuite sur Aubigny, Esbarres et Charrey, pour s'infléchir vers Pouilly.
Elle aurait ainsi décrit un demi-cercle à peu près parfait. Il nous paraîtrait
plus naturel de lui assigner le trajet que M. le curé d'Aiserey a décrit et de
supposer qu'un embranchement venant de Charrey, poste des plus impor-
tants, aboutissait sur ce chemin entre Izeuro et Aiserey ; ce tracé a, d'ailleurs,
été étudié par le même ecclésiastique, qui présume qu'il faudrait le pousser
jusqu'à Seurre (2).
(1) Courtépée a signalé, de son côté, une voie qui, venant de Châlon (?) se serait dirigée, par
Bligny-sous-Beaune et Beaune, sur la forêt de Cîteaux.
(2) M. Mignard ajoutait, afin de donner plus d'authenticité aux constatations dont il a rendu
compte, qu'au passage de la Vouge il existait encore des vestiges d'un ancien pont; il signalait
une couche de béton dans laquelle étaient fixés cinq rangs de soliveaux en chêne, de 33 centi-
mètres de diamètre. « On compte cinq piquets par rang, en tout vingt-cinq supports, dont on
voit encore les débris carbonisés sur place {Compte rendu des travaux de la Commission des
antiquités, t. VI, p. 46.) Cependant de récentes explorations, faites sur les lieux sous la direc-
tion de M. Liénard, agent voyer chef, n'ont produit que des résultats négatifs; les vestiges des
chemins dont il s'agit n'auraient pas de caractères assez nets pour être considérés comme an-
ciens. Nous ne les avons pas fait figurer sur la carte.
XXVIII NOTICE fcUR LES VOIES ROMAINES
Il est temps de revenir à la grande voie de Langres à Châlon, dont nous ne
nous sommes écarté que pour rendre compte des raisons qui nous autorisent
à fixer la station de Vidubia vers le point auquel se sont arrêtés les membres
de la Commission de la carte des Gaules, le seul qui soit à une dislance satis-
faisante de Thil-Chàtel et de Châlon (1).
Eumène rapporte, dans son Action de grâces à Constantin, que cet empe-
reur, venant de Trêves, suivit cette roule jusqu'au point où il se détourna
pour s'engager dans un chemin beaucoup plus mauvais qui devait le conduire
à Autun. C'est la roule que nous avons maintenant à décrire et qui porte le
n° 15.
N° 15. De Besançon à Autun. — Le tracé de cette voie qui termine la
première catégorie, ne présente sur le déparlement delaCôle-d'Or que deux
lacunes peu importantes, sur le territoire de Joursenvault et entre Villy et
Pagny. Elle figure sur la carie du gouvernement de Bourgogne et sur celle
du dépôt de la guerre.
Eumène, en parlant du voyage de Conslanlin, qui se rendit de Trêves à
Autun, déplore le mauvais état de celle voie jusqu'à Aulun : « Vidistienim
» non ut per agros aliarum urbium omnia {ère culta, aperta, florenlia, vias
» faciles, navigera flumina, ipsas oppidurum portas alluentia, sed statim-
» ab eo flexu, e quo reirorsum via dticil in Belgiam, vasta omnia, inculla,
s squalentia, muta, tenebrosa, et ut militaris via sit confragosa, tt alter-
» nis motibus ardua atque proeceps, ut vix semiplena carpenta interdum
» vacua transmittat. Ex quo soepe accidit ut obsequia nostra tarda sint,
s quum parvarum frugum nobis difficilior sit evectio, quam coeleris pluri-
» marum. »
Il nous paraît probable que l'empereur, pour venir de Trêves à Autun,
suivit les deux routes nos 14 et 15 ; notre auteur voulait désigner le point
où ces deux lignes se croisaient à Villy, de manière à se faire comprendre
(i) Ajoutons, pour être complet, qu'un embranchement, dont le tracé est certain, se détachait
de celte voie à Gerland et se rendait au llolard, territoire de Nuits, où l'on a fait des découvertes
intéressantes. Nous l'avons désigné sous le n" 19.
DU DÉPARTEMENT DE LA COTE-D OR. XXIX
de ses auditeurs à Autun; il s'exprime à peu près ainsi : <r La route qui
conduit à Trêves fait un tel détour du côté du nord ou de la Belgique qu'elle
semble ramener le voyageur sur ses pas. » Telle est l'impression que de-
vaient éprouver les personnes venant d'Autun, lorsque, arrivant à Villy,
elles tournaient à gauche pour s'engager sur la chaussée de Cbâlon à Lan-
gres. C'était là le flexus e quo relrorsum via ducit in Belgiam. L'abbé Belley
donne à ces expressions le sens d'un simple détour que faisait la voie qu'il
suppose exister directement entre Autun et Langres, par Nuits. Il ignorait
que le chemin suivi par lui jusqu'au mont Baltois continuait jusqu'à Besan-
çon, et il supposait arbitrairement qu'il se reliait à Nuits avec la chaussée
conduisant à Trêves. Les mots flexus vice et retrorsum ont une valeur beau-
coup plus énergique et s'appliquent mieux à l'aspect que présentent les
deux routes au point où elles se rencontrent.
Ce passage d'Eumène est fort important à un autre point de vue, car il
est de nature à jeter quelque doute sur l'exactitude de nos conjectures : on
peut se demander, en effet, pourquoi l'empereur aurait fait un aussi grand
détour et pris des chemins aussi mauvais, s'il en avait existé d'aulres, entre
Autun et Langres par Sombernon et par Saulx-lc-Duc, par Alise et par Be-
neuvre, dont nous avons donné le tracé sur la carte. 11 faudrait conclure de
cette observation : ou bien que ces chemins n'ont jamais eu la direction que
nous leur avons attribuée, ou bien qu'ils n'ont été établis que dans le courant
du ive siècle. Cependant ne peut-on pas répondre que l'empereur avait
pour but, en prenant la grande route de Langres à Dijon, de visiter soit
celte dernière cité, soit les postes existant sur son passage ou dans le voi-
sinage, Thil-Chàtel, Mircbeau même, etc.... Peut-être aussi les chemins
nos 3 et 11 n'étaient-ils pas aussi commodes que celui d'Autun à Villy, et
les voyageurs avaient-ils plus d'avantages à faire le trajet le plus long sur
la grande voie de Châlon. Enfin, le voyage par Saul\-le--Duc et Sombernon
n'était vraisemblablement guère plus court que par Villy. Ces dernières con-
sidérations sont même les seules qui aient quelque importance, car il résulte
du passage d'Eumène que les habitants d'Autun étaient dans l'habitude et ré-
duits à la nécessité de faire, pour se rendre à Trêves, le même détour que.
