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POKER INSTINCT - FONDAMENTAUX DU POKER MODERNE

De
532 pages
Le poker a énormément changé avec l'arrivée d'Internet. Il est devenu plus agressif et plus calculateur à la fois. Alors, comment bien jouer et gagner dans ce contexte ?
Je vous propose de progresser depuis le joueur "intuitif " que vous êtes, vers un joueur "calculateur", puis de devenir un joueur "d’instinct", d’où le titre de ce livre : POKER INSTINCT.
Le but de ce livre, écrit directement en français, est justement de se démarquer de tous les livres écrits jusqu’alors sur le poker: Ce livre sera ainsi votre « coach » lors de votre apprentissage du poker moderne, en vous montrant que ce jeu est en réalité surtout un sport d’agilité intellectuelle et de psychologie appliquée.
Alors que le hasard est bien présent, on s’apercevra rapidement qu’un bon joueur finira par gagner systématiquement sur le long terme.
Bienvenue dans Poker Instinct. Bienvenue chez les joueurs gagnants. Ne laissez aucune chance au hasard !
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POKER INSTINCT


Fondamentaux du poker moderne

Ne laissez aucune chance au hasard !
Copyright 2014 - Boris LEARSI
Lulu Press - ISBN 978-1-291-58932-0

A mon épouse, qui m’a « supporté » pendant plus d’un
million de mains de poker…
A mes parents, au paradis,
pour toujours des héros dans ma mémoire.
A mes enfants, ici et au paradis, j’espère que je serai un
héros, toujours dans leur mémoire.
A ma famille, mes amis et mes collègues qui m’acceptent tel
que je suis, avec mes vices et mes passions.

2
TABLE DES MATIERES
Poker Instinct 1
Table des matières 3
Avant-propos 9
From zero to hero 11
Le franglopok 15
VOLUME 1 : Sardine 18
Poker is a game of people 18
La bonne décision 21
Evaluation d’une situation 25
Prise en compte de l’aspect humain 27
Etes-vous un fish ? 30
Sélection des mains de départ 31
Entrainement 45
La position élément essentiel de la décision 46
ROSHAMPOK 1 49
Nommage des positions 50
Savoir lâcher prise 55
Exercice 56
Fan de… 57
Tenir compte des autres joueurs 63
Comment « manger » les sardines ? 66
Exercices 67
Fondamentaux du poker moderne 68
3
Catégorisez les joueurs 80
A chaque pot calculez les nuts 83
Exercice : cherchez les nuts ! 84
Main probable des adversaires 85
Reputation 88
Théorème de Sklansky 91
Inversion 93
Changement de vitesse 95
Catégorisez vos mains de départ 99
Tactiques de jeu 109
Résumé du volume 1 : « sardine » 113
Check List #1 115
Evitez et exploitez les 5 erreurs majeures des sardines 116
VOLUME 2 : Poisson clown 117
Réduire l’incertitude 118
Les principales erreurs des clowns 119
1- Le clown ne calcule pas les cotes. 119
2- Le clown protège trop ses blindes 138
3- Le clown joue mal les « family pots » 141
4- Le clown insiste hors de position. 144
5 - Le clown croit en la chance… 146
ROSHAMPOK 2 153
Jeu en EP (Early Position) 156
Jeu en MP (Middle Position) 156
Jeu en LP (Late Position) 156
Entrainement 160
4
Categories de joueurs 162
Tactiques du poker moderne 171
Comment réussir un bon bluff ? 171
Le slowplay 173
Raisonnement amélioré 179
Processus de raisonnement d’un joueur de poker 179
Eléments de situation 179
Preflop : jouer le coup ou pas ? 184
Questions postflop 186
Stratégie Sit’n’Go 190
Règles de base 191
Niveaux 1 à 3 192
Niveau 4 192
Niveau 5 193
ITM (In the Money) 195
Head’s Up 195
Tactiques spéciales SnG 198
Résumé du volume 2 : « clown » 202
Check List #2 205
Rappel des 10 erreurs majeures sardines et clowns 206
Rappel des ranges et des cotes 207
VOLUME 3 : PIRANHAS 212
Jouer l’adversaire 213
Roshampok 3 215
Les défauts du piranha 218
5
1- Le piranha va trop souvent au showdown 218
2- Le piranha ne tient pas compte du « gap » 220
3- Le piranha folde trop facilement sur les mises au flop 225
4- Le piranha cherche à bluffer des joueurs faibles 231
5- Le piranha « part en guerre » avec des tirages 233
Deuxième niveau de jeu : le read. 235
Le READ 241
Première loi du read : le range 243
Deuxième loi du read : tenir compte des réalités. 246
Comment faire un bon read ? 249
Raisonner avec des ranges 252
Influence du nombre de joueurs à la table 262
Niveaux de pensée 262
Tactiques du poker moderne 265
le C-BET 265
SQUEEZE 282
Check-raise 289
Poker traps 297
Mental traps. 302
Poker betting patterns 304
« Shuffle up and deal ! » 309
Strategie de tournoi 309
Principe d’inversion 313
Adaptation aux adversaires. 316
Questions a se poser 319
6
Conseils pour aborder les tournois 326
Initiation au meta-game 331
Résumé du volume 3 : « piranhas » 332
Ranges par type de joueur 336
Check list #3 337
Rappel des erreurs majeures des sardines, des clowns et piranhas 338
Volume 4 : MEROUS 339
S’adapter pour vaincre 340
Roshampok 4 342
Principaux défauts du mérou 346
1-Le mérou fait des check-call sans plan 346
2-Le mérou cherche à se venger 350
3- Le mérou s’engage trop avec juste paire max 353
4- Le mérou joue trop serré sous pression 355
5. Le mérou fait trop de check-raise. 357
Tactiques du poker moderne 359
FLOAT 359
Double barrel 366
3-BET & 3-BET LIGHT 372
BLUFF et Semi-bluff 382
EQUITY & Expected Value 400
Troisieme niveau de jeu : REPRESENT 406
Qu’est ce que le represent ? 409
Comment utiliser le represent ? 415
La culture de la décision 420
7
« Shuffle up and deal !» 422
Echauffement 422
Evaluation Preflop 426
Evaluation postflop 428
Quelques conseils de shark... 432
Jeu postflop. 441
Quoi faire au flop lorsque vous touchez ? 449
Jeu au turn 454
Jeu à la river. 455
Freezout ! 457
TELLS 462
EXERCICE : Le jEU A l’AVEUGLE « In the dark » … 475
LE A-GAME 482
Résumé du volume 4 : « mérous » 484
Roshampok complet pour MTT 489
Check List #4 491
Principaux défauts des fish 492
Dictionnaire FRANGLOPOK 493
Mnémoniques cartes pocket 521
Outils – logiciels – sites web 530
Références bibliographiques 531


