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Note "Reset-Algeria"

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La note « Reset‐Algeria » a été rédigée en février 2014, à la veille des élections
présidentielles de mars 2014. Elle répond à une question qui m’a été posée par des
responsables politiques, « Comment voyais‐je l’avenir économique de l’Algérie ? ».
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« Reset Algeria »
Volet économique
- Élements de Methode, Principes et
Mesures -


Sammy Oussedik








Mars 2014

Strictement confidentiel Table des matières

AVANT­ PROPOS  ……………………………………………………………………………………………p.3 
INTRODUCTION  ………………………………………………………………………………………….. p.4 
I. AXES STRATEGIQUES ET VALEURS CARDINALES, FONDEMENTS DU PROJET  …………........... p.5 
I .1 Des axes stratégiques porteurs de sens et d’action  ……………………………………... p.5 
I.2 les premières mesures, symboles du Changement  ………………………………………p.5 
I.3 Des Valeurs fortes pour un Projet mobilisateur  6 
I.3.A La Cohérence  ……………………………………………………………………………………………….p.6 
I.3.B L’Efficience p.6 
II. DES CHANTIERS ECONOMIQUES A OUVRIR POUR ASSURER L’AVENIR …………………………… p.7 
II.1 RATIONALISER LA DEPENSE PUBLIQUE  …………………………………………………………...p.7 
II. 2 MENER UNE « REVOLUTION » FINANCIERE …………………………………………………………...p.8 
II.2.A Un système bancaire à réinitialiser  ………………………………………………………………p.8 
II.2.B Parfaire l’offre en matière d’instruments financiers ………………………………………..p.10 
II. 3 LA NECESSITE D’UNE REFORME FISCALE   …………………………………………………………. p.11 
II.3. A L’amélioration des performances de l’outil fiscal  ……………………………………….p.11 
II.3.B La mise en œuvre d’une amnistie fiscale incontournable  ……………………………p.11 
II.4 REFONDER UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE AMBITIEUSE  ……………………………………. p.11 
II.4.A Mettre en place une stratégie par secteur/cluster/filière   ……………………………p.12 
II.4.B Développer les zones franches opérationnelles  ………………………………………p.12 
II.5 LA MISE EN PLACE D’UNE REELLE POLITIQUE DE PRIVATISATION  …………………………..p.13 
II.6  RENOVER LE CADRE DE L’INVESTISSEMENT  ………………………………………………………….p.13 
II.7 ASSOCIER LES PARTENAIRES SOCIAUX A LA REUSSITE AU PROJET « RESET ALGERIA »  ……..p.14 
II.7.A Développer la concertation avec les représentants patronaux  ………………..p.14 
II.7.B Renforcer la politique d’accord sectoriels avec les partenaires sociaux  …….p.14 
II.8 S’IL FALLAIT DEBUTER PAR UNE MESURE : L’ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION  ……p.14 
III.  SYNTHESE DE LA NOTE « RESET ALGERIA »  ……………………………………………..p.16 Ref : S.O/1/03.14
 

 




Avant-Propos

La  note  « Reset‐Algeria »  a  été  rédigée  en  février  2014,  à  la  veille  des  élections 
présidentielles de mars 2014. Elle répond à une question qui m’a été posée par des 
responsables politiques, « Comment voyais‐je l’avenir économique de l’Algérie ? ». 
Compte tenu de l’urgence de la situation et convaincu que la question est avant tout 
d’essence  politique,  j’ai  préféré  centrer  mon  propos,  d’abord,  sur  ce  qui  a  de  plus 
fondamental, les prérequis politiques en termes de méthodes et valeurs, la  nécessité de 
la rupture systémique puis la présentation de quelques pistes de réformes économiques 
et financières à court terme. 
Cette Note prévoit et anticipe la chute des recettes d’exportation et notre retour, à 
moyen terme, sur le marché international des capitaux. Elle introduit, également, à 
travers la problématique de l’éduction et la formation, l’impérieuse obligation «d’ up­
grader »  notre  économie  afin  de  lui  assurer  un  rang  et  un  rôle  nouveaux  dans  un 
économie mondiale de la connaissance, globalisée et connectée. 
Un résumé de la Note est disponible à la fn du document. 
Enfin, le parti pris à été de ne pas rédiger de conclusion à ce document. « Reset‐Algeria » 
se veut être un travail à venir de grande ampleur… 
 
