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Un cylindre inscrit chypro-minoen trouvé à Enkomi - article ; n°4 ; vol.112, pg 606-612

De
8 pages
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 1968 - Volume 112 - Numéro 4 - Pages 606-612
7 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Monsieur Olivier Masson
Un cylindre inscrit chypro-minoen trouvé à Enkomi
In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 112e année, N. 4, 1968. pp. 606-
612.
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Masson Olivier. Un cylindre inscrit chypro-minoen trouvé à Enkomi. In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres, 112e année, N. 4, 1968. pp. 606-612.
doi : 10.3406/crai.1968.12320
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1968_num_112_4_12320606 COMPTES RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS
par trempage. Elle porte martelée sur une de ses faces une courte
inscription également en signes chypro-égéens qui pourrait indiquer
le nom du bijoutier (xive siècle). Non loin de là reposaient trois
petites boules en terre cuite qui portent chacune une petite formule
en trois ou quatre signes chypro-égéens tout aussi énigmatiques.
Selon des trouvailles antérieures, je suis enclin à les considérer
comme des « cochonnets » ayant servi à des jeux semblables à ceux
des boules encore aujourd'hui populaires dans la région méditerra
néenne. La position stratigraphique de ces boules inscrites permet
de les dater du xne-xie siècle avant notre ère. Mais le monument épi-
graphique le plus important mis au jour pendant la dernière cam
pagne de fouilles de la Mission archéologique d'Enkomi-Alasia se
présente sous la forme d'un rouleau en terre cuite (fig. 1) non percé.
Il est gravé sur tout son pourtour d'une longue inscription (quelque
deux cents signes) en signes d'un type nettement égéen mais néan
moins différent du système d'écriture connu de Crète et du continent
grec au Bronze récent. Comme dans les inscriptions de cette origine,
les mots, finement gravés en lignes serrées sur le rouleau d'Enkomi-
Alasia, sont séparés les uns des autres par des signes séparatifs de
deux types permettant d'estimer leur longueur. En outre com
mencement et fin de l'inscription ont été marqués par le scribe par
une ligne fine à travers la largeur du rouleau. Ces caractéristiques
peuvent faciliter les efforts des décrypteurs qui essayent d'arracher
à cette écriture ses secrets.
UN CYLINDRE INSCRIT CHYPRO-MINOEN TROUVÉ A ENKOMI,
PAR M. OLIVIER MASSON.
Comme on le sait, c'est Arthur Evans qui a proposé le premier
de donner le nom de « chypro-minoen » à un système d'écriture
utilisé à Chypre durant toute la fin de l'Âge du Bronze1. Il y a
soixante ans, on ne connaissait pour cette écriture qu'un nombre
misérable de petites inscriptions, qui permettaient seulement de
deviner des rapports existant, soit avec l'écriture chypriote ulté
rieure, dite « syllabaire chypriote » (vme au me siècle avant notre
ère), soit avec les écritures linéaires de la Crète de l'Âge du Bronze,
dites « linéaire A » et « linéaire B ».
Les découvertes survenues lors des décennies suivantes se sont
limitées à de petits objets inscrits, surtout des vases, boules d'argile,
bronzes et céramiques diverses. Mais après la seconde guerre mon-
1. Bibliographie chez O. Masson, Les inscriptions chypriotes syllabiques, Paris, 1961»
p. 32 sqq. Voir aussi Minos, 5 (1957), p. 9-27 et pi. II-VII. CYLINDRE INSCRIT CHYPRO-MINOEN 607 UN
diale, essentiellement grâce à l'activité archéologique qui a été
déployée par M. Schaeffer et ses collaborateurs sur le site chypriote
d'Enkomi et sur le site syrien de Ras Shamra, l'épigraphie chypro-
minoenne a bientôt pris un tout autre visage. En effet, des tablettes
inscrites entières, ou des fragments importants de tablettes sont venus
au jour sur ces deux sites. Ces nouvelles découvertes, sans déboucher
encore sur un déchiffrement, du fait de l'absence de documents
bilingues, ont permis cependant d'enrichir considérablement nos
connaissances. Mais, du même coup, le problème de l'écriture chy
priote ancienne a été rendu beaucoup plus complexe, car au lieu
d'admettre un système unique, commodément dénommé chypro-
minoen, on doit constater depuis quelques années l'existence bien
assurée d'une famille d'écritures chypro-minoennes1 : elles sont
évidemment apparentées, mais diffèrent entre elles, soit par leur
chronologie, soit par la forme de certains signes, soit même par la
fréquence relative de tel ou tel signe.