8
AVANT-PROPOS
Je joue au poker depuis plus de quarante ans, depuis l’âge
de seize ans en fait, initié par mon père au poker « fermé »
avec cinq cartes en main. Quelquefois, lorsqu’il voulait
pimenter la partie entre amis on jouait déjà à la variante
Texas Hold'em No Limit…
Mon père gagnait régulièrement, à tel point que ses amis le
soupçonnaient de tricher… Il jouait lui-même, étant jeune, en
Egypte, contre un Roi qui trichait régulièrement au poker: un
jour, alors qu’il n’avait qu’un brelan de rois contre un brelan
d’as, ce Roi s’exclama : « J’ai gagné ! Carré de rois … trois
Rois dans ma main et moi-même je suis Roi, ce qui fait
quatre Rois… »
En fait, mon père ne trichait pas, lui : il m’a expliqué deux
fondamentaux qui m’ont servi à gagner régulièrement
pendant les années qui ont suivi, les voici : Il faut faire
exactement l’inverse des autres –par exemple jouer large
lorsqu’ils jouent serré et inversement- et aussi : il faut
mémoriser les mises des joueurs, associées avec les
cartes qu’ils montrent à l’abattage. Avec ces deux règles
simples j’ai pu gagner régulièrement dans des parties entre
amis à tel point que plus personne ne voulait jouer contre
moi !
Je ne suis pas un « pro » du poker, au sens où je n’en vis
pas, ayant une activité professionnelle dans un autre
domaine à la fois intense et intéressant. Comme beaucoup
de joueurs de poker « à l’ancienne », j’étais persuadé de
9
savoir jouer correctement et puis est arrivée la vague
Internet…
Des joueurs d’un autre niveau et surtout d’une bien plus forte
agressivité sont apparus : et ils raflaient tout en plus ! Aussi
ai-je remis en cause mes « certitudes ».
Le jeu en ligne a démarré à son tour en France en 2010. J’ai
été étonné par cette évolution du jeu « confidentiel » souvent
« souterrain » et « sulfureux », en véritable phénomène de
société, notamment avec l’arrivée des sites internet de poker
en «.fr ». Des centaines de milliers de nouveaux joueurs se
sont inscrits sur ces sites et des tournois locaux ou
internationaux se sont fortement développés autour du
sponsoring des meilleurs joueurs.
Voyant la qualité de ces joueurs rapides et agressifs et
voulant progresser et mieux apprendre les variantes
actuelles, notamment le Texas No Limit Hold’em, j’ai lu des
dizaines de livres de poker récents (surtout en Anglais), mais
aucun ne correspondait à mon niveau de joueur
« intermédiaire » : Il existe soit des livres d’initiation pour
débutants complets, ou bien à l’opposé des livres écrits par
des champions, dont le niveau dépasse largement la
compréhension élémentaire ou encore des livres de
« recettes pour gagner» qui disent « quoi faire » mais pas
« pourquoi on le fait ?», pourquoi prend on telle ou telle
décision ?

10
FROM ZERO TO HERO
J’ai alors décidé de m’entrainer avec ces sites internet
comme pour un sport : En tout, j’ai dû jouer plus d’un
million de mains ! J’ai quelquefois appris de mes erreurs,
mais pas toujours… J’ai ainsi refait tout le parcours
d’initiation jusqu’au niveau d’un joueur international de
tournois : Avec une mise initiale de zéro euros est-ce que je
pouvais être constamment gagnant et progresser ?
Pour quelqu’un qui s’est marié à Las Vegas, il y a trente ans
(ça tient toujours ;), je ne suis pas un « joueur » (gambler) et
je ne crois pas à la chance : je n’ai jamais mis une pièce
dans une machine à sous, ou joué à un jeu quelconque
comme le loto, ou même parié : Pour moi, la « chance » est
juste une forme de superstition. Certes le poker est un jeu
de hasard, puisqu’il y a des probabilités de gagner ou de
perdre en fonction de la situation. J’appliquais simplement
les probabilités correctes sur le long terme. Mais
aujourd’hui, ça ne suffit plus pour être un bon joueur : il
faut également appliquer une stratégie correcte face aux
nouveaux joueurs et intégrer le poker moderne.
Je vous propose ainsi de suivre les étapes de ma
transformation depuis le « joueur intuitif » en « joueur
calculateur », puis la métamorphose en « joueur d’instinct »
que je suis devenu aujourd’hui, d’où le titre de ce livre :
POKER INSTINCT™.
Le but de ce livre est justement de se démarquer de tous les
livres écrits jusqu’alors sur le poker : Ces nombreux livres
11
écrits ou co-écrits par des champions ne servent
pratiquement à rien pour des joueurs « lambda » : Un livre
sur le pilotage d’une « Formule 1 » ne permet pas de bien
conduire sur le périphérique parisien, au contraire c’est la
garantie de l’accident ! De même pour les diffusions de
tournois en streaming ou les clips vidéo de situations
retentissantes opposant deux champions dans un pot à un
million de dollars : pas du tout applicable à des [fish] sur
Internet !!!
Ce livre sera votre « coach » lors de votre apprentissage du
poker moderne, en vous montrant que ce jeu est en réalité
surtout un sport d’agilité intellectuelle et de psychologie
appliquée. Alors que le hasard est bien présent, on
s’apercevra rapidement qu’un bon joueur finit par gagner
systématiquement sur le long terme.
« Si la chance n'existait pas, je pense que je gagnerais à
chaque fois »
--- Phil Hellmuth (13+ bracelets de champion du monde de
poker, dont 2 du main event du WSOP)

Il s’agit donc de planifier votre entrainement comme le fait un
sportif, depuis les notions de base jusqu’au potentiel de
devenir un champion et en tous les cas de battre
régulièrement la quasi-totalité des joueurs actuels que ça soit
sur Internet, lors de parties entre amis, ou en tournoi en
« [live] ».
12
Vous disposerez ainsi d’un guide pour devenir un joueur qui
prend les bonnes décisions, niveau après niveau, étape
après étape. Et comme dans tout sport -oui le poker est
devenu d’avantage un sport d’adresse qu’un jeu de hasard- il
va falloir s’entrainer et s’entrainer « dur », sans vouloir sauter
les étapes. On ne peut pas devenir un champion du jour
au lendemain sans entrainement, même si on est doué au
départ. Il n’y a pas de « recette magique » pour le poker ni
pour aucun autre sport d’ailleurs. Il y a également des
qualités « initiales » nécessaires que chaque personne
possède (ou pas) mais peut cultiver et améliorer :
l’endurance, la ténacité, le calme, l’observation, la patience,
la discipline, le courage.
« I hated every minute of training, but I said, 'Don't quit.
Suffer now and live the rest of your life as a champion. »
--- Cassius Clay.
« J’ai détesté chaque minute de mon entrainement, mais je
me suis dit à moi-même : N’abandonne pas. Souffre
maintenant, mais ça sera pour vivre le reste de ta vie en
champion. »
Ces qualités sont essentielles pour devenir un champion et
pour résister lors de tournois qui durent plus d’une semaine,
avec des [runs] de douze heures par jour (nuit)…
Il y a trois ans, -suivant le scenario de Chris « Jesus »
Ferguson (cinq bracelets et un titre de champion du monde
WSOP en 2000) - j’ai ainsi recommencé mon apprentissage
avec une [bankroll] (pécule) de zéro euros et j’ai noté toutes
13
les données que j’emmagasinais au fur et à mesure, niveau
après niveau, jour après jour. Il est clair que chaque type de
connaissance s’applique à un niveau de jeu et de mises
déterminé : Il y aura donc sept chapitres qui représentent le
[fish] que j’étais à chaque étape, qui a mangé à chaque fois
les [fish] plus petits…En fait, on est toujours le [fish] d'un plus
gros [fish] dans la mer du poker...
Dans ce premier volume nous sommes donc une « sardine »
(ou un poisson rouge), le plus petit niveau et nous nous
limiterons –par simplification- uniquement à la variante
[Texas hold'em no limit] en tournoi multi tables [MTT] et [Sit‘n
go] (tournoi limité à une seule table ou très peu de tables).
« Les règles du poker on les apprend en cinq minutes et
ensuite on a besoin de toute une vie pour se
perfectionner… » --- citation du poker
On suppose donc également que vous connaissez déjà les
règles et que vous avez une pratique minimum du
fonctionnement du jeu sur internet. On couvrira ensuite les
tournois en « [live] » qui seront vus comme l’aboutissement
de l’entrainement sur internet [on line].