 
 
 
 
 
 

Strictement Confidentiel 3
Mars 2014 Ref : S.O/1/03.14
- Note « Reset Algeria » -
 

Dresser un énième constat de l’économie algérienne n’a que peu d’intérêt. En effet,  en ce 
domaine le consensus règne. De même, une liste de mesures, dont de nombreuses ont 
été déjà évoquées/appliquées, n’aurait que peu d’utilité si elle ne s’enchâsse pas dans 
une perspective, une vision, une dynamique, un Projet. 
En  effet,  la  problématique  du  « redémarrage  de  l’Algérie »  concerne  l’ensemble  des 
secteurs politique, économique, social, éducatif, juridique, culturel, … Une approche 
multidimensionnelle et intégrée est recommandée.                 
Il s’agira de rompre avec des logiques et des pratiques passées que l’économie et la 
société  algériennes  ne  peuvent  encore  longtemps  supporter.  Cela  impliquera  de 
remettre  au  niveau  des  standards  internationaux  l’économie  nationale, 
réhabiliter  la  production,  mettre  fin  à  une  redistribution  inefficace,  voire 
perverse, de la rente et enfin réduire la corruption qui apparaît dans bien des cas 
comme un mode de redistribution et de régulation sociale. Une simple réforme de 
la Gouvernance ne sera pas suffisante, si celle‐ci ne s’accompagne pas d’un réel Projet 
mobilisateur. 
Compte‐tenu des contraintes économique, financière et sociale qui se renforceront au 
cours des années, voire des mois à venir, la fenêtre d’opportunité afin d’amorcer la 
nouvelle donne est d’environ 24 mois. 
En 24 mois, bien évidemment, il ne s’agira pas de mener à bien l’ensemble des mesures 
mais d’impulser ce nouveau Projet, symbole concret de rupture avec le discours, les 
méthodes et les actions passés. Les 100 premiers jours seront cruciaux. Des mesures 
concrètes et symboliques devront être prises. Elles seront autant de signaux envoyés 
aux  acteurs  économiques  nationaux  et  internationaux  ainsi  qu’à  l’opinion  publique 
nationale. Elles conditionneront le degré de mobilisation nécessaire pour assurer 
la réussite du Projet « Reset Algeria ». 
Le contexte actuel est caractérisé par l’immobilisme des forces politiques, l’absence 
d’offre  politique  et  économique    perçue  comme  crédible.  C’est  pourquoi,  créer  le 
mouvement,  offrir  une  nouvelle  perspective,  rétablir  une  authentique 
communication avec l’opinion publique, c’est incarner l’Avenir. 
Dans cette perspective, cette Note peut constituer un des volets de ce vaste Projet, le 
Projet « Reset Algeria ». 
L’approche  retenue  dans  cette  Note  est  de  présenter  les  axes  stratégiques  et  les 
Valeurs, à partir desquels il convient de penser le futur, puis de recenser les mesures 
structurantes à mener. Cette revue n’a pas de caractère exhaustif mais elle se propose 
de réunir les principales adaptations économiques concrètes à mener, afin d’impulser 
une dynamique et une mobilisation autour du Projet « Reset Algeria ». 
 
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I. Axes stratégiques et Valeurs cardinales, fondements du Projet

I .1 DES AXES STRATEGIQUES PORTEURS DE SENS ET D’ACTION
 Le volet économique du Projet « Reset Algeria » devrait avoir pour axes stratégiques 
principaux : 
‐ La réorientation de la rente vers les secteurs productifs et pourvoyeurs d’emplois. 
‐ La renégociation des termes de l’insertion de l’Algérie dans la Globalisation. Soit à 
terme, substituer le statut actuel de notre Pays, à savoir un immense marché commercial 
et un pourvoyeur d’énergie fossile, par une présence économique active et diversifiée 
dans les échanges internationaux. 
‐ L’organisation du retour des activités informelles dans l’économie organisée. 
‐ La réhabilitation des fonctions productives. 
‐ Une réelle réforme des fonctions économiques de l’Etat. La véritable force d’un Etat 
se  mesure  à  ses  capacités  de  régulation  et  d’incitation  et  non  plus  à  ses  actifs 
industriels. 
 