Ainsi, il est de prime abord nécessaire de placer à part les écri
tures chypro-minoennes de Ras Shamra, attestées par deux tablettes
à peu près complètes et deux petits fragments ; quant au site d'En
komi, il est évident qu'il a livré lui aussi des documents qui ne se
correspondent pas complètement, datés d'ailleurs depuis la fin du
xvie siècle jusqu'au xie siècle avant notre ère.
Dans cet ensemble, le nouveau cylindre découvert à Enkomi
en 1967 par M. Schaeffer (inventaire 19.10) apparaît comme une
pièce très importante. Mais avant d'en présenter ici les principales
caractéristiques, il est opportun de reprendre la liste des documents
à texte assez long, dans l'ordre chronologique de leur apparition.
1. 1952 : petit fragment de tablette, inscrit au recto et au verso,
couvert de petits signes, avec environ 8 lignes conservées au verso.
Très endommagé, ce fragment du xme siècle a été trouvé à Enkomi
par le service chypriote des Antiquités2.
2. 1953 : grand fragment de tablette, inscrit au recto et au verso,
même type d'écriture, avec 22 lignes au recto, en bon état de conser
vation. Cette pièce de la même période a également été trouvée à
Enkomi par le service chypriote3.
3. 1953 : autre grand fragment de tablette, inscrit au recto et au
verso, même type d'écriture, avec environ 22 lignes au recto, et au un texte très effacé, mais divisé en espèces de paragraphes.
Il a été trouvé à Enkomi, par la mission française de M. Schaeffer ;
1. O. Masson, ICS, p. 33 ; Archâologischer Atneiger, 1967, p. 618 sq.
2. P. Dikaios, Antiquitg, 27 (1953), p. 103-105 et pi. IV ; Kadmos, 2 (1963), p. 39 sqq.
et fig. 5.
3. P. Dikaios, Antiquity, ibid., p. 233-237 et pi. IV- V, avec dessins et étude par
Michael Ventris ; Kadmos, ibid., p. 39 sqq. et fig. 6. RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS COMPTES
après nettoyage de la surface très incrustée, le fragment a été placé
pour exposition dans la salle chypriote du Musée du Louvre, mais
n'a pas encore fait l'objet d'une publication1.
4. 1953 : petite tablette de genre oriental, en écriture de type
chypro-minoen, inscrite au recto et au verso, avec 7 lignes sur chaque
face ; découverte à Ras Shamra par M. Schaefîer, cette tablette a été
présentée à l'Académie en mai 19552.
5. 1955 : petit fragment de tablette, inscrit seulement au recto,
avec de grands signes, sur 3 lignes. C'est une découverte du service
des Antiquités chypriotes à Enkomi3. Daté aux environs de 1500
avant notre ère, ce fragment est le plus ancien de notre série ;
l'aspect archaïque des signes employés est en plein accord avec lia
chronologie proposée, car les signes, assez complexes, ressemblent
particulièrement à ceux du linéaire A de Crète.
6. 1956 : tablette de dimension moyenne, inscrite au recto et au
verso, sur 1 1 lignes et 8 lignes. Elle a été découverte à Ras Shamra
par M. Schaeffer. L'écriture ressemble à celle de la première tablette
de ce site, sans lui être identique. Cet objet, encore inédit, doit être
publié en 19694.