XXX . NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
l'empereur. Si^donc on reconnaissait que le voyage par Sombernon était
plus court, on ne s'expliquerait pas pourquoi les Eduens n'eussent pas
adopté celte direction.
Selon M. Bigarne, qui nous a signalé une voie secondaire entre Boncourt
et le mont Battois, le passage d'Eumène ne permet pas de supposer que
l'empereur Constantin ait suivi la voie de Langres à Châlon jusqu'à Villy. Il
se serait engagé dans le chemin qui vient aboutir entre Boncourt et Saint-
Bernard, à Vidubia, et serait arrivé à Savigny-sous-Beaune où il aurait fait un
détour nécessaire pour prendre la voie d'Autun à Besançon. C'est là qu'il faut
placer le flexus vice; car le panégyriste nous apprend que c'est immédiate-
ment après ce détour que la contrée changeait et prenait un aspect désolé.
Au contraire, entre Villy et la montagne, on compte plus de quinze kilo-
mètres, et le pays est magnifique.
M. Roget de Belloguet donne au passage d'Eumène une explication plus
satisfaisante, si l'on suppose avec lui qu'il existait une communication
entre Dijon, Mémont et Sombernon; conjecture assez plausible, il est vrai,
mais qui n'a pas toute la valeur d'une assertion fondée sur des constatations
directes. Dans cette hypothèse, Constantin, arrivé à Dijon, aurait pris le
chemin de Sombernon pour se rendre de là à Autun par Arnay, et comme
de Sombernon on pouvait gagner la Belgique, par Alise, c'est avec raison
que le panégyriste aurait dit que cette voie permettait à la fois d'aller à
Autun et de retourner sur ses pas dans les provinces septentrionales de
l'empire. Sans insister sur l'absence des constatations qui laissent quelque
équivoque sur l'existence d'un tronçon entre Dijon et Sombernon, nous re-
marquerons que l'empereur avait intérêt à suivre le plus longtemps possible
la grande voie de Châlon, avant de s'engager dans un chemin détestable;
qu'il ne se serait pas détourné beaucoup en poussant jusqu'à Villy ; que si
des conjectures sont permises, le grand chemin d'Autun à Besançon, quelque
mauvais qu'on le suppose, devait l'être moins que le chemin de traverse
par Sombernon et Arnay ; cette observation répond de même à l'objeetion
de M. Bigarne.
D'un autre côté, n'est-il pas permis de supposer qu'Eumène, en faisant la
DU DÉPARTEMENT DE LA C0TE-D OR. XXXr
description de cette route et des contrées qu'elle traversait, ne fait que rap-
peler à l'empereur ce qu'il a vu dans son voyage? Afin d'appeler sa com-
misération sur les habitants les plus malheureux, le rhéteur insiste surtout
sur l'aspect désolé de la parlie montagneuse du pays. Il est vrai qu'il
n'emploie le mot vidisti en parlant à l'empereur, qu'à l'occasion de celte
région ingrate ; mais, auparavant, il a décrit \cpagus Arebrignus et la plaine
fertile qui s'étend jusqu'à la Saône; il a dit que, sur les coteaux, la culture
des vignes souffre ; que, dans la plaine, les eaux croupissent sans écoule-
ment. Ces détails techniques, sur la culture de la vigne notamment, ne
pouvaient avoir d'intérêt pour l'empereur qu'autant qu'ils lui rappelaient
ce qu'il avait vu; et comme le mot vidisti vient après tout ce tableau, est-
il téméraire d'en induire que Constantin avait traversé, avant d'arriver à
Autun, trois régions distinctes : la plaine, qui s'étend jusqu'à la Saône, la
côte de Beaune, puis la parlie montagneuse et ingrate, la plus rapprochée
d'Autun? Dans l'itinéraire adopté par M. Bigarne et M. de Belloguet, il ne
peut plus être question de la parlie de la plaine qui se rapproche de la
Saône et où les eaux étaient devenues marécageuses.
Un tronçon se détachait de cette voie n° 15 au-dessus de Bouze, traver-
sait la ville de Beaune et aboutissait à Combertaut. Nous l'avons désigné
sous le n° 17. Un autre chemin se reliait à la voie d'Autun à Besançon au
sud-est de Chorey, passait à Beaune comme le précédent, traversait le terri-
toire de Bligny et allait se perdre au midi, entre Mercucil et Sainte-Marie
la-Blanche, à la ferme de Cissey (n° 18) (1).
Ces tronçons nous ayant été signalés, nous n'avons pas cru devoir les
omettre, quoique leur authenticité soit aussi équivoque que leur utilité.
Nous ne voulons pas oublier davantage de mentionner deux anciens che-
mins désignés jusqu'ici, le premier comme une chaussée Brunehaut, le
deuxième sous le nom de chaussée des Gens d'Armes. La chaussée Bru-
nehaut, établie entre Arnay et Châlon, passait à Maligny, Lacanche, Cham-
(1) Il est remarquable que ces deux chemins secondaires aient été signalés autrefois par
Courtépée (t. Il, p. 277).
XXXII NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
pignolles, Rouvray, Molinot et Nolay. Dans la plupart de ces localités, des
découvertes archéologiques ont été faites, et il ne serait pas impossible
que cette chaussée remontât à l'époque gallo-romaine.
i« On voyait encore, dit M. Lavirotte, il y a cinquante ans, très bien con-
servées, les culées des ponts placés sur le ruisseau de Norvaux qui descend
de Champignolles, et sur celui dit l'Auxerain, qui vient de Corcelles et des
pentes d'Ivry. »
Le même antiquaire a donné le tracé du chemin dit des Gens d'Armes,
qui conduisait directement d'Autun à Dijon, en passant par Bligny, où il
suivait le cours de l'Ouche. « Cette route, encore ferrée en plusieurs places,
se détachait de l'ancienne voie romaine au point du bois de Mormont, pas-
sait par Vernusse, et suivait tout le plateau au-dessus de Champignolles,
dans la direction du sud au nord, pour gagner Thomirey , où il existe
encore un pont d'origine ancienne, et de là à Bligny, par Vic-des-Prés. »
(Notice sur les chemins anciens qui ont passé par Champignolles. Mém. de
la Commission des Antiquités, t. I.)