14
LE FRANGLOPOK
Nota bene : Pour des francophones l’utilisation systématique
de termes anglais, comme on peut le voir dans les forums,
rend complexe la compréhension des analyses, aussi
peuton être tenté de faire un livre uniquement avec des termes
français compréhensibles par des non-initiés. Etant donné
que le jeu vient des USA dans sa forme actuelle et que la
plupart des joueurs sont Américains ou anglophones, il
faudra en fait vous adapter au [franglopok] le langage du
poker francophone: un mélange de mots anglais,
d’acronymes et de verbes inventés comme [folder] (se
coucher).
C’est très pénible au début, mais c’est un langage commun à
tous les joueurs, qui permet –à l’instar des médecins ou des
informaticiens- de se faire comprendre en un minimum de
mots : « J’ai [slowplayé] American Airlines [UTG]+1, mais
après un [flop] très [wet], j’ai préféré [shove] OOP contre les
deux [vilains] »... Tous ces termes seront indiqués en [entre
crochets] et expliqués dans le glossaire à la fin du livre. Cela
permet aux joueurs qui comprennent déjà le terme de
poursuivre la lecture et aux autres de se référer au glossaire
suivant les besoins. Vous verrez que rapidement vous aussi
vous parlerez [Franglopok] couramment !
Le plus important : Vous allez apprendre à travers ces
termes –comme l’ont fait tous les joueurs chevronnés avant
vous- des milliers de notions et de connaissances sur ce
jeu.
15
Un expert prend la bonne décision par instinct
Quel est le secret pour devenir un expert dans n’importe quel
domaine ? Il faut « comprimer » ces connaissances dans
l’inconscient au fur et à mesure des centaines de milliers de
situations rencontrées dans son domaine. (On appelle cela
l’apprentissage par la théorie des [chunks]) :
« An expert is a man who has made all the mistakes which
can be made, in a narrow field»
--- Niels Bohr
Un expert est quelqu’un qui a fait toutes les erreurs possibles
dans son domaine précis.
Face à une situation donnée, à des cartes données, à un
[stack] donné, à une position donnée, on prend la bonne
décision, car on a une situation de « déjà vu ». Il en va de
même pour un excellent conducteur automobile ou un bon
chirurgien. Ils prennent la bonne décision, au bon moment et
font le bon geste par analogie avec une situation déjà vécue.
Il faut donc vivre un maximum de situations au poker et
apprendre de chacune d’elles.
Poker Instinct va vous aider à « comprimer » les
connaissances du poker vers l'inconscient, pour en faire un
réflexe instinctif. Seul l’instinct créé par la répétition de
l’apprentissage des situations vous donnera la vitesse et les
qualités nécessaires pour prendre la bonne décision.
Générer votre instinct du poker, avoir les bons réflexes,
16
éliminer vos mauvais reflexes, c’est l’enjeu de ce livre. Je
vous invite à me suivre dans ce voyage dans la « mer du
poker » remplie de sardines, de poissons clowns, de
piranhas, de mérous, de raies-manta, de baleines, de
requins -les fameux [sharks], et enfin vous deviendrez des
dauphins (les plus intelligents et qui n’ont pas peur des
requins ;).
Bonus personnel: L’entrainement intensif que j’ai pratiqué
pour le poker m’a beaucoup apporté également dans ma vie
professionnelle et même dans la vie de tous les jours, car j’ai
dû apprendre à décoder les signes du comportement humain
et également j’ai dû m’améliorer en calcul mental et en
mémorisation. Ainsi la pratique du poker m’a amélioré
toutcourt: c’est tout le bien que je vous souhaite également.
Puisse ce livre vous transmettre la possibilité vous aussi de
ressentir toutes les émotions et les joies que j’ai ressenties
avec ce jeu magnifique qu’est le poker !

17
VOLUME 1 : SARDINE

POKER IS A GAME OF PEOPLE
Ainsi en tant qu’humain, plus on joue et plus on apprend...en
principe. Mais certains apprennent, alors que d’autres
reproduisent toujours les mêmes erreurs. En effet il faut
comprendre que l’on a commis une erreur. Simple me
direzvous : si on perd, on a commis une erreur et si on gagne,
c’est l’autre qui a fait l’erreur…
« Poker is not a card game you play with people. Poker is a
game of people you play with cards »
--Don Vines
« Le poker n’est pas un jeu de cartes qu’on joue avec des
gens. Le poker est un jeu de gens qu’on joue avec des
cartes ».
En fait, comme le hasard peut faire perdre, même si on a
joué le coup correctement, il faut accepter ces pertes-là
comme un mauvais tour du hasard et non pas comme une
18
erreur. Inversement on peut avoir mal joué un coup et le
gagner… Il faut en fait analyser le coup pour voir si on l’a
joué correctement, notamment une fois les cartes dévoilées
et examiner si c’était une erreur ou pas. Au contraire une
personne qui croit en la chance va donc jouer n’importe
quelle main. Nous allons, au contraire, distinguer les cas où
nous sommes avantagés par rapport à ce type de joueur qui
croit en la chance et les battre sur le long terme.

Nous allons prendre un cas très simple : Paire de Dames
servie [ladies] contre paire de Trois servie [crabs]. Les deux
joueurs font [allin] avant le [flop]. La probabilité pour gagner
le coup pour la paire de Trois est en dessous de 20% (19%
exactement) ; On appelle classiquement cette confrontation
un « 80-20 » en faveur de celui qui a les Dames. Ça veut
dire que quatre fois sur cinq les Dames gagnent et une fois
sur cinq, les Trois gagnent. Mais 80% ce n’est pas 100% !
Autrement dit, comme une fois sur cinq la paire de Trois va
gagner, par exemple en tirant un autre Trois au flop ou plus
tard, ce qui donne un brelan, c’est donc mal joué de faire
[allin] prelfop avec une paire de Trois, 80% du temps contre
une paire plus importante. Quatre fois sur cinq ce sont les
Dames qui vont gagner. Sur le long terme, en misant avec
les Dames contre les Trois, on va donc gagner quatre fois
plus souvent.
19
Mais, supposons quand même que la paire de Trois gagne
cette première confrontation: Quelques mains plus tard on a
de nouveau une paire de Trois contre les Dames. Quelle est
la probabilité que les Trois gagnent ? Toujours la même :
20% ! Si le hasard « se souvenait » on aurait : 0,2 (20% de la
première fois) x 0,2 (20% de la deuxième fois) soit 0,04 ou
bien 4%.
Autrement dit, la probabilité de gagner deux fois de suite
avec les Trois contre les Dames descendrait à 4%... Au bout
de trois confrontations 0,8% (8 chances sur 1000) et ainsi de
suite… Mais voilà : le hasard n’a pas de mémoire :
chaque tirage est indépendant. A chaque tirage la
probabilité est toujours de 80-20.
D’un autre côté, il y a une autre loi contradictoire avec la
précédente qui « rétablit l’équilibre » : Après une infinité de
tirages- on ne gagnera avec les Trois que 20% de tous
les tirages…