7. 1967 : cylindre d'argile inscrit, trouvé à l'automne de 1967
à Enkomi par M. Schaeffer.
Ce septième document, sur lequel nous nous arrêterons main
tenant (fig. 1), présente plusieurs particularités, par rapport aux six
autres que nous venons d'énumérer. En premier lieu, c'est main
tenant le mieux conservé et le plus complet de nos textes chypro-
minoens, surtout du point de vue des documents provenant
d'Enkomi, qui sont tous des fragments ; seule, la seconde tablette
de Ras Shamra (1956) peut lui être comparée, avec un recto intact
et un verso presque complet. En second lieu, ce cylindre d'argile
dépourvu de représentation, large de 5 cm. 5, avec un diamètre
de 4 centimètres, est une pièce absolument unique dans l'épigraphie
chypro-minoenne ; je ne pense pas, d'ailleurs, que l'on connaisse
des objets analogues dans le domaine oriental, c'est-à-dire suméro-
akkadien. Enfin, et cette dernière constatation est moins encoura
geante, dans la perspective d'un déchiffrement souhaitable, le réper
toire des signes employés sur le cylindre ne recouvre exactement
celui d'aucun autre document long d'Enkomi ou de Ras Shamra.
Le nombre total des signes attestés n'est pas très élevé, atteignant
le chiffre de 35 ou 36, pour 39 relevés sur la grande tablette de
1. C. F. A. Schaeffer, Antiquity, 28 (1954), p. 38.
2. C. F. A. CRAI, 1953, p. 326 et 381 ; O. Masson, CRAI, 1955, p. 174-
180 ; publication dans Ugaritica, III (1956), p. 227 sqq., 239 sqq.
3. P. Dikaios, Antiquity, 30 (1956), p. 40-42 et pi. IX ; Kadmos, ibid., p. 39 sqq.
4. C. F. A. Schaeffer, Annuaire du Collège de France, 1957, p. 331 ; O. Masson, Minos,
5 (1957), p. 27. UN OYLJNmiI-: INSCRIT CHYPKO-MINOEN 609
'■'r(;- 1- Cylindre ehypro-niinoen trouvé à linkoini,
fouilles C. F. A. Schaolïer, inventaire 19.10; lae-similé du texte
en moulage sur une surlace plane. COMPTES RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 610
Ras Shamra, et environ une cinquantaine (après révision de la liste
établie par Michael Ventris), pour le grand fragment de tablette
découvert à Enkomi en 1953 lors des fouilles chypriotes.
Si nous regardons maintenant le document lui-même, ou plutôt
une vue d'ensemble qui a été réalisée en mettant à plat un fac-similé
obtenu par un moulage, nous pouvons décrire sommairement ce
cylindre. La largeur de la surface inscrite, qui commence à partir
d'un trait horizontal bien tracé, est d'environ 5 centimètres ; le total
de la surface développée en hauteur atteint 13 centimètres. Sur cette
surface, le scribe du cylindre a su placer 27 lignes régulièrement
disposées. Le cylindre a été inscrit comme l'aurait été une tablette,
c'est-à-dire pour la lecture directe, et non pas en négatif pour être
lu en impression, comme c'est le cas pour les véritables cylindres
chypriotes à représentations, qui portent souvent quelques signes
d'écriture1. En lisant ainsi ce texte, nous constatons que l'écriture va
de gauche à droite, comme sur tous les documents chypro-minoens
qui sont connus jusqu'ici. Chaque ligne comprend de six à huit
signes, le plus souvent sept.
Un problème est posé par la séparation des mots. Nous savons
que, dans tous les textes chypro-minoens, on pratique la séparation
des mots, obtenue ordinairement grâce à un simple trait vertical.