Ce chemin était spécialement affecté à la marche des troupes de Dijon à
Aulun : il serait possible qu'il remontât à une époque antérieure au moyen-
âge.
Nos voies secondaires, en y comprenant ces deux derniers chemins et
ceux dont nous avons cru devoir traiter, en les rattachant aux voies prin-
cipales, sont au nombre de 25. Nous ne reviendrons pas sur la rectification
delà voie n° 1, par Barnay et Bar-le-Régulier, sur l'embranchement (n° 10)
qui paraît se diriger de Channay sur Tonnerre; sur ceux d'Echalot à la
Défense (n° 12), de Boncourt à Aloxe (n° 16 bis), de Gerland au Bolard (n"19),
de Bouzeà Comberlaut, de Bligny à Cissey (nos 17, 18).
Les chemins qui nous restent à étudier ne manquent pas d'une certaine
importance : telle est d'abord la voie de Saulieu à Alise (n° 20), qui établis-
sait une communication assez directe entre cette dernière ville et Autun.
De Saulieu elle se dirige d'abord de l'ouest à l'est, et ne prend sa
direction vers le nord qu'au hameau de Vernois, où elle se sépare d'un
autre chemin romain qui passe par Vitleaux. On n'en a pas trouvé de ves-
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D OR. XXXI1I
tiges jusqu'à La Molte-Ternant ; mais depuis ce village jusqu'à Alise, son
tracé ne laisse rien à désirer : elle passe le Serein au Meix-de-la-Cbausse-
rose, traverse le hameau du même nom, les bois de Beulain, puis le chemin
de grande communication venant de Précy, sur un point appelé Cour Gibot,
où l'on a découvert des armes et des monnaies romaines. La voie change
de direction pour passer à l'angle sud du bois de la Montagne, elle entre
dans le bois de Fa, traverse le bois des Repes, longe celui de Pluvier à la
limite des territoires de Fontangy et de Clamerey ; puis elle décrit une
courbe à travers les champs de la Barre et de la Vigne, pour rejoindre l'an-
cien château de Lédavrée, à l'ouest duquel elle passe à cent mètres envi-
ron de distance ; de là elle descend un petit chemin de desserte conduisant
au Foulon-Gallois, et traverse l'Armançon au-dessous de ce dernier point;
après avoir passé sur une pointe du territoire de Marcigny, elle atteint et
suit le faîte qui forme la ligne séparative des territoires de Braux et de
Clamerey : elle traverse la route impériale n° 70 et décrit ensuite une
courbe sur le territoire de Braux, pour se diriger sur la montagne de Sainte-
Colombe, d'où elle tend en ligne droite à Pouillenay. Entre Pouillenay et
Alise, sous le n° 38, on a signalé les restes d'un établissement thermal.
Ce chemin n'était que très imparfaitement connu de Pasumot, qui lui a
donné une direction tout à fait hypothétique, ainsi que nous l'expliquerons
sous l'article suivant : on peut juger cependant de son ancienneté et de son
importance par le nombre des localités situées sur son parcours, où l'on a
fait des découvertes archéologiques : telles sont Villargoix, La Motle-
Ternant, Nan-sous-Thil, Clamerey, Marcigny, Marigny et Pouillenay.
N° 21. De Saulieu à Vitteaux. — Ce chemin se détachait du précé-
dent à Vernois : jusqu'au plateau de Mont-Saint-Jean, il n'a pas laissé de
vestiges qui permettent d'en déterminer le tracé avec toute la certitude dé-
sirable, mais de Mont-Saint-Jean à Vitteaux, par Charny, sa direction n'est
pas douteuse.
Pasumot supposait qu'une voie directe reliait Alise à Autun, en passant
par Barnay, Manlay , Mont-Saint-Jean, Thorey, Charny et Pouillenay. Il
n'est pas difficile d'expliquer son erreur. Il suivait d'abord la voie d'Autun
XXXIV NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
à Saulieu ; il s'engageait sur l'embranchement (n° 2), et il affirmait en con-
séquence : « qu'il avait suivi le chemin ferré jusqu'à Manlay, qu'on en
avait retrouvé des vestiges à environ un quart de lieue avant d'arriver à
Barnay, le long d'un étang surtout, où il y en a une portion très bien con-
servée, d'environ 200 toises de longueur. »
« J'en ai vu, ajoute le même auteur, d'autres restes à Barnay dessous,
où il y a une maison bâtie sur le pavé ancien : au sortir de cet endroit,
elle traversait le ruisseau de Travoux, passait à Manlay, où l'on a trouvé
des médailles romaines. Elle passait entre la montagne de Bar et Marche-
seuil, puis tirait au nord-est par Donchery... »
« Dans tout ce trajet, depuis Manlay, on n'en voit de vestiges qu'à l'o-
rient du Mont-Saint-Jean, où celte route est bien connue et mentionnée
dans les plans et le terrier de Thoisy-la-Berchère (1). La place de celte
route, qui est en culture, s'appelle YHâte-Pavée, parce que le pavé romain
est sous la terre en culture. On a aussi trouvé des restes de celte voie à
Pouillenay. »
Ainsi notre géographe, pour compléter son tracé, emprunte des frag-
ments à trois chemins différents, savoir : la rectification de la voie d'Autun
à Saulieu, de Barnay à Bar-le-Régulier; un tronçon signalé entre Mont-
Saint-Jean et Charny, appartenant à la voie de Saulieu à Vilteaux; enfin
la dernière parlie de la voie de Saulieu à Alise, depuis Clamerey. La bonne
foi de Pasumot est d'ailleurs hors de cause; car il convient que des la-
cunes nombreuses existent dans son tracé et qu'il les a comblées à l'aide
de conjectures plus ou mois plausibles.