I.2 LES PREMIERES MESURES, SYMBOLES DU CHANGEMENT
Ce nouveau Projet supposera de prendre rapidement des mesures symboliques qui 
renseigneront sur le changement de méthode, le renouvellement et la mobilisation 
pour le futur. 
 Parmi ces actions : 
‐ La promotion de nouvelles élites (économique, politique, bureaucratique, …) qui 
symbolisera le changement d’époque et le mouvement. 
‐ Une feuille de route économique précise et séquencée officiellement remise à un 
Gouvernement de « Combat ». 
‐ La mise en place d’un Comité de pilotage chargé du suivi, de la coordination et de 
l’évaluation du Projet. Présidé par le Premier Ministre, mensuellement, il remettra un 
rapport  sur  l’état  d’avancement  du  Projet  au  Président  de  la  République. 
Régulièrement,  sur  ce  document,  il  conviendra  de  communiquer  en  direction  de 
l’opinion publique.  
‐ La Mobilisation des acteurs économiques autour d’un Pacte de Mobilisation pour 
la Croissance (différent des tripartites actuelles). Le secteur privé, le secteur public, 
le(s) force(s)syndicale(s) seront mobilisés et engagés autour d’objectifs économiques 
communément  définis. 
 
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‐ L’accélération de la mise à niveau des administrations de support des activités 
économiques (Douanes, impôts, …) et l’intensification du processus de simplification 
des  procédures  administratives  (investissement,  impôts,  justice  économique, 
Domaines, …). 
 
I.3 DES VALEURS FORTES POUR UN PROJET MOBILISATEUR
Deux valeurs cardinales doivent présider au reseting de l’économie algérienne : 
‐ La Cohérence 
‐ L’Efficience 
 
I.3.A La Cohérence  
Depuis 1962, toutes les mesures, tous les textes, bien souvent contradictoires, ont été 
adoptés. Cependant, leur impact positif est resté, dans la majorité des cas, limité. 
A chaque réforme/idée proposée, il est convenu de s’entendre dire « cela a déjà été 
tenté… ».  L’effet direct de cela est de faire croire que toute action économique est vouée 
à  l’échec.  Ainsi,  l’adhésion  et  la  mobilisation  autour  des  politiques  conduites  sont 
rendues presque impossibles. 
C’est pourquoi, la cohérence et la coordination des mesures sont primordiales.  
Pour exemple, toute réforme/amnistie fiscale ne peut atteindre ses objectifs que si, 
préalablement, la réorganisation de l’outil fiscal (nature des différents impôts, taux, 
progressivité,  assiette,  informatisation  de  l’outil  de  collecte  et  connexion  à  d’autres 
administrations, …) n’est effectuée. 
Cela  indique  que  si  le  catalogue  et  le  contenu  des  mesures  à  prendre  sont  
importants, la cohérence, l’articulation et le timing de la mise en œuvre sont 
fondamentaux. 
Dans cette optique,  la mise en place d’un Comité de pilotage chargé du suivi, de la 
coordination et de l’évaluation du Projet sera cruciale. Présidé par le Premier Ministre, 
mensuellement, il remettra un rapport  sur l’état d’avancement du Projet au Président. 
 
I.3.B L’Efficience  
L’enjeu stratégique est de rendre efficace, du point de vue économique, l’allocation 
des ressources financières issues de la rente. Aujourd’hui, l’économie algérienne est 
(in)organisée de telle façon qu’elle détruit plus de richesses qu’elle n’en produit. 
Ce constat est autant valable pour le privé que pour le public. 
Aussi, en amont, il conviendra de dresser un état des lieux rigoureux. Un  audit des 
dépenses  et  des  politiques  publiques  (audit  consacré  à  mesurer  l’impact  et 
l’efficacité) serait une mesure importante.  
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II. Des chantiers économiques à ouvrir pour assurer l’Avenir
Le Projet « Reset Algeria » se décline à travers des mesures concrètes qui se veulent 
être des réponses effectives aux dysfonctionnements économiques. La coordination de 
ces mesures est essentielle. 