20
LA BONNE DECISION
La bonne décision au poker, n’est pas d’avoir de la chance
avec des cartes, mais de savoir calculer les probabilités des
confrontations et de prendre des décisions qui sont
mathématiquement correctes à l’infini. Mais c’est quoi
l’« l’infini » au poker ? En fait au bout de 100.000 tirages
aléatoires on s’approche énormément de cet « infini ».
La plupart des logiciels de simulation, que nous verrons à
utiliser plus tard dans notre apprentissage, font donc ces
calculs sur ce relativement petit nombre avec succès. Un
joueur qui joue des milliers de mains, finira donc par
retomber sur des probabilités cohérentes, sans attendre
l’infini ! C’est pour cela qu’au poker, les joueurs
« calculateurs » gagnent sur le long terme, mois après mois,
années après années.
Ce qui compte au poker, c’est donc de savoir si la
confrontation est gagnante (EV+) sur le long terme, même si
sur quelques coups l’adversaire peut « avoir de la chance »
en contredisant les probabilités.
Cette « variance » entre le résultat sur quelques coups et la
logique mathématique à long terme, fait que certains joueurs
croient « avoir de la chance » et désespère d’autres qui
avaient pourtant cru prendre la bonne décision. C’est un
point crucial pour votre futur de (bon) joueur de considérer la
variance comme un élément attractif pour les fish et donc
pour vous permettre sur le long terme de gagner. Il ne faut
donc pas non plus s’attarder sur un [bad beat], souvent dû à
justement cette variance par rapport au résultat normal. Il ne
21
faut pas non plus prendre des décisions qui sont proches du
« pile ou face », laissons cela au fish !
Les bons joueurs, eux, jouent toujours avec une espérance
de gains bien supérieure à pile ou face.
Votre entrainement va donc consister à prendre les
bonnes décisions, quel que soit le résultat du coup.
Il existe clairement une part de hasard dépendant du tirage
des cartes: Ce qui fait qu’on est quasiment jamais sûr de
gagner un coup à 100% ou même à 80%. Mais sur le long
terme, c’est ce qu’on appelle en probabilités la « loi des
grands nombres », plus on va faire de confrontations
« Dames contre Trois » plus le résultat s’approchera de «
8020 ».
Le poker est un jeu de situations où l’on prend des
décisions fondées sur des probabilités, mais ces
décisions sont aussi basées sur l’interaction avec
d’autres humains.
La bonne prise de décision est directement liée à une
situation donnée. Il n’y a donc pas de bonne décision
dans l’absolu. « Que dois-je faire ? Miser ou pas ? La
« réponse de normand » est : "ptet’ ben qu’oui, ptet’ ben
qu’non, ça dépend" ! Mais ça dépend de quoi au juste ? Ça
dépend de la situation justement…
22
C’est ce qui trouble les joueurs débutants qui demandent à
un champion un conseil : le champion leur demande une
foule de renseignements (que souvent le débutant n’a pas
mémorisé lors du coup) qui peuvent parfois complètement
modifier, voire inverser la réponse.
- Le débutant : Je peux vous exposer un cas pour avoir
votre analyse du coup ?
- Le champion : Bien sûr… (un champion est toujours
sympa et aidant ;)
- Le débutant : J’avais AKo et je touche la [Paire max]
au [flop] Kxx. Je [bet] et l’autre me [Raise allin], je dois
[caller] ou bien je dois [folder] ?
- Le champion : ça dépend…
- Le débutant : ça dépend de quoi ?!
- Le champion : Dans quelle position étiez-vous,
absolue et relative ? Est-ce que vous avez relancé avant le
[flop] ou [limpé] ou [callé] le [raise] de l’autre ? Vous étiez
combien au [flop] ? Combien de [BB] avez-vous misé ?
Quels étaient les stacks de chacun ? C’était sur internet ? Un
[cash game], un [MTT], un [SNG], un tournoi en [Live], une
partie entre amis ? De combien étaient les blindes
relativement au stacks ? On était près de la [Bulle] ? Est-ce
que l’opposant est plutôt [loose] ou [tight] ? Est-ce un bon
joueur ? Une [Calling station], un [Clown], un [Maniac] un
[Rock] un [Fan] ? Est-ce que les cartes xx au [flop] en plus
du K sont [suitées] ou pas ? Y-a-t-il un potentiel de [straight
draw] ? Quelle [range] représente l’opposant ? Quelle [range]
il perçoit de moi par rapport à ma mise et ma position ?
Combien ai-je d’[outs] ? Quels sont les [nuts] ? Quelles sont
23
les mains qui me battent ? Quelle réputation ai-je à ce
moment ? Lors des derniers coups, ce joueur a t-il [bluffé] ou
bien joue-t-il toujours avec un [hit] ? Est-ce que l’opposant
est en [tilt] ou se croit-il dans un [rush] ? Quelle est la
dynamique de la table à ce moment-là, beaucoup de [folds]
ou beaucoup d’agressions ? Les coups précédents étaient-ils
des pots importants ou bien il n’y a pas d’action depuis un
moment ?
- Le débutant : OUFFFF !
Morale : Il n’y a pas de « bonne » réponse au poker qui
permette de gagner à tous les coups. N’importe quelle
action interagit avec tellement de paramètres, y compris
avec le hasard et c’est ce qui fait la beauté et la complexité
de ce jeu (pardon « sport »).

24
EVALUATION D’UNE SITUATION
Nous allons donc apprendre les bases de l’évaluation de la
situation et –si, si, je vous assure- tous les bons joueurs
procèdent à une évaluation de la situation au moins aussi
complexe que dans notre exemple à chaque coup ! Mais
comment font-ils alors ? ça doit prendre un temps fou, or on
ne dispose que de quelques minutes voire secondes, surtout
en ligne, pour prendre sa décision ! Et c’est là où intervient le
modèle de compression [chunks] qui transforme le
raisonnement en instinct de « déjà vu » (et c’est valable
pour n’importe quel sport ou activité) :
Il faut tout catégoriser : On met chaque élément dans un
« sac » et on décide suivant la combinaison résultante. Il
y a trois paramètres dans votre SAC: les Situations, les
Adversaires et les Cartes
À chaque coup on met chaque élément dans le sac (pour un
processus de décision on appelle cela « catégoriser ») et on
décide :


25
- [preflop] Cartes en main 55 - position [CO] – [stack]
moyen : / rangement dans la boite [low-medium [pocket
pair] = catégorie [PLAYABLE]
Décision [preflop]: [limp] pour [set mining], c’est-à-dire que
l’on va juste suivre en position jusqu’à des relances x3 ou x4
[BB] de manière à espérer de toucher un brelan au [flop].