Des découvertes archéologiques ont été faites dans quelques-unes des lo-
calités que nous venons de citer : à Thoisy-la-Berchère, à Mont-Saint-Jean,
à Thorey-sous-Charny. Toutefois on s'explique difficilement l'utilité d'un
embranchement ntre Saulieu et Vitteaux, alors qu'une voie plus courte
reliait déjà Saulieu à Alise, et que Vitteaux, d'un autre côté, avait une
(l) Elle est pareillement rappelée dans un ancien titre qui désigne ainsi une pièce de terre
située dans le larrey, sur le ûnage de Braux : « tenant à l'ancienne voie romaine d'Autun à
Alise. »
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D'OR. XXXV
communication directe avec Autun, par Pouilly. Il est vraisemblable que le
sommet de Mont-Saint-Jean avait, comme point retranché, une importance
assez grande pour qu'il ait été jugé nécessaire de le relier aux localités les
plus considérables de la contrée.
N° 22. D'Alise à Pouilly, par Vitteaux. — Cette voie établissait entre
Alise et Autun une communicat;on plus directe que la route de Somber-
non : entre Flavigny et Dampierre-en-Montagne, entre Pouilly et Soussey,
c'est-à-dire à ses deux extrémités, ce chemin n'a pas laissé de traces bien
reconnaissables ; son tracé cependant doit être considéré comme assez
exact. A partir du hameau de Clirey, au sud de Flavigny, on le suit par
une ligne régulière sur le versant septentrional de la montagne appelée le
Moreau. Il traverse une prairie appelée le Meix-Cher ; il suit sur une lon-
gueur d'un kilomètre le tracé de la nouvelle route de Vitteaux à Montbard.
Il passait ensuite la rivière de Brenne sur un pont dont les assises sont
encore visibles, lieu dit au Pré Saint-Germain, en aval du Moulin-Blanc :
de là, notre voie montait une rampe, où l'on reconnaît encore les empier-
rements anciens ; elle passait auprès d'une fontaine appelée Saint-Germain,
du nom du saint qui, suivant la tradition, s'y arrêta en revenant à Alise.
Ensuite elle coupait le versant occidental de la montagne de Fiol, tra-
versait le plateau au-dessus de la ferme de Miard, lieu plein de souvenirs
gallo-romains, et arrivait à la ferme de l'Epinois, où ses traces sont en-
core visibles. On la suit jusqu'à Soussey. On reconnaît sur plusieurs som-
mets du voisinage (Bellevue, en Château, Châtellenot) d'anciens tracés
de stations militaires : sur le plateau de Châtellenot, en particulier, on a
découvert des médailles gauloises et romaines et quelques statues gallo-
romaines.
N° 23. D'Alise à Avallon — Le tronçon porté sur notre carte paraît
se diriger du côté d'Avallon : il se détache de la voie de Sens dans la plaine
des Laumes : on en a trouvé des vestiges sur Venarey, lors de l'établisse-
ment du canal de Bourgogne, et plus récemment lors de la rectification de
la route départementale n° 6.
XXXVI NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
Nos 24 et 25. De Langres à Saint-Florentin et à Vertilium. — Nous
avons décrit plus haut trois des voies principales qui sillonnaient l'ancien
pagus Latiscensis dont, suivant l'opinion la plus accréditée, la capitale,
Latiscum, doit être placée sur le mont Roussillon, près deVix. Ce sont les
voies de Langres à Sens, d'Alise à Troyes, et d'Alise à Chaumont.
D'après la carte jointe à la notice de MM. Mignard et Coûtant sur les
fouilles de Vertilium (Verlaut), une voie venant de Latiscum se divisait en
deux branches, qui se séparaient avant d'arriver à Yilledieu. Le tronçon
n° 25 arrivait à Vertilium (Vertaut); la branche n° 24 traversait Molesme,
passait à peu de distance des fermes du Petit et du Grand Haul-de-Lait,
et faisait parlie de la voie de Langres à Saint-Florentin. Une inscription
que l'on lisait avant 1793 sur un angle des murs de l'abbaye de Molesme,
indiquait que ce chemin avait été suivi par le roi Louis XIV ; plus tard,
comme les cartes de l'état-major russe la désignaient sous le nom de Grand
Chemin des Romains, leur armée y passa en 1814. Elle traverse une con-
trée nommée Course-aux-Chevaux, non loin d'une ferme appelée Béchemi-
neuil, dénomination qui semble conserver le souvenir d'un ancien chemin
ferré : celte tradition nous a autorisé à en donner le tracé dans la direction
de Molesme et au-delà, bien que les vestiges n'en aient pas été signalés.
Toutefois, c'est à Etrochey que nous marquons le point de départ de la voie
n° 24, se dirigeant sur Sainl-Florentin, d'après les relevés faits sur les lieux
mêmes. Quant à un embranchement qui se serait détaché de cette voie pour
aboutir à Latiscum, nous ne pouvons en détermier le tracé que d'après
la carte de MM. Mignard et Coûtant, et quelques présomptions que nous
exposerons sous le paragraphe suivant. Aucun document ne nous autorise
non plus à donner les tracés des chemins de Vertilium à Bar-sur-Aube par
Mussy, de Vertilium à Châtillon par Larrey, et de Latiscum en ligne droite
à Tonnerre.
Cette dernière communication n'aurait eu aucune utilité, s'il eût existé déjà
un chemin de Vertilium à Tonnerre, chemin dont nous avons donné, sous
le n° 10, un tronçon se rattachant à la voie n° 7. Enfin, la voie de Ver-
tilium à Latiscum aurait complété la communication entre cette ville et
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D OR. XXXVII
Tonnerre (1). (V. le Mémoire de MM. Mignard et Coûtant dans le t. IV du
Recueil de la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or.)
Nos 26 et 27. De Beneuvre à Latiscum et à Châtillon. —La montagne de
Beneuvre était le point d'intersection de deux chemins ferrés dont nous indi-
quons les directions. La voie n° 26 se dirigeait, suivant toute apparence, sur
Latiscum. Elle traverse, sur le territoire de Beneuvre, Velay, la ferme du
Peu-Côteau et le chemin de Minot à Montmoyen. Elle passe à 300 mètres du
sommet de la colline de Chateaubo, camp fortifié par des rochers dont les
éboulements sont encore visibles sur le revers de la montagne ; elle traverse
la Dijenne, non loin du pont, devant Essarois, et aboutit au bas de Commet,
où l'on en reconnaît un tronçon parfaitement conservé, appelé le Chemin
pavé.