Mais ici, malheureusement aux dépens de la clarté, le scribe a usé
de procédés divers. La ligne 1, pour sa part, ne comporte aucune
marque de séparation, mais il y a un vide à la fin de la ligne. La
ligne 2 nous montre clairement, après le signe 2, une marque verticale
de séparation, légèrement renflée à la base et moins haute qu'un
signe. Cette barre est le procédé usuel de délimitation des mots en
chypro-minoen, que ce soit sur les tablettes, les bronzes inscrits,
les boules d'argile, etc.2. La barre simple revient plus loin sur le
cylindre, par exemple ligne 4, fin de la ligne 5, lignes 6, 7, 8, etc.
Mais dès la fin de la ligne 2, entre les deux derniers signes, on voit
apparaître un élément assez différent, qui n'est pas un signe d'écri
ture, vu sa simplicité, et semble jouer également le rôle d'un sépa
rateur de mots, car il intervient entre des séquences plus ou moins
longues de signes. C'est un trait vertical ondulé, flanqué d'une toute
petite haste verticale, avec certaines variations dans le tracé. Cette
marque nous fait penser, en plus complexe, à celle qui apparaît sur
la tablette de Ras Shamra de 1956, là aussi en plus de la barre
simple, et que dans la publication préparée pour ce document j'ai
appelée la « barre incurvée ». Une certaine ressemblance entre les
procédés utilisés sur ces deux documents se retrouve aussi dans le
1. O. Masson, BCH, 81 (1957), p. 6-24 ; 91 (1967), p. 253-254 ; etc.
2. Voir par exemple O. Masson chez Schaeffer, Enkomi- Alasia, I (1952), p. 401-
405 ; Archàologischer Anzeiger, 1967, p. 616 sq. ; Minos, 9 (1968), p. 66-72. CYLINDRE INSCRIT CHYPRO-MINOEN 611 UN
fait qu'une combinaison entre les deux types de séparation se
constate sur le cylindre, ainsi ligne 7, au début, barre incurvée
suivie de barre simple, et sur la tablette, ligne 9 du recto, au début.
Sur ces deux documents, j'avoue que la complication de ces procédés
me laisse perplexe, et que je n'en aperçois pas de justification claire.
Ajoutons que sur le cylindre d'Enkomi, vers la fin du texte, les
marques de séparation sont souvent absentes : c'est seulement le
retour de certaines séquences qui permet de délimiter des mots.
Pour le répertoire des signes, je me bornerai à quelques remarques.
Ce sujet a d'ailleurs été examiné spécialement par ma femme, Émilia
Masson, qui a été chargée en 1968 par le Centre national de la Recher
che scientifique d'établir un répertoire global et comparatif des
signes chypro-minoens ; à cette occasion, elle a procédé à une étude
très détaillée du nouveau cylindre. Ce texte fournit environ 36 signes
différents, dont presque tous sont déjà attestés, notamment dans
les inscriptions des petites boules d'argile ; ces derniers objets connus
maintenant, au nombre de plus de soixante-dix pour Enkomi1,
montrent en effet un style des signes beaucoup plus proche du style
de notre cylindre que celui des fragments de tablettes trouvés
en 1953 à Enkomi. De toute manière, on retrouve ici des signes
dont le dessin est courant dans le répertoire « égéen », tels que la
flèche (ici flèche « courte »), la flèche barrée (ces deux signes étant
particulièrement fréquents dans notre texte), la croix simple (rare),
la croix de Lorraine (typique pour ces syllabaires), la croix à trois
traits horizontaux (plus fréquente), le « lambda » (fréquent), etc.
En ce qui concerne la position des signes, on constate que la flèche
« courte » se trouve souvent en position finale, comme sur les petites
inscriptions des boules d'argile et des bronzes, ce qui n'est pas le
cas sur les tablettes de 1953.
En conclusion, que pourrions-nous dire sur la nature possible de
ce texte ? Ici, nous n'avons pas d'hypothèse plausible à proposer.