Situation [flop] « A85 »: brelan au [flop] avec une [Paire max]
Ax visible, position sur les 2 opposants qui ont [limpé] aussi
en [SB] et [BB] = catégorie [pair max TRAP] avec 2
opposants : 1 [loose] [passif] et 1 [Maniac] = catégorie
[FISHY]
Décision [postflop] : [Line] / [bet] 40% du pot si
[checkcheck] des [vilains] ou bien [shove] sur [bet] du [maniac]. Si
[turn] et [river] [Value bet] à chaque fois, sauf potentiel d’over
set (brelan supérieur) avec doublette de l’As.
Bien entendu il est impossible, en partant de zéro, d’étudier
tous les cas et de tous les apprendre par cœur, aussi nous
allons procéder par étapes en incluant au départ
uniquement les trois éléments fondamentaux de la prise de
décision, puis en ajoutant au fur et à mesure d’autres
éléments…

26
PRISE EN COMPTE DE L’ASPECT HUMAIN
Avant tout, nous alors travailler l’aspect humain, car pour
gagner, il faut battre les autres ; c’est le principe de vases
communicants : ce que l’un gagne, l’autre le perd…
Parlons donc d’abord des opposants humains et notamment
de la catégorie « sardine » : le [fish] le plus élémentaire dans
la mer du poker : la friture de base, en grand nombre et facile
à manger .



FISH
JOUEUR SUR-CONFIANT – SOUS-QUALIFIE –
IMPATIENT

« If you can't [spot] the [sucker] within the first half hour at
the table, then you are the [sucker] » --- Paul Newman.
« Si vous êtes à une table de poker et que pendant la
première demi-heure vous n'arrivez pas à savoir lequel de
27
vos adversaires est le pigeon, il y a de bonnes chances que
ça soit vous ».
C’est quoi au juste un "[fish]"? C’est un joueur qui est
surconfiant, sous qualifié et impatient. Un [fish] pense
toujours être un bon joueur, car il joue par intuition : pas
besoin de formules mathématiques ou de lire des livres ! Le
[fish] de base sait « par intuition » comment jouer ; Il aime
bien défier n’importe quel joueur avec n’importe quelle main
lorsqu’il « sent » qu’il va gagner. Grand spécialiste du [nimp]
(n’importe quoi) [allin] (tapis) [preflop] (avant de voir le [flop])
avec J5 [jackson five] (valet et cinq) ou n’importe quelle autre
main d’ailleurs…
Pour battre une telle « sardine » il faut simplement éviter les
erreurs des sardines. Ces [fish] répètent inlassablement les
mêmes erreurs à longueur d’années et ne progressent donc
jamais.
Le joueur « sardine » est sur-confiant même face à un
requin, il pense pouvoir gagner… On connait la suite. Le
joueur sardine ignore même l’étendue de son
ignorance : il est sous-qualifié. Aussi quand le requin ou
n’importe quel autre poisson le mange, il invoque le
« manque de chance »… Il est également impatient de
gagner sa confrontation, ce qui est contradictoire avec
justement le fait de jouer en situation de probabilités
favorables comme le « 80-20 » que l’on vient de voir. Il va se
mettre en situation de « pile ou face », nommée [Coin flip] au
poker ou chacun des joueurs à autour de 50% de chances
de l’emporter, voire pire. Ce genre de situation arrive
28
notamment [preflop] ou les joueurs font [allin] avec n’importe
quelle paire et se retrouvent face à un Ax, où le x est
supérieur à la valeur de la paire : par exemple A8 contre 44.
Autant jouer à la roulette russe ou au loto ! Le bon joueur de
poker, lui, est patient : il attend le [spot] favorable, celui où
les probabilités seront les meilleures et bien supérieures à
50-50. (au moins 2/3 – 1/3 si possible).

29
ETES-VOUS UN FISH ?
Mais êtes-vous actuellement vous-mêmes une sardine ou
êtes-vous un plus gros [fish] ? On va le savoir avec quelques
questions « [fish] niveau 1 ».
Alors « sardine » ou plus gros poisson ? Répondez
(honnêtement) aux questions qui vont suivre…
1er grand défaut : Les sardines jouent trop [loose]

Vous avez K6 [pocket],
Avant vous, un des adversaires [raise] et un autre [call], c’est
à vous : vous décidez [fold] ou [call] ou [re-raise] ? Il faut
coucher cette main ! La sardine, elle, s’engage trop
souvent dans un coup avec des mains de départ trop
faibles.
La première question à se poser pour chaque main est
donc : est-ce que je rentre dans ce coup ou pas ?

30
SELECTION DES MAINS DE DEPART
Voyons les différentes catégories de mains de départ et
comment décider de rentrer dans un coup ou pas.


[premium]




AA-JJ [top pairs] et AK, AQ, AJs [top broadways]
Les mains [premiums] sont rares, aussi il ne faut pas se
contenter d’attendre de toucher ces mains pour miser, sinon
les blindes finiront par manger le [stack] avec le temps et les
autres joueurs vont repérer que vous ne misez qu’avec ce
type de mains et se coucheront lorsque vous miserez.

De plus, si quelqu’un suit vous n’êtes pas à l’abri de perdre ;
Même avec une paire d’as on a que 85% de chances de
gagner un coup contre un adversaire qui a suivi au [flop]
avec n’importe quelles cartes. Le courage peut consister à
31
se coucher face à une forte mise adverse après le [flop],
signe que l’autre a touché un brelan… ou qu’il bluffe !

Comment mémoriser toutes les mains appelées [premium] ?
Les grosses paires de AA = American Airlines (célèbre
compagnie aérienne américaine), jusqu’à JJ = Jacks in the
box (valets en main, « dans la boite ») auxquelles on ajoute
AK = [powerhouse] (la « maison du pouvoir » puisque
composée des deux plus grosses cartes du jeu), AQ =
[Texas dolly] (en souvenir de la main la plus détestée du
texan Doyle Brunson – le pape du poker moderne) et AJs =
[Ajax] (Ace et Jack prononcés ensemble) et « s » pour
[suited] c’est-à-dire « de la même couleur , cœur par
exemple ou assortis ».