Dans la grande forêt, le tracé de cette voie est incertain ; cependant on en
a remarqué des vestiges au lieu dit Lentive, près de l'Etang-Merlin ; plus loin
sur le chemin de Vanvey à Saint-Phal, et tout récemment dans le jardin de
M. le curé de Vanvey, à 100 mètres au sud du village. Celte même voie repa-
raît dans le vallon de l'Ource, entre Villotte et Prusly ; elle devait couper la
voie romaine de Langres à Sens et se diriger sur Latiscum. Ces notes, commu-
niquées par M. Liénard, ne s'appuyent, il est vrai, que sur des conjectures,
puisque, à partir de Vanvey (ou de Prusly si l'on veut), la voie dont il s'agit
n'a pas laissé de traces ; cependant le même tracé a été adopté par M. Mignard
(Notice sur Essarois), soit d'après ses observations personnelles, soit d'après
les renseignements empruntés à un Mémoire de Delamolte sur les voies ro-
maines du Châtillonnais.
Suivant ce dernier auteur, le chemin qui nous occupe se divisait à Prusly
en deux branches : la première (analogue à la nôtre, n° 27) coupait la
grande route de Châtillon à Paris, à la Croix-de-1'Egaré; entrait dans la con-
trée qu'on appelle Pierres-Levées ; passait ensuite dans celle de l'Epinotte,
(1) Les tronçons qui font partie des voies d'Alise à Troyes, et d'Etrochey à Vcrtaut, sont
construits en cailloux et sable, avec bordures en pierres posées de champ sur un ou deux
rangs, selon l'élévation de la chaussée.
XXXVIII NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
image de Châtillon, de la Garaude, en Stye, Ghamp-Marion, le Gouron, fmage
de Montliot. « Elle est encore visible, pour ainsi dire en son entier, aux ap-
proches de la voie romaine de Langres à Auxerre ; elle traversait celte voie,
descendait de la contrée de la Thénissière à la rivière de Seine, et de là, elle
tirait précisément à une des portes de Latiscum. »
« Une autre branche parlant de Prusly passait au nord de la ferme de la
Barotte, ensuite par la contrée appelée la Bourrée ou le Fer-de-Pic, où elle
est fort remarquable. »
Si l'on applique ces documents sur la carte, on verra que la première
branche, de Prusly à Latiscum, forme naturellement le prolongement du che-
min n° 27 de Vanvey à Prusly. Quant à la deuxième branche, de Prusly à
Châtillon, nous l'avons désignée sous le n° 27 bis. A partir de leur point de
jonction, un tronçon de voie, signalé sous le n° 27, entre Leuglay et Coul-
mier a laissé des vestiges qui ont été reconnus sur le territoire de Menesble,
jusqu'à la ferme de la Maison-Neuve. D'après les constatations faites sous la
direction de M. Liénard, une portion de chemin ferré aurait traversé l'Ource
entre Villotte et Prusly ; or, des deux chemins qui nous occupent, le seul
qui dût franchir l'Ource est celui qui venait de Menesble, car celui qui venait
de Vanvey se trouvait déjà sur la rive gauche de cette rivière. Il faut conclure
de tout ceci que nos voies nos 26 et 27 se coupaient à Prusly, là où Delamotte
indique le point de séparation d'un seul chemin en deux branches.
MM. Mignard et Coûtant admettent, en outre, qu'il existait une communica-
tion directe entre Latiscum (Vix) et Vertilium (Vertaul), et que Vix était relié
par un embranchement à Etrochey, d'où le chemin de Saint-Florentin aurait
permis de se rendre à Vertaut par notre tronçon n° 25.
N° 28. De Beneuvre à Arc-en-Barrois et à Mirebeau. — Nous donnons,
sous le n° 28, un tronçon de chemin venant de Beneuvre, et qui paraît se
diriger sur Arc-en-Barrois, dans le département de la Haute-Marne. Il est
extrêmement vraisemblable que ce chemin tendait, au midi, à Barjon et
au-delà. « La] voie, dit M. Mignard, passe à Barjon, Poiseul, Saulx-le-Duc,
Villecomte, Savigny, et se confond à Norges avec la grande voie de Dijon à
DU DEPARTEMENT DE LA C0TE-D OR. XXXIX
Langres. Cette branche, qui est encore aujourd'hui la vieille route d'Essarois
à Dijon, n'a pas d'autre nom dans la contrée que celui de Chemin des
Romains. » (Notice sur Essarois, p. 153.) Nous n'adopterons pas entière-
ment cette assertion; sans doute, une tradition constante, attestée par Cour-
tépée et par les documents les plus récemment recueillis, nous autorise à
tracer un chemin entre Beneuvre et Barjon; mais ces mêmes documents lui
attribuent ensuite pour destination le poste important de Mirebeau, par
Flacey et Beire-le-Chàtel où des découvertes archéologiques ont été faites.
La seule partie de noire tracé qui aurait quelque chose de conjectural, serait
le tronçon de Saulx-le-Duc à Barjon, dont l'existence est cependant attestée
par M. Mignard.
On voit qu'une communication non interrompue et assez directe aurait
existé entre Besançon et Mirebeau, Saulx-le-Duc, Latiscum, Châtillon, Saint-
Florentin et Sens.
N° 29. De Châtillon à Etrochey. — Nous ne pouvons passer sous silence,
avant de quitter les voies du Châtillonnais, un embranchement de Châtillon à
Etrochey, mentionné par Delamotte dans des termes qui ne permettent pas
de douter de l'authenticité de ce tracé. Il est d'ailleurs fort probable que le
petit Caslrum de Châtillon, était en communication assez directe entre Latis-
CMIB'OU Vertilium.
« Celle voie sort manifestement de la ville connue, dans le moyen-âge, sous
le nom de bourg de Châtillon. Ou en trouve des traces au midi et au nord de
l'abbaye Notre-Dame. Elle passait la Seine sur un pont au(re que celui qui
existait avant que la province fît bâtir, en 1763, celui d'à présent. On en voit
des traces dans le chemin de la ferme de Courcelles-Prévoir à celle de la
Pitance qui sont aux portes de Châtillon. On les trouve dans un champ qui est
à l'ouest de cette dernière ferme qu'elle traverse du midi au nord. Elle fait
une sinuosité et coupe le chemin de Massingy où elle ne paraît plus ; mais
elle est très remarquable dans la combe de Courcelles-Prévoir qu'elle traverse
au nord de la grande route actuelle.