II.1 RATIONALISER LA DEPENSE PUBLIQUE*
En  ce  domaine,  différentes  actions  seront  à  mener.  Gardons  à  l’esprit  qu’outre 
l’amélioration des performances de la dépense et des finances publiques afin de stimuler 
la croissance, à moyen terme, nous risquons de redevenir emprunteur sur le marché 
financier  international.  C’est  pourquoi  finances  et  dépense  publiques  sont  des 
enjeux stratégiques. Dans ce cadre, l’objectif poursuivi devra être d’améliorer l’efficacité 
des politiques publiques qui permettront  de faire passer l’État d’une logique de moyens 
à une logique de résultats. Pour cela il faudra évaluer l'efficacité des actions, et donc des 
dépenses, par rapport à des indicateurs concrets définis pour chacun des objectifs fixés.
En la matière, tout un travail est à mener et à approfondir lors de l’élaboration et de 
l’adoption des Lois de finances. :  
­  Lever  progressivement  les  subventions  directes  aux  produits  de  première 
nécessité : ces aides sont aujourd’hui captées et profitent, prioritairement et en grande 
partie, aux transformateurs (ex. sucre, blé, huile) qui ont pu ainsi édifier des monopoles 
de fait, extrêmement profitables. 
Aussi, conviendra‐t‐il de substituer à ce genre de soutien des transferts directs et ciblés 
en direction des foyers directement concernés. Ce qui sera moins coûteux pour les 
finances publiques et plus efficace pour les bénéficiaires.  
­ Cibler les subventions dédiées aux entreprises publiques : dans ce domaine, il 
convient  de  réserver  la  majeure  partie  des  subventions  publiques  aux  entreprises 
viables (existence d’un marché local, production potentiellement concurrentielle, ...). Ces 
aides doivent être déterminées sur des bases économiques et parfois sociales, claires (à 
l’exception des secteurs définis comme stratégiques).  
­  Améliorer  les  performances  de  la  dépense  publique :  le  but  est  d’améliorer 
l’efficacité des politiques publiques qui permettront  de faire passer l’État d’une logique 
de moyens à une logique de résultats. Pour cela, il conviendra, de présenter le budget en 
missions, programmes et actions. Avec pour objectif d’évaluer l'efficacité des actions, et 
donc des dépenses, par rapport à des indicateurs concrets définis pour chacun des 
objectifs fixés. En la matière, tout un travail est à mener et à approfondir lors de 
l’élaboration et de l’adoption des Lois de finances.  
‐  Affiner  la  politique  de  préemption :  il  convient  d’utiliser  cet  instrument  avec 
discernement. En effet, le cadre et les modalités de son utilisation doivent être clarifiés, 
en relation avec la politique industrielle adoptée. A cet égard, le cas OTA est instructif.  
* Dans cette partie, nous n’évoquerons pas la question des budgets ministériels et de ceux des collectivités locales
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En effet, en préemptant 51% du capital, nous intervenons dans un secteur qui a perdu 
de  son  caractère  stratégique  puisque  l’Etat  détient  déjà  un  acteur 
(AlgérieTélécoms/Mobils), et nous payerons au prix fort, et d’une certaine façon, deux 
fois  un  réseau  mobile.  En  effet,  après  avoir  cédé  une  licence  à  un  prix  plus  que 
concurrentiel et avoir « offert » des conditions d’exploitation extrêmement favorables 
(concurrence, prix …), nous allons racheter un opérateur que nous avons grandement 
contribué à valoriser.  
C’est,  entre  autres,  pourquoi  la  politique  de  préemption  doit  s’appuyer  sur  une 
définition stricte du périmètre stratégique (cette question se reposera en matière 
d’investissement)  ainsi  que  des  critères  d’intervention  (type  d’opération,  montant, 
intervenant : Etat directement/par le biais d’entreprise publique,…). 
 