[playable]



TT-77 [medium paires] et Axs (As avec un [kicker]
assorti)
Les mains « jouables » sont des mains où l’on a envie de
voir le [flop] pour améliorer et qu’il faut abandonner si on a
32
complètement manqué le [flop]. Il ne faut pas s’entêter
notamment avec un As petit [kicker] car on risque de payer
un [flop] Axx où l’autre a aussi un As mais avec un plus
grand [kicker]. La règle de base pour contrer les sardines est
de se demander ce que l’autre peut bien avoir pour miser
cela. Bon, il y aura quelques [bluffeurs], mais la quasi-totalité
du temps celui qui mise à ce niveau-là a exactement les
cartes qu’il représente. Avec un As au [flop], il mise, c’est
simple il a un As en main.
Comment mémoriser les mains [playable] ? TT = Top Ten à
77=Seine et Marne, et Axs = [Axes] [suited] (As avec un
[kicker] assorti de la même couleur)

[tricky] – [trouble]







33


AT, KQ, KJ, KT, QJ, QT, JT [broadways], K9, Q9, les Ax
non assortis.
Les sardines rentrent souvent dans le coup avec des
[broadways] (cartes d’As à Dix). Donc si on rentre également
avec des [broadways] ça va être « chaud », surtout si le [flop]
affiche aussi des [broadways]. Le carnage est annoncé… On
aura souvent une main dominée car l’une des cartes
correspondra à celle de l’adversaire mais avec un kicker plus
faible. Il faut donc éviter de rentrer dans des coups avec ces
cartes, même si elles ont l’aire d’être « puissantes ».
Comment mémoriser les [tricky] hands (mains piégeuses),
aussi appelées [trouble] hands (mains dangereuses) ? KQ =
Mariage (Roi et Reine), AT = Johnny Moss (main favorite de
ce champion), QJ = Maverick (main fétiche dans le film
éponyme), JT = Jet (évident), KT = Canteen (cantine) QT =
Cuteen (jolie adolescente), K9 = Canine ou doggy, Q9=
quinine (plante médicament)

[speculative]



34








66-22 [low pairs] et T9, 98, 87, 76s, 65s, J9s, T8s, 97s,
86s [connectors et gapped connectors suited] (cartes qui se
suivent ou qui ont un [gap] (écart entre les deux cartes) de
« un » au maximum, [suited] c’est-à-dire assorties.
Les [speculative] ont l’intérêt de proposer l’inverse des
autres : si tout le monde rentre avec des grosses cartes et
nous entrons avec des petites et que le [flop] affiche des
petites cartes, on est probablement « devant » et les autres
n’ont rien touché… C’est la fameuse idée de faire l’inverse
des autres. Il vaut nettement mieux avoir 98 contre AK
qu’avoir AJ ! L’idée des connecteurs (deux cartes qui se
suivent) est de favoriser les tirages quinte. Par exemple sur
un [flop] AT7 contre un adversaire qui a Ax on a un tirage
35
quinte « banane » ou quinte par les deux bouts, puisque l’on
a T987 en combinant le [flop] avec sa main. Un J ou un 6 au
[turn], qui ont l’air assez anodins nous donnent une quinte
largement devant la [Paire max], voire deux paires ou même
brelan !


[borderline]




J8, J7, T7, 96, 54, 43

Ces mains « semi-poubelles » ne se jouent normalement pas
sauf dans des situations spéciales où justement on joue
l’inverse de ce qui est attendu. Par exemple si vous ne
relancez que des [premiums], très vite les autres joueurs
vont se coucher à chacune de vos (rares) relances. Le fait de
jouer de temps en temps ces mains va vous permettre
d’enlever des pots avec ces cartes-là sans opposition, tout
en conservant une petite chance de sortir une combinaison
gagnante au cas où un « fou » se permettrait quand même
de suivre votre [move] osé !

36
[fishy]



Kx, Qx, Jx, Tx avec petit [kicker] comme Q6

Ces mains sont typiques des sardines. Elles conduisent
souvent au désastre car si on touche un [flop] Kxx avec K4
en main et qu’un adversaire mise, il est probable qu’il ait
aussi un K mais avec un [kicker] plus fort, ou bien un brelan
ou deux petites paires avec les autres cartes. Et là,
qu’allezvous faire ? Relancer [allin] ?! Payer ? Vous coucher ? Evitez
ces situations délicates en jetant ces mains composées
d’une grosse carte et d’un petit [kicker].

[trash]




T2, 94, 93, 92, 82, 72, 62, 52
37

Cartes basses avec plus de deux [gaps] (niveaux d’écart
entre les deux cartes). Aucune raison de jouer ces cartes-là
sauf si vous êtes Phil Ivey et que vous voulez [bluffer] Gus
Hansen…
La règle « normale » pour entrer dans un coup est
d’avoir soit des [premium], soit des [playable]. Parfois,
panachez votre jeu avec des [speculative].
Cela correspond à environ 20% des meilleures mains parmi
les [169 mains de départ possibles]. (13 cartes de rang
différent -de As à 2- fois 13 autres cartes des rang différent =
169 mains différentes [pocket]). Jusqu’aux 25% des
meilleures mains de départ, on peut considérer que vous
êtes [tight] (serré) [preflop]. En plus de ces mains, vous
pouvez donc insérer quelques mains [spéculatives]
notamment des [connecteurs] comme 98s.
Voici le tableau des 169 mains de départ, pour 9 joueurs,
classées par ordre de chances de gagner. (« s » pour
assorties, « o » off suit - pour dépareillées).
38

Vous noterez que les mains intéressantes à jouer sont toutes
dans la première partie du tableau. Vous noterez également
que les mains [tricky] comme KQs, KJs, KQ, KJ, QJ, AT, KT
etc. sont exclues, alors qu’elles figurent en bonne position
dans le tableau. Les paires sont privilégiées, ainsi que les As
avec un kicker assorti.
39