» Elle coupait cette nouvelle grande route à environ trois cents pas de la
XL NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
première montagne qu'on rencontre de Châtillon à Montlyot : elle traversait le
chemin appelé de La Renasse où il en reste quelques vestiges, gagnait la mon-
tagne fort près de la Croix-de-l'Egaré, d'où on la voit en la contrée de Mous-
selot (finage de Châtillon) qu'elle parcourt d'orient en occident. C'est sans
doute de celte levée qu'il se trouve des restes en plusieurs endroits sous le
chemin actuel de Châtillon à Etrochey, au pont duquel elle se rendait...
Ï II y a vingt ans et moins que j'ai vu la forme, la hauteur et le héris-
son de la levée antique entre le ruisseau de la Forgeotte et le mur de la
cour de l'abbaye, dans l'alignement de l'ouverture des Roches. Depuis envi-
ron huit ans on a extirpé le hérisson et diminué la hauteur de la levée qui
sortait hors de terre et qui nuisait encore à l'accroissement de l'herbe et
à la fauchaison. Cette levée était tout au plus à une portée de pistolet de la
route actuelle de Châtillon à Paris, et, étant à la porte, elle était le chemin
le plus pratiqué, avant la construction du nouveau pont, pour lequel on a
changé la porte de la ville et la direction de la route (1)... »
N° 30. De Dijon à Mirebeau. — Entre ces deux points, le tracé de
cette voie ne laisse aucun doute; il rencontre les communes de Saint-Apol-
linaire, Varois, Orgeux, Arceau, Magny-Saint-Médard et Savolle. Il n'est pas
(1) « J'ai clouté longtemps, ajoute le même auteur, que toutes ces routes anciennes dont je
■viens de parler fussent des voies romaines.... Pour m'en convaincre, il n'y en a guère dont je
n'aie fait extraire une petite partie. Il arrive souvent que dans les terres labourées il ne reste
plus qu'un hérisson assis sur un lit de sable et de chaux. Quelquefois le sol est considérable-
ment élevé et la levée entière se trouve couverte, de manière qu'on laboure dessus sans être
beaucoup incommodé. Alors on commence par trouver un lit de pierrailles et de sable, ensuite
un hérisson, puis un lit de sable qui, fréquemment, paraît mélangé avec de la chaux ou une
espèce de glaise, de sorte qu'il forme un massif très solide; enfin, on rencontre un deuxième
hérisson, posé sur un lit de sable pareil au premier. Les deux hérissons sont tournés en sens
contraire.
• Dans les terrains mouvants, on trouve quelquefois trois rangs de hérissons l'un sur l'autre;
d'autres fois, le fond est garni de grosses et larges pierres, mises pour rendre la chaussée plus
solide. Elles ont environ 11 ou 12 pieds dans leur partie inférieure, tellement que leur largeur
varie, selon qu'elles sont plus ou moins endommagées. Au reste, il n'y a point de doute que ces
chemins n'aient été autrefois très fréquentés; les ornières profondes qu'on y voit souvent,
quoiqu'elles soient couvertes de terre, en sont la preuve. On en trouve même qui ont été
réparées et dont le pavé du premier hérisson a été retourné, puisque l'empreinte des roues s'y
trouve en sens contraire. •
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D'OR. XLI
douteux qu'elle se prolongeait au-delà de Dijon jusqu'au mont x\frique
par Corcelles:
« Le chemin qui conduisait à ce camp, écrivait Pasumot, avait sa direc-
tion de l'est à l'ouest, il était encore visible il) y a quinze ans. Sa largeur
était d'environ vingt pieds, et sa structure consiste en plusieurs lits de
pierres posés de champ. Il commençait à côté du cimetière de l'hôpital; il
faisait un petit coude et conduisait à travers les vignes à environ 700 toises
de la ville, à la naissance du coteau où commencent les montagnes que le
mont Afrique couronne. Il s'exhaussait un peu en approchant de la mon-
tagne pour en rendre la pente plus douce, en comblant le commencement
d'un petit vallon. On reconnaît très bien le chemin en approchant de cet
endroit, car il n'est déguisé entre les vignes que par la pierraille dont
on l'a chargé pour remplir les ornières qui, par le laps du temps, s'étaient
faites dans les pierres dont il était construit.
» Je suis redevable (ajoutait Pasumot) au zèle obligeant de M. Maret,
de la notice de ce chemin qui est vraiment romain, et qui paraît avoir été
construit dans le temps du Haut-Empire. »
Au-delà de Flavignerot, il est fort possible qu'il existât un prolongement
de cette voie sur Chamboeuf et Ternant où, d'après Courtépée, on trouvait
quelques vestiges d'un chemin se dirigeant sur Puys-Mathey, Bécou et Bli-
gny-sur-Ouche (1).
N° 31. De Mirebeau à Chambeire. — Il est difficile de s'expliquer quelle
était la destination de cet embranchement qui se détache de la voie précé-
dente et aboutit à Chambeire, où l'on présume qu'il existait un poste mi-
litaire.
N° 32. —Il en est de même du tronçon signalé entre Genlis et Arceau,
sur le parcours duquel ont été faites des découvertes archéologiques (Izier,
Cessey, Bressey, Arc-sur-Tille).
N° 33. — La ligne de Dijon à Saint-Jean-de-Losne, l'une des mieux
(i) COURTÉPÉE, t. 11, p. 14 et 277.
G
XLII NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
conservées du département, est marquée sur la carte du dépôt de la guerre :
il n'est pas impossible que les deux routes précédentes (nos 31 et 32) aient
abouti soit à Saint-Jean-de-Losne, dont la haute antiquité ne paraît guère
douteuse, soit à Tart-le-Haut, où, suivant la tradition, il aurait existé une
station militaire.
Nos 34, 35. •— Enfin, nous ne croyons pas devoir omettre deux tronçons
qui nous sont signalés sur les territoires de Saint-Usage et de Brazey (au
lieu dit le Myot), et sur le territoire de Laperrière jusqu'à la Saône. Ce
dernier tronçon porte le nom de chemin rural de Muret sur une faible
partie de son parcours.