­ Revoir les dispositifs d’aide en faveur de la jeunesse et de l’emploi ( ENSEJ, 
CNAC…) : Les montants alloués à ce dispositif sont importants mais sans réelle efficacité 
économique. La proposition n’est pas de démanteler l’ensemble de ces dispositifs mais 
de les rendre plus performants. La sélection des projets doit être plus rigoureuse et 
s’accompagner d’une certaine conditionnalité. Cela veut dire, mettre en place une base 
de données nationale qui permettrait de mieux cerner et donc de mieux canaliser les 
flux de projets, d’exiger de la part des demandeurs des dossiers détaillés. Parallèlement, 
mettre en place des incubateurs  dédiés à ces projets. Ils permettront, en amont, de 
mieux préparer les projets, de donner aux futurs entrepreneurs les bases nécessaires, en 
aval, d’assurer le suivi des projets et d’offrir une aide au management aux nouvelles 
entreprises.  
 
II. 2 MENER UNE « REVOLUTION » FINANCIERE*
Elle est le « cœur du réacteur ». Lieu où s’effectue l’allocation des ressources financières, 
d’elle dépendra, en grande partie, la réussite ou l’échec du Projet. 
Le  taux  de  financiarisation  de  notre  économie  est  trop  faible  pour  assurer  un 
financement optimal de la croissance économique. Il conviendra donc d’améliorer l’offre 
et l’efficacité de l’intermédiation financière.  
Pour  cela,  il  conviendra  d’introduire  plus  de  Concurrence,  de  diversifier  les 
instruments  financiers    et  de  rendre  plus  performante  la  gestion  des  banques 
publiques.  
II.2.A Un système bancaire à réinitialiser 
Pour  le  secteur  public qui  représente  plus  de  80%  des  crédits  à  l’économie,  les 
principales mesures à prévoir sont : 
‐  Rompre  avec  la  gestion  bureaucratique  en,  notamment,  régénérant  le  top­
management par l’apport de cadres bénéficiant d’une double  expérience nationale et  
internationale.  
*La gestion des réserves de changes et la politique monétaire ne seront pas abordées 
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­  Revoir  les  politiques  d’engagements  des  banques  publiques :  Cela  passe,  en 
interne, par une mise à plat et le renforcement des capacités d’instruction des 
opérations (personnels, critère de performance pour l’accès au crédit, …),. 
Cela  implique  de  moduler  l’accès  aux  ressources  financières  au  profit  des 
entreprises performantes quelques soit leur statut (privé/public).  C’est  là  une 
mesure iconoclaste car elle semble aller à l’encontre de l’idéologie dominante, « le tout 
privé ». En fait, elle s’appuie sur un constat clair : 

 
‐ Celui d’un secteur privé aujourd’hui majoritairement commercial et qui, 
dans bien des cas, fonctionne comme une machine à blanchir et exporter 
des capitaux.  
‐  Celui  d’un  accès  au  crédit  bancaire  trop  souvent  déterminé  par  des 
critères autres qu’économiques et/ou financiers.  
 