Quel est l’avantage de ne jouer que ces mains de départ en
mode « serré » ? Vous allez éviter des confrontations
perdues d’avance et qui vous feront perdre vos jetons dans
des situations délicates. Primo ça va faciliter votre prise de
décision, secundo vous allez vous créer une réputation de
joueur serré. Dans un deuxième temps, si vous élargissez
vos mains de départ, les autres joueurs (surtout si vous avez
montré de grosses mains à l’abattage [showdown])
40
donneront du crédit à vos mises, comme si vous continuez à
jouer avec uniquement de grosses cartes.
La deuxième question à se poser, uniquement si vous
décidez de rentrer dans le coup est : Combien dois-je
miser ?
La réponse « normale » est de toujours faire un [raise] avec
des [premiums] en général x3 [BB] (trois fois le montant de
la grosse blinde) et de [limper] (payer juste la grosse blinde)
avec des [playable] et des [speculatives].
Notez que nous sommes en train de jouer contre des
sardines et que nous essayons d’éviter des erreurs de base.
Au fur et à mesure de l’amélioration de notre jeu nous allons
affiner les mises, les panacher en fonction d’autres facteurs,
pour compliquer l’analyse des opposants. Mais à ce niveau,
qui correspond aux [Freerolls] (tournois gratuits) et aux
[micro-limites] (parties jusqu’à 1 euro), pas la peine de faire
compliqué : un choix serré de mains de départ et des mises
adaptées simples à calculer suffira à dominer le jeu.
Pourquoi miser 3 [BB] avec une [range] (liste de mains
cohérentes, par exemple toutes les paires) [premium] ?
Réfléchissons : Il y a 1,5 [BB] en jeu dans le pot. Pour tout
joueur qui veut payer, il lui en coutera aussi 3 [BB] ; Il devra
donc dépenser 3 pour espérer gagner 7,5 en tout. Il faut
donc, s’il y a un seul opposant et que les blindes se
couchent, qu’il gagne au moins 40% du temps. Or avec les
[premiums] nous sommes « devant » 80% du temps
41
(puisque nous ne jouons que 20% de meilleures mains). En
résumé c’est une erreur pour l’opposant de payer une
relance de notre part, sauf si lui-même a un [premium].
Règle [preflop] : Les chances de gagner avec n’importe
quelles cartes inférieures contre n’importe quelles cartes
supérieures sont d’environ une chance sur trois.
Par exemple dans 72 contre AQ, 72 a quand même une
chance sur trois de gagner ! Mais si on ne joue que les
meilleures cartes, dans les 20-25% des meilleures mains de
départ, on est souvent « devant » (sauf avec des
[broadways] Kx ou Qx qui sont souvent dominées).
Notre mise de 3 [BB] est donc justifiée de deux manières :
soit on fait coucher tout le monde et on a gagné 1,5 [BB] en
misant 3 [BB], soit 50% de gains sans abattage, soit on a un
opposant qui est derrière la plupart du temps. Cet opposant
aura besoin de « chance » pour nous battre quelquefois. A la
longue, nous serons gagnants avec cette stratégie.
Pourquoi [limper] avec des [ranges] [playable] (séries de
cartes cohérentes, par exemple tous AJ+, 77+, veut dire tous
les [broadways] avec un As supérieures au valet ainsi que
toutes les paires supérieurs à 77) ? Dans ces ranges on
souhaite voir le [flop] car on espère un tirage intéressant, soit
couleur, soit quinte. Ou bien on joue « l’inverse » des autres
en entrant avec des petites cartes, alors que les autres
adorent jouer les grosses cartes. [pocket] 86 sur un [flop]
A86 peut faire beaucoup de dégâts, puisqu’on a deux paires
42
contre peut-être la paire d’As max, sauf si l’opposant à
luimême A8 ou A6 en main ;)
En revanche il faut savoir [folder] si quelqu’un relance fort
[preflop] ou si le [flop] ne donne rien ou trop peu (une
deuxième ou troisième paire). Je sais que [fold]er après avoir
[limpé] est considéré comme faible par de nombreux joueurs,
mais dans ces jeux contre des sardines, un joueur qui
relance fort [preflop] ne [bluffe] quasiment jamais, aussi on
est probablement contre un [monstre] (gros jeu de type top
[premium] AA ou KK , voire QQ ou AK).
Notez également que l’on compte [preflop] en nombre de
[BB] (big blindes) et non pas en nombre de jetons. C’est le
rapport entre le nombre de [BB] dont on dispose et celles
engagées ou pas dans le pot, ou comparées à d’autres
joueurs qui va servir pour beaucoup de décisions.
Les autres mains de départ ne méritent aucune
considération : [tricky], [fishy], [borderline], total [trash],
jetezles sans remords à ce niveau de jeu.


Voilà comment ne plus être une sardine [preflop] :
Il faut sélectionner correctement les mains de départ.

Supposons que vous ne rentriez pas dans le coup (ce qui va
se produire désormais 75% à 80% du temps) quoi faire
alors de ce « temps mort » ? Mémorisez les mises de
43
chacun en nombre de [BB]. Si vous avez la possibilité de
voir un [showdown] mémorisez les cartes montrées avec
la séquence des mises. Par exemple : « Il a montré KQ à la
[river], il avait misé x3[BB] [preflop], misé ½ pot au [flop]
Qxx, [check] à la [turn] et payé 1/3 de pot de l’autre, puis
misé un pot entier à la [river]. Il a donc misé avec une [Paire
max] [floppée], plusieurs [barrels] (salves de mises). Je
mémorise cela pour le piéger le moment où j’ai deux paires
ou un brelan contre lui au [flop], il va payer sa [Paire max] 2
ou 3 fois jusqu’à la [river]. » Enfin mémorisez vos propres
cartes et vérifiez que vous avez bien fait de rester hors du
coup (ou pas). Cette attention quand vous ne jouez pas va
vous aider à vous concentrer tout au long de la partie et
aussi de mieux « profiler » vos adversaires. Il est rare qu’un
joueur de ce niveau varie ces mises, aussi ces informations
vous seront précieuses lors d’une décision à prendre plus
tard vis-à-vis de ce joueur. Notez que l’on compte [postflop]
aussi bien en [BB] ou en pourcentage du pot : on dit qu’on
mise au [flop] 2/3 du pot ou bien 4 [BB], ça revient au même.
Si deux joueurs ont mis chacun x3[BB] + 1,5 [BB] des
blindes, les 2/3 de 7,5 = environ 4 [BB]. Prenez la manière
de comptage qui vous est la plus commode, mais laissez
tomber le montant en jetons car il ne représente rien sans le
rapprocher à la valeur des blindes à ce moment de la partie.
En [cash game] c’est l’inverse, la valeur du pot en jetons est
fondamentale puisqu’elle représente exactement l’argent qui
est engagé dans le coup et que les blindes ne vont pas
bouger durant toute la partie.

44
ENTRAINEMENT
Entrainez-vous avec quelques [Freeroll] ou [SNG] (sit and
go) à faibles limites (moins de 1 euro). A chaque main
catégorisez vos mains : [premium], [playable], [tricky],
[speculative], [fishy], [borderline], total [trash]. Essayez de
vous rappeler la main en utilisant les mnémoniques comme
« AA = American Airlines » ou « KK = King Kong ». Votre
décision est uniquement dictée par la catégorie de votre
main. Faites x3 avec les [premiums] et [limpez] avec les
[playable] et quelques [speculatives]. Lorsque vous ne jouez
pas, notez les joueurs qui rentrent souvent dans les coups et
catégorisez-les [loose] (larges). Les joueurs qui rentrent dans
peu de coups et avec de bonnes cartes notez-les [tight]
(serrés). Si vous voyez des [showdowns], notez avec quels
types de cartes initiales le joueur est entré dans le coup.
Pour les autres phases jouez comme vous faites d’habitude.
Il ne faut pas essayer de tout changer d’un coup, sinon vous
allez vous embrouiller.

45
LA POSITION ELEMENT ESSENTIEL DE LA
DECISION

2ème grand défaut :
les sardines ne tiennent pas compte de la position



KJs [KOJAK pocket suited], vous êtes [UTG]
Vous êtes en position [UTG] « under the gun » (sous le feu
de l’ennemi) c’est-à-dire la première personne à parler
[preflop], puisque vous êtes à la gauche de la personne en
grosse blinde [BB] [celle qui a payé la BB et qui elle sera la
dernière à parler [preflop] ; On appelle ainsi cette position,
46
car vous avez en quelque sorte « le pistolet sur la tempe » :
vous êtes le premier à parler sans avoir aucune indication
sur les actions des autres joueurs.
Que faites-vous [fold], [limp] ou [raise] ?
Dans ce [spot] (situation) la sardine va juste payer la grosse
blinde ([limper]) ou faire une relance x2 ou plus. Le bon
joueur va au contraire folder ! Comment ?! Folder avec de
si belles cartes ? Oui, car :
Le plus important au poker c’est la position.