Quelques vestiges peu concluants et une tradition ancienne nous auraient
permis de marquer, sur le territoire du village de Bourberain, les ruines
de la prétendue ville d'Antua, et de tracer des voies de communication
entre ce point, Thil-Châtel et Norges. Mais celle tradition n'a plus aujour-
d'hui d'importance, depuis que M. Baudot a démontré que les ruines dont
il s'agit n'appartiennent pas à l'époque gallo-romaine, et dès lors il n'est
pas supposable que des voies romaines aient rayonné de Bourberain sur les
localités voisines.
DU DEPARTEMENT DE LA COTE-D OR. XLII«
ADDITIONS ET CORRECTIONS
\oies n" 26 et n° 26 bis. — Le parcours de la voie n° 26, de Beneuvre à
Essarois, se dirigeant sur Saint-Fal, Vanvey et Prusly, tel qu'il est indiqué
dans le texte (p. xxxvn), ne se justifiait que par la nécessité d'assigner un
but à la voie venant de Beneuvre, et d'employer un tronçon de chemin dont
les vestiges avaient été reconnus entre Vanvey et Saint-Fal.
Cependant un examen plus attentif de la carte du dépôt de la guerre
permet de prolonger le tracé du chemin passant au bas de Commet, dans la
direction de Châtillon, et de le suivre à travers la grande forêt ; il rencontre
les lieux dits : Les Charmes, le Meix-Forgeot et la Gauliotte.
L'agent-voyer d'Aignay avait laissé soupçonner l'existence de ce prolon-
gement : il signalait un ancien chemin passant au nord de Saint-Germain-
le-Rocheux, délimitant le territoire de cette commune et de celui de Nod, sur
environ 600 mètres, et celui de Villiers sur 200 mètres. Nous avons assigné
à cette voie le n° 26 bis.
Quant au tronçon signalé entre Vanvey et Saint-Fal, il fait partie d'un
chemin venant également de Beneuvre et que l'on peut suivre sur la carte
du dépôt de la guerre. Il passe à Terrefondrée et à Leuglay, et suit, pen-
dant un long parcours, les limites qui séparent les communes d'Essarois et
de Montmoyen de celle de Recey. Cette circonstance est caractéristique et
témoigne (suivant une observation féconde de M. le colonel de Coynard) de
l'ancienneté d'une voie. De Leuglay, notre chemin suit la rive droite de
l'Ource qu'il franchit ensuite pour arriver à Saint-Fal.
Voie n° i2. — Des inductions semblables permettent de prolonger la voie
n° 12, passant à Salives, d'un côté, à l'Est,'sur Barjon et Thil-Châtel ; de
l'autre, à l'Ouest, à partir du lieu dit la Défense, n° 43, sur Lucenay et
XLII b NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
la voie n° 7. Pasumot écrivait, en effet, qu'une voie passant au Palus,
commune de Salives, reliait Thil-Châtel à Alise. On trouve d'ailleurs sur la
carte du dépôt de la guerre, entre Àvelanges et le Bois de la Montagne, un
lieu dit les Grands Chemins, nom qui paraît emprunté à un chemin venant
du moulin de Barjon et suivant la limite des communes d'Avot et d'Avelanges.
11 descend à la ferme de Bonvent, passe au Sud de Villey-sur-Tille et.
arrive à Thil-Châtel par Echevannes. Du point dit la Défense, le chemin
venant d'Oigny tournait la côte de l'Elang-Neuf, allait à Etormay et de là
à Lucenay et à Touillon.
Courtépée mentionne deux voies passant au Palus : l'une, que nous
venons de suivre, reliait Alise à Thil-Châtel. L'autre aurait passé à l'Ourosse,
ferme située au nord de Salives. Un chemin qui satisfait à cette première
condition figure sur la carte du dépôt de la guerre et se dirige vers le
midi. On le suit depuis Fraignot au moulin de Salives; il se dirige sur Léry,
où l'on rencontre un lieu dit la Voie-Ferrée. De Léry, il passerait au Çrol-
du-Pommier, suivrait à peu près les limites des communes de Lamargelle et
de Pellerey et tomberait entre Bligny-le-Sec et Blessey, sur un chemin qui
relie celte localité à Pralon (n° 3 bis).
Le chemin qui, au nord, allait de Fraignot à Menesble, formerait le pro-
longement naturel de celui que nous venons de décrire (1).
Voie n° 3 bis. — Il est présumable que ce chemin allant de Mâlain à
Bligny-le-Sec, et auquel notre texte n'assignait aucune direction définitive,
aboutissait à la ferme de Chaniploup, sur la voie n° 4. Il suivait ainsi la
limite actuelle des communes de Bligny et de Salmaise, passait à Blessey,
puis, tournant à l'ouest, il aurait suivi la limite qui sépare les communes
de Boux et de Thénissey, jusqu'à Champloup.
(I) Toutefois ce tracé, qui ne se justifie que par des présomptions, ne nous a pas paru suffi-
samment certain pour le faire figurer sur la carte, bien que M. Mignard ait fait allusion à une
voie qui aurait relié Beneuvre et Somhemon, en passant par Barjon. {Historique d'un temple
tiédie il Apollon dans les Mémoires de la commisMon des Antiquités, t. m, p. 151.)
DU DÉPARTEMENT DE IA CÔTE-D'OR. XLII C
Voie na 28. — A l'appui du tracé de la voie n° 28, qui relie Barjon et
Saulx-le-Duc à Mirebeau, nous pouvons relever certains vestiges d'un ancien
chemin signalés par l'agent-voyer d'Is-sur-Tille, entre Marsannay-le-Bois et
Flacey.
Dans le même rapport, on rappelait que les restes d'un ancien pont
établi sur la Tille, en amont de Lux, révélaient l'existence d'une voie qui
aurait établi une communication entre Thil-Châtel et l'ancienne cité d'Anlua.
Comme l'existence de cette prétendue ville est plus que problématique, ne
pourrait-on pas supposer que ce chemin, s'il a existé, se dirigeait sur Aies
(Attricourt)? On le suit depuis Lux jusqu'aux limites de la forêt de Velours,
et de Dampierre-sur-Vingeanne, le long des limites de cette commune, jus-
qu'au bas de Bessey. Mais de ce point, jusqu'à la forêt de Velours, il reste
une lacune que rend difficile à combler l'existence de l'étang de Bèze.