Bien évidemment, c’est avec cette logique qu’il faudra rompre et non avec le soutien au 
secteur privé.  
‐  Élaborer  de  nouveaux  produits  et  services  plus  en  phase  avec  les  besoins  de 
l’économie :  Aujourd’hui  les  produits  bancaires  disponibles  ne  répondent  plus  aux 
besoins des entreprises.  
­ Créer une structure de défaisance afin d’y cantonner les créances douteuses du 
secteur bancaire public : Cela aura pour effet de « nettoyer » définitivement les bilans et 
de mettre un terme définitif aux opérations, hélas récurrentes, de recapitalisation. 
­ Privatiser au moins un réseau bancaire : Après les privatisations inabouties de la 
BDL puis du CPA, il convient résolument, de procéder à la privatisation partielle 
(cession d’une partie du capital à un réseau international). Cela aura pour effet de servir 
d’exemple et d’entrainement pour les autres acteurs publics (comment faire cohabiter 
secteur public, gestion de la rente et performances économiques) et de sas de formation 
pour des cadres du public. 
Concernant les banques privées, il faudra rompre avec la position de rente qui est la 
leur  aujourd’hui.  La  fermeture  du  marché  à  de  nouveaux  entrants  a  conforté  leur 
position. Aujourd’hui, elles bénéficient d’un marché captif, cartellisé, avec un niveau 
de marge très élevé (pour aider à la bonne santé des banques publiques, la Banque 
d’Algérie    autorise  la  réalisation  de  marges  plus  que  conséquentes)  et  où  elles  ne 
prennent aucun risque, même calculé. En un mot, les remettre en concurrence. 
C’est pourquoi il conviendra de : 
­ Rouvrir le marché bancaire à de nouveaux entrants : cela implique que la Banque 
d’Algérie se remette à délivrer des agréments à certaines des banques qui ont déposées 
un dossier de licence, dossier jugé conforme par la B.A, depuis de nombreuses années 
sans recevoir aucune réponse.   
Strictement Confidentiel 9
Mars 2014 Ref : S.O/1/03.14
­ Autoriser les entreprises publiques à domicilier leurs opérations (dépôts, crédit, 
opération de commerce international, …) auprès de banques privées : C’est là un des 
principaux prétextes avancés par le secteur bancaire privé pour justifier sa non‐prise de 
risque. Cette restriction demandera d’être levée tout en fixant, parallèlement, des seuils  
(montants,  nature,  …)  aux  opérations  confiées  par  les  entreprises  publiques  aux 
banques privées.  
 
II.2.B Parfaire l’offre en matière d’instruments financiers  
Concernant les autres acteurs financiers, les principales actions à mener sont : 
‐  Réfléchir  à  la  gestion  des  réserves  techniques  assurancielles :  Secteur  des 
assurances : en ce domaine, il conviendra de se pencher sur la gestion des réserves 
techniques. Sans remettre en cause les nécessaires règles prudentielles nécessaires, 
consacrer  une  partie  de  ces  provisions  à  dynamiser  l’économie  nationale  serait 
envisageable. 
­  Redynamiser  la  Bourse  d’Alger :  La  mobilisation  de  l’épargne  nationale,  enjeu 
économique fondamental, passe par l’activation de la Bourse. Cependant, la confiance 
des  ménages  en  nos  entreprises  est  à  améliorer.  Les  faibles  performances  des 
entreprises déjà cotées et le non respect du timing des introductions en bourse 
annoncé renforcent ce sentiment.  
C’est pourquoi, il conviendra de mener une politique volontariste qui ne donnera de 
fruits qu’à moyen terme. Cela veut dire :  
­ Respecter les listes  et le timing des entreprises publiques à placer en 
Bourse 
­  Prévoir  pour  la  majorité  des  entreprises  à  privatiser  de  placer  en 
bourse une partie du capital 
­ Envoyer des signaux aux entreprises privées remplissant les critères 
d’admission en Bourse, que le recours systématique au crédit bancaire pour 
financer leur développement n’était plus la seule et la bonne solution. 
 
 ­ Promouvoir et dynamiser les sociétés de capital­risque : il convient de sortir du 
« tout  banque ».  Cette  forme  de  financement  non  génératrice  de  dette  est  un  outil 
incomparable  pour  une  économie  composée  principalement  de  PME/TPE.    Dans  ce 
domaine, faciliter l’implantation et l’activité (agrément, politique de transfers, …)  à des 
société  privées  encore  trop  peu  nombreuses  et  régénérer  les  opérateurs  publics 
présents et peu actif , doivent être considérés comme des priorités. 
‐ Faciliter et développer les activités de micro­finance : pour  certains types et taille 
d’activités, le secteur bancaire classique ne peut apporter de réponse. En milieu urbain 
et surtout rural (coopérative de femmes, petits métiers, …) ce mode de financement 
pourrait constituer un levier intéressant.  
 
Strictement Confidentiel 10
Mars 2014

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