Pourquoi la position est-elle cruciale au poker ? Imaginons la
situation suivante au [flop]: A73.
47
Les cartes sont toutes d’une couleur différente [rainbow].
Vous êtes le premier à miser et vous avez AK en main; Le
pot fait 9,5 [BB] (1,5 [BB] des blindes + 4[BB] de votre
relance preflop et 4 [BB] du [call] de votre adversaire). Vous
misez 6 [BB] (soit à peu près les 2/3 du pot) car vous avez
la [Paire max] avec un excellent [kicker], en continuation de
votre relance preflop. A l’adversaire de jouer: [allin] ! Soit
l’équivalent d’une relance de 20 [BB]. Oups ! Vous pensez :
« C’est quoi cette mise de ce [maniac] ?! Je vais le punir, en
payant instantanément son geste inconsidéré (pour rester
poli) » [allin] aussi ! En tout il y a donc presque 50 [BB] dans
ce coup… On montre les cartes et l’adversaire montre
[pocket] 77 pour un brelan [floppé]. Le [turn] et la [river] n’y
changent rien : vous voilà délesté d’un joli pot. Comme
l’adversaire parlait après, il a pu ainsi vous piéger avec votre
mise de 6 [BB]. Ensuite ça a déclenché une réaction de “coq
sur ses ergots”… Si l’adversaire devait parler et miser en
premier, rien ne prouve que vous auriez payé un [allin] ou
bien juste payé ma mise de 6 [BB] et vu la [turn], voire la
[river]…

48
ROSHAMPOK 1

PIERRE, CISEAUX, FEUILLE…
Comme le propose Arnold SNYDER dans « Poker
Tournament Formula », jouons au chifoumi (appelé
[Roshambo] aux États-Unis) (pierre, ciseaux, feuille); A vous
de jouer: vous dites quoi ? “pierre” ? A moi: “feuille”. La
feuille enrobe la pierre. J’ai gagné. A vous: “ciseaux”. A moi:
“pierre”; La pierre casse les ciseaux. J’ai encore gagné !
-“Ce n’est pas juste ! Il faut le dire en même temps !!”. C’est
vrai pour le [Roshambo] original, mais au poker on a une
variante “asynchrone”, c’est à dire que chacun parle à son
tour dans l’ordre des aiguilles d’une montre, aussi le dernier
qui parle a un avantage énorme puisqu’il a entendu tout le
monde avant… Les premiers qui parlent ne savent pas
49
encore ce que les autres vont dire, leur décision est donc
basée sur très peu d’informations.
NOMMAGE DES POSITIONS
Vous ferez justement remarquer que le autres joueurs
n’annoncent pas j’ai “ciseaux KJ” ou “pierre 72”, et même
s’ils le faisaient on n’est pas sûr de gagner à 100%, même
contre un 72. C’est vrai, mais la plupart de joueurs et en tous
les cas tous les joueurs à ces niveaux-là, annoncent
clairement leur jeu en misant toujours pareil: je relance car
j’ai des [broadways] ! je fais [allin] (tapis), car j’ai un
[premium], je [limpe] car j’ai un As… Aussi les mises des
opposants qui parlent avant vous, vont modifier votre propre
décision: Si quelqu’un mise avant vous et que vous avez un
[premium] vous allez même sur-relancer en [3bet]: Par
exemple quelqu’un mise 3 [BB] en [UTG], vous misez 3 fois
sa mise c’est à dire 9 [BB] ! Si vous avez un [playable] ou un
[speculative] vous allez juste [limper] car vous allez
bénéficier d’une meilleure position [postflop], une fois que le
[flop] sera affiché et pour toute la suite du coup. Toutes les
positions [preflop] sont les mêmes [postflop] sauf deux: la
[small blind] et la [big blind]. Examinons précisément une
table de 9 joueurs et apprécions les positions respectives.
50

Le dernier qui parle [preflop] est la [BB], l’avant dernier la
[SB]. Juste avant le [bouton] (ou dealer). Mais le dernier qui
parle après le [flop] est le [bouton] alors que le premier à
parler devient la [SB] et ensuite la [BB]. Autrement dit, la
meilleure position sur une table est le Bouton, car il parle
presque en dernier [preflop] et dernier [postflop], alors que
l’une des pires positions est [UTG] puisqu’on parle en
premier [preflop] et quasiment premier [postflop]… Une autre
position terrible est [SB] puisque une personne va parler
après soi [preflop] (la [BB]), on a déjà engagé ½ [BB] et
[postflop] on sera le premier à parler et ceci pendant tout le
coup jusqu’à la fin…
Sur une table de 9 joueurs, si on donne 9 points à la position
qui parle en dernier et 1 point à celui qui parle en premier,
cela nous donne [preflop] et [postflop]:

51


[BB] : 9+2: 11
[SB] =8+1: 9
Bouton (Dealer): 7+9=16
CO ([Cutoff]): 6+8=14
HJ ([Hijack]): 5+7=12
MP2 (middle position 2): 4+6=10
MP1 (middle position 1): 3+5=8
[UTG]+1 (under the gun +1): 2+4=6
[UTG] (under the gun): 1+3=4

On voit clairement que le meilleur score et donc la meilleure
position est le bouton surtout si l’on considère que [postflop]
on va miser une à trois fois (au [flop], à la [turn] et à la [river])
alors que [preflop] on ne mise toujours qu’une fois (sauf si
quelqu’un relance après vous). On voit que les positions des
blindes sont à peu près équivalentes aux positions du milieu
de table, sauf si on considère qu’on va jouer le coup surtout
[postflop]. Les pires positions sont [UTG] et [UTG]+1 que ce
soit [preflop] ou [postflop]. Il faudra donc éviter de rentrer
dans un coup dans ces positions à moins d’avoir de fortes
cartes et même dans ce cas-là il faudra se méfier.
« Play solid in the front and loose in the back » --dicton
du poker
« Jouez solide en début de parole et large en fin de
parole »
52

Les règles de base issues de la notion de position sont
donc les suivantes:
1- Plus on parle tôt dans un coup plus on doit entrer
avec des cartes fortes en misant fort pour éviter le
[postflop] hors de position.
2- Plus on parle tard dans un coup, plus on peut se
contenter de [limper] pour voir le [flop] et profiter de
la bonne position ensuite [postflop].
3- Lorsqu’on est au bouton, on peut pratiquement
rentrer dans le coup avec n’importe quelle main y
compris des [borderline] ou des [tricky] car on parlera
en dernier toute la suite du coup.
4- Lorsqu’on est dans la situation des blindes ou
[UTG], on doit tenter de gagner plutôt [preflop], car
après on sera constamment en début de parole donc
sans informations sur les opposants pour prendre sa
décision. Il faut donc relancer ou carrément se
coucher plutôt que de simplement payer depuis ces
positions.
Exercice: rejouez quelques [Freeroll] ou [SNG] en intégrant
la notion de position. Lorsque vous ne jouez pas, notez le
comportement des autres joueurs vis à vis de la position: si
vous voyez des [limpeurs] [UTG] ou à l’inverse des [fold] au
bouton, notez-le mentalement. Notez également les joueurs
qui jouent les coups [postflop] constamment en bonne
position ou bien ceux qui sont souvent les premiers à parler
[postflop]. Un bon joueur joue énormément de coups “en
position”, une sardine au contraire rentre dans beaucoup de
53

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