Voie n° 36. — Ce tracé présente des difficultés considérables; mais les
plus fortes présomptions nous permettent de porter sur la carte une voie
qui, partant du point où la précédente aurait abouti sur la voie de Langres
à Mirebeau, à l'ouest de Dampierre, traversait les communes de Beaumont,
de Blagny, Oisilly, Renève, Jancigny, Talmay et Maxilly, pour arriver à
Pontailler. De cette localité, ce chemin gagnait Auxonne, en passant à
l'ouest de Vielverge et de Flammerans, puis, d'Auxonne, longeait la
Saône jusqu'à Saint-Jean-de-Losne.
Il résulte en effet d'un rapport de l'agent-voyer d'Auxonne qu'une voie
« partant du bas du glacis de la place au nord-ouest, se dirige au nord
» par le climat de la Barnalière, puis à l'embouchure du bief de Nassey,
« où l'on voit encore la trace d'anciens fossés. Elle traversait ensuite la
» prairie de Flammerans, le territoire de Lamarche et celui de Pon-
» tailler.
» Au midi d'Auxonne, continue ce rapport, une voie partant de cette
» ville suivait la direction du chemin de grande communication n° 8,
» pour se diriger, en longeant la Saône, jusqu'en face de l'embouchure
XLII d NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES
» de la Tille, où l'on trouve, sur la rive droite, des traces d'un camp
» retranché » (1).
Comme à la Perrière, on a signalé un tronçon (porté sous le n° 35)
entre celte commune et Mailly, il est naturel de prolonger la voie d'Auxonne
jusqu'à ce point, puis, de la Perrière à Saint-Jean-de-Losne, d'où parlait une
voie allant à Dijon.
D'ailleurs, pour justifier l'existence de ce chemin au nord de Ponlailler,
nous pouvons invoquer le témoignage de Girault, qui donne le tracé d'une
voie venant de Navilly et Champvans, et passant par Renève, Oisilly et Beau-
mont (2).
Voie n° 37. — Courtépée signalait à Flammerans un ancien chemin ferré de
construction romaine : « En faisant la nouvelle route, en 1763, M. Antoine
» puîné trouva, sous le massif de la chaussée, douze belles médailles ro-
» maines. Ayant été rétabli au xiv siècle (?), il fut appelé le chemin de la
» Reine-Blanche Il conduisait à Montmirey. » Tel est le nom donné par
la carie du dépôt de la guerre au chemin qui traverse la forêt de Flam-
merans et qui se rattache à celui que nous signalons entre Auxonne et
Saint-Jean-de-Losne.
Voie ii° 36 bis. ■— Des renseignements positifs, recueillis à Talmay par
M. Dumay, permettent de tracer un tronçon de voie qui s'embranchait un peu
au nord de ce bourg avec notre chemin n° 36, et se dirigeait sur le lieu dit
Saint-Pierre-de-Broye, situé sur la rive gauche de la Saône. On en trouve
des traces au nord, au lieu dit la Bouloye : elle a été coupée par le chemin
de fer d'Auxonne à Gray ; elle traversait la Vingeanne, passait auprès d'un
petit monticule assez étendu, et qui, bien que peu élevé, tranche néanmoins
sur le reste de la plaine marécageuse dont il est entouré. Cette éminence,
appelée le Negey, où l'on découvre des vestiges de constructions, était
(1) D'après le même rapport, cette voie tiaversait la Saône et se dirigeait par Mailly-le-Port
et Maitly-la-Ville sur les bois de Lamolte. Mais ce dernier trr.ce, dont la destination est équi-
voque, ne nous paraît pas devoir figurer sur la carte.
(2) Dissertation sur l'ancienne ville d'Amagelobria.
DU DÉPARTEMENT DE LA CÔTE-D'OR. XLII C
entourée de fossés et paraît avoir été un poste retranché. Le chemin
auquel nous assignons le n° 36 bis, traversait ensuite la Saône et aurait
établi une communication entre la route de la Vingeanne et la Moigte-
de-Broye, où une opinion accréditée place l'ancienne ville d'Amage-
tobria.
La découverte, au nord de la Maladière, d'une pierre ayant l'aspect d'une
petite borne milliaire, et dont l'inscription a donné lieu à une interprétation
ingénieuse de la part de M. d'Arbaumont, permet de présumer qu'il existait
une communication ancienne entre la ville de Dijon et la grande voie de
Chalon à Langres, et qu'à l'embranchement des deux routes cette borne
avait été plantée pour marquer la distance entre Andematunum et Drjon.
Un texte intéressant, relevé par M. Garnier dans le terrier d'Argilly de
l'année 1459, établit positivement qu'il existait un chemin ferré pas-
sant entre Cîteaux et Villebichot. Peut-être cette voie venait-elle d'Izeure,
Aiserey et Echigey, où l'on en signalait quelques vestiges (1) pour aboutir
à Gerland ?
Ce passage, concernant la juridiction du prévôt d'Argilly, est ainsi
conçu :
« Lequel prévôt cognoit de personnelles actions seulement, et a
trois sièges ordinaires, c'est assavoir au lieu dudit Argilly, à Baignoulx
près dudit Argilly, et au puis au Turc qui est au bout du grant chemin
ferré quest et passe entre Cisteaux et Villebichot, entre deux bois, l'ung
appelé Champ-Varin, appartenant à mondit seigneur le duc, à cause de
sa grange de la Oultre, l'autre appelé le bois à la Béguine, appartenant
aux religieulx, abbé et couvent dudit Cisteaux, elc » (2).
Enfin M. de Longuy, correspondant de la commission, a reconnu dans
les vignes au nord-ouest de Santenay, vers le hameau de Saint-Jean,
une ancienne voie qui paraît venir du mont de Senne et se diriger vers
Chassagne et Beaune, en se maintenant à la partie moyenne des versants.
(1) V. ei-dpssus, p. xxvn.
(2) Archives de la Côte-d'Or, B. 472, p. x.
XLII f NOTICE SUR LES VOIES ROMAINES ]
Elle est recouverte d'environ 80 centimètres de terre, et la chaussée se
compose d'un lit de cailloux de la grosseur d'un oeuf, et d'une épaisseur
de 35 centimètres. On y a trouvé une cornaline blanche ovale, portant
une belle tèle de vieillard gravée en creux.
Ni l'un ni l'autre de ces deux tracés ne nous a paru sulfisamment
déterminé pour être porté sur la carte.

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