De même que sur les tablettes ou fragments de tablettes déjà connus,
aucun symbole ou idéogramme ne vient nous éclairer, non plus
qu'aucun chiffre reconnaissable. A l'évidence, il ne s'agit pas d'un
texte de comptabilité. Au delà de cette constatation, bien des
suppositions sont permises, mais le caractère unique du support de
notre texte, ce cylindre entièrement recouvert d'écriture, ne vient
pas nous aider à en déterminer le contenu, qui peut être aussi bien
littéraire, religieux, voire magique2.
1. En dernier lieu, O. Masson, Atti e Memorie del Primo Congresso Internazionale
dl Micenologia (1967), Rome, 1968, p. 421.
2. La petite tablette de Ras Shamra (1953) pourrait être une lettre, cf. UgarUica,
III, p. 246 ; ce n'est certainement pas le cas pour le cylindre. COMPTES RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 612
MM. Claude Schaeffer et Jean Nougayrol interviennent après
cette communication.
LIVRES OFFERTS
M. Louis Robert a la parole pour plusieurs hommages :
« J'ai l'honneur de déposer sur le bureau de l'Académie quatre ouvrages
parus en ces derniers temps. Le premier est dû à l'activité et à la plume de
notre correspondant à Athènes, M. An. Orlandos, professeur à l'Université et
secrétaire général de la Société Archéologique. Ce tome 58 de la Bibliothèque
de la Société Archéologique d'Athènes est consacré (en grec) à Alipheira d'Arcadie
et ses monuments, ouvrage de 274 pages in-4° avec 5 planches et 175 figures
dans le texte. Notre collègue travaille énergiquement à donner au public les
résultats des travaux qu'il a poursuivis dans toute la Grèce, le continent et
les îles, sur des sites et des monuments de toute époque, depuis l'archaïque
jusqu'à la byzantine, et qui lui ont fourni une superbe abondance de documents
et de relevés. Ce volume donne le résultat des fouilles et études qu'il a pour
suivies de 1932 à 1935 sur la colline de la ville arcadienne d' Alipheira aux
confins de la Triphylie. C'est une monographie systématique avec tout ce que
l'on peut dire actuellement sur cette cité. Après la présentation géographique,
le nom est étudié, puis l'histoire d'après les textes. On aborde alors les études
d'architecture, relevé des remparts, fouille, au sommet de l'acropole, du temple
d'Athéna que M. Orlandos date du début du Ve siècle, d'un temple d'Asclépios,
de tombeaux. Dans une de ces petites cités d'Arcadie où les inscriptions sont
souvent très rares, M. Orlandos a été favorisé. Il publie notamment deux frag
ments d'arbitrages territoriaux, dont l'un pour une contestation avec Lépréon,
— une inscription en dialecte qui n'a pu être déchiffrée qu'à travers l'eau d'un
ruisseau — , mais surtout une stèle, d'un déchiffrement et d'une interprétation
difficile, avec 23 lignes. C'est un règlement d'amnistie après qu'un certain
Kleonymos eut rendu la liberté à la ville, fait évacuer une garnison et « chassé
les pirates ». Ces pirates doivent être les Illyriens, dont Polybe signale les
incursions sur les côtes de l'Êlide et de la Messénie avant 230. On voit le grand
intérêt de cette monographie, fondée sur les fouilles, qui ressuscite pour nous
par la description, l'interprétation, les relevés et les images la petite cité
arcadienne d' Alipheira.
Le second ouvrage est dû à M. Vassos Karageorghis, directeur du Service
des Antiquités de la République Chypriote, qui m'a chargé de l'offrir à l'Acadé
mie : Excavations in the necropolis of Salamis, tome I en deux parties. C'est
le premier volume d'une série qui en comprendra quatre pour la publication
complète des fouilles exécutées par le Service dans la nécropole de Salamine
de 1962 à 1967, — fouilles qui seront d'ailleurs poursuivies, ceci étant leur
première phase. La synthèse est réservée au quatrième volume. Ce volume-ci,
comme les deux prochains, donne la description de la fouille, l'architecture

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